Contrairement aux années passées, le chiffre d’affaires des loueurs de voitures va enregistrer une progression à deux chiffres en 2018. Cette dynamique liée au retour en force des touristes étrangers n’empêche pas le président de la fédération des loueurs de dénoncer un cahier des charges dépassé permettant des ouvertures d'agences en série et un bradage des prix.

Après plusieurs années de vaches maigres pour les professionnels de la location de voitures, l’année 2018 a très bien commencé et la saison estivale promet d’accélérer cette tendance.

Interrogé par Médias24, Tarik Dbilij, président de la FLASCAM (fédération des loueurs de voitures sans chauffeur au Maroc), prévoit en 2018 une augmentation de 18% du chiffre d’affaires qui était de l'ordre de 6 milliards de DH en 2017.

Notre interlocuteur affirme que ce courant d'affaires est ventilé de la manière suivante: 30% auprès de clients corporate (locations d’entreprises à longue durée) et 70% auprès des particuliers (courte durée), principalement les non-résidents (étrangers et MRE).

Notons que la FLASCAM représente 70% du CA du secteur et regroupe 2.000 agences de location (dont les 12 franchises d’opérateurs internationaux comme AVIS, RENT, EUROPCAR…) sur les 6.500 que compte le Maroc.

Un parc de 140.000 voitures

«Nous sommes très optimistes car l’année a très bien démarré et la haute saison (juillet, août, septembre) qui arrive génère 40% de notre chiffre d’affaires annuel.

Nous commençons à sortir la tête de l’eau même si nous travaillons au jour le jour sans carnet de commandes. C’est un équilibre qui reste fragile car notre sort est lié à la fréquentation touristique et à des paramètres structurels.

Notre problème est que le secteur est toujours régi par un cahier des charges qui a plus de 20 ans. Afin d’empêcher certains abus, nous demandons depuis longtemps au ministère du transport d’augmenter le capital minimum exigé pour créer une agence de location de 500.000 DH à 1 MDH, et de porter le nombre minimum de véhicules de 5 à 15, mais nos propositions sont restées sans réponse.

C’est le minimum pour protéger les investisseurs et surtout pour espérer atteindre le seuil de rentabilité sans magouilles, sachant que les petites structures sont déficitaires à 67%. Avec moins de 15 voitures, c’est en effet la porte ouverte à la faillite ou à des abus contre le client», réclame Dbilij.

Selon lui, les nombreuses ouvertures actuelles d’agences de 5 véhicules entrainent une concurrence déloyale dans un secteur qui totalise un parc de 140.000 voitures.

Les clients dénoncent la facturation de faux frais

«Certains proposent des prix défiant toute concurrence qui déstabilisent le marché. Les nouvelles ouvertures se font aveuglément sans respect des normes et des engagements et entrainent des problèmes car les prix affichés ne reflètent pas la réalité.

Pour survivre, ces loueurs facturent de faux frais aux clients. Nous recevons beaucoup de plaintes de clients dont les cartes de crédit ont été débitées frauduleusement pour des prétendus dégâts sur les véhicules.

A la FLASCAM, les prix évoluent en fonction de la saison (haute ou basse) et de la durée de location mais ils sont toujours justifiés par la qualité des équipements automobiles ou des extras proposés. Ainsi, une location journalière varie entre 150 dirhams (véhicule de base pour une période plus ou moins longue) et 12.000 DH (marques prémium…).

Avec la réglementation actuelle, n’importe qui peut devenir loueur. La plupart des propriétaires de petites agences n’ont aucune compétence pour gérer une entreprise.

Le cahier des charges permet à n’importe Bac+2 de créer sa société ou à un ancien employé qui a 4 ans d’expérience d’ouvrir son agence. C’est aberrant car avoir un DEUG en biologie ou avoir été mécanicien ne vous donne pas les clés pour gérer une entreprise», conclut le président qui ajoute que le seuil de rentabilité, pour les nouveaux venus, ne peut être atteint qu’après 4 années et une obligation de louer leurs véhicules au moins 8 mois sur 12.

