Le plan "Génération cash" donne ses premiers fruits. Les chiffes exposés mardi soir par la direction du groupe sont en ligne avec les prévisions.

Ce qui est parfois gênant avec les dirigeants bien installés, c’est qu’ils aiment bien parler du passé. En recevant la presse ce mardi 7 avril, Anas Sefrioui a parlé avec une certaine émotion de l’historique de Addoha et, ma foi, c’était intéressant. Le président du groupe était en verve et nullement ennuyeux. Il a trouvé les mots pour parler de son groupe, et les métaphores pour expliquer le métier.

Anas Sefrioui était en verve. Et ce fut la partie la plus intéressante de l’exercice, car les résultats ainsi que le plan “Génération cash“ avaient été déjà publiés par la presse.

Un plan où la communication est un levier essentiel

Sans un discours crédible, il est impossible de rassurer le marché. Par marché, nous entendons les acheteurs potentiels, leur environnement mais également les boursicoteurs. Addoha a eu l’intelligence de mettre en place une communication, c’est-à-dire un discours crédible et parfois interactif. Sans cela, le plan “Génération cash“ n’aurait pas eu l’accueil qu’il a.

Un groupe né en 1987

Petit rappel de l’histoire du groupe par Anas Sefrioui: A ses débuts en 1987, Addoha était un lotisseur. Il achetait des terrains, et les revendait sous forme de lots viabilisés.

Addoha s’est lancé dans le logement social en 1995. La convention n°1 dans le domaine du logement social a été signée par ce groupe.

En 2006, c’est l’introduction en bourse. A l’époque, toute l’activité du groupe était concentrée sur Casa. Elle concerne 20 villes aujourd’hui ainsi que des pays d’Afrique sub saharienne.

Aujourd’hui, le groupe produit 25.000 logements par an, une centaine par jour ouvrable, une rareté dans la région, y compris en Europe. Chez Addoha, produire du logement est une industrie. Et come le cycle d’exploitation est long, pour produire 25.000 logements chaque année, il faut mettre en finition 25.000 autres, et en fondations et gros œuvre 25.000 autres et enfin disposer de la réserve foncière des 25.000 suivants.

Les 25.000 logements produits représentent 40% de la production nationale si on exclut l’auto-construction.

Et à propos de réserve foncière, Anas Sefrioui explique que c’est un domaine où les opportunités jouent un rôle décisif. Ce n’est pas comme dans les activités économiques où la matière première est disponible et standardisée, sur simple commande. On ne trouve pas facilement des terrains là où on veut, là où il y a la demande, là où c’est opportun.

Il faut donc saisir les opportunités qui se présentent si l’on veut pérenniser l’activité. Le groupe dispose aujourd’hui d’une réserve foncière de 5.000 hectares… qui ne sont comptabilisés qu’au prix d’acquisition, soit 10 MMDH car les normes marocaines ne permettent pas la revalorisation des actifs. Selon lui, si on devait valoriser cette réserve au prix du marché, ce serait à 25 milliards de DH !

L’immobilier est une activité qui a beaucoup d’avenir au Maroc, rassure M. Sefrioui qui cite les deux chiffres clés: un déficit de 600.000 logements actuellement et un déficit additionnel de 100.000 logements par an.

Depuis 2006, date de son entrée en bourse, le groupe a quadruplé son chiffre d’affaires. Dans ce métier qui demande beaucoup de cash, le temps est venu de “consolider“.

EN 2006, l’endettement était nul. Aujourd’hui, il est de 9,3 milliards de DH, le ratio dettes/fonds propres étant de 80% et sera ramené à 33% fin 2017.

Le plan "Génération cash"

En mots simples, sans le langage ésotérique des financiers, c’est une cure d’amaigrissement. Le cycle d’exploitation et de production est un cycle long, il mobilise du cash. Il faut l’alléger et le raccourcir. En d’autres termes, c’est une “monétarisation“ du bilan, expression fétiche et précise de Anas Berrada, le brillant responsable financier du groupe.

Rappelons en abord que le résultat net consolidé d’Addoha a atteint 1,07 MMDH en baisse de 39,8% par rapport à l’année précédente. Cette baisse s’explique notamment par le recul des performances opérationnelles et commerciales. En effet, le chiffre d’affaires consolidé a atteint, en 2014, 7,04 MMDH et le résultat d’exploitation 1,3 MMDH soit une baisse respective de 25,5% et 40,5% par rapport à l’année précédente.

En perspectives, le CA ne devrait progresser entre 2014 et 2017 que de 2,8% en moyenne. En effet, cette baisse de l’activité est envisagée pour le groupe immobilier afin de réussir la stratégie du désendettement.

