Tourisme : Hamid Bentahar appelle à la levée des restrictions sanitaires

Le cycle de conférences "Les mardis du tourisme", qui s’adresse aux acteurs publics et privés du secteur au Maroc, a tenu sa 27e édition ce mardi 28 septembre 2021 à Casablanca.

Tourisme : Hamid Bentahar appelle à la levée des restrictions sanitaires

Le 29 septembre 2021 à 16h28

Modifié 29 septembre 2021 à 18h12

Le cycle de conférences "Les mardis du tourisme", qui s’adresse aux acteurs publics et privés du secteur au Maroc, a tenu sa 27e édition ce mardi 28 septembre 2021 à Casablanca.

Invité de marque de la 27e édition des « mardis du tourisme », Hamid Bentahar, nouveau président de la Confédération nationale du tourisme (CNT), a saisi cette occasion pour analyser la situation du tourisme, décortiquer les raisons qui bloquent la relance et se projeter dans l’avenir.

Dans son intervention, le président de la CNT explique que « le nombre de familles qui vivent du secteur du tourisme est beaucoup plus important que celui avancé par les chiffres officiels. En réalité, plusieurs métiers que l’on ne pensait pas être touchés par la crise du tourisme, ont été impactés par la baisse de l’activité. Ainsi, en sus des hôteliers, des agents de voyage, des transporteurs, des imprimeurs travaillant avec les professionnels du secteur ou encore des sociétés de nettoyage, ont vu leur chiffre d’affaires fondre comme neige au soleil. »

« Bien que l’activité économique commence à reprendre, l’activité touristique peine à se relancer car elle subit, plus que les autres activités, le coût des restrictions sanitaires. Il est temps aujourd’hui de lever ces restrictions, surtout avec la baisse du nombre de contaminations et l’accélération de la campagne de vaccination. »

« Quelques établissements ont bel et bien travaillé pendant l’été, mais ils ne représentent que 18% de la capacité hôtelière. Un chiffre dérisoire, quand nous savons que 2,5 millions de Marocains, vivent d’une manière directe ou indirecte du tourisme. »

Solutions à court terme : levée des restriction et mesures sociales, fiscales et bancaires

Et d’ajouter : « Les acteurs du secteur ont besoin d’être soutenus à court et à très court terme. Bien que nous soyons confiants sur notre capacité à nous relever à moyen terme, nous sommes dans l’obligation de sauver les emplois et les entreprises dont nous aurons besoin pour la reprise. Pour ce faire, nous avons proposé aux autorités et à nos partenaires des solutions sociales, bancaires et fiscales. C’est pourquoi nous appelons à la réouverture des lignes aériennes et à la prorogation du contrat-programme, notamment les mesures qui y figurent comme le moratoire fiscal ou le report des crédits et des leasings, aussi bien pour les entreprises que pour les collaborateurs. »

« En parallèle des mesures à court terme que nous avons proposé, nous œuvrons à la transformation de la CNT afin qu’elle devienne plus forte et plus inclusive. Ainsi, notre conseil d’administration a validé une nouvelle organisation qui profitera à tous les professionnels. Tous les métiers du tourisme sont invités à participer aux différents comités de la CNT, à travers leurs fédérations afin de construire ensemble le tourisme de demain. »

Les axes de la feuille de route de la CNT

« Nous avons présenté la feuille de route de la CNT, pour la période 2022-2024, qui s’articule autour de trois axes stratégiques qui se subdivisent en neuf leviers d’action. Le premier axe de travail est la co-construction ou la bonne gouvernance, le deuxième est la compétitivité et le troisième est la durabilité. »

« Dans la démarche de co-construction, notre principal souci est la préservation de l’emploi. Ainsi, nous œuvrerons, dans le cadre d’un partenariat public-privé, à la récupération des emplois perdus lors de la pandémie, à la création de nouveaux postes et à l’intégration du secteur informel dans le circuit formel. »

« Il n’est pas normal que le premier métier du Maroc ne dispose pas d’indicateurs de performance qui permettent de piloter une industrie aussi importante. »

« Ainsi, le premier levier est la création d’une plateforme de veille, autour des indicateurs de performance pour la refonte des moyens utilisés, jusqu’à présent, pour le suivi de l’activité touristique. Nous ne sommes aujourd’hui pas en mesure de déterminer exactement ni le nombre d’emplois dans le secteur, ni le taux d’occupation. Il nous faut des informations détaillées et précises. »

« Le deuxième levier est la création d’une Task Force qui englobera l’ensemble des fédérations ainsi que les autorités, afin de tendre vers une gouvernance concertée. L’individu n’étant pas plus intelligent que le groupe, il est primordial de rassembler tous les talents éparpillés dans les différentes régions, afin de créer une synergie dans le secteur et d’enclencher cette relance inclusive tant attendue du secteur du tourisme. »

« Troisièmement, l’élaboration d’un outil pour la coordination régionale pour impulser des programmes et stimuler l’emploi et l’entrepreneuriat. »

Ce premier axe est un prérequis à toute action, car sans indicateurs de mesure et sans pilotage, aucune stratégie ne pourra atteindre ses objectifs. »

La compétitivité par l’aérien

« Concernant le deuxième axe qui porte sur la compétitivité et qui nous permettra de relancer le secteur, le premier levier consiste en un plan audacieux pour le transport aérien. Ce plan doit englober évidemment la compagnie nationale, ainsi que les partenaires étrangers afin de faire croître les nuitées de 10% par an. »

« Le Maroc est un pays quasi-insulaire, car au moment où les destinations concurrentes réalisent entre 40% et 50% de leurs chiffres d’affaires par voie terrestre, le secteur touristique marocain est dépendant du trafic aérien. Son intensification ayant donc une incidence directe sur le taux d’occupation des hôtels, ce n’est qu’en atteignant un taux d’occupation de 60% que la machine de l’investissement peut se remettre en marche. »

« Deuxièmement, le touriste national est le premier client des professionnels du tourisme marocain depuis dix ans, et a représenté 35% de l’ensemble de la clientèle en 2019. C’est pourquoi le développement du tourisme national est primordial pour l’accroissement de la compétitivité du secteur. »

« Le tourisme national souffre cependant du niveau du pouvoir d’achat des Marocains, qui ne sont que 9% à se diriger vers le circuit formel du tourisme. Le deuxième levier de la compétitivité est le développement d’une offre adapté au client national. »

« Le troisième levier de la compétitivité est l’amélioration des « trois F », à savoir, la fiscalité, le financement et le foncier. »

« Enfin, s’agissant du troisième axe qu’est la durabilité, et qui permettra de maintenir cette future relance dans le temps, nous sommes convaincus que sans un partenariat stratégique fort entre le public et le privé, une coordination entre les différentes fédérations et un important investissement dans la formation, aucune des mesures prises ne pourra survivre aux changements que connaît le monde. »

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