Bain de foule de Benkirane à Sidi Bernoussi (Casa)

Lorsqu’on a vu un meeting de Benkirane, on les a tous vus. Mais avec la campagne électorale, c’est plus passionné. Reportage, citations et remarques.

Le meeting est annoncé pour 18H00, ce vendredi 28 août. A l’heure dite, un bon tiers de la place est déjà plein. Des camions déchargent des chaises que des manutentionnaires alignent.

Musique et chants. Une estrade. Des extraits d’un ancien discours de Benkirane, celui où il dit “We can“ pour la première fois, à Lalla Mimouna dans le Gharb. La voix est reconnaissable de loin. Et si on n’a pas l’oreille fine, l’immense poster est là pour le rappeler.

Un chauffeur (de salle) fait patienter l’assistance. Des badauds sont alignés sur le trottoir en face.

A 18H50, “il“ est là. Il monte sur scène, accueilli par une standing ovation, qui dure … dix minutes chronomètre en main. Debout sur l’estrade, il est la star du meeting, on voit bien qu’il est ému. Très ému. La place est noire de monde. Au fur et à mesure, le public va enfler. A la fin de l’allocution, ils sont au moins 10.000 ou 12.000 à l’applaudir.

L’ambiance est à l’émotion joyeuse, parfois un air de kermesse et parfois un air de meeting d’opposition.

Voici les principaux points de ce meeting, au-delà de la dimension show de Benkirane.

1-A ses adversaires: “Je défie quiconque d’entre vous de réunir un meeting spontané comme celui-ci, ouvert, en plein air. Aucun d’entre vous ne l’a fait ni ne peut le faire. Vous préférez les salles fermées, vous faites venir les gens".

2-Le référentiel islamique. A deux reprises, il est fortement présent. Ci après:

3-C'est Abdelaziz Omari, par ailleurs ministre PJD des relations avec le parlement et tête de liste à Hay Mohammadi pour le scrutin du 4 septembre, qui introduit l’allocution de Benkirane. Il rappelle la manifestation du 13 mars 2000 “dans l’affaire de la moudawana de la famille“. Il s’agissait d’une manifestation de 500.000 personnes, route de Médiouna à Casablanca, où encadrés par Al Adl et le PJD, les manifestants s'opposaient au plan d’intégration de la femme au développement présenté à l’époque par le gouvernement.

En 2003, ce fut ensuite la fameuse et audacieuse réforme de la moudawana qui a été présentée au parlement et qui a été votée à l’unanimité, y compris par le PJD. Or, la réforme votée était très en avance sur le plan gouvernemental.

Que signifie cette sortie du ministre, député et candidat PJD? Quel est le lien entre la campagne, le contexte actuel et cette manifestation qu’il cite comme un fait de gloire? Cela signifie-t-il qu’il est contre l’actuelle moudawana? Ou s’agit-il d’une simple contradiction au sein du PJD?

Benkirana rappellera, au cours du meeting de vendredi, que le PJD a effectué ses révisions idéologiques. Il parlait certainement des institutions, de l'Etat, de la violence politique... Est-ce que le statut de la femme fait partie de ces révisions ou pas?

4-Benkirane: “lorsque nous avons décidé de baisser les subventions sur les produits pétroliers, nous avons mis notre confiance en Dieu et le cours du pétrole a baissé, et il a beaucoup plu“.

Et demain, Monsieur Benkirane? Le cours remontera bien un jour. Il pourrait même revenir à 100 dollars contre 40 actuellement, que dira-t-il à ses électeurs?  

Placer sa confiance en Dieu est une affaire privée, individuelle et d’ailleurs largement partagée par l’ensemble des Marocains.

Travailler est une affaire publique, tout comme anticiper, planifier, prévoir le pire… Benkirane est là pour gérer, pas pour expliquer les événements économiques en nourrissant le fatalisme. Il est censé promouvoir le culte de l’effort et du travail, au demeurant très présents dans la Tradition musulmane.

