L’action d’Alliances Développement Immobilier a connu une forte baisse les jeudi 12 et vendredi 13 février, au moment où une assemblée générale décisive se réunissait.

Jeudi, l’action a perdu 6.21%. Le lendemain, jour de l’AGO, elle perdait 9.99%. Vendredi, le groupe publiait discrètement un profit warning, annonçant un recul du chiffre d’affaires consolidé de l’ordre de 20% pour l’exercice 2014, imputé essentiellement au pôle construction et dans une moindre mesure à la baisse du CA du pôle résidentiel et golfique. Le résultat net part de groupe passe de 580 MDH à 130 MDH.

Après une introduction en bourse assez euphorique en juillet 2008, l’action était montée jusqu’à 1.200 DH avant d’entamer un mouvement baissier. Le 13 février 2015 l’action était à 166.65 DH, perdant 34.58% depuis le début de l’année, et 61.82% en un an.

 

(Source: Bourse de Casablanca)

 

Une baisse des résultats impacte toujours un cours de bourse, surtout  lorsque ce résultat est divisé par près de quatre et demi. Dans le cas d’Alliances, il y aussi un second élément: l’endettement élevé du groupe et sa capacité à faire face aux prochaines échéances financières (dette obligataire, billets de trésorerie, crédits bancaires).

Il n’a pas été possible d’obtenir ce week-end, un échéancier récent des engagements du groupe. Le bilan consolidé au 30 juin 2014 montre des fonds propres consolidés qui s’élèvent à 5.358 MDH (6.358 MDH si l’on tient compte de 1 MMDH d’obligations qui seront converties en actions en août prochain).

La dette globale selon une note de recherche de BMCE capital (banque conseil pour différentes opérations du groupe), est de 7.971 MDH. La dette financière qui figure dans le bilan au 30 juin 2014 est de 5.846 MDH avec, inscrits à l’actif, 12,2 MMDH de stocks et 5,455 MMDH de compte client et au passif, un compte fournisseurs de 3,9 MMDH et des avances clients de 1,7 MMDH.

La dernière AG a décidé de maintenir le lancement d’un emprunt obligataire de 1 MMDH qui permettra de payer une partie des échéances à venir. Selon nos informations, les institutionnels qui avaient déjà souscrit à l’emprunt  précédent, vont souscrire à celui-ci.

Le doute existe par contre pour ce qui concerne les billets de trésorerie. La filiale Alliance Darna avait au13 septembre 2014, un encours des billets de trésorerie de 1,404 milliard de DH. Elle est autorisée par son AG à en émettre autant que de besoin, après visa du CDVM évidemment, pour un plafond de 1,5 milliard de DH sur douze mois. Le CDVM a donné son visa en octobre dernier. La banque conseil est BMCE capital qui a publié le 7 novembre 2014, une note de recherche complètement démentie par les événements ultérieurs.

Selon des sources généralement bien informées sur la place casablancaise, les billets de trésorerie d’Aliances Darna ne trouveront pas facilement preneur. Ce qui pose l’hypothèse d’un défaut de paiement, car ces billets de trésorerie doivent couvrir plusieurs échéances financières rapprochées.

Le risque d’un défaut de paiement de la part du groupe Alliances fait frémir les autorités monétaires selon nos informations. L’endettement du groupe est élevé, nettement supérieur aux fonds propres et au chiffre d’affaires.

Selon nos sources, une réunion interbancaire a été consacrée à cette question mercredi dernier et une seconde est convoquée pour mercredi prochain.

Le marché bruit de rumeurs qui sont autant de scénarios. Si le groupe Alliances fait face à ses échéances, il n’y aura pas de problème, il finira par passer ce cap, surtout si son plan de restructuration et de cash management est réellement mené avec fermeté, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. Par contre, s’il y a un défaut de paiement, tous les scénarios sont ouverts, y compris la reprise de terrains ou d’actions par les banques créancières. Tentant de rassurer le marché, Alami Lazraq, président et actionnaire majoritaire du groupe, a évoqué une course à l’acquisition de terrains, un développement (trop) rapide et enfin annoncé la vente de terrains pour 1 milliard de DH. Il met également en avant le plan de restructuration financière avec liquidation du stock, recouvrement des créances,…

Eviter les amalgames

Sur le marché également, on pense à toutes les immobilières et aux cinq majors: Alliances, CGI, Addoha, Chaâbi et Résidence Essaâda.

Il faut toutefois prendre garde aux amalgames. S’il est vrai que l’immobilier n’est plus poussé par les mêmes vents favorables qu’il y a quelques années, la situation diffère d’une immobilière à l’autre.

Selon nos informations, un grand groupe a fait des dations de terrains pour couvrir ses échéances bancaires. La CGI traverse une zone de grosses turbulences, mais sa solvabilité ne peut être mise en doute. Addoha a remarquablement anticipé la situation et a remboursé un emprunt obligataire de 2 milliards de DH avec une année d’avance, en août 2014. Son plan cash management semble bien fonctionner puisque selon des sources bancaires, son encours a baissé et sa trésorerie s’est améliorée, le stock de logements est également en baisse. Surtout, Addoha a entamé une communication avec son marché: elle a reconnu les difficultés, annoncé un plan pour y faire face et communiquera périodiquement les résultats de ce plan.

Le marché évoque un endettement global des immobilières que nos sources estiment dans une fourchette de 25 à 30 milliards de DH. Une partie est constituée d’obligations, une autre de billets de trésorerie, le reste de crédits bancaires.


