Au Maroc, quatre chômeurs sur cinq sont citadins et près de deux sur trois sont âgés de 15 à 29 ans. (Photo AFP)

Entre octobre 2012 et septembre 2013, la création nette d’emplois en milieu urbain s’est limitée à 3.000 postes de travail, essentiellement dans les services. Dans l’industrie et le BTP, la destruction d’emplois s’accélère.

La campagne agricole a sauvé les chiffres du chômage. La situation est préoccupante car le Maroc compte plus de 1 million de chômeurs dont la majeure partie en milieu urbain.

Le HCP vient de publier les chiffres relatifs à la situation du marché de travail au troisième trimestre 2013. Selon l’étude, 139.000 postes d’emploi ont été créés depuis la même période de l’année dernière, faisant baisser le taux de chômage de 0,3%. Faut-il pour autant s’en réjouir ?

Dans leur décomposition, les 139.000 postes d’emploi nets créés bénéficient surtout à la population rurale; ce sont quelque 136.000 nouveaux emplois qui ont été presque entièrement créés dans le secteur de l’agriculture, forêt et pêche. Nous retiendrons aussi que 75% de ces emplois sont de type non rémunéré et sont en quasi-totalité occupés par une main d’œuvre féminine. Le lien avec la campagne agricole exceptionnelle de cette année est évident.

En ville, la totalité des 3.000 nouveaux emplois concernent les services, bien que le secteur soit en train de s’essouffler. En effet, si le rythme moyen de création de nouveaux postes dans le secteur des services était de 106.000 nouveaux emplois par an sur les cinq dernières années, 2013 s’annonce particulièrement morose. L’étude du HCP révèle que les offres d’emplois dans les branches commerce et réparation automobile, services personnels et transports terrestres ont baissé de respectivement 19.000, 18.000 et 16.000 postes.

La plus forte destruction d’emplois en milieu urbain concerne l’industrie et l’artisanat (44.000 emplois), suivie du BTP (-39.000) et finalement de l’agriculture, forêt et pêche en milieu urbain (-8.000). A l’échelle nationale, les BTP ont perdu 54.000 emplois et l’industrie-artisanat, 27.000.

Selon la même source, l’emploi se porte mieux dans le monde rural. Le secteur de l’agriculture, forêt et pêche a permis la création de 164.000 postes supplémentaires, soit une progression de 4,2%. Celui de l’industrie et de l’artisanat a connu, de son côté, la création de 17.000 nouveaux postes. Les autres secteurs ont pour leur part accusé une baisse, une destruction de 29.000 postes dans le secteur des services, de 15.000 emplois dans celui du BTP et de 1.000 dans la catégorie activités mal désignées.

Au niveau national, il est à noter que le volume du chômage a diminué de 22.000 personnes. Il se situe actuellement à 1.076.000 au troisième trimestre 2013. Cette baisse concerne exclusivement les zones rurales où le nombre de chômeurs est passé de 228.000 à 206.000. En revanche, leur nombre s’établit à 870.000 en milieu urbain. Le taux de chômage est ainsi passé de 9,4 à 9,1% au niveau national sur l’année.

Autre point important, il y a moins de chômage dans la catégorie de 15-24 ans (-2,3%) dans le milieu rural. Paradoxalement, en ville, cette tranche d’âge enregistre la plus forte hausse du chômage (+2,6%).

Les résultats de l’enquête sont pour le moins inquiétants. Ils révèlent que quatre chômeurs sur cinq sont citadins, que près de deux sur trois sont âgés de 15 à 29 ans et qu’un chômeur sur quatre est diplômé de niveau supérieur.

Par ailleurs, le sous-emploi a augmenté dans les deux zones. En milieu urbain, il est passé de 8,4 à 8,6% contre une progression de 9,6 à 10,3% en milieu rural.

Il est à noter qu’au troisième trimestre 2013, la population active a crû de 1% par rapport à la même période une année plus tôt. Dans le détail, cet accroissement s’est fait entièrement en milieu rural (+2,1%) contre une quasi-stagnation en milieu urbain.

