Les priorités du nouveau gouvernement pour l'enseignement
De nombreuses mesures sont prévues par le nouveau gouvernement pour "améliorer la qualité de la formation dans l’école publique, durant les cinq prochaines années, ainsi que les conditions de travail des enseignants". Voici les plus importantes.
Six grands chantiers dans le secteur de l’enseignement sont évoqués dans le programme gouvernemental.
Généralisation de l’enseignement préscolaire dès l’âge de 4 ans
Il s’agit du chantier prioritaire du gouvernement Akhannouch, qui vise à faire suivre le développement des crèches par la généralisation du préscolaire, afin d'accueillir les enfants dès l’âge de 4 ans et les préparer à l’enseignement primaire.
Pour accompagner cette généralisation, l’Instance nationale d’évaluation sera dotée de nouveaux outils de travail, lui permettant d'évaluer de manière plus stricte et continue le développement de la petite enfance.
Des spécialistes de l’enseignement de la petite enfance seront également formés pour garantir un meilleur accompagnement de cette cible.
Évaluation des compétences nécessaires dès le primaire
L’Instance nationale d’évaluation se chargera d’examiner, chaque année, la maîtrise des compétences en lecture, en calcul, en écriture, ainsi que la maîtrise des langues, afin d'évaluer les progrès réalisés au niveau des écoles.
Le nouveau gouvernement table également sur l’éducation civique et morale pour renforcer l’identité marocaine des élèves, dès leur plus jeune âge. Un projet qui nécessite une révision du programme scolaire, de manière à leur enseigner les valeurs de tolérance et d’ouverture d’esprit, et à privilégier leur épanouissement culturel, tel que recommandé par le Nouveau Modèle de développement.
Les activités sociales seront également introduites dans toutes les matières, et seront prises en considération pour évaluer le rendement scolaire des étudiants.
Troisième point important évoqué dans ce volet : la généralisation de l’enseignement à distance. Pour ce faire, le gouvernement veillera à :
- encourager les initiatives du secteur privé pour accompagner l'équipement des établissements, notamment dans le milieu rural ;
- allouer un budget pour généraliser l’accès à Internet, avec un débit suffisant ;
- créer un passeport digital d’enseignement qui permettra aux familles dans le besoin de financer une partie des outils digitaux nécessaires à leurs enfants ;
- doter tous les cadres des académies régionales d’un certificat digital d’enseignant et le généraliser à tous les enseignants, pour garantir un bon niveau de connaissance dans le digital.
Généralisation de l’école communale, du transport scolaire et des cantines
Le concept d’école communale repose sur le regroupement d’élèves d’une même commune ou de nombreuses communes dans une seule école. Pour généraliser ce concept dans le milieu rural, le choix du lieu de l’école s’avère important, ainsi que son raccordement avec les infrastructures nécessaires.
Pour ce qui est du transport scolaire, son renforcement représente une alternative moins coûteuse que les établissements d’accueil (internats et maisons d’étudiantes). Le nouveau gouvernement prévoit ainsi d’accompagner les conseils provinciaux et locaux dans le financement et la gestion de ce service. Lorsque les distances quotidiennes sont très longues, notamment dans les régions montagneuses, le transport scolaire sera remplacé par les internats, qui peuvent être gérés par des mères, membres d’associations à but non lucratif.
En ce qui concerne les cantines, le gouvernement vise à élargir le nombre de bénéficiaires, qui s’élève actuellement à 1.450.000 élèves, et à doter les restaurants de ressources financières supplémentaires pour améliorer la qualité nutritionnelle des repas, ainsi que leurs infrastructures (accès à l’eau et l'électricité…).
Revaloriser le métier d’enseignant
Ce chantier passera essentiellement par l’amélioration de la formation des enseignants. Un plan national sera mis en œuvre, dont le pilier principal est la formation sélective et innovante des enseignants.
Le gouvernement va ainsi créer une faculté d’éducation et de formation, avec un cursus de trois ans, avec entrée sélective. Celle-ci se chargera également de former les enseignants spécialisés dans la petite enfance, et d’autres dans l’accompagnement des personnes en situation de handicap.
Le second pilier dudit plan national est l’augmentation de la capacité de formation dans les structures existantes (notamment les Écoles supérieures d’éducation et de formation, et la Faculté des sciences de Rabat), pour pouvoir répondre au besoin annuel de recrutement d'environ 15.000 enseignants.
Le gouvernement aspire aussi à rendre ce métier attractif en améliorant les salaires nets des enseignants débutants, disposant d’un certificat de qualification pédagogique obtenu dans l’un des centres régionaux des métiers d’éducation et de formation. Leur salaire passerait à 7.500 DH, soit une augmentation de 2.500 DH.
Investir dans l’enseignement supérieur et la recherche scientifique
Ces investissements permettront entre autres de :
- renouveler les infrastructures universitaires pour les doter de terrains de sport, bibliothèques, restaurants, espaces de lecture…
- attribuer des bourses aux doctorants pour financer leurs études dans les universités marocaines et étrangères, à condition qu'ils s’engagent à enseigner par la suite dans les universités marocaines.
Le nouveau gouvernement prévoit également de revoir le système d’orientation et de motiver les choix des sujets de recherche scientifique en fonction des besoins économiques du pays.
Formation professionnelle
Sur ce volet, deux mesures importantes sont prévues par le nouveau gouvernement :
- La création de filières entre la formation professionnelle et les universités et grandes écoles, pour permettre à ceux qui le souhaitent d’améliorer leur formation.
- L’application de la nouvelle feuille de route lancée par le Roi Mohammed VI, et la poursuite du déploiement des 12 cités des métiers et des compétences.
à lire aussi

