La prochaine étape pour la création de la Zone de libre-échange continentale consiste à ratifier l'accord par au moins 22 pays signataires. Suivront de longues négocations pour la suppression des barrières tarifaires et non tarifaires.

Le Maroc, comme 43 autres membres de l'UA, a signé le 21 mars l’accord de Kigali sur la mise en place d'une zone de libre-échange africaine. Avec cette signature, «l'Afrique a fait un pas de géant vers l'intégration continentale, la vision panafricaine et le développement de notre continent», a déclaré Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique au niveau des Nations-Unis.

La future zone de libre-échange continentale vise la création d'un marché commun des biens et services de plus d'un milliard de consommateurs avec un produit brut combiné de plus de 3.000 milliards de dollars et une forte augmentation du commerce intra-africain.

Deux processus en parallèle

Cela dit, le processus est encore long pour parvenir à une zone de libre-échange continentale opérationnelle. "Il y a deux processus qui seront menés en parallèle", explique à Médias24 Abdou Diop, président de la commission Afrique et Sud/Sud à la CGEM.

Ce dernier qui faisait partie de la délégation ayant assisté à la cérémonie de signature de l’accord de Kigali avance que la prochaine étape est d’entamer le processus de ratification. «Il faut que chacun des 44 pays signataires de l’accord le ratifie dans le cadre de son processus interne de ratification. Certains en conseils, d’autres au Parlement… Chacun suivra son processus normal de ratification».

Pour que la ZLEC entre en vigueur, il faut que l’accord signé à kigali soit ratifié par un nombre minimum de pays. «Il y a eu plusieurs débats sur ce point, certains pays ont proposé la moitié+1, d'autres le tiers+1. Au final, il a été décidé d'arrêter ce nombre à 22 pays», nous confie un membre de la délégation marocaine à Kigali. 

Le second processus qui sera entamé en parallèle est «toute la négociation pour arriver à une véritable zone de libre échange».

L’accord pour la création de la zone de libre-échange continentale se base sur la suppression de 90% des barrières douanières. «Il faut que tous les pays s’accordent sur les autres 5% qui seront démantelés progressivement et les 5% qui seront exclus du démantèlement», explique Abdou Diop.

Des négociations lourdes donc qui nécessiteront la concertation avec les secteurs public et privé. Ce second processus prendra tout naturellement plus de temps que ce qu’il en a fallu pour signer l’accord et le ratifier.

«Il ne faut pas se leurrer. Si on veut faire les choses de la meilleure des manières, il faudra respecter un processus normal de négociations qui prendra du temps», insiste Abdou Diop.

ZLEC, CEDEAO… dans la continuité de la stratégie africaine du Maroc

L’intégration de cette zone de libre-échange continentale fait partie de la stratégie marocaine tournée vers le continent. Hakim Marrakchi, vice-président de la CGEM avance que «la création de la ZLEC, tout comme l’intégration du Maroc à la Cedeao contribueront à fermer la parenthèse coloniale. Avant le protectorat, le Maroc était économiquement totalement intégré à l’Afrique subsaharienne».

Et d’ajouter: «Pour le Maroc, c’est donc un retour aux sources. Et c’est une opportunité. L’UE n’est pas LE marché naturel pour le Maroc et, en plus, c’est un marché difficile».

L’ambition d’intégrer une union monétaire et douanière qu’est la CEDEAO n’est pas en contradiction avec l’intégration de la ZLEC, en ce sens que la nouvelle zone continentale cherche à supprimer les barrières tarifaires entre les différentes unions économiques régionales qui existent sur le continent et promouvoir le commerce inter-régional.

Le Maroc n’a pas signé le Protocole sur la libre circulation des personnes 

Les pays (50 au total) ayant assisté à la session extraordinaire du Sommet de l'Union Africaine qui s’est tenue à Kigali le 21 mars ont pris part à un événement historique qu’est la signature de la la ZLEC. 44 d'entre eux ont apposé leur signature pour la création de cette zone.

Les différents pays ont été par la suite amenés à signer deux autres documents importants que sont la Déclaration de Kigali et le Protocole de l'Union Africaine sur la libre-circulation des personnes.

La Déclaration de Kigali engage les pays signataires à mettre en œuvre l’accord visant à multiplier par deux le commerce intra-africain en supprimant les barrières tarifaires et non tarifaires sur les biens et services. C'est un document adressé aux pays qui n'ont pas pris la décision de signer l'accord de création de la ZLECA. Selon la la liste finale des signataires publié sur le site de l’UA, 47 pays l'ont signé tandis que 30 pays seulement ont signé le protocole prévoyant pour les ressortissants des pays signataires la suppression des visas, le droit de résidence, le droit de faire des affaires et de créer des établissements professionnels.