Indicateurs trimestriels d'activité et de chômage par milieu de résidence

 

                                                                     (Effectifs en milliers et taux en %) 

Indicateurs

3ème trimestre 2012                     

3ème trimestre 2013                     

Urbain

Rural

Ensemble

Urbain

Rural

Ensemble

  Activité et emploi ( 15 ans et plus )

 

 

 

 

 

 

Population active

6 202

5 445

11 647

6 205

5 558

11 763

Taux de féminisation de la population

   active

21,8

32,5

26,8

22,2

34,3

27,9

Taux d'activité

43,1

57,4

48,7

42,2

58,1

48,5

  . Selon le sexe

 

 

 

 

 

 

      Hommes

69,6

79,7

73,6

67,9

78,7

72,2

      Femmes

18,2

36,3

25,4

18,2

38,7

26,2

  . Selon l’âge

 

 

 

 

 

 

      15 - 24 ans

25,9

43,2

33,8

22,8

42,9

32,0

     25 - 34 ans

59,0

65,4

61,5

59,1

65,8

61,8

     35 - 44 ans

56,8

70,8

61,8

57,2

71,7

62,4

     45 ans et plus

36,3

58,4

44,4

35,5

59,8

44,3

  . Selon le diplôme

 

 

 

 

 

 

      Sans diplôme

37,1

59,8

48,9

36,6

61,4

49,4

      Ayant un diplôme

48,4

49,1

48,6

47,1

46,8

47,0

Population active occupée

5 332

5 217

10 548

5 335

5 352

10 687

- Taux d’emploi

37,0

55,0

44,1

36,3

55,9

44,0

- Part de l’emploi  rémunéré dans l’emploi total. Dont : 

95,4

59,2

77,5

95,7

58,0

76,8

- Salariés  

66,1

38,4

55,6

68,6

38,4

57,2

- Auto-employés   

33,9

61,6

44,4

31,4

61,6

42,8

-        Population active occupée sous employée

446

502

948

458

551

1 009

- Taux de sous emploi

8,4

9,6

9,0

8,6

10,3

9,4

  Chômage

 

 

 

 

 

 

Population active en chômage  

870

228

1 098

870

206

1 076

- Taux de féminisation de la population

   active en chômage

31,5

16,6

28,4

32,4

16,3

29,3

- Taux de chômage

14,0

4,2

9,4

14,0

3,7

9,1

   . Selon le sexe

 

 

 

 

 

 

      Hommes

12,3

5,2

9,2

12,2

4,7

9,0

      Femmes

20,3

2,1

10,0

20,4

1,8

9,6

  . Selon l'âge

 

 

 

 

 

 

      15-24 ans

35,2

9,6

20,2

37,8

7,3

19,1

      25-34 ans

20,4

4,5

13,7

19,3

3,9

12,8

      35-44 ans

7,1

2,3

5,1

8,1

3,2

6,1

      45 ans et plus

2,4

1,1

1,8

3,1

1,2

2,2

  . Selon le diplôme

 

 

 

 

 

 

      Sans diplôme

7,1

2,4

4,1

7,6

2,3

4,2

      Ayant un diplôme

18,8

11,5

17,2

18,4

9,8

16,5

 

 Source : Enquête nationale sur l'emploi, Haut Commissariat au Plan  (Direction de la Statistique)

 

Premières réactions

Bouchaib Benhamida, président de la FNBTP (fédération nationale du BTP)

Les destructions nettes d’emplois dévoilées par le HCP sont révélatrices d’une situation de crise dans laquelle plonge notre secteur depuis plus d’une année.

Quand on s’enquiert du contenu du projet de loi de Finances qui annonce une réduction sensible de la commande publique et quand on connaît les problèmes que vivent les entreprises BTP, notamment suite aux retards de paiements, nous ne pouvons être que pessimistes quant à l’avenir de notre activité.

Le cas des opérateurs qui ont pour client le ministère de l’Education nationale est édifiant dans le sens où les retards de paiement ont mis à genoux de nombreuses entreprises. Et aucune mesure concrète n’est mise en place pour permettre aux autres de survivre.

 

Youssef Iben Mansour, président de la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers)

Dans notre secteur, seul le logement social permet de sauver la mise et donc de maintenir l'emploi. Les autres segments souffrent depuis plusieurs mois d’un ralentissement net de la demande. Cela influe directement sur le nombre de chantiers ouverts et par ricochet sur la main-d’œuvre engagée. 

2014 promet des signes d’amélioration. En effet, nous attendons avec impatience l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions du PLF concernant le logement pour la classe moyenne. Elles permettront de s’attaquer à un marché où une demande a existé depuis toujours, mais où aucune offre appropriée n’était proposée.

