Des éléments comme les stratégies de différenciation des banques, notamment en matière de couverture spatiale et d'accessibilité digitale, témoignent d’une concurrence accrue entre les banques pour être davantage à proximité des clients.

Le secteur bancaire marocain affiche une concurrence monopolistique, à l’instar de plusieurs pays développés et émergents. C’est ce qui ressort des travaux de recherche de deux économistes chercheurs à Bank Al Maghrib, rendus publics ce jeudi.

Pour évaluer la concurrence dans le secteur, les économistes Sara Benazzi et Imane Rouiessi reviennent, entre autres, sur le rôle des stratégies de différenciation déployées par les banques: "Les banques diffèrent les unes des autres par leur réputation, la gamme de leurs produits ou encore l’étendue et la configuration géographique de leur réseau d’agences", expliquent-elles.

En effet, les réseaux d’agences sont reconnus pour leur importance dans le cadre de l’évaluation de la concurrence entre les institutions bancaires: "Plusieurs études montrent que l’intensification des réseaux d’agences bancaires pourrait améliorer la concurrence", continuent-elles.

Au Maroc, l’analyse de la distribution du réseau des agences en plus de la densité bancaire concluent à une progression considérable de la couverture spatiale des services bancaires, ce qui témoigne d’une concurrence accrue entre les banques pour être davantage à proximité des clients.

Cette amélioration reflète le progrès notable constaté au niveau du taux de bancarisation, qui est passé de 37% en 2006 à 68% en 2015: "La stratégie de proximité des banques marocaines à travers l’ouverture d’agences dans différentes régions et la conquête de nouveaux clients ne peut que stimuler la concurrence entre ces banques", peut-on lire sur le document de recherche.

Toutefois, celui-ci attire l’attention sur le fait que le nombre de guichets ouverts annuellement par les banques a été divisé par deux comparativement à une dizaine d’années auparavant, dans un contexte d’accélération du processus de digitalisation des banques qui permettra de renforcer la concurrence et d’élargir l’accès aux services bancaires, particulièrement dans les zones rurales qui sont mal desservies.

D’une autre part, les économistes rapportent que l’analyse de l’évolution des performances occupe une place importante dans l’évaluation de la concurrence dans le secteur bancaire: "Une forte concurrence entraîne une réduction de la rentabilité des actifs (ROA), de la rentabilité des fonds propres (ROE) et de la marge nette d’intérêt. Des spécialistes estiment qu’une marge nette d’intérêt élevée est généralement associée à des banques disposant d’un pouvoir de marché plus important", indiquent les deux économistes.

L’analyse de l’évolution des performances du secteur bancaire marocain sur la période 2000-2015 montre une baisse sensible de la marge nette d’intérêt. Cette dernière est passée de 6,17% en 2000 à 3,78% en 2015.

De même, cette diminution de la marge nette d’intérêt s’est accompagnée à partir de 2007 par une baisse de la rentabilité à la fois des actifs et des fonds propres: "Ces évolutions reflètent une décélération du crédit, enregistrée depuis l’avènement de la crise de 2007 qui aurait induit une relative amélioration de la concurrence dans le secteur bancaire".

En définitive, les auteurs indiquent que l’ouverture des banques marocaines sur le continent africain, la mise en place de la place financière de Casablanca, l’arrivée des banques participatives, et l’émergence de nouveaux établissements de paiement représentent de nouveaux défis pour le secteur bancaire qui devraient l’inciter à être plus concurrentiel.

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Le secteur bancaire marocain affiche une concurrence monopolistique, à l’instar de plusieurs pays développés et émergents. C’est ce qui ressort des travaux de recherche de deux économistes chercheurs à Bank Al Maghrib, rendus publics ce jeudi.

Pour évaluer la concurrence dans le secteur, les économistes Sara Benazzi et Imane Rouiessi reviennent, entre autres, sur le rôle des stratégies de différenciation déployées par les banques: "Les banques diffèrent les unes des autres par leur réputation, la gamme de leurs produits ou encore l’étendue et la configuration géographique de leur réseau d’agences", expliquent-elles.

En effet, les réseaux d’agences sont reconnus pour leur importance dans le cadre de l’évaluation de la concurrence entre les institutions bancaires: "Plusieurs études montrent que l’intensification des réseaux d’agences bancaires pourrait améliorer la concurrence", continuent-elles.

Au Maroc, l’analyse de la distribution du réseau des agences en plus de la densité bancaire concluent à une progression considérable de la couverture spatiale des services bancaires, ce qui témoigne d’une concurrence accrue entre les banques pour être davantage à proximité des clients.

Cette amélioration reflète le progrès notable constaté au niveau du taux de bancarisation, qui est passé de 37% en 2006 à 68% en 2015: "La stratégie de proximité des banques marocaines à travers l’ouverture d’agences dans différentes régions et la conquête de nouveaux clients ne peut que stimuler la concurrence entre ces banques", peut-on lire sur le document de recherche.

Toutefois, celui-ci attire l’attention sur le fait que le nombre de guichets ouverts annuellement par les banques a été divisé par deux comparativement à une dizaine d’années auparavant, dans un contexte d’accélération du processus de digitalisation des banques qui permettra de renforcer la concurrence et d’élargir l’accès aux services bancaires, particulièrement dans les zones rurales qui sont mal desservies.

D’une autre part, les économistes rapportent que l’analyse de l’évolution des performances occupe une place importante dans l’évaluation de la concurrence dans le secteur bancaire: "Une forte concurrence entraîne une réduction de la rentabilité des actifs (ROA), de la rentabilité des fonds propres (ROE) et de la marge nette d’intérêt. Des spécialistes estiment qu’une marge nette d’intérêt élevée est généralement associée à des banques disposant d’un pouvoir de marché plus important", indiquent les deux économistes.

L’analyse de l’évolution des performances du secteur bancaire marocain sur la période 2000-2015 montre une baisse sensible de la marge nette d’intérêt. Cette dernière est passée de 6,17% en 2000 à 3,78% en 2015.

De même, cette diminution de la marge nette d’intérêt s’est accompagnée à partir de 2007 par une baisse de la rentabilité à la fois des actifs et des fonds propres: "Ces évolutions reflètent une décélération du crédit, enregistrée depuis l’avènement de la crise de 2007 qui aurait induit une relative amélioration de la concurrence dans le secteur bancaire".

En définitive, les auteurs indiquent que l’ouverture des banques marocaines sur le continent africain, la mise en place de la place financière de Casablanca, l’arrivée des banques participatives, et l’émergence de nouveaux établissements de paiement représentent de nouveaux défis pour le secteur bancaire qui devraient l’inciter à être plus concurrentiel.

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