Voici comment fonctionnera au démarrage la Centrale des chèques irréguliers

Le Service de Centralisation des Chèques Irréguliers (SCCI) sera opérationnel dans sa première phase avant la fin de l’année. Quels services offre-t-il? Pour quel tarif? comment fonctionnera-t-il? Eléments de réponse.

Avec 85 milliards de DH d’impayés cumulés pendant 10 ans suite à des incidents de chèques, ce moyen de paiement n’inspire plus confiance et est souvent banni chez nombre de commerçants. Pour redonner confiance en la fiabilité et la crédibilité du chèque, la Banque centrale a mis en place le Service de Centralisation des Chèques Irréguliers (SCCI) accessible aux acteurs non financiers.

Selon les données fournies par Bank Al Maghrib lors d’une rencontre de presse dédiée à la présentation de la convention de gestion déléguée portant sur le SCCI, 540.000 personnes sont interdites de chèques. "Soit près de 1.700 personnes supplémentaires interdites de chéquier mensuellement dont 70% de personnes physiques", explique Fadoua Louah, responsable du département centrales d’information à Bank Al Maghrib.

Toujours côté chiffres, cette dernière avance que chaque mois, le système bancaire enregistre 10.000 oppositions dont 98% pour motif de chèque volé ou perdu et 42.000 clôtures de compte.

>>Lire aussi : Chèques irréguliers: une centrale d’information des entreprises sera lancée début 2019

10 DH la consultation

Pour éviter d’en arriver à un incident de paiement, la Banque centrale a pensé à doter les entreprises et commerçants d’un outil d’aide à la décision leur permettant de minimiser le risque d’impayés suite à l’acceptation d’un chèque.

Il est important de noter que les particuliers n’ont pas accès à cette base de données. "Ce service s’adresse aux entreprises et aux personnes reconnues commerçantes disposant au minimum d’une patente. Le bénéficiaire doit justifier de son activité commerciale", nous explique Khalid Zbir, le directeur Réseau et Centrales d’information à la Banque centrale.

Un cadre contractuel est nécessaire pour bénéficier de ce service payant, faut-il préciser. Les responsables de la Banque centrale assurent que les tarifs seront raisonnables et ne dépasseront pas les 10 dirhams. Le service se basera sur les tarifs dégressifs. Plus le nombre de consultations est important plus le tarif baisse. La banque centrale et son délégataire misent sur l’effet volume pour réduire les tarifs.

Donc tout dépendra de la demande sur le service. A ce niveau, les responsables de Bank Al Maghrib rassurent. "Les soumissionnaires ont mené leurs études et fait leur benchmark et ont déduit qu’il y a un marché", explique Khalid Zbir.

Fadoua Louah, responsable du département centrales d’information à Bank Al Maghrib, explique pour sa part, que depuis la diffusion du communiqué officiel annonçant la mise en place du service, "la Banque centrale a reçu un nombre impressionnant de demandes d’informations à ce sujet. Des représentants de corps de métiers sont venus à notre rencontre pour demander la date du lancement, s’informer sur le fonctionnement…", explique-t-elle.

>>Lire aussi : Chèques irréguliers : CreditInfo Checks gèrera la centrale d’information des entreprises

Un démarrage avec des services de bases 

Le SCCI est amené à jouer le rôle d’outil d’aide à la décision à travers la mise à disposition d'un certain nombre de services. "Au démarrage, les bénéficiaires auront accès à un service de base qui est la consultation des données avant de le faire évoluer pour offrir des services à valeur ajoutée", explique Zbir.

Les entreprises auront accès aux informations suivantes:

- Comptes clôturés.

- Oppositions sur chèques.

- Faux chèques.

- Coordonnées bancaires des interdits multi-comptes.

Ces informations sont consultables à travers l’application web ou mobile. Les entreprises peuvent aussi également vérifier les informations sur un chèque ou un compte par téléphone ou automatiquement à travers les TPE incluant des lecteurs de chèque.  

Concrètement, une entreprise se connecte au service et renseigne le numéro du chèque ou du RIB pour vérifier les informations contenues dans la base de données. L’information lui est communiquée à travers un code couleur.

- Vert: Le chèque ou le compte n’est pas enregistré dans la base de consultation du SCCI au moment de la vérification.

- Rouge: Le compte ou le chèque est enregistré dans la base de base de consultation du SCCI.

- Orange: Une déclaration de perte ou de vol de chèque ou de chéquier a été faite dans la base de consultation, sans que les références du chèque ou chéquier ne soient enregistrées.

- Blanc: Données incorrectes.

Le SCCI est voué à offrir d’autres services. "Cette consultation n’est pas une garantie de paiement. Dans une phase ultérieure, le SCCI peut offrir un service de blocage de provision en ligne des chèques", explique Zbir. L’entreprise peut, après accord du propriétaire du chèque, bloquer le montant de la provision correspondant au paiement pendant une durée donnée.

Il y aura aussi un système de scoring et de notation. "L’entreprise consulte l’information sur le moment alors que le scoring permettra d’analyser les opérations sur le compte sur les 24 mois précédents et donnera au bénéficiaire du service une note qui renseignera sur le comportement global de son partenaire", est-il expliqué.

Les équipes de Bank Al Maghrib espèrent un démarrage avant la fin de l'année, même avec une couverture géographique limitée. "Une stratégie de déploiement sera mise en place pour couvrir l'ensemble du territoire marocain", explique Zbir. 

