Selon trois sources parmi les opérateurs de l’industrie métallurgique, ces derniers n'excluent pas une action concertée contre les mesures de sauvegarde dont bénéficie Maghreb Steel. Ces mesures provoquent en effet un renchérissement des matières premières qu'ils utilisent dans leur industrie. Détails.

De sources sûres, ces professionnels comptent interpeller les pouvoirs publics dans les prochains jours, afin d’attirer leur attention sur un secteur "en chute libre" selon eux. Il est question de saisir le gouvernement, officiellement, ainsi que le Conseil de la concurrence.

La raison? La prolongation en décembre dernier, jusqu’au 31 décembre 2021 des mesures de sauvegarde en faveur de Maghreb Steel, sur les importations de tôles laminées à froid et de tôles plaquées ou revêtues. La protection de la tôle laminée à chaud arrive à échéance fin 2019 et de nombreux industriels craignent une reconduction de ces mesures.

Une protection dans le domaine du laminé à chaud touche la totalité du secteur de la métallurgie, des tubistes aux chaudronniers ainsi que les fabricants de biens d'équipement. Tout le secteur des IMM serait impacté.

«La tôle importée de l’étranger se négocie autour de 5 DH/kg. Alors que celle produite localement par Maghreb Steel est vendue à 8 DH/kg. Non seulement la matière première qu’ils produisent est protégée, mais elle n’est pas compétitive. Sauf que cela se fait au détriment du secteur et du consommateur» confie un opérateur.

Les professionnels sondés par Médias24 se plaignent notamment, depuis l’instauration des mesures de sauvegarde, de ne plus pouvoir dégager une marge suffisante pour initier de nouveaux investissements et recruter du personnel. De plus, ils sont confrontés à l'arrivée massive sur le marché national de produits finis d'importation à des prix compétitifs suite aux mesures de protectionnisme américaines.

«Le marché est en déséquilibre total à cause de la protection accordée à Maghreb Steel. Nous avons constaté une augmentation des prix sur le marché national, qui est répercutée sur le produit fini au détriment des consommateurs finaux. Comment réaliser du volume dans ce contexte ?».

Selon les professionnels du secteur, non seulement les mesures de sauvegarde impactent négativement le marché, mais elles affectent également la qualité des produits finis. Un fabricant de tubes métalliques nous a ainsi confié que, pour s’adapter à la cherté des intrants de Maghreb Steel et faire face à la concurrence des produits finis d'importation, il se trouve dans l’obligation de réduire l’épaisseur des tubes qu’il produit – passant ainsi de 2 mm à 0,9 mm, «alors que des intrants de même qualité peuvent être importés moins cher de Chine ou de Turquie».

De manière générale, les professionnels du secteur estiment que la production de Maghreb Steel n’est pas conforme aux besoins des industriels du secteur, surtout en termes de dimensionnement. Un autre fabricant de tubes métalliques, spécialisé dans l’irrigation et les serres agricoles, trouve anormal que «dans le monde entier, les bobines soient fabriquées selon une dimension standard de 1.500 mm, alors que Maghreb Steel ne produit que des bobines de 1.250 mm. Il est aberrant que, sous couvert de mesures de sauvegarde, on nous impose des produits qui ne répondent pas aux besoins du marché».

Déterminés à «ne plus se laisser faire», les opérateurs du secteur ont l’intention de maintenir la pression sur les pouvoirs publics. «Nous n’avons aucune animosité envers Maghreb Steel, mais les mesures de sauvegarde pourraient couler tout un secteur qui a déjà d'énormes difficultés»…

Lire aussi:

Maghreb Steel: Les résultats de 2018 en baisse

L'industrie métallurgique se dote de quatre écosystèmes à fort potentiel

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Selon trois sources parmi les opérateurs de l’industrie métallurgique, ces derniers n'excluent pas une action concertée contre les mesures de sauvegarde dont bénéficie Maghreb Steel. Ces mesures provoquent en effet un renchérissement des matières premières qu'ils utilisent dans leur industrie. Détails.

De sources sûres, ces professionnels comptent interpeller les pouvoirs publics dans les prochains jours, afin d’attirer leur attention sur un secteur "en chute libre" selon eux. Il est question de saisir le gouvernement, officiellement, ainsi que le Conseil de la concurrence.

La raison? La prolongation en décembre dernier, jusqu’au 31 décembre 2021 des mesures de sauvegarde en faveur de Maghreb Steel, sur les importations de tôles laminées à froid et de tôles plaquées ou revêtues. La protection de la tôle laminée à chaud arrive à échéance fin 2019 et de nombreux industriels craignent une reconduction de ces mesures.

Une protection dans le domaine du laminé à chaud touche la totalité du secteur de la métallurgie, des tubistes aux chaudronniers ainsi que les fabricants de biens d'équipement. Tout le secteur des IMM serait impacté.

«La tôle importée de l’étranger se négocie autour de 5 DH/kg. Alors que celle produite localement par Maghreb Steel est vendue à 8 DH/kg. Non seulement la matière première qu’ils produisent est protégée, mais elle n’est pas compétitive. Sauf que cela se fait au détriment du secteur et du consommateur» confie un opérateur.

Les professionnels sondés par Médias24 se plaignent notamment, depuis l’instauration des mesures de sauvegarde, de ne plus pouvoir dégager une marge suffisante pour initier de nouveaux investissements et recruter du personnel. De plus, ils sont confrontés à l'arrivée massive sur le marché national de produits finis d'importation à des prix compétitifs suite aux mesures de protectionnisme américaines.

«Le marché est en déséquilibre total à cause de la protection accordée à Maghreb Steel. Nous avons constaté une augmentation des prix sur le marché national, qui est répercutée sur le produit fini au détriment des consommateurs finaux. Comment réaliser du volume dans ce contexte ?».

Selon les professionnels du secteur, non seulement les mesures de sauvegarde impactent négativement le marché, mais elles affectent également la qualité des produits finis. Un fabricant de tubes métalliques nous a ainsi confié que, pour s’adapter à la cherté des intrants de Maghreb Steel et faire face à la concurrence des produits finis d'importation, il se trouve dans l’obligation de réduire l’épaisseur des tubes qu’il produit – passant ainsi de 2 mm à 0,9 mm, «alors que des intrants de même qualité peuvent être importés moins cher de Chine ou de Turquie».

De manière générale, les professionnels du secteur estiment que la production de Maghreb Steel n’est pas conforme aux besoins des industriels du secteur, surtout en termes de dimensionnement. Un autre fabricant de tubes métalliques, spécialisé dans l’irrigation et les serres agricoles, trouve anormal que «dans le monde entier, les bobines soient fabriquées selon une dimension standard de 1.500 mm, alors que Maghreb Steel ne produit que des bobines de 1.250 mm. Il est aberrant que, sous couvert de mesures de sauvegarde, on nous impose des produits qui ne répondent pas aux besoins du marché».

Déterminés à «ne plus se laisser faire», les opérateurs du secteur ont l’intention de maintenir la pression sur les pouvoirs publics. «Nous n’avons aucune animosité envers Maghreb Steel, mais les mesures de sauvegarde pourraient couler tout un secteur qui a déjà d'énormes difficultés»…

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