Avec un marché mondial estimé à plus de 2.000 milliards de dollars et une croissance annuelle de 4%, les produits Halal représentent un formidable potentiel de développement. Un marché dont le Maroc espère capter 3%, soit environ de 60 milliards de dollars d’exportations. C'est plus que la valeur de l'ensemble des exportations marocaines. Objectif trop ambitieux ? Quoiqu'il en soit, les pistes pour l'atteindre ont été débattues, mardi 18 septembre, lors d’une conférence organisée par la Chambre britannique de commerce au Maroc.

Malgré la taille importante du marché du Halal, les entreprises marocaines investissent encore timidement ce créneau. A peine 111 sociétés nationales ont décroché la certification Halal de l’Imanor: 100 œuvrant dans l’agroalimentaire, 10 dans les cosmétiques et une seule coopérative. Une dizaine d’entreprises sont actuellement en cours de certification. Pourtant, c’est un marché composé de plus de 1,8 milliard de consommateurs, répartis sur une centaine de pays.

Les raisons derrière ce manque d’engouement ? Principalement un déficit de communication, ainsi qu’une fausse idée reçue voulant qu’un produit fabriqué au Maroc serait Halal "par défaut". Résultat: à peine une trentaine d’entreprises marocaines décrochent chaque année ce précieux label, "alors que 200 à 300 entreprises peuvent être certifiées si la sensibilisation s’intensifie, notamment auprès des TPE", souligne Abderrahim Taibi, directeur de l’Institut marocain de normalisation (Imanor).

Une situation d’autant moins compréhensible que la certification Halal de l’Imanor est reconnue et homologuée par le JIKAM, l’Autorité malaisienne chargée des affaires islamiques, une référence en la matière. Ce qui permet notamment aux produits marocains estampillés Halal d’investir le gigantesque marché de l’ASEAN et sa zone de libre-échange composée d’une dizaine de pays d’Asie du sud-est dont l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam et Singapour.

Dans un premier temps, les efforts pour développer l’offre exportable halal se concentreront sur les viandes et les produits laitiers, principalement à destination des pays du Golfe, de l’Asie et de l’Europe. Des mesures d’accompagnement à l’export sont notamment prévues au sein du Plan Maroc Vert, plus particulièrement dans le cadre du contrat-programme de l’industrie agroalimentaire (IAA).

De nouvelles mesures d'accompagnement

Les entreprises marocaines exportant des produits laitiers bénéficient déjà d’une enveloppe de 600.000 DH, pour la participation à 2 salons professionnels par an. D’autres mesures d’accompagnement sont prévues afin de sensibiliser les opérateurs nationaux au potentiel à l’export du Halal marocain, dont l’une des plus intéressantes réside en la création, au sein même des pays à fort potentiel, de plateformes dédiées aux produits marocains Halal.

Sur le plan règlementaire, l’Imanor travaille à l’adaptation des produits marocains labellisés Halal aux exigences des marchés étrangers, principalement en Asie, au Moyen-Orient et en Europe. Mohamed Saqib, DG de la Halal Food Authority (Royaume-Uni), a notamment incité les entreprises marocaines à "décrocher le certificat halal britannique, qui assure une reconnaissance internationale".

La simplification du référentiel de certification est également à l’ordre du jour. Notamment à destination des coopératives, dont bon nombre de produits sont utilisés comme intrants par des producteurs internationaux "halal". Car rappelons-le, 75% des besoins du marché mondial du business Halal sont satisfaits par des pays non musulmans.

Adnane El Gueddari, président du club Halal Export de l’ASMEX (Association marocaine des exportateurs), appelle quant à lui à la création d’une filière "Halal" et au renforcement de la synergie entre les acteurs étatiques, les entreprises privées et le secteur bancaire, afin de développer de nouvelles opportunités commerciales. Il fait notamment référence aux secteurs du textile et du tourisme halal qui présentent également un énorme potentiel de croissance. Un appel soutenu par El Mostafa Chehhar, directeur du Domaine Vert – groupe Crédit Agricole du Maroc, à travers des mécanismes de financement dédiés via le club Agro Maroc Trade du GCAM.

A ce jour, on ne connait pas avec exactitude le poids des exportations Halal des entreprises marocaines. Adnane El Gueddari de l’ASMEX reconnait qu’il est "difficile d’évaluer la part du Halal dans le chiffre d’affaires des entreprises exportatrices". Mais il y a bel et bien un consensus autour de l’ampleur du marché à conquérir, y compris à destination d’une clientèle nationale. Car certains produits, d’origine nationale ou étrangère, sont en effet commercialisés au Maroc sous un label Halal, alors qu’ils ne le sont pas à 100%. En raison notamment d’un doute sur l’origine de certains additifs et conservateurs…

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Avec un marché mondial estimé à plus de 2.000 milliards de dollars et une croissance annuelle de 4%, les produits Halal représentent un formidable potentiel de développement. Un marché dont le Maroc espère capter 3%, soit environ de 60 milliards de dollars d’exportations. C'est plus que la valeur de l'ensemble des exportations marocaines. Objectif trop ambitieux ? Quoiqu'il en soit, les pistes pour l'atteindre ont été débattues, mardi 18 septembre, lors d’une conférence organisée par la Chambre britannique de commerce au Maroc.

