Neila Tazi, ex vice-présidente de la Chambre des conseillers.

Abdelhamid Souiri est le nouveau représentant de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers. Une "élection" que Neila Tazi conteste par le biais d'une lettre qu'elle adresse à Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM.

Le 16 octobre, l'information fait le tour des médias. Abdelhamid Souiri est le nouveau représentant de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers. Jusque-là, le poste était occupé par Neila Tazi, laquelle s'est même vue accorder, sans majorité, la vice-présidence de la chambre des conseillers dans un objectif de parité. 

"Un changement qui s'est fait en toute intelligence", d'après Zakaria Fahim, président de la Commission TPE-PME, GE-PME et Auto-entrepreneur à la CGEM lors de son passage à l'émission "l'info en face" avec Rachid Hallaouy sur Matin TV

Ce dernier expliquait que Neila Tazi "a exprimé à travers cette sortie qu'il y avait une envie de passer à autre chose". 

Ce qui en apparence semble être une actualité, somme toute ordinaire, cache des frictions au sein du groupe parlementaire du patronat. Dans une lettre datée du 16 octobre adressée à Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire, et dont Médias24 détient copie, la parlementaire Neïla Tazi et administratrice de la CGEM lance des accusations qui contredisent la version de Zakaria Fahim.

"Les conditions dans lesquelles vous avez voulu désigner le représentant de la CGEM au sein du bureau de la Chambre des Conseillers", dénonce Neïla Tazi dans sa lettre.

"La méthode employée est entachée d’absence totale de transparence, de rigueur et de rectitude, ce qui m’a conduit à quitter la réunion que vous avez convoquée d’urgence à cet effet", écrit-elle. 

Dans cette correspondance, l'ex-représentante de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers explique : "Ladite réunion nous a été notifiée par e-mail environ une heure avant la séance d’élection du Président de la Chambre des conseillers lundi 15 octobre, nous invitant à tenir une réunion juste après la séance de vote du Président. J’ai été très surprise par le timing et l’intitulé de cette convocation, d’autant plus qu’en juillet dernier notre groupe s’était réuni et la décision de la représentation du groupe au sein de la Chambre avait été définitivement tranchée ; il a été convenu que ma mission au sein du bureau serait reconduite". 

Neila Tazi ajoute dans sa lettre qu'elle a demandé "24h de réflexion et le report de cette réunion pour l’organiser dans des conditions de transparence et d’égalité". Une demande qui lui a été refusée. Selon son courrier, elle précise qu'elle a dû quitter la réunion à cause d'un engagement qui était prévu à Casablanca. 

N'ayant pas assisté à la suite de la réunion, les 6 autres membres du groupe de la CGEM ont fini par désigner Abdelhamid Souiri comme nouveau représentant et l'ont annoncé à la presse le lendemain. 

"Je réalise la préméditation de cette démarche dans sa globalité, et à laquelle vous avez voulu donner un semblant de respect de la procédure. (...) Permettez-moi de dénoncer ces petites manœuvres, ces pratiques indignes d’un président de groupe. Votre responsabilité n’est-elle pas de mettre en place le cadre favorable et transparent, et ce pour donner de la crédibilité à notre groupe et à celui ou celle qui va le représenter au sein du bureau de cette honorable institution", déclare Neila Tazi dans sa lettre au président du groupe parlementaire de la CGEM. 

Médias24 a tenté de joindre Neila Tazi pour avoir plus d'informations, sans succès. Idem pour Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM.

Cela dit, un membre de la CGEM a bien voulu nous répondre sous couvert d'anonymat. Selon cette source, la démarche effectuée est ordinaire. "Nous sommes à mi-mandat et chaque président de groupe parlementaire propose son représentant", explique notre source qui se réfère à l'article 63 de la Constitution. 

Cet article dispose que: "Le président de la chambre des conseillers et les membres du bureau, ainsi que les présidents des commissions permanentes et leurs bureaux, sont élus en début de législature, puis au terme de la moitié de la législature. L'élection des membres du bureau a lieu à représentation proportionnelle des groupes". 

Notre source assure "que tous les groupes parlementaires choisissent leur représentant sans élection, le seul groupe qui a joué la transparence est celui de la CGEM en l'absence de toute réglementation en la matière". 

"Une réunion pour désigner le représentant a été organisée le 15 octobre, un quart d'heure après l'élection du président de la chambre. Les sept membres du groupe se sont réunis, y compris Neila, pour se mettre d'accord sur le représentant", raconte notre source. 

Selon notre interlocuteur, "5 des 7 membres ont montré leur intérêt pour le poste. Après des discussions, 2 se sont désistés, il restait 3 à savoir Neila Tazi, Abdelhamid Souiri et Mehdi Karim". "Aucun des trois n'a voulu céder, suite à quoi Abdelilah Hifdi a appelé à voter", poursuit notre source. "Après quelques échanges, Neila a demandé 24H de réflexion, les membres n'ont pas vu l'utilité du report et elle a quitté la réunion", ajoute notre source à la CGEM.

Toujours selon cette source, le débat s'est poursuivi sans elle. Mehdi Karim et Abdelhamid Souiri se sont isolés dans une salle pour discuter ensemble. En revenant, ils ont annoncé que Mehdi Karim se désistait en faveur de Abdelhamid Souiri. "Le vote a eu lieu et Souiri a été élu représentant de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers".

Les faits décrits par notre source sont quasiment les mêmes que ceux décrits par Neila Tazi dans sa lettre. La différence réside dans les intentions prêtées aux actions de part et d'autre et dans la lecture des événements qui ont conduit à cette situation de frictions et de conflits au sein du groupe parlementaire de la CGEM. 

C'est certain, au sein du groupe parlementaire de la CGEM la tension est bien présente.