5-“Ce ne sont pas des élections banales. Ce sont des élections politiques. Il s’agit de continuer en avant, sur la voie de la démocratie et de contrer toute velléité de revenir en arrière“.

6-“Il existe un courant qui veut faire revenir le Maroc en arrière. Il est représenté par le PAM et son secrétaire général adjoint Ilyas El Omari qui est le vrai patron du parti. C’est un courant qui ne vous respecte pas, qui ne vous reconnaît pas de droits. La leçon du 20 février ne leur a pas suffi. Ils veulent revenir en arrière. En 2011, il s’est enfui en France, on ne l’entendait pas parler, c’est nous qui avons défendu la stabilité et les institutions, pas lui. Au Pam, il y a aujourd’hui un bandit et deux naïfs“.

7-A Bakkoury : “Tu es un homme bon, tu n’as rien à faire en politique. Je te défie si tu es un homme, de réunir un meeting come celui-ci. On ne devient pas un homme politique comme ça. On ne passe pas de la banque à la politique si facilement“.

8-“Le PAM est un parti suspect. Il humilie vos responsables. Il ne vous respecte pas. Il ne reconnaît pas votre droit de prendre votre destin en main. Vous avez une arme qui est le vote. Votez en masse. Donnez-leur une leçon, vengez-vous de ce qu’ils vous ont fait subir, faites campagne pour le vote. Votez pour qui vous voulez, PJD ou pas, mais ne votez pas pour ce parti. Evitez de voter pour le tracteur qui ne veut que vous labourer“.

9-Le PAM: “On ne peut avoir été créé en 2008 et remporter les élections communales en 2009. Le PAM ne vous craint pas, il vous défie. Votez pour les démocrates, ceux qui vous respectent et vous défendent“. Le PAM représente le courant éradicateur, il représente l'autoritarisme. En un mot, petit peuple, "le PJD vous venge et vous protège, avec lui, vous êtes plus sûrs de vous, vous redressez la tête, votre dignité, le PJD est le pouls du peuple".

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Lorsqu’on a vu un meeting de Benkirane, on les a tous vus. Mais avec la campagne électorale, c’est plus passionné. Reportage, citations et remarques.

Le meeting est annoncé pour 18H00, ce vendredi 28 août. A l’heure dite, un bon tiers de la place est déjà plein. Des camions déchargent des chaises que des manutentionnaires alignent.

Musique et chants. Une estrade. Des extraits d’un ancien discours de Benkirane, celui où il dit “We can“ pour la première fois, à Lalla Mimouna dans le Gharb. La voix est reconnaissable de loin. Et si on n’a pas l’oreille fine, l’immense poster est là pour le rappeler.

Un chauffeur (de salle) fait patienter l’assistance. Des badauds sont alignés sur le trottoir en face.

A 18H50, “il“ est là. Il monte sur scène, accueilli par une standing ovation, qui dure … dix minutes chronomètre en main. Debout sur l’estrade, il est la star du meeting, on voit bien qu’il est ému. Très ému. La place est noire de monde. Au fur et à mesure, le public va enfler. A la fin de l’allocution, ils sont au moins 10.000 ou 12.000 à l’applaudir.

L’ambiance est à l’émotion joyeuse, parfois un air de kermesse et parfois un air de meeting d’opposition.

Voici les principaux points de ce meeting, au-delà de la dimension show de Benkirane.

1-A ses adversaires: “Je défie quiconque d’entre vous de réunir un meeting spontané comme celui-ci, ouvert, en plein air. Aucun d’entre vous ne l’a fait ni ne peut le faire. Vous préférez les salles fermées, vous faites venir les gens".

