"J'étais dans une chambre, Nasser et Haki étaient dans une autre. J'ai vu un homme noir, de grande taille, qui portait une hache".

La Chambre criminelle près la cour d'appel de Casablanca poursuit, ce vendredi 9 février, l'examen du dossier impliquant 54 personnes poursuivies suite aux événements d'Al Hoceima.

L'audience du jeudi s'est déroulée en l'absence de deux accusés: El Hussein El Idrissi et Hamid El Mehdaoui. Le premier "souffre d'une crise de santé aiguë", le deuxième "a refusé de se présenter pour des raisons non expliquées", a affirmé Hakim El Ouardi, substitut du procureur général.

On en est toujours à la phase de l'interrogatoire. Pour l'heure, 27 prévenus ont été interrogés par le président Ali Torchi, les derniers étant Fahim Ghattass, Ilyass Hajji et Chakir El Makhrout.

Les trois prévenus doivent répondre de l'atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat à travers la réception de fonds en vue de rémunérer une activité ou une propagande de nature à porter atteinte à l'intégrité, à la souveraineté, à l'indépendance du Royaume, ou à ébranler la fidélité que les citoyens doivent à l'Etat et aux institutions du peuple marocain."

Ghattass est en outre accusé d'avoir recelé "un accusé en sachant qu'il était recherché par la justice." Le 29 mai 2017, l'intéressé avait été arrêté en compagnie de Nasser Zefzafi et Mohamed El Haki à proximité d'Al Hoceima. Trois jours auparavant, la justice avait émis un avis de recherche contre Zefzafi, ce dernier ayant interrompu la prière du vendredi à la mosquée Mohammed V.

"Je savais que la maison de Nasser a été encerclée (suite à l'incident de la mosquée), mais je ne savais pas qu'il faisait l'objet d'un avis de recherche", se défend le prévenu. Qui revient sur les premières heures de son arrestation:

"Vers 6h du matin, ils ont pris d'assaut la maison. J'étais dans une chambre, Nasser et Haki étaient dans une autre. J'ai vu un homme noir, de grande taille, qui portait une hache". Cet homme, Ghattass croyait qu'il s'agissait "d'un Africain ", référence maladroite aux ressortissants subsahariens.

Ce n'est que lorsque le policier dira :"En voici un, en voici un!", que le prévenu saura à qui il a affaire. "Ils ont sorti Haki et Zefzafi de leur chambre. Le premier boitait et le deuxième saignait de la tête." "Youyou et chants de mariage" accompagnent les trois accusés jusqu'à la sortie. "Vingt voitures nous attendaient, sans qu'on sache qu'elles appartenaient à la police", raconte Ghattas.

Un épisode qui a "traumatisé" le prévenu. "J'en ai perdu mes cheveux", dit-il.   

"Je n'ai fait que liker"

Ghtass est, en outre, poursuivi pour "incitation publique à porter atteinte à l'intégrité territoriale du Royaume". Ce délit est puni de deux à cinq ans d’emprisonnement. Pourvu qu'il soit commis soit par discours, cris ou menaces proférées dans les lieux ou réunions publics, ou par affiches exposées aux regards du public soit par la vente, la distribution ou tout moyen remplissant la condition de publicité y compris par voie électronique".

D'où les questions, récurrentes dans ce procès, sur des posts publiés, partagés ou même "aimés" sur Facebook. Ghatass a été interrogé sur une publication partagée sur sa page personnelle, et dont l'auteur est un certain Mourad El Moussaoui.

Sur le post, deux images saisissantes: dans la première, on y voit quatre personnes cagoulées, portant des tenues militaires et mitraillettes à la main. En arrière-plan, on distingue un drapeau amazigh et en premier, "un drapeau de la république du Rif". L'image est agrémentée d'un "Free Rifain Army" (armée rifaine libre). Sur une deuxième image, quelques mitraillettes sur fond de "drapeau rifain".

Si les photos se suffisent à elles-mêmes, le texte écrit en dessous est lui aussi, sans équivoque. Son rédacteur y adresse un "dernier message au régime à propos de Nasser Zefzafi. (…) S'il est arrêté, enlevé ou s'il lui arrive du mal, voici ce que sera le dénouement. "Il ajoute: "Nous ne le voulons pas, mais si nécessaire, cela deviendra un devoir".

Qu'en dit le prévenu? Invoquant d'abord "des montages Photoshop", Ghattass expliquera ensuite que la publication n'est pas la sienne et qu'il n'a fait "qu'aimer" la publication de son ami Mourad Moussaoui. 

