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Page d'accueil ECONOMIE ECONOMIEHCP: En 2019, croissance inférieure à 3% et hausse du chômage

HCP: En 2019, croissance inférieure à 3% et hausse du chômage  

Mardi 10 juillet 2018 à 16h25

Le Haut Commissariat au Plan vient de présenter son Budget économique exploratoire pour 2019, dans lequel il donne ses estimations pour 2018. Ses prévisions pour l’année prochaine sont plutôt baissières à cause d'un effet de base pour la valeur ajoutée agricole et une reprise lente des activités non agricoles. Ahmed Lahlimi souligne les faiblesses de l'économie marocaine et appelle à l'accélération des réformes de structure.

Le HCP donne ainsi les estimations 2018 et les prévisions 2019.

Les chiffres pour 2019 sont basés sur les hypothèses suivantes:

- Campagne agricole moyenne,

- Dispositions budgétaires similaires à celles de la Loi de Finances 2018.

- Un baril de pétrole à 70 dollars en moyenne.

- Un ralentissement de la demande extérieure adressée au Maroc à 4% de croissance en 2019 après 4,8% en 2018.

L'institution prévoit pour 2019, une croissance du PIB de 2,9%. Contre une estimation de 3,1% en 2018. En 2017, la croissance s’est établie à 4,1%. Il y aurait donc une décélération d'une année à l'autre, sur trois ans.

Un ralentissement attendu suite au tassement prévu de la croissance de la valeur ajoutée du secteur primaire. Cette croissance devrait s’établir à 0,3% en 2019 contre 3% estimés pour 2018 qui a connu une bonne campagne agricole.

L’augmentation du PIB non agricole devrait s’améliorer à 3,2% après 3,1% en 2018. Pour le HCP, la reprise est encore lente en raison du ralentissement persistant dans certains secteurs importants comme le BTP.

Conséquence: la création d’emplois devrait rester limitée, conduisant à une hausse du chômage. Cette hausse peut être importante si le taux d’activité de la population en âge de travailler ne baisse pas comme prévu.

La demande intérieure en ralentissement

Du côté de la demande, l’accroissement de la demande intérieure devrait ralentir à 2,9% en 2019 après 3,5% en 2018. Elle restera malgré tout le moteur de la croissance avec une contribution positive de 3,2 points, grâce à la consommation finale des ménages (+3,4%) et aux investissements (+3,6%).

En face, la demande extérieure devrait continuer à contribuer négativement à la croissance avec -0,3 point contre -0,7 point en 2018. Et ceci malgré un contexte international relativement favorable.

Pour le HCP, il y aura ralentissement des exportations au même titre que les importations, mais ces dernières resteront à un niveau plus élevé, d’où un déficit commercial représentant 18,7% du PIB.

Il ajoute que le ralentissement des importations traduit la baisse de la croissance de la consommation des ménages et une hésitation à l’investissement.

L’inflation dans ce contexte devrait s’établir à 1,3% en 2019 après 1,7% en 2018.

Au final, le besoin de financement de l’économie devrait s'établir à 3,6% du PIB, en raison d’un taux d’investissement (32,5% du PIB) plus important que le taux d’épargne national (28,7% du PIB).

Ralentissement du crédit: croissance de 3% prévue en 2018 et 2019

Cette hausse du besoin de financement, conjuguée au ralentissement de la croissance, devrait conduire à une réorientation à la hausse de la dette du Trésor: 65,1% du PIB en 2017, puis 65,7% en 2018 et 65,9% en 2019.

«L’effet de la rationalisation des charges de l’Etat suite à la réforme de la compensation a été consommé, alors que les recettes fiscales ont connu un tassement», affirme-t-on.

La dette publique (dette du Trésor + dette garantie des EEP), elle, passera de 82% du PIB en 2017 à 82,6% en 2018 puis à 82,9% en 2019.

Le HCP souligne le tassement du crédit à l’économie dont l’accroissement devrait se limiter à 3% en 2018 et 2019, et la faible contribution du marché des capitaux dans le financement de l’investissement.

Ahmed Lahlimi résume en disant que la croissance économique demeure plutôt faible, soumise encore aux aléas pluviométriques avec une offre à faible contenu en technologie et en capacité d’exportation, peu créatrice d’emplois qualifiés et peu contributive à la réduction des inégalités sociales et territoriales. Il appelle à une accélération et une adaptation des réformes de structures.

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