 

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L’action d’Alliances Développement Immobilier a connu une forte baisse les jeudi 12 et vendredi 13 février, au moment où une assemblée générale décisive se réunissait.

Jeudi, l’action a perdu 6.21%. Le lendemain, jour de l’AGO, elle perdait 9.99%. Vendredi, le groupe publiait discrètement un profit warning, annonçant un recul du chiffre d’affaires consolidé de l’ordre de 20% pour l’exercice 2014, imputé essentiellement au pôle construction et dans une moindre mesure à la baisse du CA du pôle résidentiel et golfique. Le résultat net part de groupe passe de 580 MDH à 130 MDH.

Après une introduction en bourse assez euphorique en juillet 2008, l’action était montée jusqu’à 1.200 DH avant d’entamer un mouvement baissier. Le 13 février 2015 l’action était à 166.65 DH, perdant 34.58% depuis le début de l’année, et 61.82% en un an.

 

(Source: Bourse de Casablanca)

 

Une baisse des résultats impacte toujours un cours de bourse, surtout  lorsque ce résultat est divisé par près de quatre et demi. Dans le cas d’Alliances, il y aussi un second élément: l’endettement élevé du groupe et sa capacité à faire face aux prochaines échéances financières (dette obligataire, billets de trésorerie, crédits bancaires).

Il n’a pas été possible d’obtenir ce week-end, un échéancier récent des engagements du groupe. Le bilan consolidé au 30 juin 2014 montre des fonds propres consolidés qui s’élèvent à 5.358 MDH (6.358 MDH si l’on tient compte de 1 MMDH d’obligations qui seront converties en actions en août prochain).

La dette globale selon une note de recherche de BMCE capital (banque conseil pour différentes opérations du groupe), est de 7.971 MDH. La dette financière qui figure dans le bilan au 30 juin 2014 est de 5.846 MDH avec, inscrits à l’actif, 12,2 MMDH de stocks et 5,455 MMDH de compte client et au passif, un compte fournisseurs de 3,9 MMDH et des avances clients de 1,7 MMDH.

La dernière AG a décidé de maintenir le lancement d’un emprunt obligataire de 1 MMDH qui permettra de payer une partie des échéances à venir. Selon nos informations, les institutionnels qui avaient déjà souscrit à l’emprunt  précédent, vont souscrire à celui-ci.

Le doute existe par contre pour ce qui concerne les billets de trésorerie. La filiale Alliance Darna avait au13 septembre 2014, un encours des billets de trésorerie de 1,404 milliard de DH. Elle est autorisée par son AG à en émettre autant que de besoin, après visa du CDVM évidemment, pour un plafond de 1,5 milliard de DH sur douze mois. Le CDVM a donné son visa en octobre dernier. La banque conseil est BMCE capital qui a publié le 7 novembre 2014, une note de recherche complètement démentie par les événements ultérieurs.

Selon des sources généralement bien informées sur la place casablancaise, les billets de trésorerie d’Aliances Darna ne trouveront pas facilement preneur. Ce qui pose l’hypothèse d’un défaut de paiement, car ces billets de trésorerie doivent couvrir plusieurs échéances financières rapprochées.

Le risque d’un défaut de paiement de la part du groupe Alliances fait frémir les autorités monétaires selon nos informations. L’endettement du groupe est élevé, nettement supérieur aux fonds propres et au chiffre d’affaires.

Selon nos sources, une réunion interbancaire a été consacrée à cette question mercredi dernier et une seconde est convoquée pour mercredi prochain.

Le marché bruit de rumeurs qui sont autant de scénarios. Si le groupe Alliances fait face à ses échéances, il n’y aura pas de problème, il finira par passer ce cap, surtout si son plan de restructuration et de cash management est réellement mené avec fermeté, ce qui n’a pas été le cas jusqu’à présent. Par contre, s’il y a un défaut de paiement, tous les scénarios sont ouverts, y compris la reprise de terrains ou d’actions par les banques créancières. Tentant de rassurer le marché, Alami Lazraq, président et actionnaire majoritaire du groupe, a évoqué une course à l’acquisition de terrains, un développement (trop) rapide et enfin annoncé la vente de terrains pour 1 milliard de DH. Il met également en avant le plan de restructuration financière avec liquidation du stock, recouvrement des créances,…

Eviter les amalgames

Sur le marché également, on pense à toutes les immobilières et aux cinq majors: Alliances, CGI, Addoha, Chaâbi et Résidence Essaâda.

Il faut toutefois prendre garde aux amalgames. S’il est vrai que l’immobilier n’est plus poussé par les mêmes vents favorables qu’il y a quelques années, la situation diffère d’une immobilière à l’autre.

Selon nos informations, un grand groupe a fait des dations de terrains pour couvrir ses échéances bancaires. La CGI traverse une zone de grosses turbulences, mais sa solvabilité ne peut être mise en doute. Addoha a remarquablement anticipé la situation et a remboursé un emprunt obligataire de 2 milliards de DH avec une année d’avance, en août 2014. Son plan cash management semble bien fonctionner puisque selon des sources bancaires, son encours a baissé et sa trésorerie s’est améliorée, le stock de logements est également en baisse. Surtout, Addoha a entamé une communication avec son marché: elle a reconnu les difficultés, annoncé un plan pour y faire face et communiquera périodiquement les résultats de ce plan.

Le marché évoque un endettement global des immobilières que nos sources estiment dans une fourchette de 25 à 30 milliards de DH. Une partie est constituée d’obligations, une autre de billets de trésorerie, le reste de crédits bancaires.


 

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