PSU/AFG : sur le terrain, une rupture sans désamour

La scission de la Fédération de la gauche démocratique annonce le divorce entre le Parti socialiste unifié et l’Alliance de la fédération de gauche. Deux militants nous livrent leurs sentiments et leurs ambitions.

PSU/AFG : sur le terrain, une rupture sans désamour

Le 2 septembre 2021 à 16h04

Modifié 2 septembre 2021 à 16h32

La scission de la Fédération de la gauche démocratique annonce le divorce entre le Parti socialiste unifié et l’Alliance de la fédération de gauche. Deux militants nous livrent leurs sentiments et leurs ambitions.

Censés faire campagne commune lors des échéances électorales, les composantes de la Fédération de la gauche démocratique, devenue pour l’occasion l’Alliance de la fédération de gauche (AFG), et le Parti socialiste unifié (PSU) font désormais cavalier seul. Non sans regret, des candidats des deux bords nous livrent leur lecture de la course électorale en cours, et leurs enjeux respectifs.

Salah El Housni, candidat aux élections législatives, se définit comme « un pur produit du PSU » ; sa campagne électorale, il la mène dans son arrondissement à Sbata, Ben Msik. « A Casablanca, nous avons réussi à couvrir 100% des circonscriptions pour les élections législatives et régionales, avec uniquement des militants du parti. Nous n’avons pas eu recours aux recrutements de candidats hors du parti », se félicite Salah El Housni.

A Casablanca toujours, tête de liste à la circonscription d’Anfa avec l’AFG, Fakhreddine Motii compte sur le soutien de nombreux bénévoles faisant partie de la coalition des diplômés chômeurs. Médias24 s’est entretenu avec le candidat de retour de campagne dans le quartier Derb Jdid : « Nous avons été très bien accueillis dans un quartier qui compte plusieurs soutiens du RNI. »

Une séparation dans la douleur

Pourtant, d’un côté comme de l’autre, la campagne électorale n’est pas celle dont rêvaient, il y a quelques mois encore, les militants des trois composantes de la gauche. « Nous avons fait le deuil de l’espoir d’unification de la gauche, mais jusqu’à aujourd’hui, il y a des choses que nous ne comprenons toujours pas. Quel a été le point de rupture, le point de non-retour ? Je me le demande toujours. Ayant travaillé dans les commissions en vue de la fusion des trois partis, j’ai très mal vécu cette séparation. J’ai parfois l’impression d’avoir perdu six années de ma vie pour rien », regrette le candidat de l’AFG.

Ce sentiment de confusion est amplifié chez les sympathisants de la gauche. « La classe moyenne, celle que nous visons dans notre communication, ne sait plus pour qui voter, d’autant plus que les profils proposés dans les listes des différentes circonscriptions ne sont pas tous parfaitement adaptés », note Salah El Housni.

En tout état de cause, si au niveau national les projets politiques élaborés par les militants des deux formations restent quasiment identiques, mettant l’accent sur les réformes politiques et le développement des secteurs sociaux, la bataille électorale au niveau régional et local sera particulièrement disputée.

Les communes, terrain de bataille privilégié

A Casablanca, le PSU s’en sort avec un sérieux avantage. « Depuis 2017, nous suivons toutes les réunions du conseil de la ville. Qu’il s’agisse du transport urbain ou de la gestion déléguée, nous, militants du PSU, nous avons forgé une expertise solide qui nous permet de proposer des solutions réalistes, à travers une série de 55 mesures à mettre en place à Casablanca. A Rabat en revanche, l’AFG bénéficie d’un sérieux avantage par rapport à nous », analyse Salah El Housni. Et pour cause, Omar Balafrej, le député sortant de la FGD continue, à travers ses comptes sur les réseaux sociaux, continue d’apporter son soutien aux représentants de l’AFG dans l’arrondissement d’Agdal-Riad.

Des alliances locales AFG-PSU seraient-elles dès lors envisageables ? La réponse est unanime : « Oui, mais… ! » Tout dépendra, selon nos interlocuteurs, de la personne avec laquelle il faudra localement composer. « Bien que la grande majorité des membres des deux formations politiques soient des personnes droites et intègres, il peut y avoir parmi elles quelques opportunistes… et ce, des deux côtés », souligne Fakhreddine Motii.

Pour le candidat du PSU, « c’est à la tête du client ! Il est hors de question de s’allier à une personne envers qui nous avons émis des réserves. En dehors de ça, on ne porte que du respect et de l’estime à nos amis de l’AFG. Et si localement alliance il y a, on ne trouvera pas meilleurs alliés qu’eux ».

Tout porte à croire que le socle électoral que se partagent conjointement le PSU et l’AFG reste indécis. Ce qui est sûr, c’est qu’à une semaine du scrutin, la communication des deux formations, notamment dans les médias et sur les réseaux sociaux, sera décisive.

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