Sound Energy a affirmé que la fin du forage de son puits TE-10 laisse entrevoir des perspectives prometteuses en termes de gisement de gaz. En réalité, les réserves exploitables de ce puits ne seront connues qu'en juin prochain et si tout va bien, la production ne démarrera qu'en 2021.

Après avoir fini de forer son puits TE-10, faisant partie du permis Lakbir dans la région orientale de Tendrara, Sound Energy affirme avoir découvert des indices positifs laissant entrevoir la possibilité d’exploiter un réservoir de gaz estimé à un minimum de 2,7 trillions de pieds-cubes (Tcf).

Le Tcf vaut 28 milliards de mètres cubes.  2,7 TCF valent donc 75,6 milliards de mètres cubes, ce qui à l'échelle du Maroc est un volume gigantesque.

D’une profondeur de 2.218 mètres, le 2ème puits fera, en février prochain, l’objet de tests pour quantifier plus précisément ses réserves. Rappelons que le précédent puits TE-9 avait été rebouché après avoir été jugé sec.

Une fois les tests du TE-10 achevés, Sound Energy creusera un 3ème et dernier puits TE-11 de son programme d’exploration dans la zone de Tendrara qui disposerait, au total, d’un potentiel gazier estimé par la société anglaise, à plusieurs dizaines voire des centaines de milliards de mètres-cubes.

Dans son énième communiqué à la limite du triomphalisme, la société relance donc l’espoir d'une éventuelle découverte importante sachant que son directeur général avait même qualifié Tendrara de zone potentiellement assise sur un champ gazier super-géant.

"Il est encore tôt d'avancer des chiffres crédibles"

Sollicité, un expert, très proche de ce dossier, fait le point pour Médias24 sur les réelles perspectives de l’exploration mise en place par Sound Energy depuis son installation au Maroc en 2016.

Selon lui, il est prématuré d’annoncer des chiffres sur les réserves exploitables ou de parler de champ super-géant avant un long travail de certification liée à des études et des tests.

« Les premiers indices révélés par SE sur le TE-10 confirment la présence d’hydrocarbures mais tant que ce puits n’a pas été testé, on ne peut avancer aucun chiffre crédible sur le véritable potentiel gazier exploitable et donc commercialisable.

« Après avoir fini la phase de forage du puits, les premiers débits et pressions gazières enregistrés donnent des indications sur l’importance du gisement mais pour évaluer sérieusement le potentiel, il faut faire des tests de longue durée.  

« Pour voir son comportement, on laisse le puits débiter en analysant le maintien ou la baisse de la pression. Il faut le tester sur plusieurs niveaux de débit pour que l’ingénieur réservoir puisse tirer des conclusions, sans quoi les chiffres avancés ne seront pas fiables ou crédibles.

« Quand il s’agit d’un gisement assez important, il faut compter 2 à 3 mois de tests. Mais si la pression et les données recueillies restent stables, les tests vont très vite. Par contre, quand il y a des perturbations (baisse et remontée du débit), cela dure plus longtemps pour cerner le comportement du gisement », explique l’expert qui laisse entendre qu’on connaîtra les réserves du TE-10 au plus tard en juin prochain.

Il tient à préciser que le programme de SE a véritablement commencé en septembre dernier avec l’octroi d’une concession pour creuser les puits TE-9, TE-10 et TE-11. Selon lui, les précédents TE-5, TE-6, TE-7 et TE-8 n’ont donc rien à voir avec ceux qui viennent d’être forés ou avec le futur TE-11 sachant que les deux zones sont distantes de 25 kilomètres et qu’il n’y aura aucune connexion entre elles.

« Le fait de trouver ou de ne pas trouver du gaz dans une des deux zones ne touche en rien ce qui a été trouvé ailleurs et ne veut pas dire qu’il y a une continuité car ce sont des structures différentes.

Les résultats préliminaires du TE-10 confirment le potentiel de Tendrara

« Le point positif dans l’annonce d’indices lors du forage du TE-10 est qu’il y a la confirmation d’un potentiel gazier qu’il va falloir continuer à explorer », déclare notre expert en géologie.

« La zone de Tendrara est située dans un bassin de plusieurs milliers de kilomètres carrées qui a été suffisamment explorée pour découvrir un potentiel assez important pour passer à une autre phase d’octroi d’une concession.

« Cette nouvelle étape ouvre donc la porte au développement de la partie découverte. Ce processus de développement est en cours aussi bien pour la connexion via un gazoduc que pour la construction d’installations pour valoriser le gisement découvert.

