Dans quelques jours, le CDVM se prononcera sur le projet d’OPR de Centrale Danone.

Cette offre publique de retrait est rendue obligatoire par les dispositions légales, puisque Danone a franchi le seuil de 95% dans le capital de la société cotée.

La filiale de Danone a annoncé par voie de communiqué qu’elle ne quittera pas la Bourse. Plus précisément, qu’elle ne demandera pas sa radiation de la cote. Cette affirmation soulève plusieurs remarques:

1-Que se passera-t-il si l’OPR fait le plein? C’est-à-dire si la totalité 4,11% du flottant en Bourse sont revendus à Danone? Dans ce cas, Centrale pourrait remettre des actions sur le marché. Mais combien? Aucune option n’est exempte de contradictions, qu’il s’agisse de peu ou de beaucoup, car Danone serait la première entreprise à:

a. acquérir les actions à un prix largement supérieur au cours (1.500 DH par action comme prix d’acquisition pour un cours de 961 DH);

b. puis de lancer une OPR qui, quelle que soit l’évaluation faite, ne saurait être trop éloignée du cours;

c. et enfin remettre ses propres actions sur le marché.

Dans le meilleur des cas, Danone perdra de l’argent dans ces allers et retours.

2-Avant de racheter le bloc de 5% détenu par la SNI, Danone savait que le franchissement de seuil était inéluctable et donc, que l’OPR était inévitable. Le rachat des 5% équivaut donc à un retrait de facto de la Bourse, car après l’OPR, seuls quelques points resteront sur le marché. Pourquoi avoir racheté à un prix aussi élevé, pour se retrouver dans cette situation où l’on s’interdit la demande de radiation, mais où l’on ne peut se permettre de garder un nombre décent d’actions en Bourse?

3-Son intérêt à rester en Bourse est évident: garder une cotation, accepter les obligations de transparence et de communication financière qui en découlent, garder la possibilité ultérieure de lever facilement de l’argent par ce biais.

4-Mais ce qui reste incompréhensible et qui n’est pas cohérent avec le reste, c’est le rachat par Danone des 5% détenus par la SNI, achetés trop cher pour être revendus ou remis sur le marché dans un délai raisonnable.

Selon des informations de source sûre, c’est la SNI qui a insisté pour réaliser ce deal. C’est ce qui explique les décisions de Danone, qui sans cela manqueraient de cohérence. Une autre source affirme que le rachat des 5% était déjà prévu dans le premier protocole de cession de Centrale Laitière par la SNI à Danone. Nous n’avons pas pu vérifier cette information, ni auprès de la SNI, ni auprès de Centrale Danone.

Quelle que soit l’issue de l’OPR, Danone se retire de facto de la Bourse de Casablanca. La seule condition à son retour serait une forte hausse du cours. Si la valeur dépasse de nouveau le seuil de 1.500 DH, Danone pourrait envisager de remettre sur le marché une partie des actions qu’elle détient dans Centrale.

En conclusion, Danone ne va pas demander sa radiation de la cote, mais elle se retire bel et bien du marché. C’est le prix qu’elle paye en acceptant de reprendre les 5% de la SNI.

Prochaine étape, les eaux minérales?

Centrale Danone suivra-t-elle la stratégie de la maison-mère, à travers un développement dans les eaux et dans l’alimentation infantile?

Selon nos sources, Centrale qui détient 30% de Sotherma (Aïn Saiss et Sidi Harazem) négocie avec la SNI la prise de contrôle de cette société. Pour elle, c’est une opportunité pour aller plus en avant dans le secteur des eaux.

Interrogée par nos soins, Centrale ne dément pas, ne confirme pas: "Nous sommes présents dans l’eau depuis longtemps, à travers notre participation dans Sotherma, nous souhaitons y rester et nous étudierons les possibilités éventuelles de développement."

La même source autorisée indique toutefois que la priorité de Centrale est de continuer à développer ses activités avec les points forts suivants:

a)  poursuivre le renforcement des équipes et compétences avec pour but de faire du Maroc:

*une base de compétences pour le reste de l’Afrique.

*une base d’export, notamment pour les yaourts en Mauritanie et pour le Sénégal, "comme nous l’avons initié cette année".

b) investir dans la "sustainability" (durabilité):

*apporter des solutions nutritionnelles dans les zones rurales;

*"nous revendiquons un rôle dans le fait de rendre la filière de production laitière plus durable";

*"nous avons lancé et travaillons sur un chantier recyclage, en nous inspirant de l'éco-emballage en France";

*"nous souhaitons contribuer au renforcement de l’agriculture familiale: projet Halib Beladi".

Danone, qui est présent dans 40 pays d’Afrique, veut faire du Maroc un hub pour ce continent, notamment pour l’export.

Notre source estime que le Maroc "recèle un important gisement de croissance, bénéficie d’une stabilité politique, d’avancées économiques et sociales, ainsi que de ressources humaines qualifiées, qui lui permettent d’offrir un contexte très favorable aux investissements".


