Beaucoup se demandent si le meurtre des 2 touristes à Imlil impactera les arrivées touristiques pendant la période des fêtes. Jusqu'au mercredi 19 décembre en milieu de journée, soit deux jours après le crime, les hôtels à Marrakech étaient quasiment complets et aucune vague d'annulations n'était constatée, rapporte plusieurs sources du secteur. Mais maintenant que la piste terroriste est confirmée, les inquiétudes risquent de refaire surface.

A la fin du mois d’octobre, le Royaume avait accueilli 10,5 millions de visiteurs et espérait en recevoir encore deux millions supplémentaires lors des 2 derniers mois de l’année.

L’objectif de 12,5 millions d’arrivées sera-t-il atteint après le meurtre sauvage d’une Danoise et d’une Norvégienne qui campaient dans une région montagneuse et non surveillée à 10 kilomètres d’Imlil ?

Le drame a suscité une tristesse indéniable et un choc dans le pays. Les opérateurs du tourisme, indignés également, craignent en plus d’éventuelles conséquences sur leur secteur et plus particulièrement sur Marrakech, proche du lieu du drame et 1ère destination du pays.

Jusqu'au mercredi 19 décembre en milieu de journée, soit deux jours après le drame d'Imlil, l'activité dans la ville ocre était normale et les hôtels étaient quasiment complets pour la période des fêtes de fin d'année. Ce qui apaisait relativement les craintes des professionnels. Mais maintenant que la piste terroriste est confirmée dans l'affaire du meurtre des deux touristes, la situation risque de basculer.

Des chambres au double de leur prix normal

Quoi qu'il en soit, mercredi en milieu de journée, nous avions interrogé plusieurs hôteliers de la ville ocre sur leurs perspectives d'activité.

Contactés par Médias24 qui se faisait passer pour un client en quête de réservation entre la période du 25 décembre au 5 janvier, les hôteliers ont, en majorité, répondu qu’ils étaient quasi-complets.

Ainsi, le service de réservations de la «La Mamounia» qui constitue un baromètre fiable de la confiance en termes de fréquentation hôtelière nous a affirmé qu’il ne lui restait plus que des suites et des chambres de grand luxe à partir de 11.000 DH la nuit sans petit déjeuner.

Idem pour la chaîne Kenzi Hôtels, Sofitel, Movenpick … (5 étoiles) qui nous ont proposé des chambres au double de leur prix normal au cas où nous voudrions payer le jour de notre arrivée.

D’autres établissements 3 ou 4 étoiles, ayants des chambres, nous ont invités à payer d’avance pour éviter le rush qui «démarrera mardi 25 décembre et fera sauter notre réservation». Certains nous ont même prévenus que les prix annoncés ce jour allaient doubler voire tripler la semaine prochaine.

Concernant une éventuelle libération de chambres 48 heures après le drame, aucun de nos interlocuteurs n’a garanti d’annulation pour la haute saison qui s’étale du 25 décembre au 5 janvier.

Selon une source du CRT local, la fréquentation hôtelière à Marrakech battra sûrement des records sachant que les établissements 4 et 5 étoiles ont été réservés massivement depuis au moins 3 mois.

Les opérateurs n'ont pas de visibilité sur les mois de janvier et février

«Pour l’instant, les perspectives sont excellentes. Le retour du festival international du film et le pacte migratoire ont donné une énorme visibilité médiatique à Marrakech qui se vérifie sur le terrain.

«Il y a donc peu de chances que la ville enregistre une vague d’annulations. La 1ère raison est que nous n’avons pas encore le recul nécessaire et la 2ème est que la majorité des réservations ont été non seulement confirmées mais également payées à l’avance.

«Sachant que nous sommes le 19 du mois et qu’il reste encore 12 jours, les visiteurs étrangers qui n’ont pas encore effectué de réservation vont devoir payer 2 à 3 fois le prix normal d’une nuitée. Ceux qui s’y prennent à la dernière minute pour réserver auront donc sûrement beaucoup de mal à trouver des chambres vides.

«Malgré la désintermédiation croissante, il faut préciser que la plupart des réservations ont été effectuées 2 à 3 mois à l’avance via des sites comme Booking.com ou Expédia.

«De plus, aucun T.O (tour opérateur) ou grande agence internationale de voyage n’ont, à ce jour, émis de bulletin d’alerte qui pourrait entrainer d’éventuelles annulations de séjour.

