Tourisme: La profession divisée sur le confinement imposé aux voyageurs de la liste B

Le passage de la France, de l'Espagne et du Portugal en liste B, signifie (si aucun changement n'intervient) que les voyageurs non vaccinés seront soumis à une quarantaine de 10 jours. Dans la profession touristique, les avis divergent.

Tourisme: La profession divisée sur le confinement imposé aux voyageurs de la liste B

Le 12 juillet 2021 à 16h58

Modifié 12 juillet 2021 à 17h18

Le passage de la France, de l'Espagne et du Portugal en liste B, signifie (si aucun changement n'intervient) que les voyageurs non vaccinés seront soumis à une quarantaine de 10 jours. Dans la profession touristique, les avis divergent.

Go and stop est devenu le quotidien des opérateurs mais aussi des voyageurs qui n’arrêtent pas de voir leurs espoirs de retour au pays douchés après des annonces gouvernementales comme celle qui vient d’inclure la France, l’Espagne et le Portugal dans la liste B composée de pays devant faire l’objet d’un contrôle sanitaire renforcé.

Des vacances amputées d’un tiers voire de la totalité de leur durée

Décriée par plusieurs professionnels, cette mesure qui obligera les adultes non vaccinés à rester confinés durant 10 jours dans un hôtel désigné par les autorités devrait décourager les MRE si rien n’est fait pour leur éviter un confinement forcé.

Selon eux, si cette mesure devrait faire le bonheur des hôtels chargés de les accueillir, elle aura surtout pour effet d’entraîner de nombreuses annulations de MRE.

En effet, quitte à perdre leurs billets d’avion ou de bateau déjà payés, ces derniers refuseront certainement de voir leurs vacances amputées d’un tiers, de la moitié voire même de la totalité de la durée habituelle de leur séjour (10, 20 ou 30 jours).

De nombreuses annulations de séjour en perspective

Sollicité par Médias24, le président d’une importante chaîne hôtelière nous déclare que la décision annoncée par le ministère de la Santé aura un impact important sur la dynamique de reprise que toute la profession tenait pour acquise pour l’été 2021.

« Il est encore beaucoup trop tôt pour mesurer la réaction des MRE qui seront confrontés à l’obligation de quarantaine mais il est certain qu’ils seront nombreux à faire face à un choix cornélien de venir ou d’annuler leur séjour.

« Vont-ils annuler leurs vacances, accepter d’être séparés de leurs enfants à qui un test PCR suffit pour entrer au Maroc, réduire la durée de leur séjour? il faudra attendre plusieurs semaines pour être fixés sur le niveau des réservations hôtelières.

« Les marchés étrangers seront aussi touchés »

« D’autre part, ce n’est pas une bonne nouvelle car cette mesure ne manquera pas de toucher, à terme, les plus importants marchés émetteurs du Maroc dont on attendait le retour d’ici septembre.

« Ainsi, les visiteurs du marché français qui est le premier pourvoyeur du secteur touristique marocain auront en effet les mêmes réticences à venir au Maroc que les MRE non vaccinés », conclut notre source qui espère que les autorités remplaceront le confinement forcé à l’hôtel contre un isolement volontaire à domicile.

La quarantaine à l’hôtel sera-t-elle remplacée par un isolement à domicile ?

Se disant compréhensif sur l’obligation de confinement pour les passagers en provenance de pays où la pandémie explose, le vice-président sortant de la CNT, Fouzi Zemrani, nous déclare que cette décision attendue et logique a vocation à protéger les Marocains en particulier ceux qui ne respectent plus la distanciation physique.

« Une décision nécessaire à la veille de l’Aïd »

« Face à l’aggravation de la situation épidémiologique, il fallait s’y attendre sans quoi nous risquons de retomber dans une catastrophe sanitaire. En particulier à la veille de l’Aïd El Kebir dont il convient de ne pas répéter les mêmes erreurs que l’été 2020.

« Logique aussi parce que nous ne pouvons pas ignorer le variant Delta qui se propage à la vitesse de la lumière dans une France paniquée où on s’attend d’ailleurs à ce que le président Macron fasse un discours ce soir avec de nouvelles annonces restrictives.

« Rebondir en septembre prochain plutôt qu’en 2023 »

« Selon moi, cette décision n’a pas été prise à la légère et pour une fois, les autorités ont donné 48 heures aux personnes concernées pour prendre leurs précautions.

« Aussi désagréable soit-elle, elle permettra de sauvegarder des vies et rebondir plus vite sans quoi le secteur devra attendre 2023 au lieu de septembre pour rebondir.

« Avec ou sans, la saison estivale était déjà compromise »

« Quoi qu’on en dise, la saison estivale était déjà compromise car ce n’est pas avec les arrivées des MRE qu’on allait la sauver.

« Elles auraient permis une petite reprise dans la restauration et le balnéaire mais l’hôtellerie, le transport touristique et les agents de voyage n’en auraient pas vraiment profité car la majorité des hôteliers qui accueillent d’ordinaire des visiteurs étrangers, par millions, sont toujours fermés », conclut Zemrani pour qui quelques mois de restrictions de plus ne changeront pas grand-chose à la situation du secteur.

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