La récente décision gouvernementale du 30 octobre d’augmenter les droits de douane sur l’acier entré au Maroc pour protéger le fleuron sidérurgique national, Maghreb Steel, ne fait pas que des heureux chez les métallurgistes, loin s’en faut.

Les industriels dénoncent cette démarche en affirmant que cette mesure anti dumping va pénaliser l’industrie métallurgique et proposent que l’Etat mette la main à la poche pour aider l’aciérie MS.

Médias 24 a interrogé plusieurs industriels-fabricants de produits pour lesquels l’acier est une matière première essentielle. Ils sont nombreux à critiquer cette décision qui va handicaper leur compétitivité et condamnent  l’arrêté ministériel de l'Industrie et du commerce qui est «une mesure en faveur d’une seule entreprise au détriment de toutes les autres du secteur industries métalliques et métallurgiques». Elle préserve l’emploi dans une société et le menace dans les autres, d’après les mêmes sources.

Ils nous assurent que ce verdict manque d’objectivité car «ses auteurs ne se sont pas soucié de mesurer ou d’évaluer l’impact de cette protection sur tout le secteur mais se sont contentés d’analyser le problème par la lorgnette de Maghreb Steel ».

Un important pan de l'industrie est menacé

Cette société de sidérurgie est la seule du Maroc et à ce titre réclamait un soutien fort des autorités pour lutter contre les importations d’acier à prix plus bas que les siens,  qui menace sa survie. Son affirmation selon laquelle les produits importés seraient vendus à perte et qu’elle ne peut donc lutter à armes égales a conduit à l’ouverture d’une enquête du ministère de l’industrie le 20 novembre 2012.

Le ministère du commerce et de l’industrie a donc enquêté et publié un rapport provisoire, très critiqué au sein de la profession. Une augmentation provisoire est instituée sur les droits de douane des tôles d’acier laminées à chaud, d’origines turques ou européennes. Le verdict final du ministère sera annoncé dans quelques mois.

Ces mesures anti-dumping préservent Maghreb Steel mais vont occasionner une hausse des prix pour les industriels qui utilisent l’acier plat et qui emploient eux aussi de la main d’œuvre marocaine.

Effets pervers

Ces industriels dénoncent, eux, un protectionnisme aux effets pervers sur leur secteur d’activité.

En effet, ces mesures de protection vont conduire à un renchérissement de la matière première pour des industries qui sont à la base de toute industrialisation dans le monde.

Cela aura un effet mécanique de hausse du coût de revient des productions marocaines  qui auront plus de mal à affronter la concurrence des produits finis importés d’Europe, de Turquie ou même de Chine.

C’est un peu l’histoire du chien qui se mord la queue car si Maghreb Steel n’arrivait plus à vendre sa production aux industriels marocains qui préféraient l’acheter à moindre coût à l’étranger, il en sera de même pour ces derniers qui n’arriveront plus à écouler leur production aux consommateurs qui se rabattront automatiquement sur des produits importés moins chers.

Les industriels marocains iraient donc, à leur tour, perdre des parts de marché et même y laisser des plumes pour reprendre l’expression d’un des concernés qui considère qu’il n’y a pas lieu de protéger la matière première sans protéger l’industrie du produit fini.

Certains d’entre eux vont jusqu’à affirmer qu’une aciérie n’est pas viable au Maroc car ses principaux intrants, ferraille et électricité, représentent à eux seuls 65% du prix de revient de l’acier.

Il faut savoir que l’usine de Maghreb Steel a une capacité de production de 1,5 million de tonnes et que face à un besoin national en acier de 450.000 tonnes, la question de sa rentabilité peut se poser même si nos interlocuteurs n’hésitent pas  à la juger impossible.

Les industriels s’estiment donc lésés par cette mesure antidumping qu’ils jugent«antilibérale» et préconisent comme remède à l’instar des Etats Unis avec Général Motors, que l’Etat marocain mette la main à la poche pour aider Maghreb Steel à se relever.

Joint par Médias 24, le président de la FIMME (Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques) Abdelhamid Souiri suggère que l’Etat accorde une subvention à Maghreb Steel sans remettre en cause la liberté d’importer la matière première. Si cela ne suffisait pas, une prise de participation pourrait régler le problème. Cela laisserait toute latitude aux opérateurs de l’industrie métallurgique d’importer ou même d’acheter localement selon leurs besoins tout en restant compétitifs.