C’est ainsi que le groupe Addoha a approuvé un nouveau plan stratégique pour 2017 sous le nom de ‘‘Plan Génération Cash’’ qui vise à atteindre en 2017 un cash-flow d’exploitation de 3,2 MMDH contre 200 MDH en 2014 et de faire passer le gearing (endettement sur fonds propres) de 80% à 33%. 

Ceci passera notamment par la limitation de l’acquisition de foncier. A ce titre, Anas Sefrioui a déclaré que le foncier ne fera objet d’aucune cession. «Nous sommes fiers et heureux d’avoir ce foncier, nous n’allons pas le vendre mais plutôt nous cherchons toujours à le développer. Il ne s’agit pas d’une option pour rembourser nos dettes», a avancé Anas Sefrioui.

Aussi, le groupe Addoha prévoit d’abaisser le rythme de la production de nouvelles unités à 14.000 contre 25.000 en 2014. Pour ce qui est le développement en Afrique, il sera fait en adéquation avec le Plan Génération Cash a précisé Anas Berrada, DG du pôle finance. De plus, Addoha compte réaliser un déstockage de 80% des unités finies soit 16.600 dont 5.200 sont pré-vendues. Sur ce titre, le groupe immobilier a précisé qu’Addoha n’a pas un problème de liquidité mais elle veut centrer sa stratégie sur le déstockage pour accélérer le désendettement.

De même, Addoha va limiter le lancement des nouvelles tranches à la commercialisation après l’achèvement des anciennes. Nous avons un cycle de production de deux ans et demi pour vendre 25.000 logements a expliqué Anas Sefrioui.

Outre le désendettement, Addoha veut augmenter le dividende par action à partir de 2015 comme récompense pour les investisseurs qui garde toujours le titre en bourse malgré sa forte correction. D’ailleurs, Addoha a distribué un dividende de 2 DH par action en hausse de 11% par rapport à 2013.

Enfin, ce plan semble porter déjà ses fruits. Ainsi, le groupe immobilier a annoncé avoir réduit sa dette nette de 500 MDH, la ramenant à 8,8 Mrds DH à mi-mars 2015, contre 9,3 MMDH à fin décembre 2014. Le groupe limite sa production à 12.300 unités en 2015 au lieu de 25.000 unités en 2014.

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Le plan "Génération cash" donne ses premiers fruits. Les chiffes exposés mardi soir par la direction du groupe sont en ligne avec les prévisions.
 

Ce qui est parfois gênant avec les dirigeants bien installés, c’est qu’ils aiment bien parler du passé. En recevant la presse ce mardi 7 avril, Anas Sefrioui a parlé avec une certaine émotion de l’historique de Addoha et, ma foi, c’était intéressant. Le président du groupe était en verve et nullement ennuyeux. Il a trouvé les mots pour parler de son groupe, et les métaphores pour expliquer le métier.

Anas Sefrioui était en verve. Et ce fut la partie la plus intéressante de l’exercice, car les résultats ainsi que le plan “Génération cash“ avaient été déjà publiés par la presse.

Un plan où la communication est un levier essentiel

Sans un discours crédible, il est impossible de rassurer le marché. Par marché, nous entendons les acheteurs potentiels, leur environnement mais également les boursicoteurs. Addoha a eu l’intelligence de mettre en place une communication, c’est-à-dire un discours crédible et parfois interactif. Sans cela, le plan “Génération cash“ n’aurait pas eu l’accueil qu’il a.

Un groupe né en 1987

Petit rappel de l’histoire du groupe par Anas Sefrioui: A ses débuts en 1987, Addoha était un lotisseur. Il achetait des terrains, et les revendait sous forme de lots viabilisés.

Addoha s’est lancé dans le logement social en 1995. La convention n°1 dans le domaine du logement social a été signée par ce groupe.

En 2006, c’est l’introduction en bourse. A l’époque, toute l’activité du groupe était concentrée sur Casa. Elle concerne 20 villes aujourd’hui ainsi que des pays d’Afrique sub saharienne.

Aujourd’hui, le groupe produit 25.000 logements par an, une centaine par jour ouvrable, une rareté dans la région, y compris en Europe. Chez Addoha, produire du logement est une industrie. Et come le cycle d’exploitation est long, pour produire 25.000 logements chaque année, il faut mettre en finition 25.000 autres, et en fondations et gros œuvre 25.000 autres et enfin disposer de la réserve foncière des 25.000 suivants.

Les 25.000 logements produits représentent 40% de la production nationale si on exclut l’auto-construction.

