Mehdi Benatia, le 26 août 2014, conférence de presse pour sa présentation avec le Bayern.

Après des années de galère, le joueur marocain est désormais considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de la planète. Retour sur un parcours chahuté, entre renvoi de l’institut de football de Clairefontaine, évolution en 2e division et blessure.

26 millions d’euros et des bonus de toute sorte, c’est le montant dépensé par le Bayern de Munich pour s’attacher les services de l’international marocain. Cela fait de lui le plus important  transfert jamais réalisé pour un joueur marocain, mais aussi le second plus grand transfert de l’histoire du champion d’Allemagne en titre. « Guardiola me voulait absolument », commentera le joueur le jour de la présentation. Une belle consécration pour quelqu’un qui a connu de longues années de vaches maigres.

Viré de Clairefontaine, marginalisé par les clubs de ligue 1

Né en 1987 à Courcouronnes, en région parisienne, il rejoint à 13 ans l’Institut national de football (INF) de Clairefontaine.  « On m’a renvoyé 2 ans plus tard pour des problèmes scolaires. Je n’aimais pas l’école, et j’étais un élève turbulent », confiait-il en avril dernier à la chaîne beIN Sport dans l’émission le Club du dimanche.

Suite à ce renvoi, Claude Dusseau, à l’époque directeur de l’INF, avait déclaré à son sujet que « quand on est viré de Clairefontaine, on ne devient jamais pro. Cela ne s’est jamais vu. Mehdi ne sera jamais pro ». Pourtant, le jeune va rebondir, dans un premier temps avec les moins de 16 ans à Guingamp.

Un an plus tard, il rejoint l’équipe des jeunes de l’Olympique de Marseille. Mais José Anigo, directeur technique du club, ne croit pas en lui et finit par le renvoyer de l’équipe pro pour s’entraîner avec la réserve.

« Je me rappelle qu’un jour il y avait une épidémie, il manquait au moins 7 ou 8 joueurs, mais rien n’y fait, je ne pouvais pas rejoindre le groupe pro. Tous les éducateurs étaient attristés de me voir comme ça, parce qu’ils se disaient qu’on s’acharnait un peu sur moi, que je ne méritais pas ce qui m’arrivait » se rappelle le joueur.

A ce moment, Elie Baup le contacte et lui propose de rejoindre Saint-Etienne. Mais José Anigo s’oppose à ce transfert. « Plus tard j’ai appris qu’il voulait me prêter en ligue 2 mais pas en ligue 1, parce que sinon, on dira qu’il y a un problème à l’OM, puisque ses joueurs non retenus arrivent à s’imposer ailleurs. C’était de l’acharnement ».  

Le transfert à Saint-Etienne avorté, il est prêté au FC Lorient lors de la saison 2007-2008. Toutefois, il passe la saison entière sur le banc de touche. Pire, il se blesse gravement au genou pendant l’entrainement et déserte les terrains de foot pendant plusieurs mois.

« Toutes ces péripéties m’ont appris aujourd’hui à apprécier où je suis. A partir du moment où on est sérieux, tout est possible », confie le joueur dans l’émission le Club du dimanche.

En juin 2008, et âgé 21 ans, il rejoint Clermont-Ferrand. Rapidement, il devient un joueur important de cette équipe de ligue 2. Après deux saisons en Auvergne, il est repéré par un recruteur de l’Udinese. En juillet 2010, il rejoint ce club italien sans aucune indemnité de transfert. Et c’est là que sa carrière prend vraiment son envol.  

Ascension avec l’Udinese

Pour ses premiers pas en série A, Benatia devient un titulaire indiscutable. Avec 34 matchs et 3 buts pour sa première saison sous le maillot de l’Udinese, il est encensé par la presse et gagne rapidement l’affection des fans. Il sera même élu meilleur défenseur de la série A selon les visiteurs du site officiel du championnat italien.

Confirmation avec l’AS Roma

Après 3 saisons abouties sous les couleurs de l’Udinese, il rejoint l’AS Roma en juillet 2013 pour 13,5 millions d'euros et s’impose comme pilier de la défense giallorossa. Bilan : en dix journées de championnat, la Roma n'a encaissé qu'un seul but. Mieux, en plus de bien défendre, Benatia marque des buts. En tout, il en inscrira cinq. Aucun défenseur n'a fait mieux en série A la saison dernière. Du reste, la seule fois où il sera absent pour blessure, son équipe perd 3-0 contre la Juventus.

