Selon des sources sûres, la banque française a eu des discussions avancées avec d'éventuels repreneurs marocains, dont le groupe Saham, pour la cession de ses parts dans sa filiale marocaine, Crédit du Maroc.

Crédit Agricole S.A. (France) a eu des discussions approfondies avec le groupe Saham pour la cession de ses parts dans Crédit du Maroc, apprend Médias 24 de source autorisée. Ces discussions se sont arrêtées sans avoir abouti à un accord, mais "il n'est pas exclu qu'elles reprennent". Selon d'autres sources sûres, généralement bien informées, la banque française a contacté au moins une banque marocaine intéressée par une opération de croissance externe, dans le même cadre de la cession.

Cette seconde hyothèse ne correspond pas à un scénario clair: est-ce que cette banque marocaine envisagerait alors une fusion? cette hypothèse lui ferait perdre le bénéfice de la licence bancaire. Contacté par Médias 24, un administrateur de cette banque a catégoriquement démenti tout contact avec Crédit Agricole S.A.

Quoi qu'il en soit, il y a eu au moins un contact certain, celui du groupe Saham.

La banque française poursuit ainsi un long processus de désengagement de ses filiales en Afrique, amorcé depuis plusieurs années. Un processus visant davantage de flexibilité et de solidité financières, selon son top management.

La participation de Crédit Agricole S.A. dans Crédit du Maroc dépasse actuellement les 78%, le reste étant détenu par Wafa Assurance (10,49%) et par divers actionnaires en Bourse (10,81%). Sur la base du derniers cours de la valeur CDM (460 DH), la valorisation des 78% avoisine les 4 MMDH, si Crédit Agricole décide de céder la totalité.

Rappelons que l’une des plus importantes opérations de désengagement opérées par Crédit Agricole S.A., a consisté en la cession de ses parts dans des banques africaines à Attijariwafa Bank en novembre 2008. Il s’agit de 81% du capital de Crédit du Congo, 51% de la Société Ivoirienne de Banque, 65% de la Société Camerounaise de Banque, 59% de l’Union Gabonaise de Banque et 95% du Crédit du Sénégal. Le tout pour un montant global de 250 millions d’euros, soit 2,8 MMDH.

Parallèlement à cette opération, Crédit Agricole S.A. avait acquis 24% supplémentaires du capital du Crédit du Maroc, détenus à l’époque par Wafa Assurance, pour un montant de 1,6 MMDH. Cette opération avait porté la participation de la banque française dans Crédit du Maroc à l'époque à 77%.

Ce deal s’est également soldé par l’acquisition par Sofinco, filiale à 100% de Crédit Agricole S.A., de 15% du capital de Wafasalaf, qui a ainsi permis de porter la participation de Sofinco à 49% du capital de la société de financement, pour un montant de 800 MDH.

Georges Pauget, directeur général du groupe Crédit Agricole dans le temps, a annoncé que cette opération s’inscrivait dans le cadre de la stratégie de son groupe, qui privilégie à l’international les activités de banque de proximité en Europe, ainsi que dans le bassin méditerranéen.

Pourtant, en mai 2015, Crédit Agricole S.A. a cédé sa filiale albanaise. En 2012, il avait cédé une filiale grecque, sous le poids de la crise que connaissait le pays. A présent, il souhaite céder ses parts dans Crédit du Maroc. Crédit Agricole S. A. affirme vouloir simplifier sa structure capitalistique et poursuivre un profil de risque prudent, ainsi qu'une rentabilité accrue, dans le cadre de son ambition stratégique 2020.

Dans ce cadre, la banque française note dans son rapport annuel de 2015 que son activité au Maroc a été affectée par un «ralentissement de l’économie et une montée des risques». Rappelons, d’autre part, que les résultats 2015 de Crédit du Maroc ont été plombés par un redressement fiscal de 79 MDH, portant son résultat net part de groupe à 82MDH (-65% par rapport à 2014). La rentabilité de CDM demeure modeste, son RNPG s'est situé à 279 MDH en 2013 et à 238 MDH en 2014.

Crédit Agricole S.A. note également que la situation dans le Royaume a affecté son coût du risque, qui s’est élevé à 200 millions d’euros (+10,6% par rapport à 2014). Crédit Agricole S.A. vise, dans le cadre de son plan stratégique 2020, des réductions de coûts de 900 millions d’euros.

Pour sa part, Crédit du Maroc semble renouer légèrement avec la croissance au titre de ce premier trimestre 2016; une croissance qui demeure assez timide: son résultat net part de groupe s’est établi à 67,6 MDH, et son produit net bancaire a cru de 2,4% pour s’établir à 543,6MDH. D’autre part, le coût du risque s’est infléchi par rapport au premier trimestre 2015 de 16,4%, se situant ainsi à 143,9 MDH.

Par ailleurs, le premier trimestre 2016 a été l’occasion pour Crédit du Maroc de finaliser son accord de partenariat commercial avec Saham Assurance (!). Les premiers contrats ont été ainsi enregistrés à partir de mi-mars 2016, sous la gamme Libéris. Crédit du Maroc compte ainsi, à travers le développement de la bancassurance, conforter sa dynamique commerciale.