Et à propos de réserve foncière, Anas Sefrioui explique que c’est un domaine où les opportunités jouent un rôle décisif. Ce n’est pas comme dans les activités économiques où la matière première est disponible et standardisée, sur simple commande. On ne trouve pas facilement des terrains là où on veut, là où il y a la demande, là où c’est opportun.

Il faut donc saisir les opportunités qui se présentent si l’on veut pérenniser l’activité. Le groupe dispose aujourd’hui d’une réserve foncière de 5.000 hectares… qui ne sont comptabilisés qu’au prix d’acquisition, soit 10 MMDH car les normes marocaines ne permettent pas la revalorisation des actifs. Selon lui, si on devait valoriser cette réserve au prix du marché, ce serait à 25 milliards de DH !

L’immobilier est une activité qui a beaucoup d’avenir au Maroc, rassure M. Sefrioui qui cite les deux chiffres clés: un déficit de 600.000 logements actuellement et un déficit additionnel de 100.000 logements par an.

Depuis 2006, date de son entrée en bourse, le groupe a quadruplé son chiffre d’affaires. Dans ce métier qui demande beaucoup de cash, le temps est venu de “consolider“.

EN 2006, l’endettement était nul. Aujourd’hui, il est de 9,3 milliards de DH, le ratio dettes/fonds propres étant de 80% et sera ramené à 33% fin 2017.

Le plan "Génération cash"

En mots simples, sans le langage ésotérique des financiers, c’est une cure d’amaigrissement. Le cycle d’exploitation et de production est un cycle long, il mobilise du cash. Il faut l’alléger et le raccourcir. En d’autres termes, c’est une “monétarisation“ du bilan, expression fétiche et précise de Anas Berrada, le brillant responsable financier du groupe.

Rappelons en abord que le résultat net consolidé d’Addoha a atteint 1,07 MMDH en baisse de 39,8% par rapport à l’année précédente. Cette baisse s’explique notamment par le recul des performances opérationnelles et commerciales. En effet, le chiffre d’affaires consolidé a atteint, en 2014, 7,04 MMDH et le résultat d’exploitation 1,3 MMDH soit une baisse respective de 25,5% et 40,5% par rapport à l’année précédente.

En perspectives, le CA ne devrait progresser entre 2014 et 2017 que de 2,8% en moyenne. En effet, cette baisse de l’activité est envisagée pour le groupe immobilier afin de réussir la stratégie du désendettement.

C’est ainsi que le groupe Addoha a approuvé un nouveau plan stratégique pour 2017 sous le nom de ‘‘Plan Génération Cash’’ qui vise à atteindre en 2017 un cash-flow d’exploitation de 3,2 MMDH contre 200 MDH en 2014 et de faire passer le gearing (endettement sur fonds propres) de 80% à 33%. 

Ceci passera notamment par la limitation de l’acquisition de foncier. A ce titre, Anas Sefrioui a déclaré que le foncier ne fera objet d’aucune cession. «Nous sommes fiers et heureux d’avoir ce foncier, nous n’allons pas le vendre mais plutôt nous cherchons toujours à le développer. Il ne s’agit pas d’une option pour rembourser nos dettes», a avancé Anas Sefrioui.

Aussi, le groupe Addoha prévoit d’abaisser le rythme de la production de nouvelles unités à 14.000 contre 25.000 en 2014. Pour ce qui est le développement en Afrique, il sera fait en adéquation avec le Plan Génération Cash a précisé Anas Berrada, DG du pôle finance. De plus, Addoha compte réaliser un déstockage de 80% des unités finies soit 16.600 dont 5.200 sont pré-vendues. Sur ce titre, le groupe immobilier a précisé qu’Addoha n’a pas un problème de liquidité mais elle veut centrer sa stratégie sur le déstockage pour accélérer le désendettement.

De même, Addoha va limiter le lancement des nouvelles tranches à la commercialisation après l’achèvement des anciennes. Nous avons un cycle de production de deux ans et demi pour vendre 25.000 logements a expliqué Anas Sefrioui.

Outre le désendettement, Addoha veut augmenter le dividende par action à partir de 2015 comme récompense pour les investisseurs qui garde toujours le titre en bourse malgré sa forte correction. D’ailleurs, Addoha a distribué un dividende de 2 DH par action en hausse de 11% par rapport à 2013.

Enfin, ce plan semble porter déjà ses fruits. Ainsi, le groupe immobilier a annoncé avoir réduit sa dette nette de 500 MDH, la ramenant à 8,8 Mrds DH à mi-mars 2015, contre 9,3 MMDH à fin décembre 2014. Le groupe limite sa production à 12.300 unités en 2015 au lieu de 25.000 unités en 2014.

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