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Au Maroc, le développement industriel en question 

Mardi 23 janvier 2018 à 16h00
Au Maroc, le développement industriel en question
 

Beaucoup de voix s’élèvent ici et là pour critiquer le modèle de développement industriel suivi au Maroc. Ce dernier, essentiellement basé sur une politique volontariste d’accueil des délocalisations, est accusé de faire essentiellement appel aux profils peu ou pas qualifiés, au moment même où nos universités continuent de déverser leurs flots incessants de diplômés!

Dans sa lettre parue le 17 janvier, le CMC (Centre marocain de conjoncture) insiste sur l’insuffisance des politiques de développement suivies au Maroc. "La part de l’industrie dans la création des richesses est restée limitée à 16% au cours des dix dernières années… ce résultat témoigne de l’insuffisance du développement du secteur industriel et plus particulièrement dans des branches et produits à forte valeur ajoutée et à contenu technologique élevé.", indique la lettre.

La charge du CMC est venue juste après la publication d’un rapport du CESE sur la politique industrielle. Le conseil économique et social y appelle à "une rupture profonde dans la manière d’appréhender l’industrialisation du royaume, tant sur le plan de la conception des stratégies, de leur gouvernance que de leur exécution", car l’argument de "coût de production" que le Maroc continue de faire valoir pour attirer les investissements dans le secteur industriel, n'est pas en phase avec les exigences et les implications mondiales de la quatrième révolution industrielle 4.0. Enfin, le Conseil économique appelle à faire de la digitalisation un axe majeur du développement de l’industrie.

Malheureusement, ces experts éludent le "comment y arriver?" et préfèrent s’appesantir sur un état des lieux, connu de tout le monde et un objectif final, devenir un Singapour bis, voulu et souhaité par tous les gouvernements du globe.

Ces discours sont contredits par les expériences des pays qui ont réussi à sortir du sous-développement et à devenir de véritables repaires des industries de pointe, tels que le Japon, la Corée du sud, Taiwan et dans une moindre mesure, la Malaisie.

Aucun de ces pays n’est passé directement d’un tissu industriel précaire, à une économie "high tech". Malgré des croissances de plus de 10% par an, il ne leur a pas fallu moins d’une trentaine d’années pour accéder au statut de "pays industrialisés". Ces pays ont tous suivi des politiques semblables:

Une réforme agraire (remembrement des exploitations, incitations à la mécanisation, adoption de techniques nouvelles) permettant une nette amélioration de la production, et in fine, l’émergence d’une population rurale solvable, noyau d’un marché intérieur, demandeur de produits de consommation.

– Une construction effrénée des infrastructures de base: ports, chemins de fer, autoroutes et zones industrielles.

Une politique "néomercantiliste": Encouragement des exportations et un protectionnisme discret visant la restriction des importations. Ils privilégièrent l’entrée des matières premières et des technologies et freinèrent celle des biens de consommation, afin de préserver leurs industries naissantes.

– Une réduction du retard technologique. Le Japon fait appel dès le XIXe siècle aux experts occidentaux, qu’il paye généreusement afin de les retenir dans l’archipel. Plus tard, la Corée du sud et Taiwan, encourageront fortement les délocalisations et les joint-ventures avec des multinationales, détentrices des savoir-faire technologiques.

– Un patronage et une coopération public-privé, dont l’aspect décisif n’est autre que le soutien financier de l’Etat aux entreprises, en échange de leur respect rigoureux des directives publiques.

– Des charges sociales faibles et des impôts légers (flat-tax).

Ces mesures avaient concouru à soutenir l’entreprise en général et l’usine en particulier. Elles ont eu pour conséquence un épanouissement naturel et une entrée progressive de ces pays dans le monde industriel.

Dans un premier stade, les entreprises "apprenaient" leurs métiers, à travers la sous-traitance pour le compte de firmes étrangères, ou encore la fabrication de produits à faible valeur ajoutée. Ce fut d’abord le développement des industries légères, telles que la confection, l’agro-alimentaire et quelques industries chimiques.

Dans un second moment, des industries plus capitalistiques, nécessitant une main d’œuvre technique et situées en amont des premières, commencèrent à se développer: filatures, tissages, aciéries, industries électriques…etc.

Dans une troisième et dernière étape, des industries de haute-technologie, autrement plus capitalistiques et exigeant un continuel effort de recherche et d’innovation: fabrication de semi-conducteurs, smartphones, robots, écrans tactiles…etc.

Cet aspect progressif du modèle asiatique, contredit les appels de nos économistes pour une économie de haute technologie,… hic et nunc!

Le développement des manufactures n’est certes pas suffisant pour l’émergence du Maroc. Plusieurs champs, tels que le relèvement du niveau de l’enseignement et la réforme de l’administration sont encore en friche et demandent, en plus d’une volonté politique, des budgets conséquents. D’où la nécessité première d’une économie créatrice de richesses, dont l’industrie serait le socle, capable de fournir à l’Etat marocain, les moyens de son ambition.

 

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