Sarim Fassi Fihri (CCM):

Le directeur général du centre cinématographique marocain (CCM) a détaillé les mesures d’incitation fiscale qui entreront en vigueur à partir du mois d’octobre. Selon lui, ce dispositif permettra au Maroc de se hisser à terme, au niveau de l’Afrique du sud qui est le premier récipiendaire continental (300 millions de dollars) des investissements des grands producteurs américains.

Lors d’une conférence tenue ce vendredi 4 août, Sarim Fassi-Fihri a tenu à préciser que le nouveau système de remboursements "Cash rebate " accordé aux studios étrangers désirant investir au Maroc, adopté le 27 juillet dernier en Conseil de gouvernement, ne pénaliserait absolument pas la production cinématographique nationale.

"Hormis l’Afrique du sud, l’île Maurice et les Emirats-arabes unis, le Maroc sera le seul pays du continent et du monde arabe à mettre en place ce dispositif qui va tripler les investissements étrangers en un an. Il permettra le remboursement de certaines dépenses des investisseurs cinématographiques étrangers à hauteur de 20% basé sur la même nomenclature que celle pour la production nationale. Il couvrira la plupart des dépenses occasionnées pendant un tournage de film.

"Les dépenses éligibles doivent être basées sur des factures payées par chèque ou virement à des entreprises marocaines dûment répertoriées au registre du commerce. En gros, cela concerne 90% des dépenses d’une production cinématographique. Si le producteur prend des billets d’avion à la RAM, il sera remboursé de 20% mais s’il les achète à une compagnie étrangère, ça ne sera pas le cas. Dans les 10% non remboursables, figurent également les cachets des figurants et la main d’œuvre locale payée en espèces", a donné comme exemple le directeur du CCM.

Rappelant que ce système de remboursement était conditionné à l’apport impératif par les producteurs étrangers d’un investissement d’au moins 10 MDH et d’une durée minimale de travail ou de tournage de 18 jours, Fassi Fihri a précisé que le plafond des remboursements pour la première année serait de 100 MDH, en ajoutant que la demande était tellement forte qu’il serait épuisé en moins de six mois.

Cela équivaut à dire que les investisseurs intéressés devront annoncer leur volonté de bénéficier de ce système rapidement en déposant une caution au CCM sans quoi, une fois le forfait épuisé, ils ne pourront plus profiter des 20% de remboursement et devront attendre l’année budgétaire suivante.

Selon lui, les premières demandes émanant de grands studios américains comme Universal, Miramax, Disney pour bénéficier du "Cash rebate" se sont multipliées quatre heures seulement après l’adoption du décret en conseil de gouvernement.

Interrogé par Médias24, il n’a pas exclu que le taux de remboursement des dépenses soit revu, à terme, à la hausse comme en France (30%) et que le plafond de 100 MDH soit également relevé. 

"On peut l’imaginer dans le cas où le gouvernement y trouve son compte mais si le succès ne se dément pas, j’y suis favorable. Il faut rappeler que les producteurs étrangers bénéficient aussi de 10% de remboursement des impôts des cachets d’acteurs et de techniciens étrangers payés au Maroc. Cela permettra de faire jouer les accords de non double imposition signés par le Maroc avec 38 pays et cela ne coûtera rien du tout à l’Etat". Sarim Fassi Fihri ajoute que les régions concernées pourraient également contribuer aux remboursements à des taux additionnels.

A une question d’une confrère sur la méthodologie du nouveau système, le directeur du CCM a déclaré qu’il faudra d’abord déposer un dossier de candidature avec toutes les pièces comptables, ouvrir un compte bancaire au Maroc, se conformer à la nomenclature des dépenses éligibles puis déposer les copies de factures de sociétés pour se faire rembourser.

 

"Pour pouvoir en bénéficier avant que les 100 MDH attribués par le ministère des finances soient épuisés, il faut réserver à l’avance le soutien auprès du CCM car nous pensons que l’enveloppe sera dépassée dès juin 2018. Afin d’en bénéficier, il convient de déposer une caution de 10% de l’investissement qui sera rendu si le tournage se fait normalement. Dans le cas contraire, ce dépôt de réservation sera perdu mais il n’est pas exclu en cas de succès de passer à 150 ou 200 MDH pour contenter un maximum d’investisseurs intéressés" espère le patron du cinéma marocain.

Concernant les gains espérés, il avance qu’à la fin de l’année 2018, le Maroc engrangera 1 MMDH de recettes étrangères soit trois fois plus qu’en 2017 mais qu’à terme, ce chiffre devrait exploser.

"Pour l’instant, ce taux de 20% de remboursement va donner au Maroc une nouvelle attractivité fiscale mais il faut que dans le cadre de la régionalisation avancée, les régions comme Ouarzazate puissent, à l’instar des Canaries espagnoles, apporter un pourcentage additionnel pour développer l’emploi et les investissements locaux", espère Fassi-Fihri.

Avec cette mesure incitative "qui entrera en vigueur au plus tard en octobre", le nombre d’investisseurs étrangers ne pourra que se multiplier et permettra au Maroc de faire de ses atouts (lumière, décors naturels …), une destination mondiale incontournable à condition que le gouvernement comprenne enfin que l'industrie du cinéma à l’instar de celle du tourisme constitue une source énorme de revenus en devises pour le Maroc et contribuer à la formation des techniciens marocains.

