L’Institut royal des études stratégiques vient de publier un rapport de plus de 180 pages sur la transformation numérique et la maturité des entreprises et administrations marocaines. Il y traite des ruptures qu’il convient de considérer, mais également des risques à prévenir et des opportunités à saisir.

A un horizon estimé raisonnable (2030-2035), du point de vue stratégique, le numérique comporte quatre ruptures majeures, telles que détaillées dans le rapport de l’IRES.  

Les ruptures à considérer

-L’ubiquité numérique et l’ouverture généralisée. L’omniprésence du numérique est déjà un fait, mais sa généralisation, en particulier à travers les systèmes et objets connectés, introduit une rupture majeure dans la façon de produire, de s’organiser et de socialiser.

Une dimension fondamentale à intégrer dans la stratégie globale à définir pour le Maroc, conseillent les rédacteurs du rapport.

- La robotisation. L’émergence de systèmes autonomes de production (les robots), de transport (les voitures autonomes) traduit des ruptures majeures dans la façon de produire, d’échanger et d’interagir. Pour le Maroc, ceci n’est naturellement pas neutre du point de vue de son système de production et de sa compétitivité. Le développement de nouvelles compétences et la recherche de solutions innovantes, en particulier à destination de pays émergents, pour lesquels le Maroc peut servir de plate-forme de conception et de production est une piste à étudier.

- Les géants du web. Les plates-formes numériques maîtrisent la source fondamentale de création de valeur: les données. Pour les grandes plates-formes (Google, Facebook, Amazon…), les enjeux pour le Maroc sont ceux relatifs aux emplois, à la croissance, aux ressources fiscales et à la souveraineté numérique. Une stratégie plateformique est donc à définir non seulement pour les entreprises marocaines, mais également pour l’Etat marocain, ses administrations centrales et territoriales.

Les générations Y et C. Les nouvelles générations (Y, C), en particulier, ont des attentes et des habitudes numériques spécifiques. Ce sont des digital natives – avec lesquelles les administrations, les entreprises et la société marocaine doivent développer des offres de services et des usages en ligne. 

Les opportunités à saisir

- Le développement d’offres innovantes. L’innovation peut porter sur des modèles d’affaires développés notamment par la technologie blockchain (permettant le stockage et la transmission d’informations sans organe central de contrôle. C’est elle qui a permis par exemple l’apparition de la monnaie numérique bitcoin)...

Le développement de capacités entrepreneuriales. La taille n’est pas (plus) un facteur déterminant de la réussite : ce sont les solutions innovantes qui le sont. Des micromultinationales peuvent émerger du Maroc et se déployer à l’échelle nationale et internationale.

- Le développement de nouvelles compétences. Par exemple dans l’analyse de données massives, du cloud, de l’intelligence artificielle ou de la cybersécurité...

Le développement de capacités d’agilité institutionnelle et de transformation du secteur public. La dématérialisation généralisée de processus administratifs est source d’efficacité. Elle permet également de réduire le poids de la corruption. Une oppoprtunité pour les administrations marocaines, aussi bien centrales que territoriales.

- L’adaptation aux attentes des nouvelles générations. Via la généralisation de processus dématérialisés.

Le renforcement des capacités industrielles et de recherche. Par une politique industrielle adaptée (inexistante à ce jour), le Maroc est susceptible non seulement de renforcer ses capacités scientifiques et industrielles dans des domaines majeurs, mais également de renforcer son softpower numérique au plan régional (africain) et international de manière plus large.

Les risques à éviter

- La désadaptation des systèmes de production. L’action publique demeure importante pour les grands choix technologiques et de ressources numériques du Maroc. En l’absence de tels choix, les systèmes de production marocains, considérés globalement, risquent une désadaptation.

La dépréciation des ressources. Qui peut être provoquée par une éventuelle désadaptation : les capacités physiques de production (face par exemple à une généralisation de la robotique), les compétences des collaborateurs, les capacités scientifiques...

- Les cyberatttaques. L’émergence de plates-formes et l’ouverture généralisée des systèmes de production, d’échange et de décision, renforce considérablement le risque numérique, en particulier dans le contexte de cyberattaques. Les risques associés sont naturellement à considérer avec attention.

- La rigidité décisionnelle. Notamment dans le cas où les processus administratifs et managériaux ne seraient pas alignés sur les exigences du numérique, en particulier s’agissant de la dimension "dématérialisation".

La fracture numérique. Elle existe entre deux pans de la société : les utilisateurs, réguliers inclus, et les autres. Cette fracture existe également au niveau territorial, en particulier du point de vue de l’accès au haut débit, voire à un simple réseau GSM.

