Le crédit bancaire aux entreprises a stagné en 2018. Pouvoirs publics, banquiers et patronat peinent à relancer la machine et se donnent rendez-vous en mars pour trouver une solution. En attendant, voici les secteurs dont les financements augmentent et ceux qui ont eu moins de crédits.

Le crédit bancaire a augmenté de 3,2% en 2018, tiré artificiellement par les prêts aux sociétés financières.

Les crédits aux entreprises non financières privées ont, eux, stagné à 342,8 milliards de DH (+0,5% par rapport à 2017).

Pouvoirs publics, banquiers et patronat peinent à trouver une solution au ralentissement qui s’est installé depuis plusieurs années. La commission tripartite formée début 2016, les engagements pris par les différents intervenants, le mémorandum adressé au chef du gouvernement par la Banque centrale, le GPBM et la CGEM n’ont produit aucun effet.

Une réunion de cette commission était prévue en 2018 pour évaluer la situation, l’exécution des engagements et trouver de nouvelles solutions de relance. Selon le wali de BAM, s’exprimant lors des points de presse des conseils de politique monétaire, cette réunion a été reportée à plusieurs reprises compte tenu de contraintes d’agendas (élections à la CGEM, Ramadan…).

Salaheddine Mezouar, président de la CGEM, a affirmé lors d’un récent point de presse que la réunion est programmée pour mars prochain.

Il est difficile de déterminer l’origine du problème : est-ce la demande (situation financière des entreprises, absence de projets de développement…) ou l’offre (augmentation des impayés, règles prudentielles de plus en plus serrées…) ?

Pour certains analystes et observateurs, le problème est à la fois lié à l’offre et à la demande. Le résoudre est une affaire complexe. Pour l’instant, quelques lueurs d’espoir apparaissent :

le remboursement de 40 milliards de DH de crédit de TVA, processus entamé, devant soulager la trésorerie des entreprises, assainir leurs finances, relancer l’investissement et l’activité et donc les crédits bancaires.

- L’adoption prévue en 2019 d’ un «Small Business Act» pour apporter des solutions aux problèmes rencontrés par les micro-entreprises et les PME, qui aborde les questions de financement, de cadre juridique, d'accès au marché, de fiscalité, ainsi que de mécanismes de soutien et d'assistance.

La refonte en cours des fonds de garantie (CCG) pour améliorer leur accessibilité aux entreprises.

L’augmentation du plafond des microcrédit à 150.000 DH pour répondre aux besoins des TPE.

En attendant que ces mesures produisent leurs effets et que des solutions efficaces soient trouvées à la problématique générale du ralentissement du crédit, plusieurs secteurs d’activité souffrent d’une baisse des financements accordés par les banques ou de leur poids insignifiant.

Voici les secteurs dont les financements augmentent et ceux qui ont eu moins de crédits.

Textile et hôtellerie, des secteurs mal servis en crédits

Le secteur agriculture et pêche affiche l’une des plus fortes croissances du crédit bancaire en 2018 : +17,6%, à 35,9 milliards de DH. L'investissement est en marche dans ce secteur, les crédits à l'équipement ayant progressé de 47%, à 19 milliards de DH.

Le secteur secondaire a, lui, vu ses crédits augmenter légèrement : +2%, à 242,8 milliards de DH. Une croissance due exclusivement aux crédits de trésorerie qui ont évolué de 12%, à 78,9 milliards de DH. Les prêts à l’équipement ont pour leur part diminué de 4,4%, à 76,4 milliards.

Les financements aux industries alimentaires, aux activités minières et au secteur de la chimie se portent bien. Les crédits au secteur du BTP augmentent légèrement. Les prêts aux industriels de la métallurgie sont marqués par la prédominance des facilités de trésorerie. Et le secteur du textile, pourtant parmi les plus gros exportateurs de l’économie, affiche un encours ridiculement bas (6 milliards de DH) et en baisse qui plus est (-2,8%). L’essentiel est constitué de crédits de trésorerie.

Notons que le niveau des impayés dans le secteur secondaire est élevé. Les difficultés rencontrées par certains industriels et opérateurs du BTP poussent les banques à la prudence.

Le secteur tertiaire réalise quant à lui une croissance des prêts de 2,2%, à 587,3 milliards de DH, mais celle-ci est biaisée par l’intégration des crédits aux ménages et aux administrations dans cette catégorie.

Pour les secteurs productifs, notons la baisse des financements pour le commerce (-1,4%, à 55,8 milliards de DH), les transports et communications (-4,7%, à 36 milliards de DH) et les hôtels et restaurants (-5,9%, à 14,3 milliards de DH).

Comme pour le textile, le secteur du tourisme, pourtant un des principaux contributeurs aux recettes en devises et dont l’activité est en croissance, affiche un encours de crédits très bas et marqué par la faiblesse des crédits à l’investissement. Précisons toutefois que les hôteliers ont l’un des taux d’impayés bancaires les plus importants du marché. Une étude est en cours pour mettre en place un fonds de défaisance des créances en souffrance détenues par les banques sur le secteur, pour lui permettre d’accéder à nouveau au financement.