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Abdelhamid Souiri est le nouveau représentant de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers. Une "élection" que Neila Tazi conteste par le biais d'une lettre qu'elle adresse à Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM. 

Le 16 octobre, l'information fait le tour des médias. Abdelhamid Souiri est le nouveau représentant de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers. Jusque-là, le poste était occupé par Neila Tazi, laquelle s'est même vue accorder, sans majorité, la vice-présidence de la chambre des conseillers dans un objectif de parité. 

"Un changement qui s'est fait en toute intelligence", d'après Zakaria Fahim, président de la Commission TPE-PME, GE-PME et Auto-entrepreneur à la CGEM lors de son passage à l'émission "l'info en face" avec Rachid Hallaouy sur Matin TV

Ce dernier expliquait que Neila Tazi "a exprimé à travers cette sortie qu'il y avait une envie de passer à autre chose". 

Ce qui en apparence semble être une actualité, somme toute ordinaire, cache des frictions au sein du groupe parlementaire du patronat. Dans une lettre datée du 16 octobre adressée à Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire, et dont Médias24 détient copie, la parlementaire Neïla Tazi et administratrice de la CGEM lance des accusations qui contredisent la version de Zakaria Fahim.

"Les conditions dans lesquelles vous avez voulu désigner le représentant de la CGEM au sein du bureau de la Chambre des Conseillers", dénonce Neïla Tazi dans sa lettre.

"La méthode employée est entachée d’absence totale de transparence, de rigueur et de rectitude, ce qui m’a conduit à quitter la réunion que vous avez convoquée d’urgence à cet effet", écrit-elle. 

Dans cette correspondance, l'ex-représentante de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers explique : "Ladite réunion nous a été notifiée par e-mail environ une heure avant la séance d’élection du Président de la Chambre des conseillers lundi 15 octobre, nous invitant à tenir une réunion juste après la séance de vote du Président. J’ai été très surprise par le timing et l’intitulé de cette convocation, d’autant plus qu’en juillet dernier notre groupe s’était réuni et la décision de la représentation du groupe au sein de la Chambre avait été définitivement tranchée ; il a été convenu que ma mission au sein du bureau serait reconduite". 

Neila Tazi ajoute dans sa lettre qu'elle a demandé "24h de réflexion et le report de cette réunion pour l’organiser dans des conditions de transparence et d’égalité". Une demande qui lui a été refusée. Selon son courrier, elle précise qu'elle a dû quitter la réunion à cause d'un engagement qui était prévu à Casablanca. 

N'ayant pas assisté à la suite de la réunion, les 6 autres membres du groupe de la CGEM ont fini par désigner Abdelhamid Souiri comme nouveau représentant et l'ont annoncé à la presse le lendemain. 

"Je réalise la préméditation de cette démarche dans sa globalité, et à laquelle vous avez voulu donner un semblant de respect de la procédure. (...) Permettez-moi de dénoncer ces petites manœuvres, ces pratiques indignes d’un président de groupe. Votre responsabilité n’est-elle pas de mettre en place le cadre favorable et transparent, et ce pour donner de la crédibilité à notre groupe et à celui ou celle qui va le représenter au sein du bureau de cette honorable institution", déclare Neila Tazi dans sa lettre au président du groupe parlementaire de la CGEM. 

Médias24 a tenté de joindre Neila Tazi pour avoir plus d'informations, sans succès. Idem pour Abdelilah Hifdi, président du groupe parlementaire de la CGEM.

Cela dit, un membre de la CGEM a bien voulu nous répondre sous couvert d'anonymat. Selon cette source, la démarche effectuée est ordinaire. "Nous sommes à mi-mandat et chaque président de groupe parlementaire propose son représentant", explique notre source qui se réfère à l'article 63 de la Constitution. 

Cet article dispose que: "Le président de la chambre des conseillers et les membres du bureau, ainsi que les présidents des commissions permanentes et leurs bureaux, sont élus en début de législature, puis au terme de la moitié de la législature. L'élection des membres du bureau a lieu à représentation proportionnelle des groupes". 

Notre source assure "que tous les groupes parlementaires choisissent leur représentant sans élection, le seul groupe qui a joué la transparence est celui de la CGEM en l'absence de toute réglementation en la matière". 

"Une réunion pour désigner le représentant a été organisée le 15 octobre, un quart d'heure après l'élection du président de la chambre. Les sept membres du groupe se sont réunis, y compris Neila, pour se mettre d'accord sur le représentant", raconte notre source. 

Selon notre interlocuteur, "5 des 7 membres ont montré leur intérêt pour le poste. Après des discussions, 2 se sont désistés, il restait 3 à savoir Neila Tazi, Abdelhamid Souiri et Mehdi Karim". "Aucun des trois n'a voulu céder, suite à quoi Abdelilah Hifdi a appelé à voter", poursuit notre source. "Après quelques échanges, Neila a demandé 24H de réflexion, les membres n'ont pas vu l'utilité du report et elle a quitté la réunion", ajoute notre source à la CGEM.

Toujours selon cette source, le débat s'est poursuivi sans elle. Mehdi Karim et Abdelhamid Souiri se sont isolés dans une salle pour discuter ensemble. En revenant, ils ont annoncé que Mehdi Karim se désistait en faveur de Abdelhamid Souiri. "Le vote a eu lieu et Souiri a été élu représentant de la CGEM au bureau de la Chambre des conseillers".

Les faits décrits par notre source sont quasiment les mêmes que ceux décrits par Neila Tazi dans sa lettre. La différence réside dans les intentions prêtées aux actions de part et d'autre et dans la lecture des événements qui ont conduit à cette situation de frictions et de conflits au sein du groupe parlementaire de la CGEM. 

C'est certain, au sein du groupe parlementaire de la CGEM la tension est bien présente.

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