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Or noir et gaz au Maroc : une vraie renaissance ! 

Mercredi 18 décembre 2013 à 12h21
Or noir et gaz au Maroc : une vraie renaissance !
 (Photo AFP)

Le Maroc a mis en place des dispositifs efficaces pour attirer les compagnies pétrolière d’exploration et de production. Aujourd’hui, elle se pressent pour prospecter dans le pays, prenant des risques et utilisant des méthodes innovantes.

First Sahara Energy, entreprise d'exploration pétrolière et gazière canadienne, a annoncé le 5 décembre 2013 l'organisation d’une rencontre avec l'Onhym et le ministère de l'Energie et des Mines pour finaliser le closing d'une licence d'exploration pétrolière dans la région de Béni-Snassen (dans le Nord-Est du pays).

Cet intérêt pour le Maroc fait suite à plusieurs programmes d'exploration initiés par une poignée d'entreprises étrangères considérées comme les best-in-class de leur secteur : l'Ecossais Cairn Energy, l'Américain Kosmos Energy ou encore l'Australien Pura Vida Energy.

Une vraie ruée vers l'or noir et le gaz !

Ces entreprises animent d'importantes campagnes de forage au large des côtes atlantiques marocaines. Les premières découvertes ont déjà eu lieu au large du Cap Juby. Les experts s'accordent tous pour dire que c'est un exercice des plus risqués. En effet, la carotte n'est toujours pas au rendez-vous et le résultat peut être fatal pour ces dernières. Les entreprises d'E&P (exploration & production) sont connues pour leurs hauts taux de mortalité, et les activités upstream sont réputées être très coûteuses. C'est du quitte ou double !

Dans ce sens, il est naturel de se poser la question des leitmotivs de cet engouement. Le gouvernement aurait-il mis en place un package attractif pour ces opérateurs ? Pourquoi le Maroc ? Des questions que se posent légitimement bon nombre de nos concitoyens. Pour rappel, le Maroc importe respectivement 99% et 91% de ses besoins en pétrole et en gaz. Le résiduel a été jusque là comblé par une production interne très minime, fruit de découvertes faites ici et là. C'est dire l'importance pour le pays de découvrir des gisements conséquents et commercialement exploitables de pétrole et gaz, et vite !

Historiquement, l'exploration pétrolière a démarré en 1900 dans le bassin du Gharb et a permis la découverte du gisement d'Ain Hamra en 1923. La production de ce gisement est aujourd'hui de 300 barils par jour avec un reliquat en réserve estimé à 10 M de barils. De timides réserves de gaz ont été aussi découvertes dans les années 50.

Cependant, aucune de ces découvertes, principalement réalisées onshore (dans les terres), ne représente une taille suffisamment importante pour bouleverser le marché des hydrocarbures marocains, et fournir en nombre à des coûts économiquement rentables la demande intérieure toujours aussi gargantuesque.

Les forages offshore (en mer) semblent quant à eux plus porteurs d'espoirs. Et c'est sur cela que repose le rêve d'or noir marocain. A la date d’aujourd’hui, plus de 36 puits ont été forés offshore dont 29 depuis 2003. C'est dire l'importance qu'a pris ce type de forage sur la dernière décennie, partiellement encouragé par les développements technologiques des techniques d'exploration.

Cependant, il y a encore du grain à moudre. Ce chiffre reste modeste au regard des 350 puits offshore forés rien qu'en 2012 en Afrique.

Le Maroc peut donc mieux faire

Mais revenons à notre problématique centrale : pourquoi le Maroc ? Pourquoi notre pays ? La première raison est géologique. Le bassin de la côte atlantique marocaine est, selon les géologues, similaires à celui des bassins des provinces canadiennes de la Nouvelle Écosse et Terre-Neuve-Et-Labrador. Les géologues estiment que les deux bassins sont identiques à tout point de vue. De ce fait, comme d'importants gisements de pétrole ont été découverts au large des côtes canadiennes, les scientifiques estiment qu'il y a de forte chance que ça soit aussi le cas au large des côtes marocaines. De plus, la nature des eaux marocaines facilite encore plus la tâche, car contrairement au Canada, il n'y a nul besoin de se soucier des icebergs. Voilà donc un premier élément de réponse qui explique la forte activité qu'a connu le secteur des hydrocarbures marocains sur les 18 derniers mois.

La deuxième raison est fiscale. Le Maroc est un véritable paradis fiscal pour les activités d'exploration. C'est le Jersey de l'or noir et du gaz ! Un vrai Bahamas en devenir. Pour séduire les entreprises d'exploration pétrolière, le pays a mis les petits plats dans les grands. Cette opération de séduction a commencé avec la mise en place de la loi 27-99 du code des hydrocarbures en octobre 2000. Les incitatifs sont nombreux et différents entre le gaz et le pétrole mais aussi selon la profondeur des eaux.

Le premier incitatif est lié à la part d'intérêt que l'Etat peut acquérir dans le gisement (le "back-in right"). Le "back-in right" s'apparente à une option d'achat généralement octroyée au pays hôte par l'entreprise d'E&P. L'Onhym se donne ainsi le droit d'acquérir au maximum 25% du gisement une fois découvert.

Le deuxième incitatif est lié à l'impôt sur les sociétés. Les entreprises d'exploration sont exonérées d'impôts pour une période de 10  années consécutives. Seul un impôt de solidarité, représentant 25% du taux d'IS soit un taux à payer de 7,5%, sera payé.

Le troisième et dernier incitatif est lié aux droits de concession ou "royalties", qui ne sont applicables qu'à partir d'un certain volume/tonnage et qui diffèrent selon le type de forage :

- Pour les activités onshore ou offshore à moins de 200 mètres de profondeur, les taux sont de 10% pour le pétrole et 5% pour le gaz.

- Pour les activités offshore à plus de 200 mètres, les taux sont de 7% pour le pétrole et 3,5% pour le gaz.

Au vu de ces nombreux incitatifs, le Maroc offre ainsi un cadre fiscal très avantageux aux entreprises d'E&P. Voilà qui explique donc l'attrait du pays pour l'exploration pétrolière et gazière.

Cependant, un autre point d'interrogation subsiste : pourquoi les majors comme Shell ou encore BP ne se sont pas précipités en premier sur les activités d'exploration au Maroc ? A notre avis, cette absence est un point positif pour le développement des activités d'exploration dans notre pays. Il faut savoir que les petites entreprises d'exploration sont plus entrepreneuriales et prennent plus de risques. Elles sont donc prêtent à investir des dizaines de millions de dollars et à utiliser des méthodes de forage innovantes. Chose que les majors ne font pas pour des raisons liées à leur mode de fonctionnement et à leur culture même.

Ils laissent les petites entreprises d'exploration prendre des risques dans des frontier markets puis les rachètent une fois qu'elles ont découvert un gisement. Les majors sont plus intéressés par les ressources une fois découvertes. Le dernier exemple en date est celui de la cession en octobre dernier des parts de Kosmos Energy à BP. Attendre les majors comme Shell pour dynamiser les activités d'exploration au Maroc reviendrait donc à attendre Godot comme dans le livre de Samuel Beckett.

 

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