Des crimes de guerre ont été commis en Libye selon une mission onusienne

Des crimes de guerre ont été commis en Libye selon une mission onusienne

Le 4 octobre 2021 à 17h04

Modifié le 4 octobre 2021 à 17h20

La Mission indépendante d'établissement des faits sur la Libye, mandatée par le Conseil des droits de l'Homme et présidée par Mohamed Aujjar, a publié, lundi 4 octobre à Genève, son premier rapport, dans lequel elle évoque notamment des violations susceptibles de constituer des "crimes de guerre".

Dans leur rapport présenté, lors d’une conférence de presse à l’occasion de la 48e session du CDH, les membres de la mission ont indiqué qu’en raison des contraintes « liées au budget, la mission n’a entamé son travail que depuis trois mois. Et durant cette courte période, elle a pu recueillir des centaines de documents, interviewé 150 personnes et mené des investigations en Libye, en Tunisie et en Italie ».

Elle a précisé, dans ce sens, que les preuves et les arguments obtenus par la mission, composée également de Chaloka Beyani et Tracy Robinson, « confirment une situation désastreuse et grave des droits de l’Homme en Libye« .

« La violence et la crise en Libye, depuis la chute du régime de Kadhafi en 2011 et, particulièrement depuis 2016, a conduit à de graves violations des droits de l’Homme contre toutes les catégories vulnérables, notamment les civils, les femmes, les enfants, les déplacés et les migrants », selon les experts de la Mission.

« Il y a des raisons de penser que des crimes de guerre ont été commis en Libye, tandis que les violences perpétrées dans les prisons et contre les migrants dans le pays peuvent s’avérer être des crimes contre l’humanité« , a fait remarquer la mission onusienne.

Le rapport indique, en outre, que les investigations menées par la Mission « ont montré que toutes les parties à ce conflit, dont les pays tiers, les combattants étrangers et les mercenaires ont violé le droit international humanitaire », ajoutant que « certains ont commis des crimes de guerre ».

Les civils ont payé un lourd tribut, au cours des agressions contre Tripoli en 2019, comme lors des différentes confrontations armées, a souligné à ce propos Mohamed Aujjar, notant que « les attaques aériennes ont tué des dizaines de familles. De même, la destruction des hôpitaux a compromis l’accès à la santé, tandis que les mines anti-personnels laissées par des mercenaires, dans des zones résidentielles ont tué et blessé des civils ».

« Au moment où les Libyens entreprennent des efforts intenses pour garantir la paix, la question de reddition des comptes, en matière des violations graves des droits de l’Homme et des crimes internationaux, est devenue plus que jamais une nécessité pour prévenir davantage de violations et consolider la paix et la réconciliation à long terme », a-t-il poursuivi, exhortant la Libye à  » intensifier ses efforts pour poursuivre les responsable des ces crimes ». Il a appelé également la communauté internationale à continuer à fournir l’appui aux autorités judiciaires libyennes.

(Avec MAP)

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