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Crédit Agricole S.A. (France) a eu des discussions approfondies avec le groupe Saham pour la cession de ses parts dans Crédit du Maroc, apprend Médias 24 de source autorisée. Ces discussions se sont arrêtées sans avoir abouti à un accord, mais "il n'est pas exclu qu'elles reprennent". Selon d'autres sources sûres, généralement bien informées, la banque française a contacté au moins une banque marocaine intéressée par une opération de croissance externe, dans le même cadre de la cession.

Cette seconde hyothèse ne correspond pas à un scénario clair: est-ce que cette banque marocaine envisagerait alors une fusion? cette hypothèse lui ferait perdre le bénéfice de la licence bancaire. Contacté par Médias 24, un administrateur de cette banque a catégoriquement démenti tout contact avec Crédit Agricole S.A.

Quoi qu'il en soit, il y a eu au moins un contact certain, celui du groupe Saham.

La banque française poursuit ainsi un long processus de désengagement de ses filiales en Afrique, amorcé depuis plusieurs années. Un processus visant davantage de flexibilité et de solidité financières, selon son top management.

La participation de Crédit Agricole S.A. dans Crédit du Maroc dépasse actuellement les 78%, le reste étant détenu par Wafa Assurance (10,49%) et par divers actionnaires en Bourse (10,81%). Sur la base du derniers cours de la valeur CDM (460 DH), la valorisation des 78% avoisine les 4 MMDH, si Crédit Agricole décide de céder la totalité.

Rappelons que l’une des plus importantes opérations de désengagement opérées par Crédit Agricole S.A., a consisté en la cession de ses parts dans des banques africaines à Attijariwafa Bank en novembre 2008. Il s’agit de 81% du capital de Crédit du Congo, 51% de la Société Ivoirienne de Banque, 65% de la Société Camerounaise de Banque, 59% de l’Union Gabonaise de Banque et 95% du Crédit du Sénégal. Le tout pour un montant global de 250 millions d’euros, soit 2,8 MMDH.

Parallèlement à cette opération, Crédit Agricole S.A. avait acquis 24% supplémentaires du capital du Crédit du Maroc, détenus à l’époque par Wafa Assurance, pour un montant de 1,6 MMDH. Cette opération avait porté la participation de la banque française dans Crédit du Maroc à l'époque à 77%.

Ce deal s’est également soldé par l’acquisition par Sofinco, filiale à 100% de Crédit Agricole S.A., de 15% du capital de Wafasalaf, qui a ainsi permis de porter la participation de Sofinco à 49% du capital de la société de financement, pour un montant de 800 MDH.

Georges Pauget, directeur général du groupe Crédit Agricole dans le temps, a annoncé que cette opération s’inscrivait dans le cadre de la stratégie de son groupe, qui privilégie à l’international les activités de banque de proximité en Europe, ainsi que dans le bassin méditerranéen.

Pourtant, en mai 2015, Crédit Agricole S.A. a cédé sa filiale albanaise. En 2012, il avait cédé une filiale grecque, sous le poids de la crise que connaissait le pays. A présent, il souhaite céder ses parts dans Crédit du Maroc. Crédit Agricole S. A. affirme vouloir simplifier sa structure capitalistique et poursuivre un profil de risque prudent, ainsi qu'une rentabilité accrue, dans le cadre de son ambition stratégique 2020.

Dans ce cadre, la banque française note dans son rapport annuel de 2015 que son activité au Maroc a été affectée par un «ralentissement de l’économie et une montée des risques». Rappelons, d’autre part, que les résultats 2015 de Crédit du Maroc ont été plombés par un redressement fiscal de 79 MDH, portant son résultat net part de groupe à 82MDH (-65% par rapport à 2014). La rentabilité de CDM demeure modeste, son RNPG s'est situé à 279 MDH en 2013 et à 238 MDH en 2014.

Crédit Agricole S.A. note également que la situation dans le Royaume a affecté son coût du risque, qui s’est élevé à 200 millions d’euros (+10,6% par rapport à 2014). Crédit Agricole S.A. vise, dans le cadre de son plan stratégique 2020, des réductions de coûts de 900 millions d’euros.

Pour sa part, Crédit du Maroc semble renouer légèrement avec la croissance au titre de ce premier trimestre 2016; une croissance qui demeure assez timide: son résultat net part de groupe s’est établi à 67,6 MDH, et son produit net bancaire a cru de 2,4% pour s’établir à 543,6MDH. D’autre part, le coût du risque s’est infléchi par rapport au premier trimestre 2015 de 16,4%, se situant ainsi à 143,9 MDH.

Par ailleurs, le premier trimestre 2016 a été l’occasion pour Crédit du Maroc de finaliser son accord de partenariat commercial avec Saham Assurance (!). Les premiers contrats ont été ainsi enregistrés à partir de mi-mars 2016, sous la gamme Libéris. Crédit du Maroc compte ainsi, à travers le développement de la bancassurance, conforter sa dynamique commerciale.

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