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Les industriels dénoncent cette démarche en affirmant que cette mesure anti dumping va pénaliser l’industrie métallurgique et proposent que l’Etat mette la main à la poche pour aider l’aciérie MS.

Médias 24 a interrogé plusieurs industriels-fabricants de produits pour lesquels l’acier est une matière première essentielle. Ils sont nombreux à critiquer cette décision qui va handicaper leur compétitivité et condamnent  l’arrêté ministériel de l'Industrie et du commerce qui est «une mesure en faveur d’une seule entreprise au détriment de toutes les autres du secteur industries métalliques et métallurgiques». Elle préserve l’emploi dans une société et le menace dans les autres, d’après les mêmes sources.

Ils nous assurent que ce verdict manque d’objectivité car «ses auteurs ne se sont pas soucié de mesurer ou d’évaluer l’impact de cette protection sur tout le secteur mais se sont contentés d’analyser le problème par la lorgnette de Maghreb Steel ».

Un important pan de l'industrie est menacé

Cette société de sidérurgie est la seule du Maroc et à ce titre réclamait un soutien fort des autorités pour lutter contre les importations d’acier à prix plus bas que les siens,  qui menace sa survie. Son affirmation selon laquelle les produits importés seraient vendus à perte et qu’elle ne peut donc lutter à armes égales a conduit à l’ouverture d’une enquête du ministère de l’industrie le 20 novembre 2012.

Le ministère du commerce et de l’industrie a donc enquêté et publié un rapport provisoire, très critiqué au sein de la profession. Une augmentation provisoire est instituée sur les droits de douane des tôles d’acier laminées à chaud, d’origines turques ou européennes. Le verdict final du ministère sera annoncé dans quelques mois.

Ces mesures anti-dumping préservent Maghreb Steel mais vont occasionner une hausse des prix pour les industriels qui utilisent l’acier plat et qui emploient eux aussi de la main d’œuvre marocaine.

Effets pervers

Ces industriels dénoncent, eux, un protectionnisme aux effets pervers sur leur secteur d’activité.

En effet, ces mesures de protection vont conduire à un renchérissement de la matière première pour des industries qui sont à la base de toute industrialisation dans le monde.

Cela aura un effet mécanique de hausse du coût de revient des productions marocaines  qui auront plus de mal à affronter la concurrence des produits finis importés d’Europe, de Turquie ou même de Chine.

C’est un peu l’histoire du chien qui se mord la queue car si Maghreb Steel n’arrivait plus à vendre sa production aux industriels marocains qui préféraient l’acheter à moindre coût à l’étranger, il en sera de même pour ces derniers qui n’arriveront plus à écouler leur production aux consommateurs qui se rabattront automatiquement sur des produits importés moins chers.

Les industriels marocains iraient donc, à leur tour, perdre des parts de marché et même y laisser des plumes pour reprendre l’expression d’un des concernés qui considère qu’il n’y a pas lieu de protéger la matière première sans protéger l’industrie du produit fini.

Certains d’entre eux vont jusqu’à affirmer qu’une aciérie n’est pas viable au Maroc car ses principaux intrants, ferraille et électricité, représentent à eux seuls 65% du prix de revient de l’acier.

Il faut savoir que l’usine de Maghreb Steel a une capacité de production de 1,5 million de tonnes et que face à un besoin national en acier de 450.000 tonnes, la question de sa rentabilité peut se poser même si nos interlocuteurs n’hésitent pas  à la juger impossible.

Les industriels s’estiment donc lésés par cette mesure antidumping qu’ils jugent«antilibérale» et préconisent comme remède à l’instar des Etats Unis avec Général Motors, que l’Etat marocain mette la main à la poche pour aider Maghreb Steel à se relever.

Joint par Médias 24, le président de la FIMME (Fédération des industries métallurgiques, mécaniques et électromécaniques) Abdelhamid Souiri suggère que l’Etat accorde une subvention à Maghreb Steel sans remettre en cause la liberté d’importer la matière première. Si cela ne suffisait pas, une prise de participation pourrait régler le problème. Cela laisserait toute latitude aux opérateurs de l’industrie métallurgique d’importer ou même d’acheter localement selon leurs besoins tout en restant compétitifs.

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