 

 


 

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Au Maroc, quatre chômeurs sur cinq sont citadins et près de deux sur trois sont âgés de 15 à 29 ans. (Photo AFP)

Entre octobre 2012 et septembre 2013, la création nette d’emplois en milieu urbain s’est limitée à 3.000 postes de travail, essentiellement dans les services. Dans l’industrie et le BTP, la destruction d’emplois s’accélère.

 

La campagne agricole a sauvé les chiffres du chômage. La situation est préoccupante car le Maroc compte plus de 1 million de chômeurs dont la majeure partie en milieu urbain.

Le HCP vient de publier les chiffres relatifs à la situation du marché de travail au troisième trimestre 2013. Selon l’étude, 139.000 postes d’emploi ont été créés depuis la même période de l’année dernière, faisant baisser le taux de chômage de 0,3%. Faut-il pour autant s’en réjouir ?

Dans leur décomposition, les 139.000 postes d’emploi nets créés bénéficient surtout à la population rurale; ce sont quelque 136.000 nouveaux emplois qui ont été presque entièrement créés dans le secteur de l’agriculture, forêt et pêche. Nous retiendrons aussi que 75% de ces emplois sont de type non rémunéré et sont en quasi-totalité occupés par une main d’œuvre féminine. Le lien avec la campagne agricole exceptionnelle de cette année est évident.

En ville, la totalité des 3.000 nouveaux emplois concernent les services, bien que le secteur soit en train de s’essouffler. En effet, si le rythme moyen de création de nouveaux postes dans le secteur des services était de 106.000 nouveaux emplois par an sur les cinq dernières années, 2013 s’annonce particulièrement morose. L’étude du HCP révèle que les offres d’emplois dans les branches commerce et réparation automobile, services personnels et transports terrestres ont baissé de respectivement 19.000, 18.000 et 16.000 postes.

La plus forte destruction d’emplois en milieu urbain concerne l’industrie et l’artisanat (44.000 emplois), suivie du BTP (-39.000) et finalement de l’agriculture, forêt et pêche en milieu urbain (-8.000). A l’échelle nationale, les BTP ont perdu 54.000 emplois et l’industrie-artisanat, 27.000.

Selon la même source, l’emploi se porte mieux dans le monde rural. Le secteur de l’agriculture, forêt et pêche a permis la création de 164.000 postes supplémentaires, soit une progression de 4,2%. Celui de l’industrie et de l’artisanat a connu, de son côté, la création de 17.000 nouveaux postes. Les autres secteurs ont pour leur part accusé une baisse, une destruction de 29.000 postes dans le secteur des services, de 15.000 emplois dans celui du BTP et de 1.000 dans la catégorie activités mal désignées.

Au niveau national, il est à noter que le volume du chômage a diminué de 22.000 personnes. Il se situe actuellement à 1.076.000 au troisième trimestre 2013. Cette baisse concerne exclusivement les zones rurales où le nombre de chômeurs est passé de 228.000 à 206.000. En revanche, leur nombre s’établit à 870.000 en milieu urbain. Le taux de chômage est ainsi passé de 9,4 à 9,1% au niveau national sur l’année.

Autre point important, il y a moins de chômage dans la catégorie de 15-24 ans (-2,3%) dans le milieu rural. Paradoxalement, en ville, cette tranche d’âge enregistre la plus forte hausse du chômage (+2,6%).

Les résultats de l’enquête sont pour le moins inquiétants. Ils révèlent que quatre chômeurs sur cinq sont citadins, que près de deux sur trois sont âgés de 15 à 29 ans et qu’un chômeur sur quatre est diplômé de niveau supérieur.

Par ailleurs, le sous-emploi a augmenté dans les deux zones. En milieu urbain, il est passé de 8,4 à 8,6% contre une progression de 9,6 à 10,3% en milieu rural.

Il est à noter qu’au troisième trimestre 2013, la population active a crû de 1% par rapport à la même période une année plus tôt. Dans le détail, cet accroissement s’est fait entièrement en milieu rural (+2,1%) contre une quasi-stagnation en milieu urbain.

