Inclusion financière, m-paiement: un entretien avec le DG de Bank Al-Maghrib

Selon lui, des chantiers comme les établissements de paiement ou le paiement mobile dynamiseront la compétition, qui à son tour permettra d'instaurer une meilleure inclusion financière dans le pays.

Etablissements de paiement, mobile banking, paiement mobile…  le secteur financier marocain connaît une vague d’innovation et de digitalisation qui, selon les experts, bonifiera sans doute les chiffres de l’inclusion financière au Maroc, et permettra non seulement de réduire le cash en circulation mais également d’élargir la portée des services financiers.

"L’ouverture du marché à ce qu’on appelle les établissements de paiement au niveau de la loi bancaire dynamisera la compétition, notamment avec les banques", nous explique Abderrahim Bouazza, directeur de Bank Al Maghrib, dans un entretien en marge du séminaire de l'inclusion financière, organisé le 15 juillet à Marrakech à l'occasion du 61e congrès mondial de la statistique.

Il explique: "Cette compétition impliquera sûrement une réduction des coûts et une accélération du dénouement des opérations bancaires pour assurer une meilleure qualité des services aussi. C’est une compétition favorable qui, au final, bénéficiera au client".

En plus de ces établissements récemment homologués, il y a le chantier du paiement mobile. Sur ce point, le directeur de la Banque centrale affirme que le projet est arrivé à une étape avancée avec les opérateurs de télécommunications et les banques, et espère un démarrage effectif début 2018.

Notre interlocuteur estime, par ailleurs, que le Maroc a fait des progrès importants en termes d’inclusion financière. Une donnée que l’on peut constater à travers plusieurs indicateurs qui ont largement évolué depuis plusieurs années.

"Le taux de bancarisation a considérablement augmenté", nous affirme M. Bouazza. "En quinze ans, nous sommes passés d’un taux inférieur à 25%, à un taux qui frôle les 70%".

Ceci étant, cet indicateur demeure controversé. En effet, certains spécialistes estiment que le taux de bancarisation n'est pas forcément lié à l'inclusion financière, surtout que des personnes peuvent détenir plus qu'un seul compte.

Cela va de soi pour plusieurs autres indicateurs utilisés pour quantifier l'inclusion financière, comme celui de l’utilisation des cartes bancaires. Si aujourd’hui, elles sont plus de 13 millions de cartes qui circulent au Maroc, la majorité écrasante de celles-ci n’est utilisée que pour des opérations aussi basiques que les retraits des guichets.

D’autres problèmes subsistent au niveau des autres mécanismes qui sont venus répondre à une meilleure inclusion financière, comme les microcrédits qui, selon plusieurs études et enquêtes, ne remplissent pas leurs objectifs: les taux des crédits sont exorbitants et dépassent les 30%, les délais de remboursement sont réduits, et de nombreuses personnes contractent ces crédits pour des objectifs de consommation et non d’investissement.

Sur ce dernier aspect, M. Bouazza explique que cette problématique est universelle, car les coûts de gestion des institutions de microcrédit sont élevés: "La solution est d’améliorer leur gestion, et l’utilisation des nouvelles technologies peut aider dans ce sens. Aujourd’hui, les banques utilisent un effectif pléthorique, qui part dans des zones éloignées pour démarcher les clients, ce qui a forcément un coût".

Au Maroc, l’inclusion financière a constitué, dès 2007, aussi bien pour le ministère des Finances que pour Bank Al Maghrib, l’un des principaux vecteurs de développement d’une stratégie globale du secteur financier à l’horizon 2020, qui vise à la fois l’approfondissement du marché bancaire national, le développement des marchés de capitaux, et le positionnement du pays en tant que hub financier régional.

Ceci étant, les données collectées ces dernières années montrent que d'autres défis persistent: les disparités entre les régions, entre le monde rural et urbain, entre les genres, ceux relatifs à l’amélioration de la qualité des données et le développement d’un dispositif efficace de mesure d’impact.

Pour sa part, la Banque mondiale considère l’inclusion financière comme un facteur clé pour la réduction de la pauvreté, et s’est fixée l’objectif de faire atteindre un accès universel aux services financiers d’ici 2020. Dans ce cadre, 25 pays prioritaires ont été identifiés dont le Maroc.