 

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"J'étais dans une chambre, Nasser et Haki étaient dans une autre. J'ai vu un homme noir, de grande taille, qui portait une hache". 

La Chambre criminelle près la cour d'appel de Casablanca poursuit, ce vendredi 9 février, l'examen du dossier impliquant 54 personnes poursuivies suite aux événements d'Al Hoceima.

L'audience du jeudi s'est déroulée en l'absence de deux accusés: El Hussein El Idrissi et Hamid El Mehdaoui. Le premier "souffre d'une crise de santé aiguë", le deuxième "a refusé de se présenter pour des raisons non expliquées", a affirmé Hakim El Ouardi, substitut du procureur général.

On en est toujours à la phase de l'interrogatoire. Pour l'heure, 27 prévenus ont été interrogés par le président Ali Torchi, les derniers étant Fahim Ghattass, Ilyass Hajji et Chakir El Makhrout.

Les trois prévenus doivent répondre de l'atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat à travers la réception de fonds en vue de rémunérer une activité ou une propagande de nature à porter atteinte à l'intégrité, à la souveraineté, à l'indépendance du Royaume, ou à ébranler la fidélité que les citoyens doivent à l'Etat et aux institutions du peuple marocain."

Ghattass est en outre accusé d'avoir recelé "un accusé en sachant qu'il était recherché par la justice." Le 29 mai 2017, l'intéressé avait été arrêté en compagnie de Nasser Zefzafi et Mohamed El Haki à proximité d'Al Hoceima. Trois jours auparavant, la justice avait émis un avis de recherche contre Zefzafi, ce dernier ayant interrompu la prière du vendredi à la mosquée Mohammed V.

"Je savais que la maison de Nasser a été encerclée (suite à l'incident de la mosquée), mais je ne savais pas qu'il faisait l'objet d'un avis de recherche", se défend le prévenu. Qui revient sur les premières heures de son arrestation:

"Vers 6h du matin, ils ont pris d'assaut la maison. J'étais dans une chambre, Nasser et Haki étaient dans une autre. J'ai vu un homme noir, de grande taille, qui portait une hache". Cet homme, Ghattass croyait qu'il s'agissait "d'un Africain ", référence maladroite aux ressortissants subsahariens.

Ce n'est que lorsque le policier dira :"En voici un, en voici un!", que le prévenu saura à qui il a affaire. "Ils ont sorti Haki et Zefzafi de leur chambre. Le premier boitait et le deuxième saignait de la tête." "Youyou et chants de mariage" accompagnent les trois accusés jusqu'à la sortie. "Vingt voitures nous attendaient, sans qu'on sache qu'elles appartenaient à la police", raconte Ghattas.

Un épisode qui a "traumatisé" le prévenu. "J'en ai perdu mes cheveux", dit-il.   

"Je n'ai fait que liker"

Ghtass est, en outre, poursuivi pour "incitation publique à porter atteinte à l'intégrité territoriale du Royaume". Ce délit est puni de deux à cinq ans d’emprisonnement. Pourvu qu'il soit commis soit par discours, cris ou menaces proférées dans les lieux ou réunions publics, ou par affiches exposées aux regards du public soit par la vente, la distribution ou tout moyen remplissant la condition de publicité y compris par voie électronique".

D'où les questions, récurrentes dans ce procès, sur des posts publiés, partagés ou même "aimés" sur Facebook. Ghatass a été interrogé sur une publication partagée sur sa page personnelle, et dont l'auteur est un certain Mourad El Moussaoui.

Sur le post, deux images saisissantes: dans la première, on y voit quatre personnes cagoulées, portant des tenues militaires et mitraillettes à la main. En arrière-plan, on distingue un drapeau amazigh et en premier, "un drapeau de la république du Rif". L'image est agrémentée d'un "Free Rifain Army" (armée rifaine libre). Sur une deuxième image, quelques mitraillettes sur fond de "drapeau rifain".

Si les photos se suffisent à elles-mêmes, le texte écrit en dessous est lui aussi, sans équivoque. Son rédacteur y adresse un "dernier message au régime à propos de Nasser Zefzafi. (…) S'il est arrêté, enlevé ou s'il lui arrive du mal, voici ce que sera le dénouement. "Il ajoute: "Nous ne le voulons pas, mais si nécessaire, cela deviendra un devoir".

Qu'en dit le prévenu? Invoquant d'abord "des montages Photoshop", Ghattass expliquera ensuite que la publication n'est pas la sienne et qu'il n'a fait "qu'aimer" la publication de son ami Mourad Moussaoui. 

 

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