Le passage Bendibane entre l'aéroport et le centre de Tanger en décembre 2014 (photo JA).

Les interrogations portent sur l’utilisation par Al Omrane de 290 MDH prévus dans le cadre du Plan de développement urbain.

Une réunion présidée par le wali de Tanger Mohamed Yacoubi le 28 novembre dernier sur les activités d’Al Omrane à Tanger continue de faire des vagues.

La réunion à laquelle étaient conviés le président de la commune Fouad Elomari et les présidents d’arrondissements était convoquée par le wali « pour s’enquérir du bon usage d’un montant de 290 MDH octroyé par le Fonds social de l’habitat (FSH) » à Al Omrane dans le cadre du Plan de développement urbain (PDU) 2009-2013 a indiqué une source proche du dossier à Médias 24.

L’Agence urbaine de Tanger et la Direction générale des collectivités locales (DGCL) du ministère de l’Intérieur étaient absentes à cette réunion.

Selon des professionnels, le wali a reproché au holding Al Omrane « des projets non finis et des travaux mal faits ». Du côté d’Al Omrane, où l’on a été surpris par les reproches formulés, des sources informées indiquent que « le holding a dépensé la quasi-totalité de ce budget de 290 MDH dans des aménagements achevés suite à des passations de marché effectuées dans les règles de l’art ».

Au cours de cette réunion, le wali a demandé à Al Omrane « un compte-rendu complet et détaillé des projets et des travaux effectués par Al Omrane sur Tanger entre 2009 et 2013 ».

Selon diverses sources, ces reproches interviendraient alors que les travaux menés dans le cadre du plan Tanger-Métropole subissent plusieurs critiques. Travaux lancés suite à des marchés passés de gré à gré, des travaux réalisés et refaits aux mêmes endroits en un court laps de temps et des retards de paiement. Des arrêts de chantier, notamment à Bendibane, ont été décidés par des entreprises.

Après le lancement du plan Tanger-Métropole en septembre 2013, une réunion avait été tenue deux mois plus tard, en novembre, avec les élus, les associations professionnelles et la société civile. A cette occasion, l’ouverture d’un centre d’information sur les projets du plan Tanger-Métropole avait été annoncée par le wali Mohamed Yacoubi. Il n’en est rien jusqu’à présent.

Al Omrane n’admet pas d’être « audité » par la wilaya

Au sujet du PDU et du budget de 290 MDH, des sources proches du dossier soulignent que « non seulement l’argent a été bien dépensé, mais que le quartier de Béni Makada qui abrite le quart de la population tangéroise en a très largement bénéficié ».

Une manière de dire qu’Al Omrane s’occuperait des quartiers populaires « invisibles » là où les services de la wilaya s’occuperaient des trottoirs et des éclairages publics des avenues « visibles » de la ville.

Cette affaire aurait suscité une grande colère au siège d’Al Omrane à Rabat. Le holding immobilier, l’un des cinq plus importants investisseurs publics marocains que dirige Badr Kanouni, n’admet pas l’idée d’être « audité de la sorte » par la wilaya. « Si quelqu’un doit nous auditer, ce sera la Cour des comptes ou l’Inspection générale des finances », souligne notre source. « Entre la wilaya et Al Omrane, c’est actuellement tendu ».

Sollicité à ce sujet, le bureau de la direction générale d’Al Omrane, invoquant « la tenue des conseils d’administration des filiales cette semaine et probablement la semaine prochaine » n’a pas immédiatement souhaité commenter nos informations. Nous avons cependant pu apprendre que « des discussions se poursuivent ».

Ce conflit intervient alors que depuis plus d’année un contentieux plus silencieux couve entre les deux parties : depuis le lancement du plan Tanger-Métropole, Al Omrane reproche à la wilaya de Tanger de ne pas l’avoir associé aux réunions et à la mise en œuvre du plan malgré ses apports financiers à la politique de la ville.

A Tanger, Al Omrane développe les projets Ibn Battouta et Ibn Khaldoun à Gzénaya, des projets à Tanja Balia sur la baie de Tanger et d’autres ensembles à Béni Makada et Bir Chifa.

