22 MMDH d’impayés bancaires chez les Marocains, est-ce beaucoup ?

En 18 ans, les impayés bancaires des particuliers au Maroc ont été multipliés par 5,7. Mais compte tenu d’une évolution plus importante de l’encours global des crédits, le taux d’impayés a diminué à 7,6%. Un niveau qui reste élevé en comparaison de plusieurs pays.

22 milliards de DH d’impayés bancaires chez les Marocains, est-ce beaucoup ?

Le 09 septembre 2019 à 14:37

Modifié le 10 septembre 2019 à 15:33

Début 2002, les impayés bancaires des particuliers se limitaient à environ 4 milliards de DH. En juillet dernier, ils atteignaient 22,7 milliards de DH, soit une progression de 473%. Ils ont connu une accélération en 2013, année où ils ont franchi la barre des 10 milliards de DH.

En même temps, l’encours global des crédits aux particuliers est passé de 46 milliards de DH à presque 300 milliards de DH. Il a donc évolué plus vite : 6,5 fois ou 546%.

Ce sont les crédits à l’habitat (209 milliards de DH) et à la consommation (55 milliards) qui ont progressé fortement (multipliés par 7). Les comptes débiteurs ont, eux, doublé pour totaliser 8,7 milliards de DH.

Toutes ces données proviennent des séries statistiques de Bank Al-Maghrib.

Le taux d’impayés des particuliers marocains a donc baissé sur cette période, passant de 8,5% à 7,6%. C’est à peu près le même niveau que le taux d’impayés global du secteur bancaire, incluant les créances des entrepreneurs individuels (5,3 milliards de DH) et des entreprises (39 milliards). Le total des impayés du secteur bancaire s’élève, pour rappel, à 67,5 milliards de DH (7,5% de l’encours global).

Un taux "élevé" selon Fitch, "modéré" selon Bank Al-Maghrib

7,6%, est-ce beaucoup ? En mars dernier, l’agence de notation internationale Fitch Ratings avait, encore une fois, pointé du doigt un taux d’impayés des banques marocaines beaucoup plus élevé que dans les pays développés. Surtout celui des 7 premières banques du Royaume dont elle a calculé le taux à 9,8%. L’agence de notation parle d’une dégradation de la qualité des actifs des banques marocaines.

Réagissant pour Médias24 à ce nouveau rapport, Bank Al-Maghrib avait déclaré que « contrairement à l’analyse de Fitch, les actifs des banques ne sont pas de mauvaise qualité. Le taux d’impayés au niveau du secteur se stabilise à 7,3% et 8,7% sur base consolidée et n’atteint pas les 9,8% avancés par l’agence de notation. Ces niveaux demeurent modérés par rapport à ceux des pays émergents comparables. L’évolution des créances en souffrance a ralenti depuis 2014 et s’est même tassée aujourd’hui ».

La moyenne mondiale est de 3,7%

Qu’en est-il justement dans les autres pays ? Selon les données 2017 du Fonds monétaire international, reprises par la Banque mondiale, le Maroc dépasse largement la moyenne mondiale qui est de 3,7%. Il dépasse également la moyenne américaine (1,1%) et européenne (3,9%) même si l’UE compte plusieurs pays où le taux d’impayés est élevé en raison de la crise de 2008 (Grèce, Italie, Portugal…).

Parmi les pays émergents, le Maroc fait moins bien que le Brésil (3,6%), le Mexique (2,1%), la Turquie (2,8%) et la Malaisie (1,5%) mais fait mieux que l’Inde et la Russie (10%).

En Afrique, le Rwanda (7,2%) et l’Afrique du Sud (2,8%) font mieux que le Maroc, mais ce dernier est mieux classé que l’Algérie et la Tunisie (11%), le Kenya (10%) et le Nigéria (15%).

Les impayés bancaires ont un coût pour les banques car leur rentabilité est amputée des provisions qu’elles doivent constituer. Ils ont également un coût pour l’économie : les taux deviennent plus élevés et le crédit difficile d’accès.

Mais ils représentent surtout un fardeau pour des milliers de familles qui, sauf les cas de non-paiement malveillant, renseigne sur leur situation financière dégradée.

Leur suivi, maîtrise et gestion revêtent donc une importance capitale.

