RAM-Qatar Airways:

Le PDG de la compagnie marocaine qui a présidé, mardi 29 novembre, l’assemblée générale de l’organisation des compagnies aériennes arabes en a profité pour calmer les ambitions de Qatar Airways de rentrer rapidement dans le capital de l'entreprise qu'il dirige. C'est l’occasion de revenir sur la pertinence d’un choix économique, qui ne manquera pas d’impacter le développement de la RAM.

"Tant que l’étude stratégique qui engage l’avenir de la RAM pour les prochaines années n’a pas été finalisée, je ne peux pas répondre favorablement au désir de Qatar Airways d'entrer dans notre capital".  

L'opinion dominante était pourtant que les jeux étaient faits et que les deux compagnies étaient fiancées, dans l'attente de la grande cérémonie de mariage. Alors, qu'en est-il? Est-ce une posture de négociation? 

Akbar El Baker, PDG de Qatar Airways, affirmait, lundi 28 novembre, avoir de grandes ambitions pour la compagnie nationale (et même pour l'industrie aéronautique marocaine). Le président de la RAM ne contredit-il pas l’optimisme de son homologue?.

Contactée par Médias24, une source autorisée de la RAM réfute toute contradiction entre les récentes déclarations des deux présidents, en renvoyant la décision au gouvernement marocain.

"Nous préparons la nouvelle vision de développement pour la RAM, qui sera partagée en février prochain avec notre conseil d’administration (Etat: 54%, Fonds Hassan II: 44% et 2%: petits porteurs) et avec le gouvernement. Il est évident qu’elle nécessitera des moyens financiers et qu’il faudra peut-être passer par une ouverture de capital, mais il est trop tôt pour dire avec qui".

A la question de savoir pourquoi le PDG de QA a l’air si sûr de conclure rapidement avec l’Etat marocain, notre source avance qu'Akbar El Baker est dans son rôle pour faire prévaloir les intérêts de son entreprise, mais que rien n’est joué.

"Nous refusons de nous prononcer précipitamment, car la RAM veut faire les choses correctement. Dans les recommandations de notre future vision, ce n’est pas le dossier Qatar Airways qui sera évoqué en priorité, mais il est évident que nous consacrerons un chapitre important à l’éventuelle ouverture de notre capital", précise notre interlocuteur.

En d’autres termes, la RAM suggérera (ou pas) l’entrée dan son capital d’un actionnaire extérieur, mais pas nécessairement la prise de participation souhaitée par la compagnie qatarie.

Selon lui, plusieurs scénarios pour financer le développement de la RAM seront proposés en février:

- Augmentation de capital dans le cadre d’une prise de participation d’un actionnaire extérieur et ce sera alors probablement une augmentation de capital réservée;

- Injections de la part du Fonds Hassan II pour le développement économique et social

- Crédits bancaires classiques à chaque acquisition d’avion.

"La RAM proposera des pistes, mais le CA devra valider nos recommandations, après l’accord du gouvernement, qui décide seul des axes de notre stratégie de développement", conclut notre source

Dans le cas où la volonté de QA d'entrer dans le capital de la RAM serait entérinée par les autorités marocaines, cette décision sera éminemment politique, car elle engagerait les deux gouvernements.

La position aérienne géostratégique du Maroc aiguise les appétits de plusieurs compagnies de transport, surtout les trois grandes que sont Etihad Airways, Emirates Airlines ou Qatar Airways.

Rappelons qu’Emirates est engagée dans un bras de fer avec l’ONDA (Office national des aéroports) pour utiliser ses gros porteurs A380 à l’aéroport de Casablanca.

Le principal avantage d'une alliance avec la RAM est de pouvoir disposer de ce hub international, qui ouvrira au nouveau partenaire les portes de nombreuses destinations dans les continents africain, européen et américain. Le PDG de la compagnie qatarie a d'ailleurs lourdement insisté sur la nécessité de rénover totalement l'aéroport de Casablanca, pour qu'il dispense la même qualité de services que celle des avions de QA ou du hub international de Doha au Qatar. 

Un partenariat avec une de ces compagnies permettrait à la RAM d’obtenir de nouvelles ressources financières pour développer sa flotte et sa qualité de service, mais aussi de développer un réseau de dessertes vers l’Asie par les hubs aéroportuaires de Doha, Dubaï ou Abou Dhabi.

Pour une petite compagnie, s’adosser à une des plus grosses et meilleures entreprises au monde (Skytrax 2015) qu'est Qatar Airways est en théorie une belle opportunité, même si à terme, la compagnie marocaine peut se faire vampiriser, voire domestiquer par les moyens financiers démesurés dont dispose son éventuel futur partenaire.

Il est vrai qu’avec sa flotte de 55 avions, la RAM est très loin des capacités de Qatar Airways qui dispose de 175 avions, sans compter les 200 commandés aux constructeurs Boeing et Airbus.

