Au Maroc, plus de 99% des abattoirs publics ne répondent pas aux normes sanitaires

A fin juin dernier, seul un abattoir public sur 179 disposait d'un agrément sanitaire de l'ONSSA. Quels risques pour la santé des consommateurs?

L'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est l'organisme habilité à délivrer les agréments nécessaires à la pratique de l'activité d'abattage dans les abattoirs publics et privés du Royaume.
Pourtant, ces centres généralement contrôlés par les communes sont loin de satisfaire aux normes. On recense, à fin juin 2015, un seul abattoir public qui répondait aux normes fixées par l'ONSSA; il s'agit de l'abattoir intercommunal d'Al Hoceima.
Et pour cause, les 178 autres abattoirs municipaux que compte le Royaume ne remplissent pas les conditions sanitaires, d'hygiène et d'équipement prévues dans le cahier des prescriptions spéciales.
Pourtant, les carcasses étalées dans les commerces sont tamponnées par les services sanitaires de l'ONSSA. Une question se pose: comment une viande obtenue après l'abattage d'une bête dans un endroit insalubre peut-elle être considérée propre à la consommation?
De plus, les abattoirs privés sont rarissimes. Les communes exercent quasiment un monopole de fait sur l'abattage, comme sur les marchés de fruits et légumes d'ailleurs. Ce qui est loin de garantir une qualité optimale de service et de salubrité. Selon nos informations, l'Intérieur résiste aux différentes tentatives de réformer le secteur.
Abattoirs municipaux: un problème institutionnel
De l'étable à la table, le circuit emprunté par la viande doit transiter, sans rupture, par une chaîne qui respecte les normes de sécurité alimentaire. Dans la pratique, la réalité est autre.
"La plupart des abattoirs au Maroc sont sous le contrôle des communes et sont sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Une organisation des rôles qui a contribué, depuis la création de ces établissements, à cristalliser les mauvaises pratiques", analyse le Dr Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs, et d'ajouter: "les services véterinaire de l'ONSSA ne peuvent contrôler que les viandes issues d'établissements agréés par l'office. Mais concrètement, comme il n'y a que peu d'abattoirs (privés ou public) qui disposent de l'agrément, les services véterinaires de l'ONSSA dérogent à la règle, car il fallait bien assurer un minimum de surveillance."
Comment est fait le contrôle? "Nous procédons, en amont, à un contrôle sommaire de la bête basé sur l'observation. Si l'animal ne présente aucun signe de problème apparent, il passe à l'abattage. Là, un contrôle postmortem est effectué sur la carcasse et les abats", explique un vétérinaire joint par Médias 24, et d'ajouter: "notre mission s'arrête à la sortie de la bête du lieu d'abattage." La bête est ensuite stockée dans une chambre froide avant d'être remise au chevillard.
Une explosion à l'abattoir de Casablanca interroge sur la sécurité des lieux et des produits
Plusieurs scandales en rapport avec les conditions d'hygiène dans les abattoirs ont éclaté ces dernières années. Et plus particulièrement à Casablanca.
On se souvient, en juin 2012, plusieurs dizaines de tonnes de carcasses ovines ont été contaminées par une fuite d'ammoniac. Huit tonnes de cette viande avariée se sont  retrouvées dans les étalages des boucheries, et vendues au public.
Trois ans plus tard, et malgré le transfert de la gestion de cet établissement à la SDL Casa Prestations, rien n'a encore changé. Une explosion s'est produite ce dimanche matin dans les locaux de l'abattoir. Les raisons ne sont pour l'heure pas encore déterminées, mais la piste de la fuite d'ammoniac n'est pas écartée.
"Il s'agit d'un problème récurrent" constate avec amertume Dr. Bouazza Kharrati.
"Le système de refroidissement dans l'abattoir de Casablanca repose sur l'utilisation de produits interdits depuis la fin des années 80. En effet, l'ammoniac attaque la tuyauterie fabriquée en cuivre, et provoque des fuites régulières de gaz, ce qui entraîne des risques sur la sécurité des ouvriers, des consommateurs et sur la qualité du produit."
Toutefois, les services régionaux de l'ONSSA préparent, conjointement avec les autorités locales, un programme de mise à niveau des abattoirs dans les différentes régions du Royaume.
"Plusieurs projets sont lancés dans les villes de Meknès, Beni Mellal et Tanger pour la création ou l'ouverture de nouveaux abattoirs, répondant aux normes sanitaires de l'ONSSA. Concernant les abattoirs publics, nous accompagnerons les autorités locales pour la mise à niveau de ces établissements" nous a annoncé Dr. Bennaceur, chef de service auprès de la représentation de l'ONSSA à Errachidia.
Quoi de neuf ?