«Après le jour de Noël qui se fête toujours en famille, le rush va commencer à partir du 25 ou 26 courant. Sans faire preuve d’optimisme démesuré, les hôtels classés risquent fort d’être complets jusqu’au dimanche 6 janvier, sachant que les vacances scolaires se poursuivent jusqu’à cette date.

«A contrario, nous n’avons pas encore de visibilité sur les mois de janvier et février qui constituent la basse saison touristique à Marrakech», conclut notre source qui s'exprimait avant que la thèse terroriste ne soit confirmée. Ce discours pourrait changer au cours des prochains jours.

En tous les cas, cet optimisme temporaire est partagé apr un propriétaire de 8 maisons d’hôtes dans la vieille médina de Marrakech.

Selon Guillaume Vallade qui travaille essentiellement avec des sites de réservation, aucune annulation liée au drame d’Imlil n’a été enregistrée 48 heures après sa médiatisation.

«Ce triste fait divers aurait pu se produire n'importe où»

«Honnêtement, je ne suis pas du tout inquiet d’un éventuel impact sur notre taux de réservation.

«En tant qu’investisseur étranger, je peux affirmer que le Maroc est un pays sûr et que ce drame ne remet pas en question la stabilité ou l’attractivité du pays. Cela aurait pu arriver n’importe où et la preuve en est que nous n’avons perçu, à ce jour, aucun retour négatif.

«Sachant que nous sommes sur une période de fêtes quasiment sacrée que les gens ont programmé depuis plusieurs mois, il ne risque donc pas d’y avoir de vague d’annulations de dernière minute. Cela s’explique par le fait que ceux qui viennent à Marrakech ne vont pas en bouger et resteront dans des lieux publics sécurisés ce qui n’était malheureusement pas le cas de la région montagneuse d’Imlil.

«Au pire, si la médiatisation internationale se poursuit, il y aura peut-être des répercussions à partir de janvier ou de février mais elles toucheront surtout le tourisme de niche (camping, trekking …).

«Cela veut dire que d’ici là, la profession n’a pas à s’inquiéter», conclut notre interlocuteur.

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Beaucoup se demandent si le meurtre des 2 touristes à Imlil impactera les arrivées touristiques pendant la période des fêtes. Jusqu'au mercredi 19 décembre en milieu de journée, soit deux jours après le crime, les hôtels à Marrakech étaient quasiment complets et aucune vague d'annulations n'était constatée, rapporte plusieurs sources du secteur. Mais maintenant que la piste terroriste est confirmée, les inquiétudes risquent de refaire surface.

 

A la fin du mois d’octobre, le Royaume avait accueilli 10,5 millions de visiteurs et espérait en recevoir encore deux millions supplémentaires lors des 2 derniers mois de l’année.

L’objectif de 12,5 millions d’arrivées sera-t-il atteint après le meurtre sauvage d’une Danoise et d’une Norvégienne qui campaient dans une région montagneuse et non surveillée à 10 kilomètres d’Imlil ?

Le drame a suscité une tristesse indéniable et un choc dans le pays. Les opérateurs du tourisme, indignés également, craignent en plus d’éventuelles conséquences sur leur secteur et plus particulièrement sur Marrakech, proche du lieu du drame et 1ère destination du pays.

Jusqu'au mercredi 19 décembre en milieu de journée, soit deux jours après le drame d'Imlil, l'activité dans la ville ocre était normale et les hôtels étaient quasiment complets pour la période des fêtes de fin d'année. Ce qui apaisait relativement les craintes des professionnels. Mais maintenant que la piste terroriste est confirmée dans l'affaire du meurtre des deux touristes, la situation risque de basculer.

Des chambres au double de leur prix normal

Quoi qu'il en soit, mercredi en milieu de journée, nous avions interrogé plusieurs hôteliers de la ville ocre sur leurs perspectives d'activité.

Contactés par Médias24 qui se faisait passer pour un client en quête de réservation entre la période du 25 décembre au 5 janvier, les hôteliers ont, en majorité, répondu qu’ils étaient quasi-complets.

Ainsi, le service de réservations de la «La Mamounia» qui constitue un baromètre fiable de la confiance en termes de fréquentation hôtelière nous a affirmé qu’il ne lui restait plus que des suites et des chambres de grand luxe à partir de 11.000 DH la nuit sans petit déjeuner.

