Création d’entreprises : +20% en 2018, la plus forte hausse en dix ans

Près de 92.000 entreprises ont été créées en 2018, selon l’OMPIC. Les régions de Tanger et de Casablanca ont été les plus dynamiques. Une performance qui ne se reflète pas sur la croissance économique et l’investissement…

Dans plusieurs pays, l’évolution des créations d’entreprises est un indicateur pertinent du dynamisme économique. Au Maroc, cette pertinence est relative.

Selon l’OMPIC, 91.909 entreprises ont été créées en 2018, en hausse de 20% par rapport à 2017. Il s’agit de la plus forte croissance enregistrée au cours des dix dernières années. En 2008, on comptait à peine 47.600 créations.

Les entreprises créées en 2018 sont à 98,5% des SARL, dont plus de la moitié des SARL à associé unique. Cette structure ne change pas au fil des années. Tout comme la répartition sectorielle des entités créées.

En effet, 43,6% opèrent dans le commerce, 17% dans le BTP et les activités immobilières, 16,5% dans les services divers, 7% dans les transports et à peine 6,7% dans l’industrie.

Le classement était le même il y a dix ans, mais l’on remarque le renforcement du poids du commerce et des services au détriment du BTP et de l’industrie.

La région de Tanger est celle qui a le plus contribué à la performance de 2018, avec 19.878 entreprises créées, en hausse de 64% en une année. La dynamique créée par l'industrie automobile explique en grande partie cette forte progression, même si 60% des entreprises créées dans la région en 2018 opèrent dans le commerce.

La région de Casablanca arrive en deuxième position avec 20.361 entreprises créées, en augmentation de 11%.

Suivent les régions de l’Oriental (+19% à 8.617 entreprises), de Rabat (+7,8% à 10.419 entreprises) et de Fès-Meknès (+11%, à 7.294 entreprises).

La hausse des créations d’entreprises n’a pas eu d’impact sur la croissance et l’investissement

Selon le HCP, le PIB en 2018 aurait progressé de 3% seulement contre 4,1% une année auparavant. Le PIB non agricole a également crû de 3%, certes un niveau supérieur à celui de 2017 (+0,2 point) mais largement en deçà de la croissance d’avant 2012.

Pour sa part, l’investissement, appréhendé par la Formation brute du capital fixe, n’a évolué que de 2,9%. Les deux tiers de l’investissement au Maroc sont réalisés par le secteur public. Devant l’indisponibilité de chiffres précis sur l’investissement privé, notons que les crédits à l’équipement contractés par les entreprises privées ont stagné en 2018.

L’économie a certes créé plus d’emplois en 2018 par rapport à 2017 (112.000 contre 86.000), mais il est difficile de déterminer la part des entreprises nouvellement constituées dans les emplois créés.

Pourquoi cette faible corrélation entre créations d’entreprises et croissance ?

Il faut savoir qu’une entreprise créée n’entre pas forcément en activité la même année.

Les créations d’entreprises de 2018 auront-elles un effet décalé sur l’économie, par exemple en 2019 ? Le HCP prévoit une croissance encore plus faible cette année, de 2,9%, avec une stagnation de la valeur ajoutée non agricole à 3%. L’investissement, lui, devrait évoluer de 3,2% seulement.

En fait, 98,5% des structures créées sont des SARL, forme pour laquelle aucun capital minimum n’est exigé. Autrement dit, créer des SARL n’est pas synonyme d’injection de fonds dans l’économie.

Par ailleurs, les démarches de création d’entreprises sont simplifiées presque chaque année. Toutefois, les difficultés d’accès au financement, notamment bancaire, et aux marchés (publics et privés) persistent.

Ceci pour dire que sur le 1,4 million d’entreprises officiellement existantes au Maroc, beaucoup sont des coquilles vides, des structures qui n’ont jamais démarré une réelle activité ou qui ne sont plus actives sans forcément qu’elles soient dissoutes.

A ce titre, l’OMPIC précise 7.102 entreprises sont entrées en phase de dissolution en 2018 et que 5.528 ont été radiées. Des chiffres en légère baisse par rapport à 2017.

Les deux tiers des radiations concernent des entreprises créées il y a moins de 10 ans.

Notons que le tissu entrepreneurial au Maroc reste caractérisé par :

- Le faible poids des sociétés anonymes : 6% du total.

- L’importance des entités opérant dans le commerce : 46,6%.

- Le faible niveau de chiffre d’affaires réalisé : 84% des entreprises réalisent moins de 3 MDH par an.