« Qu’est-ce qu’on peut dire de lui, à part que c’est le meilleur défenseur de série A », dira de lui son coéquipier Miralem Pjanić 

Pour son ex-entraineur Rudi Garcia, « Benatia a un sens de l’anticipation phénoménal, il est excellent de la tête et fort physiquement. C’est non seulement un joueur de grand talent, mais c’est aussi un homme de grandes qualités, intelligent et ça c’est plus qu’intéressant pour un coach parce que c’est aussi un homme de vestiaire ».

Nouvelle sentinelle du Bayern

En août 2014, le Bayern de Munich officialise la signature de Mehdi Benatia pour 26 millions d'euros en cash, plus des bonus de toute sorte. Chiffre record pour un joueur marocain et deuxième plus grand transfert dans l'histoire du club. Selon l’Equipe, il devrait toucher 8 millions d'euros brut annuels à Munich.

Pep Guardiola a d’ailleurs confié en conférence de presse qu’il avait ciblé le joueur comme l'une de ses grandes priorités.

En Italie, les aficionados regrettent déjà son départ. « A l'unanimité, Mehdi Benatia avait été une des plus belles recrues du dernier mercato estival et le meilleur défenseur central de la dernière saison de série A », écrit le site Calciomio.

Ironie du sort, José Anigo reconnaît aujourd’hui avoir eu tort sur le dossier Benatia:« On s’est peut-être planté sur Mehdi. C’est vrai que l’on n'a pas vraiment cru à un projet avec lui. »

Patron de l’équipe nationale

Après avoir porté le maillot français avec les sélections jeunes, Mehdi Benatia joue son premier match avec l’équipe nationale du Maroc en 2008. En 2011, il marque son premier but en sélection et au fil des matchs, s’impose le meilleur joueur de l’équipe. Depuis la CAN 2013, il porte le brassard de capitaine. Pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations, dont le Maroc sera le pays hôte, du 17 janvier au 8 février 2015, Benatia est attendu comme l’un des éléments clés de l’équipe nationale. 

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Mehdi Benatia, le 26 août 2014, conférence de presse pour sa présentation avec le Bayern.

Après des années de galère, le joueur marocain est désormais considéré comme l’un des meilleurs défenseurs de la planète. Retour sur un parcours chahuté, entre renvoi de l’institut de football de Clairefontaine, évolution en 2e division et blessure.

 

26 millions d’euros et des bonus de toute sorte, c’est le montant dépensé par le Bayern de Munich pour s’attacher les services de l’international marocain. Cela fait de lui le plus important  transfert jamais réalisé pour un joueur marocain, mais aussi le second plus grand transfert de l’histoire du champion d’Allemagne en titre. « Guardiola me voulait absolument », commentera le joueur le jour de la présentation. Une belle consécration pour quelqu’un qui a connu de longues années de vaches maigres.

Viré de Clairefontaine, marginalisé par les clubs de ligue 1

Né en 1987 à Courcouronnes, en région parisienne, il rejoint à 13 ans l’Institut national de football (INF) de Clairefontaine.  « On m’a renvoyé 2 ans plus tard pour des problèmes scolaires. Je n’aimais pas l’école, et j’étais un élève turbulent », confiait-il en avril dernier à la chaîne beIN Sport dans l’émission le Club du dimanche.

Suite à ce renvoi, Claude Dusseau, à l’époque directeur de l’INF, avait déclaré à son sujet que « quand on est viré de Clairefontaine, on ne devient jamais pro. Cela ne s’est jamais vu. Mehdi ne sera jamais pro ». Pourtant, le jeune va rebondir, dans un premier temps avec les moins de 16 ans à Guingamp.

Un an plus tard, il rejoint l’équipe des jeunes de l’Olympique de Marseille. Mais José Anigo, directeur technique du club, ne croit pas en lui et finit par le renvoyer de l’équipe pro pour s’entraîner avec la réserve.

« Je me rappelle qu’un jour il y avait une épidémie, il manquait au moins 7 ou 8 joueurs, mais rien n’y fait, je ne pouvais pas rejoindre le groupe pro. Tous les éducateurs étaient attristés de me voir comme ça, parce qu’ils se disaient qu’on s’acharnait un peu sur moi, que je ne méritais pas ce qui m’arrivait » se rappelle le joueur.