22 MMDH d’impayés bancaires chez les Marocains, est-ce beaucoup ?

Le 09 septembre 2019 à15:03

Modifié le 10 septembre 2019 à 15:33

En 18 ans, les impayés bancaires des particuliers au Maroc ont été multipliés par 5,7. Mais compte tenu d’une évolution plus importante de l’encours global des crédits, le taux d’impayés a diminué à 7,6%. Un niveau qui reste élevé en comparaison de plusieurs pays.

Début 2002, les impayés bancaires des particuliers se limitaient à environ 4 milliards de DH. En juillet dernier, ils atteignaient 22,7 milliards de DH, soit une progression de 473%. Ils ont connu une accélération en 2013, année où ils ont franchi la barre des 10 milliards de DH.

En même temps, l’encours global des crédits aux particuliers est passé de 46 milliards de DH à presque 300 milliards de DH. Il a donc évolué plus vite : 6,5 fois ou 546%.

Ce sont les crédits à l’habitat (209 milliards de DH) et à la consommation (55 milliards) qui ont progressé fortement (multipliés par 7). Les comptes débiteurs ont, eux, doublé pour totaliser 8,7 milliards de DH.

Toutes ces données proviennent des séries statistiques de Bank Al-Maghrib.

Le taux d’impayés des particuliers marocains a donc baissé sur cette période, passant de 8,5% à 7,6%. C’est à peu près le même niveau que le taux d’impayés global du secteur bancaire, incluant les créances des entrepreneurs individuels (5,3 milliards de DH) et des entreprises (39 milliards). Le total des impayés du secteur bancaire s’élève, pour rappel, à 67,5 milliards de DH (7,5% de l’encours global).

Un taux "élevé" selon Fitch, "modéré" selon Bank Al-Maghrib

7,6%, est-ce beaucoup ? En mars dernier, l’agence de notation internationale Fitch Ratings avait, encore une fois, pointé du doigt un taux d’impayés des banques marocaines beaucoup plus élevé que dans les pays développés. Surtout celui des 7 premières banques du Royaume dont elle a calculé le taux à 9,8%. L’agence de notation parle d’une dégradation de la qualité des actifs des banques marocaines.

Réagissant pour Médias24 à ce nouveau rapport, Bank Al-Maghrib avait déclaré que « contrairement à l’analyse de Fitch, les actifs des banques ne sont pas de mauvaise qualité. Le taux d’impayés au niveau du secteur se stabilise à 7,3% et 8,7% sur base consolidée et n’atteint pas les 9,8% avancés par l’agence de notation. Ces niveaux demeurent modérés par rapport à ceux des pays émergents comparables. L’évolution des créances en souffrance a ralenti depuis 2014 et s’est même tassée aujourd’hui ».

La moyenne mondiale est de 3,7%

Qu’en est-il justement dans les autres pays ? Selon les données 2017 du Fonds monétaire international, reprises par la Banque mondiale, le Maroc dépasse largement la moyenne mondiale qui est de 3,7%. Il dépasse également la moyenne américaine (1,1%) et européenne (3,9%) même si l’UE compte plusieurs pays où le taux d’impayés est élevé en raison de la crise de 2008 (Grèce, Italie, Portugal…).

Parmi les pays émergents, le Maroc fait moins bien que le Brésil (3,6%), le Mexique (2,1%), la Turquie (2,8%) et la Malaisie (1,5%) mais fait mieux que l’Inde et la Russie (10%).

En Afrique, le Rwanda (7,2%) et l’Afrique du Sud (2,8%) font mieux que le Maroc, mais ce dernier est mieux classé que l’Algérie et la Tunisie (11%), le Kenya (10%) et le Nigéria (15%).

Les impayés bancaires ont un coût pour les banques car leur rentabilité est amputée des provisions qu’elles doivent constituer. Ils ont également un coût pour l’économie : les taux deviennent plus élevés et le crédit difficile d’accès.

Mais ils représentent surtout un fardeau pour des milliers de familles qui, sauf les cas de non-paiement malveillant, renseigne sur leur situation financière dégradée.

Leur suivi, maîtrise et gestion revêtent donc une importance capitale.

A lire aussi


Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.