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EXCLUSIF. Majed Bamya: Voici ce que nous exigeons d’Israël 

Samedi 30 août 2014 à 12h32
EXCLUSIF. Majed Bamya: Voici ce que nous exigeons d’Israël
(capture d'écran) 

Majed Bamya a répondu aux questions de Médias 24 sur le cessez-le-feu récemment conclu et sur les leviers de pression dont disposent les palestiniens pour mettre fin à l’occupation israélienne.

Des réponses qui éclairent les négociations passées et futures ainsi que les espérances palestiniennes.

Depuis quelques années, Majed Bamya est la voix de la Palestine dans les médias internationaux. Cet homme jeune, charismatique, qui parle plusieurs langues, a donné une nouvelle image à la Palestine et à la légitimité de la cause palestinienne, par sa voix posée et ses arguments qui puisent dans le droit international.

A l’occasion de la dernière agression contre Gaza, il a été présent dans de nombreux débats où il s’est imposé avec maestria, montrant bien que la question palestinienne est coloniale et qu’Israël commet des crimes de guerre.

Majed Bamya a accepté à partir de Ramallah de répondre aux questions de Médias 24 par téléphone.

 

M24: Le Hamas est crédité du succès de la conclusion du cessez le feu signé avec Israël, quel rôle a joué l’OLP dont vous faites partie dans ces négociations ?

MB: La négociation s’est faite via une délégation unitaire palestinienne comprenant l’ensemble des factions palestiniennes. Elle s’est effectuée de manière indirecte avec la partie israélienne grâce au médiateur égyptien qui faisait le va et vient entre délégations sans aucun contact direct.

-Quelles étaient les revendications de la partie palestinienne ?

-Notre première revendication  était la fin de l’agression israélienne qui a eu un prix extrêmement lourd sur notre peuple avec 2.100 victimes dont près de 1.000 enfants, femmes et vieillards.

Pour se dédouaner, Israël a annoncé que le reste des victimes étaient des membres du Hamas mais ceci est faux car le fait que ces morts étaient des hommes ne fait pas d’eux de facto des combattants.

Les destructions ont touché plus de 10.000 maisons et ce ne sont pas moins de 600.000 personnes déplacées qui vont retrouver leurs habitations en ruine.

Notre seconde revendication était la levée du siège dévastateur de Gaza qui dure depuis près de huit ans. Avant l’agression israélienne, l’ONU déclarait que la bande de Gaza courait à la catastrophe humanitaire alors imaginez la situation présente avec les destructions qui n’ont épargné ni la  centrale électrique ni les hôpitaux ni les unités de traitement d’eau.

Nous avons donc exigé la réouverture des points de passage et la levée du siège pour pouvoir reconstruire la bande de Gaza avec deux objectifs en tête. D’abord la réunification du territoire palestinien avec un lien territorial permanent entre Gaza et la Cisjordanie pour acheminer l’aide. L’autre élément est que la communauté internationale fasse pression pour qu’il soit mis fin à l’occupation source d’injustice et de violence.

-Pourquoi Israël a fini contre toute attente par accepter de conclure un cessez-le-feu ?

- Le coût de la poursuite de l’agression était beaucoup plus lourd que celui d’un cessez-le-feu. Israël n’a pas obtenu de victoire sur le terrain car elle a subi des revers militaires inattendus.

Il faut ajouter que le carnage des populations civiles a été dénoncé partout dont le monde et qu’Israël a du faire face à une unanimité inhabituelle qui l’a surpris. Une autre raison est que ce pays n’a pas réussi à ébranler la détermination du peuple palestinien qui est resté soudé.

L’objectif premier d’Israël était de nous affaiblir pour nous obliger à négocier de plus en plus petit. Les discussions ne doivent plus porter sur combien pouvons nous disposer de miles maritimes pour pêcher ou sur combien de camions ont vocation à entrer dans Gaza mais sur la fin du diktat israélien.

-De quels moyens de pression disposez-vous pour contraindre Israël à respecter ses engagements?

- Soit la communauté internationale intervient soit nous nous tournerons vers la Cour pénale internationale (CPI) qui a un impact extrêmement important. Nous disposons en tant qu’Etat pleinement reconnu par les Nations Unis d’autres leviers que je ne souhaite pas détailler pour l’instant.

