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Schistes marocains, le point avec l’Onhym 

Lundi 15 septembre 2014 à 16h33
Schistes marocains, le point avec l’Onhym
 (Photo Wikipedia)

Indépendance énergétique. C'est le chant entamé par tous depuis l'annonce du début des prospections pétrolières au Maroc, au grand dépit de l'Onhym dont le discours se veut réservé. Son optimisme mesuré s'explique par les annonces précédentes qui n'ont débouché sur aucun résultat notable. Ce qu'il faut savoir sur les schistes.

Huile de schiste ou pétrole de schiste ?

Dans une interview accordée à Usine Nouvelle, Roland Vially, géologue à l'Institut français du pétrole a expliqué que "de prime abord, il ne faut pas confondre huile de schiste avec le pétrole de schiste comme on le fait parfois. Dans le cas où l'on parle de bloc de schiste bitumineux (NDLR: les schistes du Maroc sont des schistes bitumineux), il s'agit bien d'huile de schiste qui est un niveau moins avancé de formation que le pétrole de schiste. Cette huile a une très mauvaise performance énergétique. En fait, ces hydrocarbures non conventionnels sont des ressources non arrivées à maturité géologique. On doit alors les porter à cette maturité artificiellement. Pour en faire du pétrole utilisable, on doit chauffer cette huile à 400 degrés dans des fours qu'il faut construire. C'est un processus et des installations industrielles qui demandent  du temps et des investissements très lourds avec un risque élevé. Et c'est coûteux en énergie!"

Le coût environnemental

C'est l'une des questions que l'on s'est habitués à ne poser que vers la fin. Pourtant, elle est primordiale. Car les schistes polluent beaucoup, même si l'ampleur potentielle de leur pollution reste méconnue.

Contacté par Médias24, l'Onhym est rassurant. Il nous affirme que "tous les partenaires, dans le cadre des différents projets de recherche et d'exploitation des hydrocarbures au Maroc, tant en onshore qu'en offshore, disposent de procédures QSE respectant les normes et standards internationaux. En outre, la Loi n°21-90 sur la recherche et l'exploitation des hydrocarbures exige que toutes les opérations pétrolières soient entreprises dans le respect de l'environnement".

Par ailleurs, poursuite la même source, "les partenaires de l’Onhym sont tenus de réaliser des études d'impact sur l'environnement et de les soumettre aux autorités compétentes en la matière, aussi bien nationales que locales, avant d'entamer leurs travaux. Afin de garantir une meilleure protection de l'environnement contre toute atteinte ou dommage que les opérations pétrolières pourraient causer, la réglementation relative aux hydrocarbures oblige les partenaires de l'Onhym à contracter des assurances spécifiques." Bref, ne vous inquiétez pas, nous avons pensé à tout.

Réserves de schistes: estimations

L'Onhym juge que pour le moment, "il est encore prématuré de parler de réserves. Il faut poursuivre les études et surtout faire des forages d’exploration et d’appréciation qui sont nécessaires pour estimer les réserves en place avant de commencer la phase de développement. Le terme de Ressources potentielles ou Ressources prospectives est utilisé à ce stade. Ce sont des estimations faites à la base des différentes études géologiques et géophysiques entreprises par l’Onhym et ses partenaires".

En revanche, l'office estime que "les ressources de Timahdit et de Tarfaya ont été évaluées à 37 milliards de barils". Un chiffre qui pourra être revu à la baisse, car les compagnies pétrolières ont des antécédents en matière de surestimation des volumes des gisements. Et, comme l'a souligné Roland Vially à Usine Nouvelle, "il faut garder à l’esprit que les annonces de découvertes ou de succès dans la mise en production servent aussi à attirer des investisseurs". 

La rentabilité n'est pas pour demain

Elle ne sera pas immédiate. "En cas de découverte, des opérations d’appréciation seront nécessaires pour estimer les réserves en place avant de commencer la phase de développement. Ces différentes étapes peuvent durer plusieurs années selon la nature et le type de gisement avant de rentrer dans la phase de production", nous signale-t-on à l'Onhym.

L'office considère, également, qu'il "faut garder à l’esprit que les projets de développement des schistes bitumineux font face à des défis technologiques (les procédés industriels ne sont pas matures), sont très capitalistiques et nécessitent des investissements de plusieurs milliards de dollars. La veille technologique se poursuit. Aujourd’hui, au niveau mondial, il n’existe pas d’unités de valorisation de schistes bitumineux pour la production d’hydrocarbures à l’échelle industrielle. Les unités existantes, de faibles capacités, sont au niveau de démonstration ou semi-industriel. L’industrie des schistes bitumineux devra faire face à un défi technique pour passer au stade industriel et à un défi environnemental." 

Les schistes, une simple mode?

Certains analystes se montrent sceptiques face au développement fulgurant des prospections dans le domaine des schistes. Leurs arguments sont nombreux: Volatilité des gisements, absence de technologie d'extraction efficace, grands risques environnementaux, investissements (et surinvestissements) coûteux, risques économiques ... Autant de (mauvais) points qui écornent sérieusement la légende médiatique des schistes. Un article du Monde Diplomatique, datant de Mars 2013, recense les principales objections des détracteurs des schistes. Et elles sont pertinentes.

Pas d'exception marocaine dans les schistes

En même temps qu'un appel à la persévérance, une petite note optimiste de l'Onhym: "L’histoire des découvertes du pétrole a toujours été marquée par des exemples frappants de pays qui ont mis énormément de temps et d’efforts avant d’arriver à leur première importante découverte. Les efforts consentis et la persévérance ont fini par payer en permettant à ces pays d’arriver à leur objectif escompté. Il faut noter aussi que le processus de l’exploration pour les hydrocarbures est long, hautement capitalistique et à haut risque. En effet, il convient de préciser qu’il faut souvent faire de très nombreux forages avant que ces derniers ne s’avèrent positifs. A titre d’exemple, en mer du nord, il a fallu effectuer 200 forages avant d’aboutir à un forage de découverte et 500 forages à Pineview, aux Etats-Unis, avant d’avoir des résultats positifs et 100 puits secs avant la première découverte commerciale dans à Leduc au Canada". 

Et, si cela peut rassurer, "pour ce qui est des schistes bitumineux, les pays qui produisent actuellement à petite échelle (quelques milliers de barils par jour d’huile de schistes bitumineux) sont évidemment passés par le chemin à savoir: Etudes géologiques et minières, analyses et tests de laboratoire, essais pilotes, études de préfaisabilité, études environnementales, études de faisabilité détaillées, … etc. Ce processus a pris plusieurs dizaines d’années" nous indique-t-on du coté de l'Onhym.

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