 

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Dans quelques jours, le CDVM se prononcera sur le projet d’OPR de Centrale Danone. 

Cette offre publique de retrait est rendue obligatoire par les dispositions légales, puisque Danone a franchi le seuil de 95% dans le capital de la société cotée.

La filiale de Danone a annoncé par voie de communiqué qu’elle ne quittera pas la Bourse. Plus précisément, qu’elle ne demandera pas sa radiation de la cote. Cette affirmation soulève plusieurs remarques:

1-Que se passera-t-il si l’OPR fait le plein? C’est-à-dire si la totalité 4,11% du flottant en Bourse sont revendus à Danone? Dans ce cas, Centrale pourrait remettre des actions sur le marché. Mais combien? Aucune option n’est exempte de contradictions, qu’il s’agisse de peu ou de beaucoup, car Danone serait la première entreprise à:

a. acquérir les actions à un prix largement supérieur au cours (1.500 DH par action comme prix d’acquisition pour un cours de 961 DH);

b. puis de lancer une OPR qui, quelle que soit l’évaluation faite, ne saurait être trop éloignée du cours;

c. et enfin remettre ses propres actions sur le marché.

Dans le meilleur des cas, Danone perdra de l’argent dans ces allers et retours.

2-Avant de racheter le bloc de 5% détenu par la SNI, Danone savait que le franchissement de seuil était inéluctable et donc, que l’OPR était inévitable. Le rachat des 5% équivaut donc à un retrait de facto de la Bourse, car après l’OPR, seuls quelques points resteront sur le marché. Pourquoi avoir racheté à un prix aussi élevé, pour se retrouver dans cette situation où l’on s’interdit la demande de radiation, mais où l’on ne peut se permettre de garder un nombre décent d’actions en Bourse?

3-Son intérêt à rester en Bourse est évident: garder une cotation, accepter les obligations de transparence et de communication financière qui en découlent, garder la possibilité ultérieure de lever facilement de l’argent par ce biais.

4-Mais ce qui reste incompréhensible et qui n’est pas cohérent avec le reste, c’est le rachat par Danone des 5% détenus par la SNI, achetés trop cher pour être revendus ou remis sur le marché dans un délai raisonnable.

Selon des informations de source sûre, c’est la SNI qui a insisté pour réaliser ce deal. C’est ce qui explique les décisions de Danone, qui sans cela manqueraient de cohérence. Une autre source affirme que le rachat des 5% était déjà prévu dans le premier protocole de cession de Centrale Laitière par la SNI à Danone. Nous n’avons pas pu vérifier cette information, ni auprès de la SNI, ni auprès de Centrale Danone.

Quelle que soit l’issue de l’OPR, Danone se retire de facto de la Bourse de Casablanca. La seule condition à son retour serait une forte hausse du cours. Si la valeur dépasse de nouveau le seuil de 1.500 DH, Danone pourrait envisager de remettre sur le marché une partie des actions qu’elle détient dans Centrale.

En conclusion, Danone ne va pas demander sa radiation de la cote, mais elle se retire bel et bien du marché. C’est le prix qu’elle paye en acceptant de reprendre les 5% de la SNI.

Prochaine étape, les eaux minérales?

Centrale Danone suivra-t-elle la stratégie de la maison-mère, à travers un développement dans les eaux et dans l’alimentation infantile?

Selon nos sources, Centrale qui détient 30% de Sotherma (Aïn Saiss et Sidi Harazem) négocie avec la SNI la prise de contrôle de cette société. Pour elle, c’est une opportunité pour aller plus en avant dans le secteur des eaux.

Interrogée par nos soins, Centrale ne dément pas, ne confirme pas: "Nous sommes présents dans l’eau depuis longtemps, à travers notre participation dans Sotherma, nous souhaitons y rester et nous étudierons les possibilités éventuelles de développement."

La même source autorisée indique toutefois que la priorité de Centrale est de continuer à développer ses activités avec les points forts suivants:

a)  poursuivre le renforcement des équipes et compétences avec pour but de faire du Maroc:

*une base de compétences pour le reste de l’Afrique.

*une base d’export, notamment pour les yaourts en Mauritanie et pour le Sénégal, "comme nous l’avons initié cette année".

b) investir dans la "sustainability" (durabilité):

*apporter des solutions nutritionnelles dans les zones rurales;

*"nous revendiquons un rôle dans le fait de rendre la filière de production laitière plus durable";

*"nous avons lancé et travaillons sur un chantier recyclage, en nous inspirant de l'éco-emballage en France";

*"nous souhaitons contribuer au renforcement de l’agriculture familiale: projet Halib Beladi".

Danone, qui est présent dans 40 pays d’Afrique, veut faire du Maroc un hub pour ce continent, notamment pour l’export.

Notre source estime que le Maroc "recèle un important gisement de croissance, bénéficie d’une stabilité politique, d’avancées économiques et sociales, ainsi que de ressources humaines qualifiées, qui lui permettent d’offrir un contexte très favorable aux investissements".


 

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