Taxe carbone : « Nous avons des capacités déjà installées et inexploitées »

La Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME) organise, la 12ème édition du E-SISTEP, sous le thème de "L’industrie au cœur du développement économique", du 5 au 7 octobre à Casablanca. Le thème de ce jour était dédié à la décarbonation dans le secteur des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques.

Taxe carbone : « Nous avons des capacités déjà installées et inexploitées »

Le 7 octobre 2021 à 15h00

Modifié 7 octobre 2021 à 15h44

La Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques (FIMME) organise, la 12ème édition du E-SISTEP, sous le thème de "L’industrie au cœur du développement économique", du 5 au 7 octobre à Casablanca. Le thème de ce jour était dédié à la décarbonation dans le secteur des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques.

Plusieurs intervenants ont pris la parole, à commencer par Moufid Adraoui, manager Incubation et Partenariats Stratégiques, au sein de l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN). « Masen a annoncé plusieurs projets, relatifs au développement des énergies renouvelables. A fin 2020, nous avons déjà 1.200 mégawatts d’exploitation dans l’éolien. Nous avons également plus de 2.700 mégawatt, dans le solaire, en cours de construction. Les projets sont là ; ils existent et d’autres projets sont en cours pour atteindre les objectifs de 2030. Nous devons quantifier les besoins de l’industrie pour identifier une adéquation, entre ce qui est déjà réalisé et les besoins les plus urgents, afin de faire face au défi de l’entrée en vigueur de la taxe carbone d’ici 2023. »

Et d’ajouter : « Nous avons des capacités déjà installées, mais nous ne cherchons pas à les exploiter et à s’assurer qu’elles vont être allouées, aux industries qui seront pénalisées, par l’entrée en vigueur de la taxe carbone. Cela est possible, à travers une démarche qui intègre toute la chaîne de valeur. Il faut pouvoir allouer l’énergie renouvelable aux industries qui en ont besoin. »

Adapter localement les solutions mises au point dans d’autres pays

Quant à Ahmed Benlarabi, responsable PV Systems, à l’Institut de recherche en énergie solaire et énergies nouvelles (IRESEN), il estime qu’il faut « développer des solutions innovantes, en capitalisant sur ce qui s’est fait ailleurs et en les adaptant au contexte marocain. Car pour s’assurer que l’ensemble de ces développements sont adaptés et peuvent apporter leur part, à cette transition énergétique, il faut préalablement s’assurer que ces technologies sont bien adaptées au niveau local. Chez l’IRESEN, nous avons mis au point une nouvelle plateforme concernant, tout ce qui est orienté vers l’hydrogène vert et l’ammoniaque vert. Nous avons, également, une plateforme en cours de finalisation qui est orientée, vers l’efficacité énergétique dans le BTP. »

Enfin, Abdeslam Halouani, vice-président de la FIMME (Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques) et conseiller du président, en charge du développement durable au sein du groupe Meski Invest : « Quand on parle de taxe carbone, on parle d’un moyen de financer la relance post-Covid-19 instaurée par l’Union européenne. C’est une barrière non tarifaire que des marchés européens instaureront à compter de 2023. L’accès à une énergie renouvelable a fait l’objet de nombreux programmes, mais l’administration a du mal à concrétiser cet accès. La loi 13-09 met à disposition cette énergie, pour un certain nombre d’acteurs, mais lorsqu’elle est accompagnée par des taxes, elle n’est pas à la portée de tout le monde. Il faut essayer de faire bouger les ressorts. En tant qu’industriels, on demande à être taxés au niveau du résultat, mais pas du capital. »

Enfin, lorsqu’il s’agit de savoir si l’entreprise marocaine est prête à se décarboner, Abdeslam Halouani estime que « oui, le secteur privé est prêt« .

Il complète : « A titre d’exemple, le plan de relance post-Covid en France, c’est 350 millions d’euros pour accompagner l’industrie dans l’intégration de l’industrie 4.0. Il faut essayer d’aller vers un travail en commun, vers une concertation commune. L’administratif doit faire son travail et le volet financier aussi. Dans tous les cas, l’État sera rémunéré en aval. La Turquie, par exemple, a subventionné toutes les industries. Par exemple dans le textile, elle a racheté des marques et a financé des outils et des technologies. Elle a finalement été récompensée par un retour fiscal. Au Maroc, nous avons OCP, qui est une locomotive, mais on doit essayer, avec ce groupe, de tirer tout le reste. OCP a drainé derrière elle tout le secteur de la construction métallique. Il faut, donc, avoir une vision intégrée pour faire converger les leviers du développement du secteur industriel. »

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