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Bilan 2018

Au Maroc, maigre bilan économique en 2018 

Lundi 17 décembre 2018 à 15h03
Au Maroc, maigre bilan économique en 2018
 

BILAN 2018. Croissance molle, chômage rigide à la baisse, aggravation des déficits commercial et budgétaire, recul des réserves en devises, hausse des prix… La situation économique au Maroc n’a pas été des plus favorables en 2018. Les chantiers de réforme n’avancent pas aussi rapidement que nécessaire.

Le mouvement de boycott né en avril dernier contre trois marques de grande consommation (stations Afriquia, Sidi Ali et lait Centrale Danone) a été lourd de conséquences sur l’activité économique.

Outre l’impact direct sur les entreprises ciblées en termes de ventes et de rentabilité, ce mouvement a provoqué un ralentissement général : arrêt de certains investissements, coup de frein aux actions publicitaires…

Même les IDE (Investissements directs étrangers) en ont pris un coup avant de se redresser durant la deuxième moitié de l’année, à en croire les responsables gouvernementaux.

Mais cet événement exceptionnel ne peut expliquer à lui seul la faible dynamique économique du Maroc en 2018. Celle-ci est due, aussi et surtout, à la rigidité des structures de l’économie et au retard des chantiers de réforme lancés par les pouvoirs publics.

«La croissance économique demeure plutôt faible, soumise encore aux aléas pluviométriques avec une offre à faible contenu en technologie et en capacité d’exportation, peu créatrice d’emplois qualifiés et peu contributive à la réduction des inégalités sociales et territoriales», avait souligné Ahmed Lahlimi, Haut commissaire au plan, à l’occasion de la présentation du budget économique exploratoire pour l’année 2019. Il a également appelé à une accélération et une adaptation des réformes de structures.

Une croissance de 3% en 2018

En 2018, la croissance économique au Maroc devrait s’établir à 3% contre 4,1% une année auparavant, selon les prévisions du HCP, confirmées à l’occasion de la publication de la croissance estimée au 3e trimestre.

Un ralentissement dû à un effet de base négatif pour le secteur primaire après une bonne campagne agricole en 2017. Effet de base non compensé par le secteur non agricole dont la reprise est toujours lente. Certains secteurs sont toujours en ralentissement comme le BTP, alors que d’autres sont carrément en difficulté comme la métallurgie.

La lente transformation des structures de l’économie est visible à travers la contribution à la croissance économique. La consommation des ménages, sur une tendance baissière, demeure le principal moteur de l’économie, continuant à générer des déficits (budgétaire et extérieur) car nourrie principalement par les importations. La demande extérieure, malgré les performances à l’export de plusieurs secteurs (automobile, phosphates, agroalimentaire…), contribue toujours négativement à la croissance.

De fait, le Maroc peine à installer une industrie capable de se substituer aux importations et de renforcer l’export. La mise en œuvre du Plan d’accélération industrielle a d’ailleurs suscité une colère royale dernièrement, notamment sur sa partie déclinaison régionale.

Quant à l’investissement, il devrait certes progresser de 5,6% en 2018, mais principalement grâce aux infrastructures. L’investissement au Maroc génère peu de croissance et d’emplois, ne cesse de répéter le HCP.

Commerce extérieur: le déficit s'aggrave

Même si les exportations progressent plus vite que les importations en pourcentage (+9,7% contre +8,8% à fin novembre 2018), le déficit commercial du Maroc continue de s’aggraver : +7,7% ou +13,3 milliards de DH, atteignant 186,4 milliards de DH. Le volume des importations étant beaucoup plus important que celui des exportations.

S’ajoute à cette aggravation du déficit commercial le recul des envois des MRE (-1 milliard de DH) et des recettes touristiques nettes des dépenses (-900 MDH). Seul élément positif au niveau des comptes extérieurs, la forte reprise des IDE qui progressent de 36% ou 8,5 milliards de DH.

Mais in fine, cette situation pèse sur les réserves de change de Bank Al-Maghrib dont l’encours s’élève à 225 milliards de DH le 7 décembre, en baisse de 5,6% sur une année glissante.

La position de change des banques s’effrite également et atteint 4,3 milliards de DH le 12 décembre contre un pic de 12,4 milliards de DH en septembre dernier.

Sachant que le Maroc a entamé l’élargissement de la bande de fluctuation du dirham en début d’année pour préserver ses équilibres en cas de chocs externes, une poursuite de la baisse des réserves en devises pourrait à terme impacter à la hausse les prix.

La hausse des prix s'accélère

Ces derniers sont justement orientés à la hausse après une année 2017 marquée par leur stabilité.

A fin octobre 2018, l’indice des prix à la consommation a crû de 2% contre 0,5% à la même période en 2017. Cette hausse reflète le renchérissement des produits alimentaires au même titre que ceux non alimentaires. Elle est due en partie à l’augmentation des prix des carburants.

Concernant les prix à la production, on peut noter une hausse sensible des prix de l’électricité et ceux de la production minière.

Ce niveau d’inflation n’est pas alarmant mais la tendance est à l’accélération dans un contexte où le dialogue social censé améliorer le pouvoir d’achat des salariés est au point mort.

