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Les réserves en devises du Maroc baissent, faut-il s’en inquiéter? 

Mardi 27 novembre 2018 à 14h42
Les réserves en devises du Maroc baissent, faut-il s’en inquiéter?
 

Les avoirs en devises de Bank Al-Maghrib sont en recul de 5,8% sur une année glissante et ne couvrent plus que 5 mois d’importations de biens et services. La position de change des banques est de près de 5 milliards de DH alors qu’elle dépassait 11 milliards en septembre et octobre. Pour les banquiers, cette situation n’a rien d’alarmant. Explications.

Les réserves de change du Maroc sont en baisse. Au 16 novembre, les réserves internationales nettes de Bank Al-Maghrib s’établissaient à 223 milliards de DH, en baisse de 5,8% sur une année glissante, selon les dernières données disponibles. Depuis le début de l’année, la baisse s’élève à 7,4%.

Ces réserves ne couvrent plus que 5 mois d’importations de biens et services, soit 20 jours de moins qu’il y a une année.

La tendance baissière a été entamée en janvier dernier où les avoirs de BAM s’élevaient à plus de 240 milliards de DH. Elle s’est interrompue en août avant de reprendre.

Du côté des banques, la position de change a également enregistré un recul. Alors qu’elle s’élevait à plus de 11 milliards de DH début septembre, elle ne totalise plus que 5,3 milliards de DH le 19 novembre (dernière donnée disponible).

Pourquoi une telle baisse ? Est-ce inquiétant ? Les banquiers contactés par Médias24 se montrent plutôt rassurants.

Les avoirs des banques prennent de l'importance

Tout d’abord, depuis l’entrée en vigueur de la réforme du régime de change (élargissement de la bande de fluctuation du dirham), les réserves de BAM ne sont plus autant alimentées par les banques qui gardent les devises collectées à travers les opérations de change des billets étrangers (MRE et touristes notamment) dans leurs avoirs.

«BAM veut progressivement se retirer du marché et que les banques soient les seuls faiseurs des prix (cours du dirham, NDLR). La Banque centrale ne leur achète plus de devises. Et puisque les banques ont suffisamment de réserves pour servir leur clientèle, elles ne recourent plus à ses adjudications.

«Les réserves de change de BAM vont de moins en moins avoir de l’importance puisque les flux de devises commerciaux seront gardés par les banques», précise le directeur de salle des marchés d’une grande banque de la place.

Mais si BAM ne sert plus de devises aux banques et ne leur en achète plus, pourquoi ses réserves baissent-elles au lieu de se stabiliser ?

«Les réserves de BAM fluctuent en fonction de l’évolution des avoirs et des engagements de sa clientèle qui est désormais principalement publique (Trésor et entreprises et établissements publics). Autrement dit elles baissent à cause du remboursement des dettes extérieures de l’Etat et quand il y a un tassement des recettes des dons et emprunts extérieurs», explique une source bien informée.

Qu’en est-il de la baisse de la position de change des banques ? «La baisse est en fait un simple retour à la normale. La saison estivale (MRE, touristes…) avait fortement dopé l’offre de devises. Mais vu que la balance commerciale du Maroc est structurellement déficitaire, des sorties de devises ont eu lieu progressivement (opérations commerciales d’importation de pétrole, de céréales, d’équipements…)», affirme le directeur de la salle des marchés.

Notons à ce titre qu’avec la baisse actuelle des cours du pétrole, les importateurs ont saisi l’opportunité pour acheter des quantités importantes d’hydrocarbures, «ce qui a renforcé les sorties de devises ces dernières semaines», avance une autre source bancaire.

La surliquidité renforce le dirham

Globalement, les banquiers sondés sont unanimes: le pays a suffisamment de devises pour financer ses besoins, quel que soit le détenteur (BAM ou les banques).

D’un côté, les réserves de BAM couvrent 5 mois d’importations de biens et services. C’est certes moins que l’année dernière mais c’est toujours un niveau confortable. «On ne commencera à s’inquiéter que quand on atteindra 2,5 mois d’importations», rassure nos sources.

De l’autre, avec plus de 5 milliards de DH de position de change, les banques disposent d’un matelas confortable pour financer les opérations commerciales de leur clientèle. D’ailleurs, cette surliquidité se reflète sur le cours du dirham qui a fortement augmenté face au dollar.

Ce mardi 27 novembre, le cours de référence du dirham est de 9,52 DH pour un dollar. Ceci, alors que sa bande de fluctuation se situe entre 9,43 et 9,91 DH pour un dollar.

«Tant que la position de change des banques n’est pas épuisée, aucun recours à BAM n’aura lieu et donc le cours du dirham restera soutenu», ajoute le directeur de la salle des marchés.

Pour notre interlocuteur, la fluctuation des réserves en devises dans leur globalité n’a rien d’anormal. N’empêche que les risques sont là: une reprise des cours du pétrole, notamment, aura une incidence certaine sur les avoirs extérieurs. Des risques contrebalancés toutefois par des perspectives favorables sur d’autres plans : augmentation attendue des recettes touristiques, emprunt international du Maroc en 2019 d’un montant de 1 milliard d’euros ou de dollars, hausse des IDE…

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