A ce moment, Elie Baup le contacte et lui propose de rejoindre Saint-Etienne. Mais José Anigo s’oppose à ce transfert. « Plus tard j’ai appris qu’il voulait me prêter en ligue 2 mais pas en ligue 1, parce que sinon, on dira qu’il y a un problème à l’OM, puisque ses joueurs non retenus arrivent à s’imposer ailleurs. C’était de l’acharnement ».  

Le transfert à Saint-Etienne avorté, il est prêté au FC Lorient lors de la saison 2007-2008. Toutefois, il passe la saison entière sur le banc de touche. Pire, il se blesse gravement au genou pendant l’entrainement et déserte les terrains de foot pendant plusieurs mois.

« Toutes ces péripéties m’ont appris aujourd’hui à apprécier où je suis. A partir du moment où on est sérieux, tout est possible », confie le joueur dans l’émission le Club du dimanche.

En juin 2008, et âgé 21 ans, il rejoint Clermont-Ferrand. Rapidement, il devient un joueur important de cette équipe de ligue 2. Après deux saisons en Auvergne, il est repéré par un recruteur de l’Udinese. En juillet 2010, il rejoint ce club italien sans aucune indemnité de transfert. Et c’est là que sa carrière prend vraiment son envol.  

Ascension avec l’Udinese

Pour ses premiers pas en série A, Benatia devient un titulaire indiscutable. Avec 34 matchs et 3 buts pour sa première saison sous le maillot de l’Udinese, il est encensé par la presse et gagne rapidement l’affection des fans. Il sera même élu meilleur défenseur de la série A selon les visiteurs du site officiel du championnat italien.

Confirmation avec l’AS Roma

Après 3 saisons abouties sous les couleurs de l’Udinese, il rejoint l’AS Roma en juillet 2013 pour 13,5 millions d'euros et s’impose comme pilier de la défense giallorossa. Bilan : en dix journées de championnat, la Roma n'a encaissé qu'un seul but. Mieux, en plus de bien défendre, Benatia marque des buts. En tout, il en inscrira cinq. Aucun défenseur n'a fait mieux en série A la saison dernière. Du reste, la seule fois où il sera absent pour blessure, son équipe perd 3-0 contre la Juventus.

« Qu’est-ce qu’on peut dire de lui, à part que c’est le meilleur défenseur de série A », dira de lui son coéquipier Miralem Pjanić 

Pour son ex-entraineur Rudi Garcia, « Benatia a un sens de l’anticipation phénoménal, il est excellent de la tête et fort physiquement. C’est non seulement un joueur de grand talent, mais c’est aussi un homme de grandes qualités, intelligent et ça c’est plus qu’intéressant pour un coach parce que c’est aussi un homme de vestiaire ».

Nouvelle sentinelle du Bayern

En août 2014, le Bayern de Munich officialise la signature de Mehdi Benatia pour 26 millions d'euros en cash, plus des bonus de toute sorte. Chiffre record pour un joueur marocain et deuxième plus grand transfert dans l'histoire du club. Selon l’Equipe, il devrait toucher 8 millions d'euros brut annuels à Munich.

Pep Guardiola a d’ailleurs confié en conférence de presse qu’il avait ciblé le joueur comme l'une de ses grandes priorités.

En Italie, les aficionados regrettent déjà son départ. « A l'unanimité, Mehdi Benatia avait été une des plus belles recrues du dernier mercato estival et le meilleur défenseur central de la dernière saison de série A », écrit le site Calciomio.

Ironie du sort, José Anigo reconnaît aujourd’hui avoir eu tort sur le dossier Benatia:« On s’est peut-être planté sur Mehdi. C’est vrai que l’on n'a pas vraiment cru à un projet avec lui. »

Patron de l’équipe nationale

Après avoir porté le maillot français avec les sélections jeunes, Mehdi Benatia joue son premier match avec l’équipe nationale du Maroc en 2008. En 2011, il marque son premier but en sélection et au fil des matchs, s’impose le meilleur joueur de l’équipe. Depuis la CAN 2013, il porte le brassard de capitaine. Pour la prochaine Coupe d’Afrique des nations, dont le Maroc sera le pays hôte, du 17 janvier au 8 février 2015, Benatia est attendu comme l’un des éléments clés de l’équipe nationale. 

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