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Maghreb Steel lance un SOS contre le dumping 

Lundi 16 septembre 2013 à 13h41
Maghreb Steel lance un SOS contre le dumping
Fadel Sekkat lance un appel aux autorités. 

Le sidérurgiste marocain interpelle les autorités sur l’augmentation des importations à bas coût. Selon l’entreprise, des mesures urgentes s’imposent contre ce qu’elle qualifie de concurrence déloyale.

C’est un véritable plaidoyer que Magreb Steel développe à travers un communiqué diffusé  le 16 septembre. L’entreprise s’estime « plus que jamais exposée à la concurrence déloyale des importations. » C’est pourquoi le sidérurgiste marocain « alerte les autorités sur l’urgence de prendre des mesures anti-dumping pour préserver la production locale et les emplois. »

« Comme en témoigne l’enquête publiée par Bank-Al-Maghreb en juillet, le secteur de la métallurgie est le plus touché par la baisse de la production industrielle (-61%).Cettebaisse est essentiellement due à une frénésie d’importations d’acier, essentiellement en provenance d’Europe où la sidérurgie connaît une crise profonde. Face à un dumping avéré, Maghreb Steel a saisi les autorités pour mettre en place des mesures lui permettant de maintenir sa production et sauver les emplois. 

La reprise inévitable du marché international de l’acier constitue un facteur motivant pour Maghreb Steel mais aussi pour le secteur entier qui connait une sous-production par rapport à sa capacité réelle. En effet, la production mondiale actuelle de l’acier est évaluée à 1,6 milliards de tonnes, soit un ratio de 230kg per capita. La production nationale est, à ce jour, évaluée à 1,5 millions de tonnes pour une capacité nationale de production estimée à  2,5 millions de tonnes, soit un ratio de 75kg per capita. A titre indicatif, la production d’acier en Turquie est 15 fois plus importante que celle du Maroc avec un niveau de coût de production comparable.

La qualité des produits de Maghreb-Steel, fruit d’un savoir-faire et d’une technologie de dernière génération, est appréciée au niveau national et l’international, puisque les exportations de l’entreprise ont atteint au terme de l’année 2012 : 1,14 milliards DH (soit plus de 150 000 T d’acier exportées).  A plein régime de production, ce chiffre pourrait tripler pour avoisiner les 4 milliards DH. Malgré la crise, le chiffre d’affaires de Maghreb Steel s’est maintenu à 2,7 milliards DH en 2012, dont 43% à l’export.

Pour achever son énorme programme d’investissement tout en résistant aux effets destructeurs de la crise mondiale, Maghreb Steel a procédé à une augmentation de capital, le faisant passer de 900 millions à 2,4 milliards de DH. Parallèlement, les bailleurs de fonds ont confirmé leur soutien par la signature début août d’un protocole d’accord engageant les 6 banques regroupées autour d’un consortium.

Cela a permis à l’entreprise de pouvoir résister à l’invasion des produits importés : pour exemple, les importations de tôle galvanisée et de laminé à froid ont augmenté respectivement de 225 % et 238 % entre 2011 et 2012. Ce qui a engendré pour l’entreprise une perte sur cette période évaluée à 500 millions DH. Combien de temps pourra encore tenir Maghreb-Steel dans ces conditions ? Les autorités de tutelle tardent à prendre des mesures anti-dumping mettant chaque jour un peu plus en péril la survie de l’entreprise.

C’est la question posée puisque les conclusions de l’enquête ouverte par le Ministère sur demande de Maghreb Steel confirment le dumping sur les importations provenant des pays de l’Union européenne (UE) et de la Turquie. L’enquête a été initiée à la demande de l’entreprise dès novembre 2012. Si le volet « investigation » est bouclé, aucune décision n’a été prise à ce jour, malgré de nombreuses lettres de rappel insistant sur le caractère d’urgence des mesures à adopter. De plus, les ventes des mois de juillet et août ont été catastrophiques et on s’attend à ce que la reprise en septembre ne bénéficie qu’aux importations.

Face à cette situation, la direction n’a eu d’autre choix que de licencier 350 employés en août, créant par là-même de fortes tensions sociales. Si les mesures anti-dumping venaient à tarder, ces licenciements pénibles et douloureux devraient continuer et l’usine connaître des périodes d’arrêt plus ou moins longues, voire un arrêt total de l’activité.

Aujourd’hui, le Gouvernement a une responsabilité pour préserver le plus important investissement industriel privé jamais réalisé au Maroc. Les actionnaires et les organismes financiers ont joué leur rôle en maintenant leur confiance et en assurant le maintien de l’activité malgré une conjoncture extrêmement défavorable. Mais tous ces efforts resteront vains si l’Etat ne décide pas de prendre des mesures immédiates pour la sauvegarde de cette industrie. »

(avec communiqué)

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