« Il faudra donc attendre que ce processus aille à son terme car partout dans le monde, il n’existe aucun cas de découverte qui soit exploité dès le lendemain (annonce de méga-découverte au Sénégal qui n’a toujours pas abouti à une exploitation effective et lucrative).

« C’est d’autant plus vrai quand on sait que le gisement de Tendrara est situé dans une zone compliquée? différente de celle du Gharb où il existe déjà un réseau avec une connexion distante de quelques centaines de mètres voire kilomètres avec des clients tout proches.

« A contrario, dans la zone isolée de Tendrara, le développement nécessite une étude de faisabilité pour évaluer les investissements nécessaires pour la connexion gazière et les installations de surface. Cela demande du temps pour lever des fonds et financer ce projet qui peut se chiffrer en milliards de dirhams.

"Nous sommes dans des délais raisonnables. Pour une découverte comme celle du TE-10 à Tendrara, il faut compter 2 à 3 ans pour qu’elle passe à la phase production», avance, satisfait, notre interlocuteur.

Des gisements plus importants que dans le Gharb

A la question récurrente qui agite tous les esprits de savoir si les recherches de Sound Energy allaient, enfin, aboutir à une découverte majeure, notre source préfère temporiser, voire esquiver.

« Il faut prendre les choses comme elles viennent en fonction des moyens dont nous disposons. Ces moyens ont permis de découvrir un gisement d’une taille suffisante pour engager des investissements. De plus, le projet de connecter la zone à un gazoduc permettra de multiplier les forages étrangers.

« Au final, personne ne peut se prononcer sur l’étendue de la découverte et à titre personnel, je n’exclus pas mais je n’affirme pas non plus que cette zone puisse receler des ressources gazières majeures.

« Sachant que le compteur réel de recherches a démarré en septembre 2018 (octroi de concession par l’ONHYM), nous espérons, si tout va bien, pouvoir produire du gaz début 2021 », conclut notre interlocuteur qui ne dit pas si la production sera élevée par rapport à l’histoire énergétique du Maroc.

Une chose est en tous les cas sûre, l’exploitation des gisements gaziers de Tendrara sera bien plus importante en volume que ceux situés dans la région du Gharb; sachant qu’une source informée nous avait communiqué le chiffre minimal de 9 milliards de mètres-cubes de gaz à commercialiser.

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Sound Energy a affirmé que la fin du forage de son puits TE-10 laisse entrevoir des perspectives prometteuses en termes de gisement de gaz. En réalité, les réserves exploitables de ce puits ne seront connues qu'en juin prochain et si tout va bien, la production ne démarrera qu'en 2021. 

Après avoir fini de forer son puits TE-10, faisant partie du permis Lakbir dans la région orientale de Tendrara, Sound Energy affirme avoir découvert des indices positifs laissant entrevoir la possibilité d’exploiter un réservoir de gaz estimé à un minimum de 2,7 trillions de pieds-cubes (Tcf).

Le Tcf vaut 28 milliards de mètres cubes.  2,7 TCF valent donc 75,6 milliards de mètres cubes, ce qui à l'échelle du Maroc est un volume gigantesque.

D’une profondeur de 2.218 mètres, le 2ème puits fera, en février prochain, l’objet de tests pour quantifier plus précisément ses réserves. Rappelons que le précédent puits TE-9 avait été rebouché après avoir été jugé sec.

Une fois les tests du TE-10 achevés, Sound Energy creusera un 3ème et dernier puits TE-11 de son programme d’exploration dans la zone de Tendrara qui disposerait, au total, d’un potentiel gazier estimé par la société anglaise, à plusieurs dizaines voire des centaines de milliards de mètres-cubes.

Dans son énième communiqué à la limite du triomphalisme, la société relance donc l’espoir d'une éventuelle découverte importante sachant que son directeur général avait même qualifié Tendrara de zone potentiellement assise sur un champ gazier super-géant.

"Il est encore tôt d'avancer des chiffres crédibles"

Sollicité, un expert, très proche de ce dossier, fait le point pour Médias24 sur les réelles perspectives de l’exploration mise en place par Sound Energy depuis son installation au Maroc en 2016.

Selon lui, il est prématuré d’annoncer des chiffres sur les réserves exploitables ou de parler de champ super-géant avant un long travail de certification liée à des études et des tests.

« Les premiers indices révélés par SE sur le TE-10 confirment la présence d’hydrocarbures mais tant que ce puits n’a pas été testé, on ne peut avancer aucun chiffre crédible sur le véritable potentiel gazier exploitable et donc commercialisable.