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A fin juin dernier, seul un abattoir public sur 179 disposait d'un agrément sanitaire de l'ONSSA. Quels risques pour la santé des consommateurs?
L'Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA) est l'organisme habilité à délivrer les agréments nécessaires à la pratique de l'activité d'abattage dans les abattoirs publics et privés du Royaume.
Pourtant, ces centres généralement contrôlés par les communes sont loin de satisfaire aux normes. On recense, à fin juin 2015, un seul abattoir public qui répondait aux normes fixées par l'ONSSA; il s'agit de l'abattoir intercommunal d'Al Hoceima.
Et pour cause, les 178 autres abattoirs municipaux que compte le Royaume ne remplissent pas les conditions sanitaires, d'hygiène et d'équipement prévues dans le cahier des prescriptions spéciales.
Pourtant, les carcasses étalées dans les commerces sont tamponnées par les services sanitaires de l'ONSSA. Une question se pose: comment une viande obtenue après l'abattage d'une bête dans un endroit insalubre peut-elle être considérée propre à la consommation?
De plus, les abattoirs privés sont rarissimes. Les communes exercent quasiment un monopole de fait sur l'abattage, comme sur les marchés de fruits et légumes d'ailleurs. Ce qui est loin de garantir une qualité optimale de service et de salubrité. Selon nos informations, l'Intérieur résiste aux différentes tentatives de réformer le secteur.
Abattoirs municipaux: un problème institutionnel
De l'étable à la table, le circuit emprunté par la viande doit transiter, sans rupture, par une chaîne qui respecte les normes de sécurité alimentaire. Dans la pratique, la réalité est autre.
"La plupart des abattoirs au Maroc sont sous le contrôle des communes et sont sous la tutelle du ministère de l'Intérieur. Une organisation des rôles qui a contribué, depuis la création de ces établissements, à cristalliser les mauvaises pratiques", analyse le Dr Bouazza Kharrati, président de la Fédération marocaine des droits des consommateurs, et d'ajouter: "les services véterinaire de l'ONSSA ne peuvent contrôler que les viandes issues d'établissements agréés par l'office. Mais concrètement, comme il n'y a que peu d'abattoirs (privés ou public) qui disposent de l'agrément, les services véterinaires de l'ONSSA dérogent à la règle, car il fallait bien assurer un minimum de surveillance."
Comment est fait le contrôle? "Nous procédons, en amont, à un contrôle sommaire de la bête basé sur l'observation. Si l'animal ne présente aucun signe de problème apparent, il passe à l'abattage. Là, un contrôle postmortem est effectué sur la carcasse et les abats", explique un vétérinaire joint par Médias 24, et d'ajouter: "notre mission s'arrête à la sortie de la bête du lieu d'abattage." La bête est ensuite stockée dans une chambre froide avant d'être remise au chevillard.
Une explosion à l'abattoir de Casablanca interroge sur la sécurité des lieux et des produits
Plusieurs scandales en rapport avec les conditions d'hygiène dans les abattoirs ont éclaté ces dernières années. Et plus particulièrement à Casablanca.
On se souvient, en juin 2012, plusieurs dizaines de tonnes de carcasses ovines ont été contaminées par une fuite d'ammoniac. Huit tonnes de cette viande avariée se sont  retrouvées dans les étalages des boucheries, et vendues au public.
Trois ans plus tard, et malgré le transfert de la gestion de cet établissement à la SDL Casa Prestations, rien n'a encore changé. Une explosion s'est produite ce dimanche matin dans les locaux de l'abattoir. Les raisons ne sont pour l'heure pas encore déterminées, mais la piste de la fuite d'ammoniac n'est pas écartée.
"Il s'agit d'un problème récurrent" constate avec amertume Dr. Bouazza Kharrati.
"Le système de refroidissement dans l'abattoir de Casablanca repose sur l'utilisation de produits interdits depuis la fin des années 80. En effet, l'ammoniac attaque la tuyauterie fabriquée en cuivre, et provoque des fuites régulières de gaz, ce qui entraîne des risques sur la sécurité des ouvriers, des consommateurs et sur la qualité du produit."
Toutefois, les services régionaux de l'ONSSA préparent, conjointement avec les autorités locales, un programme de mise à niveau des abattoirs dans les différentes régions du Royaume.
"Plusieurs projets sont lancés dans les villes de Meknès, Beni Mellal et Tanger pour la création ou l'ouverture de nouveaux abattoirs, répondant aux normes sanitaires de l'ONSSA. Concernant les abattoirs publics, nous accompagnerons les autorités locales pour la mise à niveau de ces établissements" nous a annoncé Dr. Bennaceur, chef de service auprès de la représentation de l'ONSSA à Errachidia.
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