L’inadéquation du "système public". L’alignement des processus publics au Maroc sur les exigences du numérique (dématérialisation, agilité, compétences) est une exigence, qu’il convient de considérer dans le cadre de la stratégie globale numérique qui reste à définir.

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A un horizon estimé raisonnable (2030-2035), du point de vue stratégique, le numérique comporte quatre ruptures majeures, telles que détaillées dans le rapport de l’IRES.  

Les ruptures à considérer

-L’ubiquité numérique et l’ouverture généralisée. L’omniprésence du numérique est déjà un fait, mais sa généralisation, en particulier à travers les systèmes et objets connectés, introduit une rupture majeure dans la façon de produire, de s’organiser et de socialiser.

Une dimension fondamentale à intégrer dans la stratégie globale à définir pour le Maroc, conseillent les rédacteurs du rapport.

- La robotisation. L’émergence de systèmes autonomes de production (les robots), de transport (les voitures autonomes) traduit des ruptures majeures dans la façon de produire, d’échanger et d’interagir. Pour le Maroc, ceci n’est naturellement pas neutre du point de vue de son système de production et de sa compétitivité. Le développement de nouvelles compétences et la recherche de solutions innovantes, en particulier à destination de pays émergents, pour lesquels le Maroc peut servir de plate-forme de conception et de production est une piste à étudier.

- Les géants du web. Les plates-formes numériques maîtrisent la source fondamentale de création de valeur: les données. Pour les grandes plates-formes (Google, Facebook, Amazon…), les enjeux pour le Maroc sont ceux relatifs aux emplois, à la croissance, aux ressources fiscales et à la souveraineté numérique. Une stratégie plateformique est donc à définir non seulement pour les entreprises marocaines, mais également pour l’Etat marocain, ses administrations centrales et territoriales.

Les générations Y et C. Les nouvelles générations (Y, C), en particulier, ont des attentes et des habitudes numériques spécifiques. Ce sont des digital natives – avec lesquelles les administrations, les entreprises et la société marocaine doivent développer des offres de services et des usages en ligne. 

Les opportunités à saisir

- Le développement d’offres innovantes. L’innovation peut porter sur des modèles d’affaires développés notamment par la technologie blockchain (permettant le stockage et la transmission d’informations sans organe central de contrôle. C’est elle qui a permis par exemple l’apparition de la monnaie numérique bitcoin)...

Le développement de capacités entrepreneuriales. La taille n’est pas (plus) un facteur déterminant de la réussite : ce sont les solutions innovantes qui le sont. Des micromultinationales peuvent émerger du Maroc et se déployer à l’échelle nationale et internationale.

- Le développement de nouvelles compétences. Par exemple dans l’analyse de données massives, du cloud, de l’intelligence artificielle ou de la cybersécurité...

Le développement de capacités d’agilité institutionnelle et de transformation du secteur public. La dématérialisation généralisée de processus administratifs est source d’efficacité. Elle permet également de réduire le poids de la corruption. Une oppoprtunité pour les administrations marocaines, aussi bien centrales que territoriales.

- L’adaptation aux attentes des nouvelles générations. Via la généralisation de processus dématérialisés.

Le renforcement des capacités industrielles et de recherche. Par une politique industrielle adaptée (inexistante à ce jour), le Maroc est susceptible non seulement de renforcer ses capacités scientifiques et industrielles dans des domaines majeurs, mais également de renforcer son softpower numérique au plan régional (africain) et international de manière plus large.

Les risques à éviter

- La désadaptation des systèmes de production. L’action publique demeure importante pour les grands choix technologiques et de ressources numériques du Maroc. En l’absence de tels choix, les systèmes de production marocains, considérés globalement, risquent une désadaptation.

La dépréciation des ressources. Qui peut être provoquée par une éventuelle désadaptation : les capacités physiques de production (face par exemple à une généralisation de la robotique), les compétences des collaborateurs, les capacités scientifiques...

- Les cyberatttaques. L’émergence de plates-formes et l’ouverture généralisée des systèmes de production, d’échange et de décision, renforce considérablement le risque numérique, en particulier dans le contexte de cyberattaques. Les risques associés sont naturellement à considérer avec attention.

- La rigidité décisionnelle. Notamment dans le cas où les processus administratifs et managériaux ne seraient pas alignés sur les exigences du numérique, en particulier s’agissant de la dimension "dématérialisation".

La fracture numérique. Elle existe entre deux pans de la société : les utilisateurs, réguliers inclus, et les autres. Cette fracture existe également au niveau territorial, en particulier du point de vue de l’accès au haut débit, voire à un simple réseau GSM.

L’inadéquation du "système public". L’alignement des processus publics au Maroc sur les exigences du numérique (dématérialisation, agilité, compétences) est une exigence, qu’il convient de considérer dans le cadre de la stratégie globale numérique qui reste à définir.

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