EXCLUSIF. Aux origines de l’affaire Karim Zaz Karim Zaz, ex parton de Wana Corporate. (Ph. AIC press)

RECONSTITUTION. Karim Zaz et les 11 autres interpellés sont toujours placés en garde à vue. Le procureur du TPI de Casablanca n’a pas rendu sa décision. L’audition a été reportée au jeudi 6 mars pour complément d’enquête.

Il est attendu une évaluation du manque à gagner en devises par les services concernés. Retour aux origines de l’affaire.

 

L’histoire commence par un brouillage téléphonique sur un câble de Wana, dans un quartier à Casablanca.

Le staff de Wana n’est pas en droit d’intervenir, car la zone tombe sous le contrôle de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). L’agence dépêche sur les lieux des techniciens munis de matériel de haute technologie, accompagnés d’éléments de la police judiciaire.

Une fois le point de diffusion détecté, le procureur du Roi est sollicité afin d’émettre des mandats de perquisition. Dans un immeuble, des appartements recèlent de matériels sophistiqués. Ces locaux font office de sociétés dont l’une appartient à deux anciens collaborateurs de Karim Zaz ayant travaillé chez Maroc Connect et Wana Corporate jusqu’au milieu de l’année 2013, Nour Rabie et Ahmed Naciri.

Tous les deux sont aujourd’hui en contentieux avec Wana Corporate pour licenciement abusif. Depuis, ils ne sont plus gérants des entreprises, celles-ci étaient désormais gérées par un troisième homme.

Revenons à nos enquêteurs de l’ANRT, ils trouvent un dispositif formant une boucle locale radio (BLR) permettant un accès très haut-débit à Internet. Rien d’exceptionnel, puisque quiconque peut en disposer en constituant une société, il suffit de souscrire à un abonnement internet à haut débit.

«Sous couvert de lancement d’un centre d’appels, des paraboles très puissantes ont été acquises», souligne une source proche d’un opérateur télécoms, et d’ajouter: «Une acquisition réalisée à l’étranger, entrée sur le territoire d’une manière plutôt suspecte».

S’ensuit une plainte déposée en bonne et due forme, en juin 2013, chez le procureur général du Roi à Casablanca. Elle est déposée par Wana, principal opérateur touché par le détournement des appels internationaux qui s’acheminaient par le dispositif précité.

Il faut savoir que ce n’est pas la première plainte, et que des dispositifs similaires, plus ou moins artisanaux avaient été démantelés auparavant, notamment suite à des plaintes de Maroc Telecom, ayant conduit à la condamnation de plusieurs personnes à des peines allant jusqu’à un an et demi de prison ferme.

D’ailleurs, le détournement du trafic acheminé vers les numéros de Wana avait coûté la liberté à 3 autres personnes, condamnées plus récemment, un Allemand et deux Marocains ont écopé de deux ans fermes à Marrakech et Salé courant de l’année 2013.

 

(Infographie: Médias 24)

 

Le détournement, comment ça fonctionne?

Les appels téléphoniques provenant de l’étranger à destination du Maroc sont acheminés par l’opérateur étranger jusqu’aux terminaisons de l’opérateur marocain avant de parvenir aux récepteur de la communication.

Lors d’une communication normale, l’opérateur étranger qui facture la communication reverse une partie du prix à l’opérateur qui l’a reçue. Dans un schéma de détournement, la communication provenant de l’étranger est récupérée dans la BLR qui, via une passerelle de numéros locaux, accomplit l’appel comme si ce dernier était une communication locale.

Les investigations policières déclenchées en toute urgence suite à l’invocation par Wana d’un risque d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne touchent pas Karim Zaz pendant la première année. Il en va de même d’un audit interne diligenté chez Wana.

Ce n’est que par des recoupements de sms et d'écoutes téléphoniques, ordonnés par le procureur en juin 2013, que le nom de Karim Zaz est cité, d’où son interpellation en début de semaine.

Nous reviendrons sur ce sujet avec de nouveaux détails dans de prochains articles.

 

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Il est attendu une évaluation du manque à gagner en devises par les services concernés. Retour aux origines de l’affaire.

 

L’histoire commence par un brouillage téléphonique sur un câble de Wana, dans un quartier à Casablanca.

Le staff de Wana n’est pas en droit d’intervenir, car la zone tombe sous le contrôle de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT). L’agence dépêche sur les lieux des techniciens munis de matériel de haute technologie, accompagnés d’éléments de la police judiciaire.

Une fois le point de diffusion détecté, le procureur du Roi est sollicité afin d’émettre des mandats de perquisition. Dans un immeuble, des appartements recèlent de matériels sophistiqués. Ces locaux font office de sociétés dont l’une appartient à deux anciens collaborateurs de Karim Zaz ayant travaillé chez Maroc Connect et Wana Corporate jusqu’au milieu de l’année 2013, Nour Rabie et Ahmed Naciri.

Tous les deux sont aujourd’hui en contentieux avec Wana Corporate pour licenciement abusif. Depuis, ils ne sont plus gérants des entreprises, celles-ci étaient désormais gérées par un troisième homme.

Revenons à nos enquêteurs de l’ANRT, ils trouvent un dispositif formant une boucle locale radio (BLR) permettant un accès très haut-débit à Internet. Rien d’exceptionnel, puisque quiconque peut en disposer en constituant une société, il suffit de souscrire à un abonnement internet à haut débit.

«Sous couvert de lancement d’un centre d’appels, des paraboles très puissantes ont été acquises», souligne une source proche d’un opérateur télécoms, et d’ajouter: «Une acquisition réalisée à l’étranger, entrée sur le territoire d’une manière plutôt suspecte».

S’ensuit une plainte déposée en bonne et due forme, en juin 2013, chez le procureur général du Roi à Casablanca. Elle est déposée par Wana, principal opérateur touché par le détournement des appels internationaux qui s’acheminaient par le dispositif précité.

Il faut savoir que ce n’est pas la première plainte, et que des dispositifs similaires, plus ou moins artisanaux avaient été démantelés auparavant, notamment suite à des plaintes de Maroc Telecom, ayant conduit à la condamnation de plusieurs personnes à des peines allant jusqu’à un an et demi de prison ferme.

D’ailleurs, le détournement du trafic acheminé vers les numéros de Wana avait coûté la liberté à 3 autres personnes, condamnées plus récemment, un Allemand et deux Marocains ont écopé de deux ans fermes à Marrakech et Salé courant de l’année 2013.

 

(Infographie: Médias 24)

 

Le détournement, comment ça fonctionne?

Les appels téléphoniques provenant de l’étranger à destination du Maroc sont acheminés par l’opérateur étranger jusqu’aux terminaisons de l’opérateur marocain avant de parvenir aux récepteur de la communication.

Lors d’une communication normale, l’opérateur étranger qui facture la communication reverse une partie du prix à l’opérateur qui l’a reçue. Dans un schéma de détournement, la communication provenant de l’étranger est récupérée dans la BLR qui, via une passerelle de numéros locaux, accomplit l’appel comme si ce dernier était une communication locale.

Les investigations policières déclenchées en toute urgence suite à l’invocation par Wana d’un risque d’atteinte à la sûreté de l’Etat ne touchent pas Karim Zaz pendant la première année. Il en va de même d’un audit interne diligenté chez Wana.

Ce n’est que par des recoupements de sms et d'écoutes téléphoniques, ordonnés par le procureur en juin 2013, que le nom de Karim Zaz est cité, d’où son interpellation en début de semaine.

Nous reviendrons sur ce sujet avec de nouveaux détails dans de prochains articles.

 

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