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Le passage Bendibane entre l'aéroport et le centre de Tanger en décembre 2014 (photo JA).

Les interrogations portent sur l’utilisation par Al Omrane de 290 MDH prévus dans le cadre du Plan de développement urbain.

Une réunion présidée par le wali de Tanger Mohamed Yacoubi le 28 novembre dernier sur les activités d’Al Omrane à Tanger continue de faire des vagues.

La réunion à laquelle étaient conviés le président de la commune Fouad Elomari et les présidents d’arrondissements était convoquée par le wali « pour s’enquérir du bon usage d’un montant de 290 MDH octroyé par le Fonds social de l’habitat (FSH) » à Al Omrane dans le cadre du Plan de développement urbain (PDU) 2009-2013 a indiqué une source proche du dossier à Médias 24.

L’Agence urbaine de Tanger et la Direction générale des collectivités locales (DGCL) du ministère de l’Intérieur étaient absentes à cette réunion.

Selon des professionnels, le wali a reproché au holding Al Omrane « des projets non finis et des travaux mal faits ». Du côté d’Al Omrane, où l’on a été surpris par les reproches formulés, des sources informées indiquent que « le holding a dépensé la quasi-totalité de ce budget de 290 MDH dans des aménagements achevés suite à des passations de marché effectuées dans les règles de l’art ».

Au cours de cette réunion, le wali a demandé à Al Omrane « un compte-rendu complet et détaillé des projets et des travaux effectués par Al Omrane sur Tanger entre 2009 et 2013 ».

Selon diverses sources, ces reproches interviendraient alors que les travaux menés dans le cadre du plan Tanger-Métropole subissent plusieurs critiques. Travaux lancés suite à des marchés passés de gré à gré, des travaux réalisés et refaits aux mêmes endroits en un court laps de temps et des retards de paiement. Des arrêts de chantier, notamment à Bendibane, ont été décidés par des entreprises.

Après le lancement du plan Tanger-Métropole en septembre 2013, une réunion avait été tenue deux mois plus tard, en novembre, avec les élus, les associations professionnelles et la société civile. A cette occasion, l’ouverture d’un centre d’information sur les projets du plan Tanger-Métropole avait été annoncée par le wali Mohamed Yacoubi. Il n’en est rien jusqu’à présent.

Al Omrane n’admet pas d’être « audité » par la wilaya

Au sujet du PDU et du budget de 290 MDH, des sources proches du dossier soulignent que « non seulement l’argent a été bien dépensé, mais que le quartier de Béni Makada qui abrite le quart de la population tangéroise en a très largement bénéficié ».

Une manière de dire qu’Al Omrane s’occuperait des quartiers populaires « invisibles » là où les services de la wilaya s’occuperaient des trottoirs et des éclairages publics des avenues « visibles » de la ville.

Cette affaire aurait suscité une grande colère au siège d’Al Omrane à Rabat. Le holding immobilier, l’un des cinq plus importants investisseurs publics marocains que dirige Badr Kanouni, n’admet pas l’idée d’être « audité de la sorte » par la wilaya. « Si quelqu’un doit nous auditer, ce sera la Cour des comptes ou l’Inspection générale des finances », souligne notre source. « Entre la wilaya et Al Omrane, c’est actuellement tendu ».

Sollicité à ce sujet, le bureau de la direction générale d’Al Omrane, invoquant « la tenue des conseils d’administration des filiales cette semaine et probablement la semaine prochaine » n’a pas immédiatement souhaité commenter nos informations. Nous avons cependant pu apprendre que « des discussions se poursuivent ».

Ce conflit intervient alors que depuis plus d’année un contentieux plus silencieux couve entre les deux parties : depuis le lancement du plan Tanger-Métropole, Al Omrane reproche à la wilaya de Tanger de ne pas l’avoir associé aux réunions et à la mise en œuvre du plan malgré ses apports financiers à la politique de la ville.

A Tanger, Al Omrane développe les projets Ibn Battouta et Ibn Khaldoun à Gzénaya, des projets à Tanja Balia sur la baie de Tanger et d’autres ensembles à Béni Makada et Bir Chifa.

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