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Le crédit bancaire aux entreprises a stagné en 2018. Pouvoirs publics, banquiers et patronat peinent à relancer la machine et se donnent rendez-vous en mars pour trouver une solution. En attendant, voici les secteurs dont les financements augmentent et ceux qui ont eu moins de crédits.

Le crédit bancaire a augmenté de 3,2% en 2018, tiré artificiellement par les prêts aux sociétés financières.

Les crédits aux entreprises non financières privées ont, eux, stagné à 342,8 milliards de DH (+0,5% par rapport à 2017).

Pouvoirs publics, banquiers et patronat peinent à trouver une solution au ralentissement qui s’est installé depuis plusieurs années. La commission tripartite formée début 2016, les engagements pris par les différents intervenants, le mémorandum adressé au chef du gouvernement par la Banque centrale, le GPBM et la CGEM n’ont produit aucun effet.

Une réunion de cette commission était prévue en 2018 pour évaluer la situation, l’exécution des engagements et trouver de nouvelles solutions de relance. Selon le wali de BAM, s’exprimant lors des points de presse des conseils de politique monétaire, cette réunion a été reportée à plusieurs reprises compte tenu de contraintes d’agendas (élections à la CGEM, Ramadan…).

Salaheddine Mezouar, président de la CGEM, a affirmé lors d’un récent point de presse que la réunion est programmée pour mars prochain.

Il est difficile de déterminer l’origine du problème : est-ce la demande (situation financière des entreprises, absence de projets de développement…) ou l’offre (augmentation des impayés, règles prudentielles de plus en plus serrées…) ?

Pour certains analystes et observateurs, le problème est à la fois lié à l’offre et à la demande. Le résoudre est une affaire complexe. Pour l’instant, quelques lueurs d’espoir apparaissent :

le remboursement de 40 milliards de DH de crédit de TVA, processus entamé, devant soulager la trésorerie des entreprises, assainir leurs finances, relancer l’investissement et l’activité et donc les crédits bancaires.

- L’adoption prévue en 2019 d’ un «Small Business Act» pour apporter des solutions aux problèmes rencontrés par les micro-entreprises et les PME, qui aborde les questions de financement, de cadre juridique, d'accès au marché, de fiscalité, ainsi que de mécanismes de soutien et d'assistance.

La refonte en cours des fonds de garantie (CCG) pour améliorer leur accessibilité aux entreprises.

L’augmentation du plafond des microcrédit à 150.000 DH pour répondre aux besoins des TPE.

En attendant que ces mesures produisent leurs effets et que des solutions efficaces soient trouvées à la problématique générale du ralentissement du crédit, plusieurs secteurs d’activité souffrent d’une baisse des financements accordés par les banques ou de leur poids insignifiant.

Voici les secteurs dont les financements augmentent et ceux qui ont eu moins de crédits.

Textile et hôtellerie, des secteurs mal servis en crédits

Le secteur agriculture et pêche affiche l’une des plus fortes croissances du crédit bancaire en 2018 : +17,6%, à 35,9 milliards de DH. L'investissement est en marche dans ce secteur, les crédits à l'équipement ayant progressé de 47%, à 19 milliards de DH.

Le secteur secondaire a, lui, vu ses crédits augmenter légèrement : +2%, à 242,8 milliards de DH. Une croissance due exclusivement aux crédits de trésorerie qui ont évolué de 12%, à 78,9 milliards de DH. Les prêts à l’équipement ont pour leur part diminué de 4,4%, à 76,4 milliards.

Les financements aux industries alimentaires, aux activités minières et au secteur de la chimie se portent bien. Les crédits au secteur du BTP augmentent légèrement. Les prêts aux industriels de la métallurgie sont marqués par la prédominance des facilités de trésorerie. Et le secteur du textile, pourtant parmi les plus gros exportateurs de l’économie, affiche un encours ridiculement bas (6 milliards de DH) et en baisse qui plus est (-2,8%). L’essentiel est constitué de crédits de trésorerie.

Notons que le niveau des impayés dans le secteur secondaire est élevé. Les difficultés rencontrées par certains industriels et opérateurs du BTP poussent les banques à la prudence.

Le secteur tertiaire réalise quant à lui une croissance des prêts de 2,2%, à 587,3 milliards de DH, mais celle-ci est biaisée par l’intégration des crédits aux ménages et aux administrations dans cette catégorie.

Pour les secteurs productifs, notons la baisse des financements pour le commerce (-1,4%, à 55,8 milliards de DH), les transports et communications (-4,7%, à 36 milliards de DH) et les hôtels et restaurants (-5,9%, à 14,3 milliards de DH).

Comme pour le textile, le secteur du tourisme, pourtant un des principaux contributeurs aux recettes en devises et dont l’activité est en croissance, affiche un encours de crédits très bas et marqué par la faiblesse des crédits à l’investissement. Précisons toutefois que les hôteliers ont l’un des taux d’impayés bancaires les plus importants du marché. Une étude est en cours pour mettre en place un fonds de défaisance des créances en souffrance détenues par les banques sur le secteur, pour lui permettre d’accéder à nouveau au financement.

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