Un tournant? Le vice-ministre chinois du commerce lance un appel aux banques de son pays, pour accompagner les investisseurs chinois dans leurs projets d’implantation au Maroc. C’était à l’occasion de la 6ème commission mixte de coopération commerciale, économique et technique maroco-chinoise, tenue ce jeudi 8 février à Rabat et coprésidée par le ministre Elalamy et le vice-ministre chinois du commerce, Qian Keming.

Les relations entre les deux pays ont connu un véritable développement à partir de la visite du Roi Mohammed VI en Chine en mai 2016. Depuis, le Maroc a cessé de voir dans la Chine un simple concurrent commercial. Les officiels marocains ont pris conscience ou bien ont mesuré les possibilités de profiter des investissements chinois et des réelles chances d’accueillir leurs délocalisations futures. En effet, la Chine change son modèle économique, son développement dépend moins de ses exportations et plus de son énorme marché intérieur. La Chine a décidé d'augmenter les salaires et de construire une société de couches moyennes.

Par ailleurs, et pour s’assurer une place prédominante dans le marché mondial, la Chine ne se contente plus d’exporter. Elle développe aussi ses propres marques (Huawei est en train de dépasser Samsung et Apple dans le marché des smartphones), achète ou participe dans des marques existantes (Peugeot et Volvo dans l’automobile, Kuka dans la robotique, Club Med dans le tourisme, Air France dans l’aviation….etc.)

En plus de ses investissements colossaux dans le monde (2017: 81 MM$ et 76% de progression en Europe uniquement), la Chine met en place une stratégie logistique d’envergure, afin de faciliter l’écoulement de ses marchandises, à travers le monde. Dénommée «One Belt One Road», c’est un maillage de plusieurs routes transcontinentales, aussi bien maritimes que terrestres, pour connecter la Chine au marchés de l’Asie du sud, de la Russie, de l’Europe et de l’Afrique australe.

 

 

La position excentrée du Maroc par rapport aux grands nœuds commerciaux, reliant l’Eurasie à l’Afrique, n’a pas découragé ses officiels à exprimer leur volonté d’être une station supplémentaire, dans le nouveau réseau commercial de la Chine. Un mémorandum d’entente fut signé par les deux parties en novembre 2017, pour entériner l’adhésion du Maroc dans ladite initiative.

Ce fort volontarisme politique du côté marocain est en train d’emporter l’adhésion des investisseurs privés chinois. La ville industrielle Tanger-Tech est une formidable structure censée les accueillir dans les prochaines années. 

En attendant, des équipementiers s’installent déjà pour fournir les usines de Renault et de Peugeot, et le leader de la voiture électrique BYD a déjà signé avec l’Etat marocain, une convention d’investissement pour la construction d’un complexe industriel dans le nord du Maroc. Durant le premier semestre 2017, les investissements chinois cumulent à 582 MDH, contre 362 MDH pour toute l’année 2016.

La dernière session de la commission mixte de coopération entre les deux pays, vient donc renforcer la dynamique actuelle. D’après le communiqué officiel du MCI, «les institutions financières chinoises seront appelées à accompagner ces investissements». C’est un pas majeur dans le processus de partenariat entre les deux pays, car en Chine, le pouvoir central continue de contrôler les ultimes ressorts de l’économie et les banques en sont les principaux. 

Les banques et les investisseurs chinois ne manqueront pas d’interpréter cette partie du communiqué, comme un feu vert de leur gouvernement, à leurs implantations futures au Maroc.
 

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Un tournant? Le vice-ministre chinois du commerce lance un appel aux banques de son pays, pour accompagner les investisseurs chinois dans leurs projets d’implantation au Maroc. C’était à l’occasion de la 6ème commission mixte de coopération commerciale, économique et technique maroco-chinoise, tenue ce jeudi 8 février à Rabat et coprésidée par le ministre Elalamy et le vice-ministre chinois du commerce, Qian Keming.

Les relations entre les deux pays ont connu un véritable développement à partir de la visite du Roi Mohammed VI en Chine en mai 2016. Depuis, le Maroc a cessé de voir dans la Chine un simple concurrent commercial. Les officiels marocains ont pris conscience ou bien ont mesuré les possibilités de profiter des investissements chinois et des réelles chances d’accueillir leurs délocalisations futures. En effet, la Chine change son modèle économique, son développement dépend moins de ses exportations et plus de son énorme marché intérieur. La Chine a décidé d'augmenter les salaires et de construire une société de couches moyennes.

Par ailleurs, et pour s’assurer une place prédominante dans le marché mondial, la Chine ne se contente plus d’exporter. Elle développe aussi ses propres marques (Huawei est en train de dépasser Samsung et Apple dans le marché des smartphones), achète ou participe dans des marques existantes (Peugeot et Volvo dans l’automobile, Kuka dans la robotique, Club Med dans le tourisme, Air France dans l’aviation….etc.)

En plus de ses investissements colossaux dans le monde (2017: 81 MM$ et 76% de progression en Europe uniquement), la Chine met en place une stratégie logistique d’envergure, afin de faciliter l’écoulement de ses marchandises, à travers le monde. Dénommée «One Belt One Road», c’est un maillage de plusieurs routes transcontinentales, aussi bien maritimes que terrestres, pour connecter la Chine au marchés de l’Asie du sud, de la Russie, de l’Europe et de l’Afrique australe.

 

 

La position excentrée du Maroc par rapport aux grands nœuds commerciaux, reliant l’Eurasie à l’Afrique, n’a pas découragé ses officiels à exprimer leur volonté d’être une station supplémentaire, dans le nouveau réseau commercial de la Chine. Un mémorandum d’entente fut signé par les deux parties en novembre 2017, pour entériner l’adhésion du Maroc dans ladite initiative.

Ce fort volontarisme politique du côté marocain est en train d’emporter l’adhésion des investisseurs privés chinois. La ville industrielle Tanger-Tech est une formidable structure censée les accueillir dans les prochaines années. 

En attendant, des équipementiers s’installent déjà pour fournir les usines de Renault et de Peugeot, et le leader de la voiture électrique BYD a déjà signé avec l’Etat marocain, une convention d’investissement pour la construction d’un complexe industriel dans le nord du Maroc. Durant le premier semestre 2017, les investissements chinois cumulent à 582 MDH, contre 362 MDH pour toute l’année 2016.

La dernière session de la commission mixte de coopération entre les deux pays, vient donc renforcer la dynamique actuelle. D’après le communiqué officiel du MCI, «les institutions financières chinoises seront appelées à accompagner ces investissements». C’est un pas majeur dans le processus de partenariat entre les deux pays, car en Chine, le pouvoir central continue de contrôler les ultimes ressorts de l’économie et les banques en sont les principaux. 

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