Pour rappel, la compagnie nationale a réalisé un chiffre d’affaires de 13,4 MMDH et transporté 6 millions de passagers en 2015, alors que celui de QA s’est établi à 8,8 MM d’euros, avec 30 millions de voyageurs.

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"Tant que l’étude stratégique qui engage l’avenir de la RAM pour les prochaines années n’a pas été finalisée, je ne peux pas répondre favorablement au désir de Qatar Airways d'entrer dans notre capital".  

L'opinion dominante était pourtant que les jeux étaient faits et que les deux compagnies étaient fiancées, dans l'attente de la grande cérémonie de mariage. Alors, qu'en est-il? Est-ce une posture de négociation? 

Akbar El Baker, PDG de Qatar Airways, affirmait, lundi 28 novembre, avoir de grandes ambitions pour la compagnie nationale (et même pour l'industrie aéronautique marocaine). Le président de la RAM ne contredit-il pas l’optimisme de son homologue?.

Contactée par Médias24, une source autorisée de la RAM réfute toute contradiction entre les récentes déclarations des deux présidents, en renvoyant la décision au gouvernement marocain.

"Nous préparons la nouvelle vision de développement pour la RAM, qui sera partagée en février prochain avec notre conseil d’administration (Etat: 54%, Fonds Hassan II: 44% et 2%: petits porteurs) et avec le gouvernement. Il est évident qu’elle nécessitera des moyens financiers et qu’il faudra peut-être passer par une ouverture de capital, mais il est trop tôt pour dire avec qui".

A la question de savoir pourquoi le PDG de QA a l’air si sûr de conclure rapidement avec l’Etat marocain, notre source avance qu'Akbar El Baker est dans son rôle pour faire prévaloir les intérêts de son entreprise, mais que rien n’est joué.

"Nous refusons de nous prononcer précipitamment, car la RAM veut faire les choses correctement. Dans les recommandations de notre future vision, ce n’est pas le dossier Qatar Airways qui sera évoqué en priorité, mais il est évident que nous consacrerons un chapitre important à l’éventuelle ouverture de notre capital", précise notre interlocuteur.

En d’autres termes, la RAM suggérera (ou pas) l’entrée dan son capital d’un actionnaire extérieur, mais pas nécessairement la prise de participation souhaitée par la compagnie qatarie.

Selon lui, plusieurs scénarios pour financer le développement de la RAM seront proposés en février:

- Augmentation de capital dans le cadre d’une prise de participation d’un actionnaire extérieur et ce sera alors probablement une augmentation de capital réservée;

- Injections de la part du Fonds Hassan II pour le développement économique et social

- Crédits bancaires classiques à chaque acquisition d’avion.

"La RAM proposera des pistes, mais le CA devra valider nos recommandations, après l’accord du gouvernement, qui décide seul des axes de notre stratégie de développement", conclut notre source

Dans le cas où la volonté de QA d'entrer dans le capital de la RAM serait entérinée par les autorités marocaines, cette décision sera éminemment politique, car elle engagerait les deux gouvernements.

La position aérienne géostratégique du Maroc aiguise les appétits de plusieurs compagnies de transport, surtout les trois grandes que sont Etihad Airways, Emirates Airlines ou Qatar Airways.

Rappelons qu’Emirates est engagée dans un bras de fer avec l’ONDA (Office national des aéroports) pour utiliser ses gros porteurs A380 à l’aéroport de Casablanca.

Le principal avantage d'une alliance avec la RAM est de pouvoir disposer de ce hub international, qui ouvrira au nouveau partenaire les portes de nombreuses destinations dans les continents africain, européen et américain. Le PDG de la compagnie qatarie a d'ailleurs lourdement insisté sur la nécessité de rénover totalement l'aéroport de Casablanca, pour qu'il dispense la même qualité de services que celle des avions de QA ou du hub international de Doha au Qatar. 

Un partenariat avec une de ces compagnies permettrait à la RAM d’obtenir de nouvelles ressources financières pour développer sa flotte et sa qualité de service, mais aussi de développer un réseau de dessertes vers l’Asie par les hubs aéroportuaires de Doha, Dubaï ou Abou Dhabi.

Pour une petite compagnie, s’adosser à une des plus grosses et meilleures entreprises au monde (Skytrax 2015) qu'est Qatar Airways est en théorie une belle opportunité, même si à terme, la compagnie marocaine peut se faire vampiriser, voire domestiquer par les moyens financiers démesurés dont dispose son éventuel futur partenaire.

Il est vrai qu’avec sa flotte de 55 avions, la RAM est très loin des capacités de Qatar Airways qui dispose de 175 avions, sans compter les 200 commandés aux constructeurs Boeing et Airbus.

Pour rappel, la compagnie nationale a réalisé un chiffre d’affaires de 13,4 MMDH et transporté 6 millions de passagers en 2015, alors que celui de QA s’est établi à 8,8 MM d’euros, avec 30 millions de voyageurs.

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