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Sarim Fassi Fihri (CCM):

Le directeur général du centre cinématographique marocain (CCM) a détaillé les mesures d’incitation fiscale qui entreront en vigueur à partir du mois d’octobre. Selon lui, ce dispositif permettra au Maroc de se hisser à terme, au niveau de l’Afrique du sud qui est le premier récipiendaire continental (300 millions de dollars) des investissements des grands producteurs américains.  

Lors d’une conférence tenue ce vendredi 4 août, Sarim Fassi-Fihri a tenu à préciser que le nouveau système de remboursements "Cash rebate " accordé aux studios étrangers désirant investir au Maroc, adopté le 27 juillet dernier en Conseil de gouvernement, ne pénaliserait absolument pas la production cinématographique nationale.

"Hormis l’Afrique du sud, l’île Maurice et les Emirats-arabes unis, le Maroc sera le seul pays du continent et du monde arabe à mettre en place ce dispositif qui va tripler les investissements étrangers en un an. Il permettra le remboursement de certaines dépenses des investisseurs cinématographiques étrangers à hauteur de 20% basé sur la même nomenclature que celle pour la production nationale. Il couvrira la plupart des dépenses occasionnées pendant un tournage de film.

"Les dépenses éligibles doivent être basées sur des factures payées par chèque ou virement à des entreprises marocaines dûment répertoriées au registre du commerce. En gros, cela concerne 90% des dépenses d’une production cinématographique. Si le producteur prend des billets d’avion à la RAM, il sera remboursé de 20% mais s’il les achète à une compagnie étrangère, ça ne sera pas le cas. Dans les 10% non remboursables, figurent également les cachets des figurants et la main d’œuvre locale payée en espèces", a donné comme exemple le directeur du CCM.

Rappelant que ce système de remboursement était conditionné à l’apport impératif par les producteurs étrangers d’un investissement d’au moins 10 MDH et d’une durée minimale de travail ou de tournage de 18 jours, Fassi Fihri a précisé que le plafond des remboursements pour la première année serait de 100 MDH, en ajoutant que la demande était tellement forte qu’il serait épuisé en moins de six mois.

Cela équivaut à dire que les investisseurs intéressés devront annoncer leur volonté de bénéficier de ce système rapidement en déposant une caution au CCM sans quoi, une fois le forfait épuisé, ils ne pourront plus profiter des 20% de remboursement et devront attendre l’année budgétaire suivante.

Selon lui, les premières demandes émanant de grands studios américains comme Universal, Miramax, Disney pour bénéficier du "Cash rebate" se sont multipliées quatre heures seulement après l’adoption du décret en conseil de gouvernement.

Interrogé par Médias24, il n’a pas exclu que le taux de remboursement des dépenses soit revu, à terme, à la hausse comme en France (30%) et que le plafond de 100 MDH soit également relevé. 

"On peut l’imaginer dans le cas où le gouvernement y trouve son compte mais si le succès ne se dément pas, j’y suis favorable. Il faut rappeler que les producteurs étrangers bénéficient aussi de 10% de remboursement des impôts des cachets d’acteurs et de techniciens étrangers payés au Maroc. Cela permettra de faire jouer les accords de non double imposition signés par le Maroc avec 38 pays et cela ne coûtera rien du tout à l’Etat". Sarim Fassi Fihri ajoute que les régions concernées pourraient également contribuer aux remboursements à des taux additionnels.

A une question d’une confrère sur la méthodologie du nouveau système, le directeur du CCM a déclaré qu’il faudra d’abord déposer un dossier de candidature avec toutes les pièces comptables, ouvrir un compte bancaire au Maroc, se conformer à la nomenclature des dépenses éligibles puis déposer les copies de factures de sociétés pour se faire rembourser.

 

"Pour pouvoir en bénéficier avant que les 100 MDH attribués par le ministère des finances soient épuisés, il faut réserver à l’avance le soutien auprès du CCM car nous pensons que l’enveloppe sera dépassée dès juin 2018. Afin d’en bénéficier, il convient de déposer une caution de 10% de l’investissement qui sera rendu si le tournage se fait normalement. Dans le cas contraire, ce dépôt de réservation sera perdu mais il n’est pas exclu en cas de succès de passer à 150 ou 200 MDH pour contenter un maximum d’investisseurs intéressés" espère le patron du cinéma marocain.

Concernant les gains espérés, il avance qu’à la fin de l’année 2018, le Maroc engrangera 1 MMDH de recettes étrangères soit trois fois plus qu’en 2017 mais qu’à terme, ce chiffre devrait exploser.

"Pour l’instant, ce taux de 20% de remboursement va donner au Maroc une nouvelle attractivité fiscale mais il faut que dans le cadre de la régionalisation avancée, les régions comme Ouarzazate puissent, à l’instar des Canaries espagnoles, apporter un pourcentage additionnel pour développer l’emploi et les investissements locaux", espère Fassi-Fihri.

Avec cette mesure incitative "qui entrera en vigueur au plus tard en octobre", le nombre d’investisseurs étrangers ne pourra que se multiplier et permettra au Maroc de faire de ses atouts (lumière, décors naturels …), une destination mondiale incontournable à condition que le gouvernement comprenne enfin que l'industrie du cinéma à l’instar de celle du tourisme constitue une source énorme de revenus en devises pour le Maroc et contribuer à la formation des techniciens marocains.

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