Un taux de chômage de 10%

Dans ce contexte de faible croissance et d’investissement peu productif, le chômage recule difficilement. Il pointe à 10% au troisième trimestre 2018 contre 10,6% un an auparavant.

A peine 122.000 postes ont été créés en une année, essentiellement dans les services. L’industrie a créé moins de 20.000 emplois alors que le BTP en a perdu 4.000.

Le chômage demeure élevé parmi les jeunes citadins diplômés.

Mais le plus alarmant est le niveau de participation des personnes en âge de travailler à l’activité économique. Le taux d’activité au Maroc demeure en effet très faible et se situe à 45%.

Le crédit bancaire fait du surplace

L’évolution du crédit bancaire traduit celle de l’économie. En 2018, cette évolution est très faible : +1,5% à fin octobre sur une année glissante.

Le crédit aux entreprises non financières privées fait carrément du surplace.

En face, les administrations locales et les entreprises et établissements publics continuent à s’endetter massivement.

Malgré cela, les créances en souffrance détenues par les banques sur leur clientèle poursuivent leur hausse à un rythme plus soutenu que l’encours global des crédits : +3,8%.

Les délais de paiement s'allongent

Les impayés bancaires renseignent sur les difficultés financières des ménages mais surtout des entreprises qui pèsent le plus gros dans l’encours de crédits en souffrance.

Autre indicateur sur les difficultés actuelles des entreprises, les délais de paiement dans le secteur privé qui continuent à augmenter : 264 jours en moyenne en 2017, contre 261 jours une année auparavant, selon Inforisk. Depuis 2010, ils se sont aggravés de 66 jours.

Les pires secteurs sont le BTP et le commerce avec 311 et 314 jours. Le crédit interentreprises s’élève à 423 milliards de DH, un montant qui dépasse celui du crédit bancaire aux entreprises non financières privées (341 milliards de DH).

La loi 49-15 sur les délais de paiement n’est toujours pas applicable dans le secteur privé faute de textes d’application sur les pénalités de retard et les délais spécifiques aux entreprises en difficulté ou à activité saisonnière.

Conséquence : les défaillances d’entreprises ont atteint plus de 8.000 cas en 2017, en hausse de 12% sur une année. Plus de 40% de ces défaillances sont dues aux retards de paiement et 95% concernent des TPE.

En ce qui concerne les délais de paiement publics, la moyenne a fortement baissé à 58 jours en 2017 et l’encours des créances des entreprises sur l’Etat se limite à 50 milliards de DH.

Pour 2018, il faudra attendre la publication des bilans des entreprises et l’arrêté du budget de l’Etat pour connaître l’orientation des indicateurs de délais de paiement. Mais selon l’assureur crédit Euler Hermès, les délais de paiement ont continué à s’aggraver avec 30 jours supplémentaires et les défaillances d’entreprises devraient rester au même niveau qu’en 2017.

Les finances publiques sous pression

Les finances publiques ne se portent pas mieux. Selon la Direction du Trésor et des finances extérieures, le déficit budgétaire s’élève à 25,9 milliards de DH à fin septembre contre 22,9 milliards à la même période en 2017. Aggravation qui s’explique par l’augmentation des subventions du gaz butane, la baisse des dons des pays du CCG et le tassement des recettes de l’IS.

Sur toute l’année 2018, le déficit budgétaire risque de déraper à 3,8% du PIB contre un objectif de 3%, avait précisé le ministère de l’Economie et des Finances. Ce dernier avait également annoncé la mise en place d’une veille active pour prendre les mesures nécessaires dans le but d’atténuer l’ampleur du déficit.

Un coup d'accélérateur est nécessaire

L’année 2018 a malgré tout connu des avancées dans certains chantiers de réforme. Cela a d’ailleurs permis au Maroc de gagner 9 places dans le classement Doing Business 2019 de la Banque Mondiale.

Parmi ces chantiers, on peut citer :

- La refonte du livre V du Code de commerce sur le traitement des difficultés de l’entreprise. Stroc Industrie a été la première entreprise à demander à bénéficier de la procédure de sauvegarde, mécanisme introduit par la réforme. Celle-ci est toutefois critiquée par plusieurs juristes.

- L’adoption par la Chambre des représentants du projet de loi portant réforme des Centre régionaux d’investissement et création des commissions régionales unifiées d’investissement.

- L’adoption en Conseil de gouvernement du décret portant charte de la déconcentration administrative.

- L’installation du président et des membres du Conseil de la concurrence.

Toutefois, de nombreux dossiers accusent des retards. Il en est ainsi de :

- l’activation de la préférence nationale et du quota de 20% dédié aux PME dans les marchés publics,

- l’adoption des textes d’application de la loi sur les délais de paiement,

- la refonte du cadre légal du partenariat public-privé,

- La réforme de l’administration, sa digitalisation et la simplification des procédures administratives,

- …

Le Roi Mohammed VI ne manque plus d’ailleurs de pointer du doigt, dans ses discours mais aussi dans le cadre des séances de travail avec les responsables publics, les retards pris par plusieurs chantiers et de fixer des délais et des orientations précises.

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