2-Le référentiel islamique. A deux reprises, il est fortement présent. Ci après:

3-C'est Abdelaziz Omari, par ailleurs ministre PJD des relations avec le parlement et tête de liste à Hay Mohammadi pour le scrutin du 4 septembre, qui introduit l’allocution de Benkirane. Il rappelle la manifestation du 13 mars 2000 “dans l’affaire de la moudawana de la famille“. Il s’agissait d’une manifestation de 500.000 personnes, route de Médiouna à Casablanca, où encadrés par Al Adl et le PJD, les manifestants s'opposaient au plan d’intégration de la femme au développement présenté à l’époque par le gouvernement.

En 2003, ce fut ensuite la fameuse et audacieuse réforme de la moudawana qui a été présentée au parlement et qui a été votée à l’unanimité, y compris par le PJD. Or, la réforme votée était très en avance sur le plan gouvernemental.

Que signifie cette sortie du ministre, député et candidat PJD? Quel est le lien entre la campagne, le contexte actuel et cette manifestation qu’il cite comme un fait de gloire? Cela signifie-t-il qu’il est contre l’actuelle moudawana? Ou s’agit-il d’une simple contradiction au sein du PJD?

Benkirana rappellera, au cours du meeting de vendredi, que le PJD a effectué ses révisions idéologiques. Il parlait certainement des institutions, de l'Etat, de la violence politique... Est-ce que le statut de la femme fait partie de ces révisions ou pas?

4-Benkirane: “lorsque nous avons décidé de baisser les subventions sur les produits pétroliers, nous avons mis notre confiance en Dieu et le cours du pétrole a baissé, et il a beaucoup plu“.

Et demain, Monsieur Benkirane? Le cours remontera bien un jour. Il pourrait même revenir à 100 dollars contre 40 actuellement, que dira-t-il à ses électeurs?  

Placer sa confiance en Dieu est une affaire privée, individuelle et d’ailleurs largement partagée par l’ensemble des Marocains.

Travailler est une affaire publique, tout comme anticiper, planifier, prévoir le pire… Benkirane est là pour gérer, pas pour expliquer les événements économiques en nourrissant le fatalisme. Il est censé promouvoir le culte de l’effort et du travail, au demeurant très présents dans la Tradition musulmane.

5-“Ce ne sont pas des élections banales. Ce sont des élections politiques. Il s’agit de continuer en avant, sur la voie de la démocratie et de contrer toute velléité de revenir en arrière“.

6-“Il existe un courant qui veut faire revenir le Maroc en arrière. Il est représenté par le PAM et son secrétaire général adjoint Ilyas El Omari qui est le vrai patron du parti. C’est un courant qui ne vous respecte pas, qui ne vous reconnaît pas de droits. La leçon du 20 février ne leur a pas suffi. Ils veulent revenir en arrière. En 2011, il s’est enfui en France, on ne l’entendait pas parler, c’est nous qui avons défendu la stabilité et les institutions, pas lui. Au Pam, il y a aujourd’hui un bandit et deux naïfs“.

7-A Bakkoury : “Tu es un homme bon, tu n’as rien à faire en politique. Je te défie si tu es un homme, de réunir un meeting come celui-ci. On ne devient pas un homme politique comme ça. On ne passe pas de la banque à la politique si facilement“.

8-“Le PAM est un parti suspect. Il humilie vos responsables. Il ne vous respecte pas. Il ne reconnaît pas votre droit de prendre votre destin en main. Vous avez une arme qui est le vote. Votez en masse. Donnez-leur une leçon, vengez-vous de ce qu’ils vous ont fait subir, faites campagne pour le vote. Votez pour qui vous voulez, PJD ou pas, mais ne votez pas pour ce parti. Evitez de voter pour le tracteur qui ne veut que vous labourer“.

9-Le PAM: “On ne peut avoir été créé en 2008 et remporter les élections communales en 2009. Le PAM ne vous craint pas, il vous défie. Votez pour les démocrates, ceux qui vous respectent et vous défendent“. Le PAM représente le courant éradicateur, il représente l'autoritarisme. En un mot, petit peuple, "le PJD vous venge et vous protège, avec lui, vous êtes plus sûrs de vous, vous redressez la tête, votre dignité, le PJD est le pouls du peuple".

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