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Procès du Hirak: A la barre, un témoignage à charge contre Nasser Zefzafi  

Mardi 22 mai 2018 à 18h14
Procès du Hirak: A la barre, un témoignage à charge contre Nasser Zefzafi
 

Au procès du Hirak, un étudiant témoigne contre Nasser Zefzafi, suspecté d'avoir instigué aux événements d'Imzouren.

Le 26 mars 2017, à Imzouren, des manifestants avaient incendié une résidence destinée aux forces de l'ordre, faisant de nombreux blessés et des dégâts matériels. Auditionné ce mardi 22 mai dans le cadre du dossier du Hirak, un témoin oculaire est revenu sur ces événements, tout en accablant Nasser Zefzafi.

Le jour des faits, le leader du Hirak se serait présenté en voiture noire à la Place Al Massira d'Imzouren, où se tenait un sit-in. Il était accompagné de trois individus. S'adressant aux manifestants, l'intéressé aurait alors tenu ces propos: "Provoquez le Makhzen, faites-le enrager. Et s'il ne répond pas à nos revendications, nous ferons comme notre grand-père Abdelkrim Al Khattabi. Nous occuperons les montagnes où nous leur ferons face", raconte devant la Cour le témoin H.B., étudiant à l'université.

Et de poursuivre: "Ce sit-in a été dispersé quelques instants plus tard par la police. Les manifestants ont alors décidé d'organiser une marche vers Al Hoceima. Là-bas, il comptaient tenir une manifestation." En route, à Boukidane précisément, Nasser Zefzafi intervint une nouvelle fois et demanda à ses vis-à-vis de faire marche arrière.

"Il leur a demandé de ne  pas manifester à Al Hoceima, de revenir à Imzouren et d'attaquer la caserne des forces de l'ordre. Il a dit que notre ennemi c'était le Makhzen, que nous n'accepterons plus la militarisation", ajoute le témoin.  

H.B. prenait part à la marche comme tous les autres protestataires, dit-il, mais comprenant qu'il ne s'agissait pas d'une initiative "pacifique", il quitta le groupe et revint rapidement à Imouzouren où il avertit les gardiens de la caserne, explique-t-il. Dubitatifs en premier lieu, ces derniers finirent par le croire, aux premiers jets de pierres…

"Ce que dit ce témoin est pur mensonge. Tout ce qu'il a dit est calomnie!", s'insurge Zefzafi, appelé à la barre par le juge Ali Torchi.

"Pourquoi ce témoin a-t-il attenu Boukidane pour prévenir la police? Pourquoi ne l'a-t-il pas fait lorsqu'on était à la place Al Massira?", s'interroge l'accusé, nerveux. Plus tôt lors de l'audience, il s'était vu infliger un procès-verbal pour outrage à magistrat, le président n'ayant pas apprécié que Zefzafi mette en doute son "impartialité". 

De quoi étoffer la liste des griefs pour celui qui est poursuivi, entre autres, pour atteinte à la sûreté intérieure de l'Etat (alinéa 1, article 201 du code pénal). Un crime passible de la peine capitale.

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