Article : Bilan de fin de saison. Fortunes diverses, mais dynamique positive pour les internationaux marocains
Alors que la majorité des championnats touchent à leur fin, les internationaux marocains ont pour la plupart signé des saisons de haute volée. Un constat qui s’applique également à ceux qui n’ont rien gagné, mais dont les prestations ont été unanimement saluées. De bon augure en perspective du Mondial 2026.

Article : Criquets pèlerins aux portes du Souss : quel risque pour l'agriculture ?
Ils sont jaunes, parfois rosâtres, et inquiètent les agriculteurs du Souss. Des criquets pèlerins ont été observés à proximité des champs agricoles de Chtouka Aït Baha. Voici ce qu'il faut savoir sur la situation.

Article : En 2025, l’aggravation du déficit extérieur en biens et services retire 3,8 points à la croissance
Au-delà de la sécheresse, la croissance au Maroc est aussi affaiblie par une fuite importante de la demande vers les importations. En 2024, le solde extérieur a retiré 2,5 points à la croissance. En 2025, selon nos calculs, cette perte atteint 3,8 points. Une partie de l’effort d’investissement et de consommation se transforme ainsi en production étrangère, plutôt qu’en valeur ajoutée locale.

Article : Et si on regardait la Bourse de Casablanca hors minières ? Ce que les minières changent dans la lecture du marché
Avec plus de 11% du MASI et une contribution de +656 points de base depuis le début de l’année, les minières prennent une place centrale dans les mouvements de la Bourse de Casablanca.

Article : SkyStriker : le drone “précis, silencieux et mortel” rejoint l’arsenal des FAR
Précis, silencieux et dopé à l'intelligence artificielle, ce nouveau vecteur de frappe à bas coût renforce considérablement la résilience et la réactivité du dispositif de défense marocain.

Article : GST Rabat-Salé-Kénitra : un budget de 1,8 milliard de DH en 2026, le CHU Ibn Sina au cœur des investissements
Un budget 2026 estimé à plus de 1,8 milliard de DH traduisant l’ampleur des investissements engagés dans la région Rabat-Salé-Kénitra, un démarrage progressif du CHU Ibn Sina prévu en deux phases avec une montée en charge, et une feuille de route sanitaire qui vise à réduire les disparités territoriales et à renforcer l’offre de soins.