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Contrairement aux années passées, le chiffre d’affaires des loueurs de voitures va enregistrer une progression à deux chiffres en 2018. Cette dynamique liée au retour en force des touristes étrangers n’empêche pas le président de la fédération des loueurs de dénoncer un cahier des charges dépassé permettant des ouvertures d'agences en série et un bradage des prix. 

 

Après plusieurs années de vaches maigres pour les professionnels de la location de voitures, l’année 2018 a très bien commencé et la saison estivale promet d’accélérer cette tendance.

Interrogé par Médias24, Tarik Dbilij, président de la FLASCAM (fédération des loueurs de voitures sans chauffeur au Maroc), prévoit en 2018 une augmentation de 18% du chiffre d’affaires qui était de l'ordre de 6 milliards de DH en 2017.

Notre interlocuteur affirme que ce courant d'affaires est ventilé de la manière suivante: 30% auprès de clients corporate (locations d’entreprises à longue durée) et 70% auprès des particuliers (courte durée), principalement les non-résidents (étrangers et MRE).

Notons que la FLASCAM représente 70% du CA du secteur et regroupe 2.000 agences de location (dont les 12 franchises d’opérateurs internationaux comme AVIS, RENT, EUROPCAR…) sur les 6.500 que compte le Maroc.

Un parc de 140.000 voitures

«Nous sommes très optimistes car l’année a très bien démarré et la haute saison (juillet, août, septembre) qui arrive génère 40% de notre chiffre d’affaires annuel.

Nous commençons à sortir la tête de l’eau même si nous travaillons au jour le jour sans carnet de commandes. C’est un équilibre qui reste fragile car notre sort est lié à la fréquentation touristique et à des paramètres structurels.

Notre problème est que le secteur est toujours régi par un cahier des charges qui a plus de 20 ans. Afin d’empêcher certains abus, nous demandons depuis longtemps au ministère du transport d’augmenter le capital minimum exigé pour créer une agence de location de 500.000 DH à 1 MDH, et de porter le nombre minimum de véhicules de 5 à 15, mais nos propositions sont restées sans réponse.

C’est le minimum pour protéger les investisseurs et surtout pour espérer atteindre le seuil de rentabilité sans magouilles, sachant que les petites structures sont déficitaires à 67%. Avec moins de 15 voitures, c’est en effet la porte ouverte à la faillite ou à des abus contre le client», réclame Dbilij.

Selon lui, les nombreuses ouvertures actuelles d’agences de 5 véhicules entrainent une concurrence déloyale dans un secteur qui totalise un parc de 140.000 voitures.

Les clients dénoncent la facturation de faux frais

«Certains proposent des prix défiant toute concurrence qui déstabilisent le marché. Les nouvelles ouvertures se font aveuglément sans respect des normes et des engagements et entrainent des problèmes car les prix affichés ne reflètent pas la réalité.

Pour survivre, ces loueurs facturent de faux frais aux clients. Nous recevons beaucoup de plaintes de clients dont les cartes de crédit ont été débitées frauduleusement pour des prétendus dégâts sur les véhicules.

A la FLASCAM, les prix évoluent en fonction de la saison (haute ou basse) et de la durée de location mais ils sont toujours justifiés par la qualité des équipements automobiles ou des extras proposés. Ainsi, une location journalière varie entre 150 dirhams (véhicule de base pour une période plus ou moins longue) et 12.000 DH (marques prémium…).

Avec la réglementation actuelle, n’importe qui peut devenir loueur. La plupart des propriétaires de petites agences n’ont aucune compétence pour gérer une entreprise.

Le cahier des charges permet à n’importe Bac+2 de créer sa société ou à un ancien employé qui a 4 ans d’expérience d’ouvrir son agence. C’est aberrant car avoir un DEUG en biologie ou avoir été mécanicien ne vous donne pas les clés pour gérer une entreprise», conclut le président qui ajoute que le seuil de rentabilité, pour les nouveaux venus, ne peut être atteint qu’après 4 années et une obligation de louer leurs véhicules au moins 8 mois sur 12.

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