Moody's ne s'attend pas à des perturbations majeures ou à une dépréciation du dirham résultant de la récente réforme du régime de change marocain, explique l'agence dans une note de recherche publiée ce lundi 22 janvier.

"La libéralisation progressive se produit dans un contexte de déficit du compte courant largement conforme aux fondamentaux, à 4% -5% du PIB pour les deux prochaines années, et qui est adossé à un important coussin de change équivalant à environ six mois de couverture des importations", explique l'agence de notation.

"L'accès du Maroc à une ligne de précaution et de liquidité de 3,5 milliards de dollars pour deux ans, approuvée par le Fonds monétaire international en juillet 2016, fournit un filet de sécurité supplémentaire en cas de perturbations imprévues dans la balance des paiements, chose à laquelle nous nous attendons pas", ajoute-elle.

"Notre évaluation d'une position extérieure globalement équilibrée au Maroc tient également compte de la dynamique du taux de change effectif réel du pays, comparé à l'exemple du flottement total de la livre égyptienne", explique Moody's.

Le graphique ci-dessous, extrait de la note de l'agence de notation, compare les taux de change nominaux et réels des deux pays, avec leurs partenaires commerciaux.

"La stabilité des prix au Maroc et un taux d'inflation de 1,2% sur la période 2010-2015 a assuré un large alignement du taux de change effectif nominal avec du taux de change effectif réel sans indication d'écarts de tendance significatifs entre eux", indique Moody's.

L'agence ajoute que "contrairement au Maroc, l'inflation moyenne égyptienne de 10% en 2010-2015 a provoqué une appréciation du taux de change effectif réel, résultant en une forte dépréciation en 2016 au moment de l’entrée en vigueur du flottement et une hausse temporaire de l’inflation à plus de 34% en glissement annuel en juillet 2017".

"Bien que la dévaluation de l’Egypte ait, par conséquence, rétabli la compétitivité extérieure et restauré ses réserves extérieurs aux niveaux de 2010, nous ne prévoyons pas de pressions d'ajustement similaires au Maroc".

Moody's ajoute que pour l'avenir, la stratégie de diversification géographique du Maroc vers l'Afrique et d’autres marchés émergents, "pourrait peser sur sa compétitivité en matière de coûts relatifs sous un ancrage rigide au panier euro/dollar, contre un scénario dans lequel le taux de change nominal absorbe de manière plus flexible tout changement dans les coûts relatifs de main-d'œuvre ou de production".

"Dans la mesure où la stratégie de libéralisation des changes s'accompagne d'un assouplissement des contrôles de capitaux que nous attendons une fois la stabilité du nouveau régime de taux de change testés, cela pourrait également encourager des flux d'investissements directs plus élevés dans l'économie nationale."

Les risques directs du système bancaire, liés à la nouvelle réforme, sont limités: "La position de change nette moyenne des banques marocaines s'établit à 4,4 MMDH (milliards de DH) à fin septembre 2017, soit 3,8% des fonds propres. Les opérations des banques avec leurs clients en devises demeurent relativement limitées et sont principalement liées aux opérations d'importation et d'exportation, qui s'élèvent à environ 40 MMDH au troisième trimestre 2017 en ventes et à 26 MMDH en achats. La majorité de ces opérations étaient des transactions au comptant".

"En conséquence, les besoins de financement des banques marocaines en devises étrangères sont modestes. Les dépôts en devises ne représentent que 4,6% du montant total des dépôts (40,9 MMDH) et le recours au marché international des capitaux et aux prêts étrangers sont également très modestes", conclut l'agence.
 

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Moody's ne s'attend pas à des perturbations majeures ou à une dépréciation du dirham résultant de la récente réforme du régime de change marocain, explique l'agence dans une note de recherche publiée ce lundi 22 janvier.

"La libéralisation progressive se produit dans un contexte de déficit du compte courant largement conforme aux fondamentaux, à 4% -5% du PIB pour les deux prochaines années, et qui est adossé à un important coussin de change équivalant à environ six mois de couverture des importations", explique l'agence de notation.

"L'accès du Maroc à une ligne de précaution et de liquidité de 3,5 milliards de dollars pour deux ans, approuvée par le Fonds monétaire international en juillet 2016, fournit un filet de sécurité supplémentaire en cas de perturbations imprévues dans la balance des paiements, chose à laquelle nous nous attendons pas", ajoute-elle.

"Notre évaluation d'une position extérieure globalement équilibrée au Maroc tient également compte de la dynamique du taux de change effectif réel du pays, comparé à l'exemple du flottement total de la livre égyptienne", explique Moody's.

Le graphique ci-dessous, extrait de la note de l'agence de notation, compare les taux de change nominaux et réels des deux pays, avec leurs partenaires commerciaux.

"La stabilité des prix au Maroc et un taux d'inflation de 1,2% sur la période 2010-2015 a assuré un large alignement du taux de change effectif nominal avec du taux de change effectif réel sans indication d'écarts de tendance significatifs entre eux", indique Moody's.

L'agence ajoute que "contrairement au Maroc, l'inflation moyenne égyptienne de 10% en 2010-2015 a provoqué une appréciation du taux de change effectif réel, résultant en une forte dépréciation en 2016 au moment de l’entrée en vigueur du flottement et une hausse temporaire de l’inflation à plus de 34% en glissement annuel en juillet 2017".

"Bien que la dévaluation de l’Egypte ait, par conséquence, rétabli la compétitivité extérieure et restauré ses réserves extérieurs aux niveaux de 2010, nous ne prévoyons pas de pressions d'ajustement similaires au Maroc".

Moody's ajoute que pour l'avenir, la stratégie de diversification géographique du Maroc vers l'Afrique et d’autres marchés émergents, "pourrait peser sur sa compétitivité en matière de coûts relatifs sous un ancrage rigide au panier euro/dollar, contre un scénario dans lequel le taux de change nominal absorbe de manière plus flexible tout changement dans les coûts relatifs de main-d'œuvre ou de production".

"Dans la mesure où la stratégie de libéralisation des changes s'accompagne d'un assouplissement des contrôles de capitaux que nous attendons une fois la stabilité du nouveau régime de taux de change testés, cela pourrait également encourager des flux d'investissements directs plus élevés dans l'économie nationale."

Les risques directs du système bancaire, liés à la nouvelle réforme, sont limités: "La position de change nette moyenne des banques marocaines s'établit à 4,4 MMDH (milliards de DH) à fin septembre 2017, soit 3,8% des fonds propres. Les opérations des banques avec leurs clients en devises demeurent relativement limitées et sont principalement liées aux opérations d'importation et d'exportation, qui s'élèvent à environ 40 MMDH au troisième trimestre 2017 en ventes et à 26 MMDH en achats. La majorité de ces opérations étaient des transactions au comptant".

"En conséquence, les besoins de financement des banques marocaines en devises étrangères sont modestes. Les dépôts en devises ne représentent que 4,6% du montant total des dépôts (40,9 MMDH) et le recours au marché international des capitaux et aux prêts étrangers sont également très modestes", conclut l'agence.
 

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