Idem pour la chaîne Kenzi Hôtels, Sofitel, Movenpick … (5 étoiles) qui nous ont proposé des chambres au double de leur prix normal au cas où nous voudrions payer le jour de notre arrivée.

D’autres établissements 3 ou 4 étoiles, ayants des chambres, nous ont invités à payer d’avance pour éviter le rush qui «démarrera mardi 25 décembre et fera sauter notre réservation». Certains nous ont même prévenus que les prix annoncés ce jour allaient doubler voire tripler la semaine prochaine.

Concernant une éventuelle libération de chambres 48 heures après le drame, aucun de nos interlocuteurs n’a garanti d’annulation pour la haute saison qui s’étale du 25 décembre au 5 janvier.

Selon une source du CRT local, la fréquentation hôtelière à Marrakech battra sûrement des records sachant que les établissements 4 et 5 étoiles ont été réservés massivement depuis au moins 3 mois.

Les opérateurs n'ont pas de visibilité sur les mois de janvier et février

«Pour l’instant, les perspectives sont excellentes. Le retour du festival international du film et le pacte migratoire ont donné une énorme visibilité médiatique à Marrakech qui se vérifie sur le terrain.

«Il y a donc peu de chances que la ville enregistre une vague d’annulations. La 1ère raison est que nous n’avons pas encore le recul nécessaire et la 2ème est que la majorité des réservations ont été non seulement confirmées mais également payées à l’avance.

«Sachant que nous sommes le 19 du mois et qu’il reste encore 12 jours, les visiteurs étrangers qui n’ont pas encore effectué de réservation vont devoir payer 2 à 3 fois le prix normal d’une nuitée. Ceux qui s’y prennent à la dernière minute pour réserver auront donc sûrement beaucoup de mal à trouver des chambres vides.

«Malgré la désintermédiation croissante, il faut préciser que la plupart des réservations ont été effectuées 2 à 3 mois à l’avance via des sites comme Booking.com ou Expédia.

«De plus, aucun T.O (tour opérateur) ou grande agence internationale de voyage n’ont, à ce jour, émis de bulletin d’alerte qui pourrait entrainer d’éventuelles annulations de séjour.

«Après le jour de Noël qui se fête toujours en famille, le rush va commencer à partir du 25 ou 26 courant. Sans faire preuve d’optimisme démesuré, les hôtels classés risquent fort d’être complets jusqu’au dimanche 6 janvier, sachant que les vacances scolaires se poursuivent jusqu’à cette date.

«A contrario, nous n’avons pas encore de visibilité sur les mois de janvier et février qui constituent la basse saison touristique à Marrakech», conclut notre source qui s'exprimait avant que la thèse terroriste ne soit confirmée. Ce discours pourrait changer au cours des prochains jours.

En tous les cas, cet optimisme temporaire est partagé apr un propriétaire de 8 maisons d’hôtes dans la vieille médina de Marrakech.

Selon Guillaume Vallade qui travaille essentiellement avec des sites de réservation, aucune annulation liée au drame d’Imlil n’a été enregistrée 48 heures après sa médiatisation.

«Ce triste fait divers aurait pu se produire n'importe où»

«Honnêtement, je ne suis pas du tout inquiet d’un éventuel impact sur notre taux de réservation.

«En tant qu’investisseur étranger, je peux affirmer que le Maroc est un pays sûr et que ce drame ne remet pas en question la stabilité ou l’attractivité du pays. Cela aurait pu arriver n’importe où et la preuve en est que nous n’avons perçu, à ce jour, aucun retour négatif.

«Sachant que nous sommes sur une période de fêtes quasiment sacrée que les gens ont programmé depuis plusieurs mois, il ne risque donc pas d’y avoir de vague d’annulations de dernière minute. Cela s’explique par le fait que ceux qui viennent à Marrakech ne vont pas en bouger et resteront dans des lieux publics sécurisés ce qui n’était malheureusement pas le cas de la région montagneuse d’Imlil.

«Au pire, si la médiatisation internationale se poursuit, il y aura peut-être des répercussions à partir de janvier ou de février mais elles toucheront surtout le tourisme de niche (camping, trekking …).

«Cela veut dire que d’ici là, la profession n’a pas à s’inquiéter», conclut notre interlocuteur.

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