- Le faible poids des entreprises de plus de 10 ans : 37% du total.

>>Lire aussi: Lahlimi appelle à ouvrir le robinet du crédit pour relancer la croissance

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Dans plusieurs pays, l’évolution des créations d’entreprises est un indicateur pertinent du dynamisme économique. Au Maroc, cette pertinence est relative.

Selon l’OMPIC, 91.909 entreprises ont été créées en 2018, en hausse de 20% par rapport à 2017. Il s’agit de la plus forte croissance enregistrée au cours des dix dernières années. En 2008, on comptait à peine 47.600 créations.

Les entreprises créées en 2018 sont à 98,5% des SARL, dont plus de la moitié des SARL à associé unique. Cette structure ne change pas au fil des années. Tout comme la répartition sectorielle des entités créées.

En effet, 43,6% opèrent dans le commerce, 17% dans le BTP et les activités immobilières, 16,5% dans les services divers, 7% dans les transports et à peine 6,7% dans l’industrie.

Le classement était le même il y a dix ans, mais l’on remarque le renforcement du poids du commerce et des services au détriment du BTP et de l’industrie.

La région de Tanger est celle qui a le plus contribué à la performance de 2018, avec 19.878 entreprises créées, en hausse de 64% en une année. La dynamique créée par l'industrie automobile explique en grande partie cette forte progression, même si 60% des entreprises créées dans la région en 2018 opèrent dans le commerce.

La région de Casablanca arrive en deuxième position avec 20.361 entreprises créées, en augmentation de 11%.

Suivent les régions de l’Oriental (+19% à 8.617 entreprises), de Rabat (+7,8% à 10.419 entreprises) et de Fès-Meknès (+11%, à 7.294 entreprises).

La hausse des créations d’entreprises n’a pas eu d’impact sur la croissance et l’investissement

Selon le HCP, le PIB en 2018 aurait progressé de 3% seulement contre 4,1% une année auparavant. Le PIB non agricole a également crû de 3%, certes un niveau supérieur à celui de 2017 (+0,2 point) mais largement en deçà de la croissance d’avant 2012.

Pour sa part, l’investissement, appréhendé par la Formation brute du capital fixe, n’a évolué que de 2,9%. Les deux tiers de l’investissement au Maroc sont réalisés par le secteur public. Devant l’indisponibilité de chiffres précis sur l’investissement privé, notons que les crédits à l’équipement contractés par les entreprises privées ont stagné en 2018.

L’économie a certes créé plus d’emplois en 2018 par rapport à 2017 (112.000 contre 86.000), mais il est difficile de déterminer la part des entreprises nouvellement constituées dans les emplois créés.

Pourquoi cette faible corrélation entre créations d’entreprises et croissance ?

Il faut savoir qu’une entreprise créée n’entre pas forcément en activité la même année.

Les créations d’entreprises de 2018 auront-elles un effet décalé sur l’économie, par exemple en 2019 ? Le HCP prévoit une croissance encore plus faible cette année, de 2,9%, avec une stagnation de la valeur ajoutée non agricole à 3%. L’investissement, lui, devrait évoluer de 3,2% seulement.

En fait, 98,5% des structures créées sont des SARL, forme pour laquelle aucun capital minimum n’est exigé. Autrement dit, créer des SARL n’est pas synonyme d’injection de fonds dans l’économie.

Par ailleurs, les démarches de création d’entreprises sont simplifiées presque chaque année. Toutefois, les difficultés d’accès au financement, notamment bancaire, et aux marchés (publics et privés) persistent.

Ceci pour dire que sur le 1,4 million d’entreprises officiellement existantes au Maroc, beaucoup sont des coquilles vides, des structures qui n’ont jamais démarré une réelle activité ou qui ne sont plus actives sans forcément qu’elles soient dissoutes.

A ce titre, l’OMPIC précise 7.102 entreprises sont entrées en phase de dissolution en 2018 et que 5.528 ont été radiées. Des chiffres en légère baisse par rapport à 2017.

Les deux tiers des radiations concernent des entreprises créées il y a moins de 10 ans.

Notons que le tissu entrepreneurial au Maroc reste caractérisé par :

- Le faible poids des sociétés anonymes : 6% du total.

- L’importance des entités opérant dans le commerce : 46,6%.

- Le faible niveau de chiffre d’affaires réalisé : 84% des entreprises réalisent moins de 3 MDH par an.

- Le faible poids des entreprises de plus de 10 ans : 37% du total.

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