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Etablissements de paiement, mobile banking, paiement mobile…  le secteur financier marocain connaît une vague d’innovation et de digitalisation qui, selon les experts, bonifiera sans doute les chiffres de l’inclusion financière au Maroc, et permettra non seulement de réduire le cash en circulation mais également d’élargir la portée des services financiers.

"L’ouverture du marché à ce qu’on appelle les établissements de paiement au niveau de la loi bancaire dynamisera la compétition, notamment avec les banques", nous explique Abderrahim Bouazza, directeur de Bank Al Maghrib, dans un entretien en marge du séminaire de l'inclusion financière, organisé le 15 juillet à Marrakech à l'occasion du 61e congrès mondial de la statistique.

Il explique: "Cette compétition impliquera sûrement une réduction des coûts et une accélération du dénouement des opérations bancaires pour assurer une meilleure qualité des services aussi. C’est une compétition favorable qui, au final, bénéficiera au client".

En plus de ces établissements récemment homologués, il y a le chantier du paiement mobile. Sur ce point, le directeur de la Banque centrale affirme que le projet est arrivé à une étape avancée avec les opérateurs de télécommunications et les banques, et espère un démarrage effectif début 2018.

Notre interlocuteur estime, par ailleurs, que le Maroc a fait des progrès importants en termes d’inclusion financière. Une donnée que l’on peut constater à travers plusieurs indicateurs qui ont largement évolué depuis plusieurs années.

"Le taux de bancarisation a considérablement augmenté", nous affirme M. Bouazza. "En quinze ans, nous sommes passés d’un taux inférieur à 25%, à un taux qui frôle les 70%".

Ceci étant, cet indicateur demeure controversé. En effet, certains spécialistes estiment que le taux de bancarisation n'est pas forcément lié à l'inclusion financière, surtout que des personnes peuvent détenir plus qu'un seul compte.

Cela va de soi pour plusieurs autres indicateurs utilisés pour quantifier l'inclusion financière, comme celui de l’utilisation des cartes bancaires. Si aujourd’hui, elles sont plus de 13 millions de cartes qui circulent au Maroc, la majorité écrasante de celles-ci n’est utilisée que pour des opérations aussi basiques que les retraits des guichets.

D’autres problèmes subsistent au niveau des autres mécanismes qui sont venus répondre à une meilleure inclusion financière, comme les microcrédits qui, selon plusieurs études et enquêtes, ne remplissent pas leurs objectifs: les taux des crédits sont exorbitants et dépassent les 30%, les délais de remboursement sont réduits, et de nombreuses personnes contractent ces crédits pour des objectifs de consommation et non d’investissement.

Sur ce dernier aspect, M. Bouazza explique que cette problématique est universelle, car les coûts de gestion des institutions de microcrédit sont élevés: "La solution est d’améliorer leur gestion, et l’utilisation des nouvelles technologies peut aider dans ce sens. Aujourd’hui, les banques utilisent un effectif pléthorique, qui part dans des zones éloignées pour démarcher les clients, ce qui a forcément un coût".

Au Maroc, l’inclusion financière a constitué, dès 2007, aussi bien pour le ministère des Finances que pour Bank Al Maghrib, l’un des principaux vecteurs de développement d’une stratégie globale du secteur financier à l’horizon 2020, qui vise à la fois l’approfondissement du marché bancaire national, le développement des marchés de capitaux, et le positionnement du pays en tant que hub financier régional.

Ceci étant, les données collectées ces dernières années montrent que d'autres défis persistent: les disparités entre les régions, entre le monde rural et urbain, entre les genres, ceux relatifs à l’amélioration de la qualité des données et le développement d’un dispositif efficace de mesure d’impact.

Pour sa part, la Banque mondiale considère l’inclusion financière comme un facteur clé pour la réduction de la pauvreté, et s’est fixée l’objectif de faire atteindre un accès universel aux services financiers d’ici 2020. Dans ce cadre, 25 pays prioritaires ont été identifiés dont le Maroc.

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