« Après avoir fini la phase de forage du puits, les premiers débits et pressions gazières enregistrés donnent des indications sur l’importance du gisement mais pour évaluer sérieusement le potentiel, il faut faire des tests de longue durée.  

« Pour voir son comportement, on laisse le puits débiter en analysant le maintien ou la baisse de la pression. Il faut le tester sur plusieurs niveaux de débit pour que l’ingénieur réservoir puisse tirer des conclusions, sans quoi les chiffres avancés ne seront pas fiables ou crédibles.

« Quand il s’agit d’un gisement assez important, il faut compter 2 à 3 mois de tests. Mais si la pression et les données recueillies restent stables, les tests vont très vite. Par contre, quand il y a des perturbations (baisse et remontée du débit), cela dure plus longtemps pour cerner le comportement du gisement », explique l’expert qui laisse entendre qu’on connaîtra les réserves du TE-10 au plus tard en juin prochain.

Il tient à préciser que le programme de SE a véritablement commencé en septembre dernier avec l’octroi d’une concession pour creuser les puits TE-9, TE-10 et TE-11. Selon lui, les précédents TE-5, TE-6, TE-7 et TE-8 n’ont donc rien à voir avec ceux qui viennent d’être forés ou avec le futur TE-11 sachant que les deux zones sont distantes de 25 kilomètres et qu’il n’y aura aucune connexion entre elles.

« Le fait de trouver ou de ne pas trouver du gaz dans une des deux zones ne touche en rien ce qui a été trouvé ailleurs et ne veut pas dire qu’il y a une continuité car ce sont des structures différentes.

Les résultats préliminaires du TE-10 confirment le potentiel de Tendrara

« Le point positif dans l’annonce d’indices lors du forage du TE-10 est qu’il y a la confirmation d’un potentiel gazier qu’il va falloir continuer à explorer », déclare notre expert en géologie.

« La zone de Tendrara est située dans un bassin de plusieurs milliers de kilomètres carrées qui a été suffisamment explorée pour découvrir un potentiel assez important pour passer à une autre phase d’octroi d’une concession.

« Cette nouvelle étape ouvre donc la porte au développement de la partie découverte. Ce processus de développement est en cours aussi bien pour la connexion via un gazoduc que pour la construction d’installations pour valoriser le gisement découvert.

« Il faudra donc attendre que ce processus aille à son terme car partout dans le monde, il n’existe aucun cas de découverte qui soit exploité dès le lendemain (annonce de méga-découverte au Sénégal qui n’a toujours pas abouti à une exploitation effective et lucrative).

« C’est d’autant plus vrai quand on sait que le gisement de Tendrara est situé dans une zone compliquée? différente de celle du Gharb où il existe déjà un réseau avec une connexion distante de quelques centaines de mètres voire kilomètres avec des clients tout proches.

« A contrario, dans la zone isolée de Tendrara, le développement nécessite une étude de faisabilité pour évaluer les investissements nécessaires pour la connexion gazière et les installations de surface. Cela demande du temps pour lever des fonds et financer ce projet qui peut se chiffrer en milliards de dirhams.

"Nous sommes dans des délais raisonnables. Pour une découverte comme celle du TE-10 à Tendrara, il faut compter 2 à 3 ans pour qu’elle passe à la phase production», avance, satisfait, notre interlocuteur.

Des gisements plus importants que dans le Gharb

A la question récurrente qui agite tous les esprits de savoir si les recherches de Sound Energy allaient, enfin, aboutir à une découverte majeure, notre source préfère temporiser, voire esquiver.

« Il faut prendre les choses comme elles viennent en fonction des moyens dont nous disposons. Ces moyens ont permis de découvrir un gisement d’une taille suffisante pour engager des investissements. De plus, le projet de connecter la zone à un gazoduc permettra de multiplier les forages étrangers.

« Au final, personne ne peut se prononcer sur l’étendue de la découverte et à titre personnel, je n’exclus pas mais je n’affirme pas non plus que cette zone puisse receler des ressources gazières majeures.

« Sachant que le compteur réel de recherches a démarré en septembre 2018 (octroi de concession par l’ONHYM), nous espérons, si tout va bien, pouvoir produire du gaz début 2021 », conclut notre interlocuteur qui ne dit pas si la production sera élevée par rapport à l’histoire énergétique du Maroc.

Une chose est en tous les cas sûre, l’exploitation des gisements gaziers de Tendrara sera bien plus importante en volume que ceux situés dans la région du Gharb; sachant qu’une source informée nous avait communiqué le chiffre minimal de 9 milliards de mètres-cubes de gaz à commercialiser.

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