Ce n’est pas la première fois que nous décidons de nous tourner vers la Cour pénale internationale qui permet de juger les auteurs de génocide, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité.

Après la précédente agression israélienne contre Gaza de 2009, nous avions demandé à la CPI d’enquêter sur les crimes de guerre commis par la puissance occupante mais son procureur général avait buté sur un problème juridique pour juger la plainte recevable. Il avait conclu que la Palestine n’avait pas un statut d’Etat lui permettant d'engager des poursuites judiciaires contre Israël.

Le vote de l’Assemblée générale des Nations Unies du 29 novembre 2012 a changé la donne car il a donné à la Palestine le statut d’Etat non membre des Nations-Unies lui permettant de ratifier le statut de Rome et de réclamer réparation pour les atrocités commises par Israël.

Je rappelle aussi que Navi Pillaya Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme a accusé le 23 juillet dernier Israël de possibles crimes de guerre en s’appuyant sur le nombre pléthorique de civils tués dont une majorité d’enfants. Les dirigeants gouvernementaux israéliens ne sont désormais plus à l’abri de poursuites pour crimes de guerre pour peu qu’ils aient participé à la planification des récents massacres.

Sans horizon politique, il est impossible d’éviter que les choses ne dégénèrent sur le terrain car Israël est une puissance coloniale gouvernée par des criminels de guerre. Il suffit pour s’en convaincre d’écouter les déclarations fascistes des ministres d’extrême droite du gouvernement Netanyahu.

Les autres nations devront intervenir soit assumer que les choses continuent à dégénérer car on ne peut pas faire porter cette responsabilité à un peuple subissant une occupation inhumaine.

Gaza est dans une situation de mort lente et il ne faut pas attendre un prochain massacre pour réagir

-Qu’attendez-vous de l’opinion publique internationale ?

Tous les outils à disposition de la société civile sont les bienvenues.

Je peux citer les manifestations de solidarité à travers le monde (Europe, USA, pays arabes…) ainsi que le boycott, désinvestissement et les sanctions (BDS) contre la politique d’Israël.

-Y a-t-il des chances qu’Israël respecte les promesses de l’accord conclu?

- Israël n’a jamais respecté les  précédents accords et encore moins le droit international. Sa promesse de permettre la construire un port à Gaza n’a jamais été tenue et l’aéroport qui avait vu le jour a dès son édification était détruit par les israéliens.

Le lien territorial n’a jamais été mis en place et les points de passage avec Israël n’ont pas été ouverts malgré les termes des précédents accords.

Cependant, l’élément de réussite pour appliquer ce nouvel accord dépendra de notre capacité à maintenir la pression en interne et à l’international sur Israël qui sera un jour ou l’autre contrainte de renoncer à son occupation et devra se soumettre aux lois internationales.

-Ne craignez pas que l’OLP fasse les frais de la popularité du Hamas qui a regagné ses lettres de noblesse auprès de la population palestinienne ?

- Nous ne raisonnons pas en ces termes, nous nous avons un gouvernement d’unité nationale pour faire front contre la politique israélienne qui a tout fait pour détruire cette unité en essayant de nous diviser.

L’enjeu n’est pas d’ordre électoral car il en va de notre survie et de l’indépendance de notre peuple et n’en déplaise à Israël, nous œuvrons main dans la main avec le Hamas.

-Votre lutte de libération nationale dure depuis plus 65 années et pourtant vous ne semblez pas douter d’une issue favorable ?

- Je vous citerai un exemple qui illustre le fait que la marche de l’histoire est inéluctable.

En 1982, Yasser Arafat était acculé au Liban sous un siège intensif de bombardements israéliens.

Il a alors pris le bateau de l’exil avec ses hommes en armes en direction de la Tunisie et le monde entier était persuadé que le mouvement de libération de l’OLP était bel et bien fini.

Un journaliste a alors demandé à Arafat à bord du bateau «Où allez-vous donc?», et Arafat de lui répondre : «mais en Palestine».

Tout le monde l’a pris pour un fou et pourtant dix ans après, il est rentré triomphalement en Palestine et plus précisément à Gaza...


 

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