Indicateurs trimestriels d'activité et de chômage par milieu de résidence

 

                                                                     (Effectifs en milliers et taux en %) 

Indicateurs

3ème trimestre 2012                     

3ème trimestre 2013                     

Urbain

Rural

Ensemble

Urbain

Rural

Ensemble

  Activité et emploi ( 15 ans et plus )

 

 

 

 

 

 

Population active

6 202

5 445

11 647

6 205

5 558

11 763

Taux de féminisation de la population

   active

21,8

32,5

26,8

22,2

34,3

27,9

Taux d'activité

43,1

57,4

48,7

42,2

58,1

48,5

  . Selon le sexe

 

 

 

 

 

 

      Hommes

69,6

79,7

73,6

67,9

78,7

72,2

      Femmes

18,2

36,3

25,4

18,2

38,7

26,2

  . Selon l’âge

 

 

 

 

 

 

      15 - 24 ans

25,9

43,2

33,8

22,8

42,9

32,0

     25 - 34 ans

59,0

65,4

61,5

59,1

65,8

61,8

     35 - 44 ans

56,8

70,8

61,8

57,2

71,7

62,4

     45 ans et plus

36,3

58,4

44,4

35,5

59,8

44,3

  . Selon le diplôme

 

 

 

 

 

 

      Sans diplôme

37,1

59,8

48,9

36,6

61,4

49,4

      Ayant un diplôme

48,4

49,1

48,6

47,1

46,8

47,0

Population active occupée

5 332

5 217

10 548

5 335

5 352

10 687

- Taux d’emploi

37,0

55,0

44,1

36,3

55,9

44,0

- Part de l’emploi  rémunéré dans l’emploi total. Dont : 

95,4

59,2

77,5

95,7

58,0

76,8

- Salariés  

66,1

38,4

55,6

68,6

38,4

57,2

- Auto-employés   

33,9

61,6

44,4

31,4

61,6

42,8

-        Population active occupée sous employée

446

502

948

458

551

1 009

- Taux de sous emploi

8,4

9,6

9,0

8,6

10,3

9,4

  Chômage

 

 

 

 

 

 

Population active en chômage  

870

228

1 098

870

206

1 076

- Taux de féminisation de la population

   active en chômage

31,5

16,6

28,4

32,4

16,3

29,3

- Taux de chômage

14,0

4,2

9,4

14,0

3,7

9,1

   . Selon le sexe

 

 

 

 

 

 

      Hommes

12,3

5,2

9,2

12,2

4,7

9,0

      Femmes

20,3

2,1

10,0

20,4

1,8

9,6

  . Selon l'âge

 

 

 

 

 

 

      15-24 ans

35,2

9,6

20,2

37,8

7,3

19,1

      25-34 ans

20,4

4,5

13,7

19,3

3,9

12,8

      35-44 ans

7,1

2,3

5,1

8,1

3,2

6,1

      45 ans et plus

2,4

1,1

1,8

3,1

1,2

2,2

  . Selon le diplôme

 

 

 

 

 

 

      Sans diplôme

7,1

2,4

4,1

7,6

2,3

4,2

      Ayant un diplôme

18,8

11,5

17,2

18,4

9,8

16,5

 

 Source : Enquête nationale sur l'emploi, Haut Commissariat au Plan  (Direction de la Statistique)

 

Premières réactions

Bouchaib Benhamida, président de la FNBTP (fédération nationale du BTP)

Les destructions nettes d’emplois dévoilées par le HCP sont révélatrices d’une situation de crise dans laquelle plonge notre secteur depuis plus d’une année.

Quand on s’enquiert du contenu du projet de loi de Finances qui annonce une réduction sensible de la commande publique et quand on connaît les problèmes que vivent les entreprises BTP, notamment suite aux retards de paiements, nous ne pouvons être que pessimistes quant à l’avenir de notre activité.

Le cas des opérateurs qui ont pour client le ministère de l’Education nationale est édifiant dans le sens où les retards de paiement ont mis à genoux de nombreuses entreprises. Et aucune mesure concrète n’est mise en place pour permettre aux autres de survivre.

 

Youssef Iben Mansour, président de la FNPI (Fédération nationale des promoteurs immobiliers)

Dans notre secteur, seul le logement social permet de sauver la mise et donc de maintenir l'emploi. Les autres segments souffrent depuis plusieurs mois d’un ralentissement net de la demande. Cela influe directement sur le nombre de chantiers ouverts et par ricochet sur la main-d’œuvre engagée. 

2014 promet des signes d’amélioration. En effet, nous attendons avec impatience l’entrée en vigueur des nouvelles dispositions du PLF concernant le logement pour la classe moyenne. Elles permettront de s’attaquer à un marché où une demande a existé depuis toujours, mais où aucune offre appropriée n’était proposée.

 

 


 

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