Le Maroc n'a pas signé le Protocole de l'Union Africaine sur la libre-circulation des personnes.

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Le Maroc, comme 43 autres membres de l'UA, a signé le 21 mars l’accord de Kigali sur la mise en place d'une zone de libre-échange africaine. Avec cette signature, «l'Afrique a fait un pas de géant vers l'intégration continentale, la vision panafricaine et le développement de notre continent», a déclaré Vera Songwe, Secrétaire exécutive de la Commission économique pour l’Afrique au niveau des Nations-Unis.

La future zone de libre-échange continentale vise la création d'un marché commun des biens et services de plus d'un milliard de consommateurs avec un produit brut combiné de plus de 3.000 milliards de dollars et une forte augmentation du commerce intra-africain.

Deux processus en parallèle

Cela dit, le processus est encore long pour parvenir à une zone de libre-échange continentale opérationnelle. "Il y a deux processus qui seront menés en parallèle", explique à Médias24 Abdou Diop, président de la commission Afrique et Sud/Sud à la CGEM.

Ce dernier qui faisait partie de la délégation ayant assisté à la cérémonie de signature de l’accord de Kigali avance que la prochaine étape est d’entamer le processus de ratification. «Il faut que chacun des 44 pays signataires de l’accord le ratifie dans le cadre de son processus interne de ratification. Certains en conseils, d’autres au Parlement… Chacun suivra son processus normal de ratification».

Pour que la ZLEC entre en vigueur, il faut que l’accord signé à kigali soit ratifié par un nombre minimum de pays. «Il y a eu plusieurs débats sur ce point, certains pays ont proposé la moitié+1, d'autres le tiers+1. Au final, il a été décidé d'arrêter ce nombre à 22 pays», nous confie un membre de la délégation marocaine à Kigali. 

Le second processus qui sera entamé en parallèle est «toute la négociation pour arriver à une véritable zone de libre échange».

L’accord pour la création de la zone de libre-échange continentale se base sur la suppression de 90% des barrières douanières. «Il faut que tous les pays s’accordent sur les autres 5% qui seront démantelés progressivement et les 5% qui seront exclus du démantèlement», explique Abdou Diop.

Des négociations lourdes donc qui nécessiteront la concertation avec les secteurs public et privé. Ce second processus prendra tout naturellement plus de temps que ce qu’il en a fallu pour signer l’accord et le ratifier.

«Il ne faut pas se leurrer. Si on veut faire les choses de la meilleure des manières, il faudra respecter un processus normal de négociations qui prendra du temps», insiste Abdou Diop.

ZLEC, CEDEAO… dans la continuité de la stratégie africaine du Maroc

L’intégration de cette zone de libre-échange continentale fait partie de la stratégie marocaine tournée vers le continent. Hakim Marrakchi, vice-président de la CGEM avance que «la création de la ZLEC, tout comme l’intégration du Maroc à la Cedeao contribueront à fermer la parenthèse coloniale. Avant le protectorat, le Maroc était économiquement totalement intégré à l’Afrique subsaharienne».

Et d’ajouter: «Pour le Maroc, c’est donc un retour aux sources. Et c’est une opportunité. L’UE n’est pas LE marché naturel pour le Maroc et, en plus, c’est un marché difficile».

L’ambition d’intégrer une union monétaire et douanière qu’est la CEDEAO n’est pas en contradiction avec l’intégration de la ZLEC, en ce sens que la nouvelle zone continentale cherche à supprimer les barrières tarifaires entre les différentes unions économiques régionales qui existent sur le continent et promouvoir le commerce inter-régional.

Le Maroc n’a pas signé le Protocole sur la libre circulation des personnes 

Les pays (50 au total) ayant assisté à la session extraordinaire du Sommet de l'Union Africaine qui s’est tenue à Kigali le 21 mars ont pris part à un événement historique qu’est la signature de la la ZLEC. 44 d'entre eux ont apposé leur signature pour la création de cette zone.

Les différents pays ont été par la suite amenés à signer deux autres documents importants que sont la Déclaration de Kigali et le Protocole de l'Union Africaine sur la libre-circulation des personnes.

La Déclaration de Kigali engage les pays signataires à mettre en œuvre l’accord visant à multiplier par deux le commerce intra-africain en supprimant les barrières tarifaires et non tarifaires sur les biens et services. C'est un document adressé aux pays qui n'ont pas pris la décision de signer l'accord de création de la ZLECA. Selon la la liste finale des signataires publié sur le site de l’UA, 47 pays l'ont signé tandis que 30 pays seulement ont signé le protocole prévoyant pour les ressortissants des pays signataires la suppression des visas, le droit de résidence, le droit de faire des affaires et de créer des établissements professionnels.

Le Maroc n'a pas signé le Protocole de l'Union Africaine sur la libre-circulation des personnes.

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