Malgré la taille importante du marché du Halal, les entreprises marocaines investissent encore timidement ce créneau. A peine 111 sociétés nationales ont décroché la certification Halal de l’Imanor: 100 œuvrant dans l’agroalimentaire, 10 dans les cosmétiques et une seule coopérative. Une dizaine d’entreprises sont actuellement en cours de certification. Pourtant, c’est un marché composé de plus de 1,8 milliard de consommateurs, répartis sur une centaine de pays.

Les raisons derrière ce manque d’engouement ? Principalement un déficit de communication, ainsi qu’une fausse idée reçue voulant qu’un produit fabriqué au Maroc serait Halal "par défaut". Résultat: à peine une trentaine d’entreprises marocaines décrochent chaque année ce précieux label, "alors que 200 à 300 entreprises peuvent être certifiées si la sensibilisation s’intensifie, notamment auprès des TPE", souligne Abderrahim Taibi, directeur de l’Institut marocain de normalisation (Imanor).

Une situation d’autant moins compréhensible que la certification Halal de l’Imanor est reconnue et homologuée par le JIKAM, l’Autorité malaisienne chargée des affaires islamiques, une référence en la matière. Ce qui permet notamment aux produits marocains estampillés Halal d’investir le gigantesque marché de l’ASEAN et sa zone de libre-échange composée d’une dizaine de pays d’Asie du sud-est dont l’Indonésie, la Malaisie, le Vietnam et Singapour.

Dans un premier temps, les efforts pour développer l’offre exportable halal se concentreront sur les viandes et les produits laitiers, principalement à destination des pays du Golfe, de l’Asie et de l’Europe. Des mesures d’accompagnement à l’export sont notamment prévues au sein du Plan Maroc Vert, plus particulièrement dans le cadre du contrat-programme de l’industrie agroalimentaire (IAA).

De nouvelles mesures d'accompagnement

Les entreprises marocaines exportant des produits laitiers bénéficient déjà d’une enveloppe de 600.000 DH, pour la participation à 2 salons professionnels par an. D’autres mesures d’accompagnement sont prévues afin de sensibiliser les opérateurs nationaux au potentiel à l’export du Halal marocain, dont l’une des plus intéressantes réside en la création, au sein même des pays à fort potentiel, de plateformes dédiées aux produits marocains Halal.

Sur le plan règlementaire, l’Imanor travaille à l’adaptation des produits marocains labellisés Halal aux exigences des marchés étrangers, principalement en Asie, au Moyen-Orient et en Europe. Mohamed Saqib, DG de la Halal Food Authority (Royaume-Uni), a notamment incité les entreprises marocaines à "décrocher le certificat halal britannique, qui assure une reconnaissance internationale".

La simplification du référentiel de certification est également à l’ordre du jour. Notamment à destination des coopératives, dont bon nombre de produits sont utilisés comme intrants par des producteurs internationaux "halal". Car rappelons-le, 75% des besoins du marché mondial du business Halal sont satisfaits par des pays non musulmans.

Adnane El Gueddari, président du club Halal Export de l’ASMEX (Association marocaine des exportateurs), appelle quant à lui à la création d’une filière "Halal" et au renforcement de la synergie entre les acteurs étatiques, les entreprises privées et le secteur bancaire, afin de développer de nouvelles opportunités commerciales. Il fait notamment référence aux secteurs du textile et du tourisme halal qui présentent également un énorme potentiel de croissance. Un appel soutenu par El Mostafa Chehhar, directeur du Domaine Vert – groupe Crédit Agricole du Maroc, à travers des mécanismes de financement dédiés via le club Agro Maroc Trade du GCAM.

A ce jour, on ne connait pas avec exactitude le poids des exportations Halal des entreprises marocaines. Adnane El Gueddari de l’ASMEX reconnait qu’il est "difficile d’évaluer la part du Halal dans le chiffre d’affaires des entreprises exportatrices". Mais il y a bel et bien un consensus autour de l’ampleur du marché à conquérir, y compris à destination d’une clientèle nationale. Car certains produits, d’origine nationale ou étrangère, sont en effet commercialisés au Maroc sous un label Halal, alors qu’ils ne le sont pas à 100%. En raison notamment d’un doute sur l’origine de certains additifs et conservateurs…

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