Le programme du logement à 250.000 dirhams a atteint ses objectifs malgré le bémol de la concentration régionale. Ce n'est pas le cas du programme à 140.000 dirhams dont les résultats sont loin d'être probants.

Pour soutenir une politique de promotion de l’habitat pour les couches sociales à revenus modestes, l’Etat a consenti d’importantes dépenses fiscales estimées à 26,5 milliards de dirhams entre 2008 et 2017 pour les programmes de logements à 140.000 et 250.000 dirhams.

Le programme de logement à faible valeur immobilière de 140.000 dirhams (FVIT), lancé en 2008, visait la production de 130.000 logements sur la période 2008-2020. Deux ans plus tard, le gouvernement a initié dans le cadre de la Loi de Finances 2010, le programme à 250.000 dirhams avec comme objectif la production de 300.000 logements sociaux sur la période 2010-2020 pour un investissement global de 60 milliards de dirhams permettant la création de 160.000 emplois.

Dix ans plus tard et à deux ans de l’échéance fixée, le ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la Ville a réalisé une étude d’évaluation de l’impact de ce programme, de ses effets sur le secteur de l’habitat, et de ses retombées économiques et sociales.


Logement à 250.000 DH: Près de 600.000 unités réalisées ou en cours de construction

Il ressort des résultats de l’étude que le programme des 250.000 dirhams a fait l’objet d’une importante adhésion de la part des promoteurs privés. « Depuis 2010, année du lancement du programme d’habitat social à 250.000 dirhams jusqu’à fin 2017, le nombre total de conventions contractées avec les promoteurs s’élève à 1.114 conventions. 

La structure globale des conventions contractées selon le statut juridique des promoteurs révèle une prédominance des promoteurs privés dont la part s’élève à 96% », est-il noté dans le rapport de synthèse de l’étude. 

Les 1.114 conventions représentent plus de 1,66 million de logements conventionnés. 

Cela se traduit par un dépassement de l’objectif des 300.000 logements à horizon 2020. A fin 2017, ce sont pas moins de 595.794 logements autorisés dont 366.462 achevés et 221.660 en cours de construction. 

Cependant, toute cette offre en logement n’est pas équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. L’étude révèle que « l’analyse de la répartition des logements selon l’état d’avancement et la région montre une forte concentration régionale des logements produits ou en cours de production ». 70% des logements achevés se situent dans les régions de Casablanca Settat (45%), Tanger Tétouan Al Hoceima (13%) et Rabat Salé Kénitra (12%).

 

La question la plus importante est de savoir l’impact de ce programme, pour lequel l’Etat a consenti d’importants efforts, sur l’économie du pays. À ce titre, l’étude estime que « chaque dirham investi dans le logement social (durant la période 2010-2017) génère, en moyenne, une production indirecte additionnelle estimée à 0,76 dirham dans les autres branches d’activités économiques ». Et d’ajouter que « globalement, la production générée par l’investissement dans le programme de logements à 250.000 dirhams s’élève à près de 255,5 milliards de dirhams, composée de 58% de consommation intermédiaire et 42% de valeur ajoutée ». 

En matière d’emploi, ce programme a permis la réalisation de 66 millions de journées de travail. Le cumul de l’emploi créé dans le cadre du programme, au cours de la période 2010-2017, est estimé à 221.391 emplois, ce qui représente, en moyenne, 27.674 emplois par an. 

« En dépit du manque à gagner global (pour l’Etat, ndlr), le bilan comparatif des charges et des gains est largement bénéficiaire. Le programme d’habitat social parait constituer, à la fois, une aubaine pour la croissance économique et un levier judicieux de développement humain, tant les impacts économiques et sociaux des réalisations s’avèrent considérables », conclut l’étude. 

Faible adhésion au programme des logements à 140.000 DH

L’engouement enregistré pour le programme des 250.000 dirhams ne se vérifie pas pour le logement à faible valeur immobilière de 140.000 dirhams. « Depuis l’année 2008, année de lancement du programme d’habitat à 140.000 DH jusqu’à fin 2017, le nombre total de conventions contractées avec les promoteurs s’élève à 68 conventions », lit-on dans le rapport de l’étude. À fin 2017, l’objectif des 129.138 unités à l’horizon 2020 est atteint à seulement 22,1%.

Juste 44.239 logements sont autorisés dont 28.549 achevés et 9.838 en cours de construction. 91% des constructions sont concentrées dans 5 régions : Fès-Meknès (27%), Souss-Massa (22%), Casablanca-Settat (17%), Marrakech-Safi (16%) et l’Oriental (9%).

En matière d’investissement, l’étude d’impact révèle que « l’investissement global initié durant la période 2008-2017 reste en deçà des prévisions ». La production générée par l’investissement dans le programme de logements de 140.000 dirhams s’élève à près de 12,7 milliards de dirhams, composée de 58% de consommation intermédiaire et 42% de valeur ajoutée. 

Par ailleurs, avec plus de 4,3 millions de journées de travail, l’impact de cet investissement sur l’emploi s’avère appréciable. Le cumul de l’emploi créé dans le cadre du programme, au cours de la période 2008-2017, est estimé à 14.500 emplois.  