 

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Le Service de Centralisation des Chèques Irréguliers (SCCI) sera opérationnel dans sa première phase avant la fin de l’année. Quels services offre-t-il? Pour quel tarif? comment fonctionnera-t-il? Eléments de réponse.

Avec 85 milliards de DH d’impayés cumulés pendant 10 ans suite à des incidents de chèques, ce moyen de paiement n’inspire plus confiance et est souvent banni chez nombre de commerçants. Pour redonner confiance en la fiabilité et la crédibilité du chèque, la Banque centrale a mis en place le Service de Centralisation des Chèques Irréguliers (SCCI) accessible aux acteurs non financiers.

Selon les données fournies par Bank Al Maghrib lors d’une rencontre de presse dédiée à la présentation de la convention de gestion déléguée portant sur le SCCI, 540.000 personnes sont interdites de chèques. "Soit près de 1.700 personnes supplémentaires interdites de chéquier mensuellement dont 70% de personnes physiques", explique Fadoua Louah, responsable du département centrales d’information à Bank Al Maghrib.

Toujours côté chiffres, cette dernière avance que chaque mois, le système bancaire enregistre 10.000 oppositions dont 98% pour motif de chèque volé ou perdu et 42.000 clôtures de compte.

>>Lire aussi : Chèques irréguliers: une centrale d’information des entreprises sera lancée début 2019

10 DH la consultation

Pour éviter d’en arriver à un incident de paiement, la Banque centrale a pensé à doter les entreprises et commerçants d’un outil d’aide à la décision leur permettant de minimiser le risque d’impayés suite à l’acceptation d’un chèque.

Il est important de noter que les particuliers n’ont pas accès à cette base de données. "Ce service s’adresse aux entreprises et aux personnes reconnues commerçantes disposant au minimum d’une patente. Le bénéficiaire doit justifier de son activité commerciale", nous explique Khalid Zbir, le directeur Réseau et Centrales d’information à la Banque centrale.

Un cadre contractuel est nécessaire pour bénéficier de ce service payant, faut-il préciser. Les responsables de la Banque centrale assurent que les tarifs seront raisonnables et ne dépasseront pas les 10 dirhams. Le service se basera sur les tarifs dégressifs. Plus le nombre de consultations est important plus le tarif baisse. La banque centrale et son délégataire misent sur l’effet volume pour réduire les tarifs.

Donc tout dépendra de la demande sur le service. A ce niveau, les responsables de Bank Al Maghrib rassurent. "Les soumissionnaires ont mené leurs études et fait leur benchmark et ont déduit qu’il y a un marché", explique Khalid Zbir.

Fadoua Louah, responsable du département centrales d’information à Bank Al Maghrib, explique pour sa part, que depuis la diffusion du communiqué officiel annonçant la mise en place du service, "la Banque centrale a reçu un nombre impressionnant de demandes d’informations à ce sujet. Des représentants de corps de métiers sont venus à notre rencontre pour demander la date du lancement, s’informer sur le fonctionnement…", explique-t-elle.

>>Lire aussi : Chèques irréguliers : CreditInfo Checks gèrera la centrale d’information des entreprises

Un démarrage avec des services de bases 

Le SCCI est amené à jouer le rôle d’outil d’aide à la décision à travers la mise à disposition d'un certain nombre de services. "Au démarrage, les bénéficiaires auront accès à un service de base qui est la consultation des données avant de le faire évoluer pour offrir des services à valeur ajoutée", explique Zbir.

Les entreprises auront accès aux informations suivantes:

- Comptes clôturés.

- Oppositions sur chèques.

- Faux chèques.

- Coordonnées bancaires des interdits multi-comptes.

Ces informations sont consultables à travers l’application web ou mobile. Les entreprises peuvent aussi également vérifier les informations sur un chèque ou un compte par téléphone ou automatiquement à travers les TPE incluant des lecteurs de chèque.  

Concrètement, une entreprise se connecte au service et renseigne le numéro du chèque ou du RIB pour vérifier les informations contenues dans la base de données. L’information lui est communiquée à travers un code couleur.

- Vert: Le chèque ou le compte n’est pas enregistré dans la base de consultation du SCCI au moment de la vérification.

- Rouge: Le compte ou le chèque est enregistré dans la base de base de consultation du SCCI.

- Orange: Une déclaration de perte ou de vol de chèque ou de chéquier a été faite dans la base de consultation, sans que les références du chèque ou chéquier ne soient enregistrées.

- Blanc: Données incorrectes.

Le SCCI est voué à offrir d’autres services. "Cette consultation n’est pas une garantie de paiement. Dans une phase ultérieure, le SCCI peut offrir un service de blocage de provision en ligne des chèques", explique Zbir. L’entreprise peut, après accord du propriétaire du chèque, bloquer le montant de la provision correspondant au paiement pendant une durée donnée.

Il y aura aussi un système de scoring et de notation. "L’entreprise consulte l’information sur le moment alors que le scoring permettra d’analyser les opérations sur le compte sur les 24 mois précédents et donnera au bénéficiaire du service une note qui renseignera sur le comportement global de son partenaire", est-il expliqué.

Les équipes de Bank Al Maghrib espèrent un démarrage avant la fin de l'année, même avec une couverture géographique limitée. "Une stratégie de déploiement sera mise en place pour couvrir l'ensemble du territoire marocain", explique Zbir. 

 

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