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Le programme du logement à 250.000 dirhams a atteint ses objectifs malgré le bémol de la concentration régionale. Ce n'est pas le cas du programme à 140.000 dirhams dont les résultats sont loin d'être probants.

Pour soutenir une politique de promotion de l’habitat pour les couches sociales à revenus modestes, l’Etat a consenti d’importantes dépenses fiscales estimées à 26,5 milliards de dirhams entre 2008 et 2017 pour les programmes de logements à 140.000 et 250.000 dirhams.

Le programme de logement à faible valeur immobilière de 140.000 dirhams (FVIT), lancé en 2008, visait la production de 130.000 logements sur la période 2008-2020. Deux ans plus tard, le gouvernement a initié dans le cadre de la Loi de Finances 2010, le programme à 250.000 dirhams avec comme objectif la production de 300.000 logements sociaux sur la période 2010-2020 pour un investissement global de 60 milliards de dirhams permettant la création de 160.000 emplois.

Dix ans plus tard et à deux ans de l’échéance fixée, le ministère de l'Aménagement du Territoire, de l'Urbanisme, de l'Habitat et de la Politique de la Ville a réalisé une étude d’évaluation de l’impact de ce programme, de ses effets sur le secteur de l’habitat, et de ses retombées économiques et sociales.


Logement à 250.000 DH: Près de 600.000 unités réalisées ou en cours de construction

Il ressort des résultats de l’étude que le programme des 250.000 dirhams a fait l’objet d’une importante adhésion de la part des promoteurs privés. « Depuis 2010, année du lancement du programme d’habitat social à 250.000 dirhams jusqu’à fin 2017, le nombre total de conventions contractées avec les promoteurs s’élève à 1.114 conventions. 

La structure globale des conventions contractées selon le statut juridique des promoteurs révèle une prédominance des promoteurs privés dont la part s’élève à 96% », est-il noté dans le rapport de synthèse de l’étude. 

Les 1.114 conventions représentent plus de 1,66 million de logements conventionnés. 

Cela se traduit par un dépassement de l’objectif des 300.000 logements à horizon 2020. A fin 2017, ce sont pas moins de 595.794 logements autorisés dont 366.462 achevés et 221.660 en cours de construction. 

Cependant, toute cette offre en logement n’est pas équitablement répartie sur l’ensemble du territoire. L’étude révèle que « l’analyse de la répartition des logements selon l’état d’avancement et la région montre une forte concentration régionale des logements produits ou en cours de production ». 70% des logements achevés se situent dans les régions de Casablanca Settat (45%), Tanger Tétouan Al Hoceima (13%) et Rabat Salé Kénitra (12%).

 

La question la plus importante est de savoir l’impact de ce programme, pour lequel l’Etat a consenti d’importants efforts, sur l’économie du pays. À ce titre, l’étude estime que « chaque dirham investi dans le logement social (durant la période 2010-2017) génère, en moyenne, une production indirecte additionnelle estimée à 0,76 dirham dans les autres branches d’activités économiques ». Et d’ajouter que « globalement, la production générée par l’investissement dans le programme de logements à 250.000 dirhams s’élève à près de 255,5 milliards de dirhams, composée de 58% de consommation intermédiaire et 42% de valeur ajoutée ». 

En matière d’emploi, ce programme a permis la réalisation de 66 millions de journées de travail. Le cumul de l’emploi créé dans le cadre du programme, au cours de la période 2010-2017, est estimé à 221.391 emplois, ce qui représente, en moyenne, 27.674 emplois par an. 

« En dépit du manque à gagner global (pour l’Etat, ndlr), le bilan comparatif des charges et des gains est largement bénéficiaire. Le programme d’habitat social parait constituer, à la fois, une aubaine pour la croissance économique et un levier judicieux de développement humain, tant les impacts économiques et sociaux des réalisations s’avèrent considérables », conclut l’étude. 

Faible adhésion au programme des logements à 140.000 DH

L’engouement enregistré pour le programme des 250.000 dirhams ne se vérifie pas pour le logement à faible valeur immobilière de 140.000 dirhams. « Depuis l’année 2008, année de lancement du programme d’habitat à 140.000 DH jusqu’à fin 2017, le nombre total de conventions contractées avec les promoteurs s’élève à 68 conventions », lit-on dans le rapport de l’étude. À fin 2017, l’objectif des 129.138 unités à l’horizon 2020 est atteint à seulement 22,1%.

Juste 44.239 logements sont autorisés dont 28.549 achevés et 9.838 en cours de construction. 91% des constructions sont concentrées dans 5 régions : Fès-Meknès (27%), Souss-Massa (22%), Casablanca-Settat (17%), Marrakech-Safi (16%) et l’Oriental (9%).

En matière d’investissement, l’étude d’impact révèle que « l’investissement global initié durant la période 2008-2017 reste en deçà des prévisions ». La production générée par l’investissement dans le programme de logements de 140.000 dirhams s’élève à près de 12,7 milliards de dirhams, composée de 58% de consommation intermédiaire et 42% de valeur ajoutée. 

Par ailleurs, avec plus de 4,3 millions de journées de travail, l’impact de cet investissement sur l’emploi s’avère appréciable. Le cumul de l’emploi créé dans le cadre du programme, au cours de la période 2008-2017, est estimé à 14.500 emplois.  

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