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Hakim Marrakchi: "Si mes pairs sont au rendez-vous le 22 mai, je ne vois pas comment on pourrait perdre"  

Mercredi 16 mai 2018 à 21h08
Hakim Marrakchi:
 

Hakim Marrakchi et Assia Benhida, candidats à la présidence et la vice-présidence de la CGEM ont répondu à nos questions et à celles des lecteurs lors d’une interview live diffusée ce mercredi 16 mai. Résumé des principales réponses du binôme en lice pour être patrons des patrons. Vendredi 17 mai, à 11H00, ce sera au tour du binôme Mezouar-Mekouar.

Médias24: Comment se déroule votre campagne qui arrive bientôt à sa fin ? Quel est votre sentiment ?

Hakim Marrakchi: Nous avons fait une campagne assez étonnante et très intéressante. Nous sommes venus avec notre expérience d’entrepreneurs. Nous avons visité plusieurs régions et fédérations. Et en même temps, j’ai fait un travail d’introspection par rapport au programme que nous avons présenté très rapidement après notre candidature, car notre candidature était préparée. Nous l’avons enrichie après notre tournée pour savoir ce qui nous a empêchés d’être efficaces. Suite à cela, de nouvelles mesures ont été ajoutées à notre programme.

J’ai été frustré de ne pas être suffisamment challengé dans le programme car notre vis-à-vis n’avait pas de projet; du moins, il l’a décliné tardivement. Je ne pouvais pas débattre avec quelqu’un qui n’a pas de projet.

Je salue cet exercice démocratique. Avoir deux candidats pour la CGEM est un exercice rare dans notre confédération. Je regrette que l’autre candidat soit resté attaché à son appartenance politique. Il aurait démissionné et donné des gages plus clairs dès le départ, on aurait évacué ce problème. On nous reproche d’avoir parlé de politique, je l’ai fait simplement pour ne pas être rattrapé par le politique.

Quant au tweet, ce n’était pas dirigé contre M. Mezouar mais c’est pour que je ne soit pas récupéré par un autre parti. J’entendais par là proclamer et conserver notre indépendance par rapport aux partis.

- Etes-vous confiants?

HM: Je suis plus confiant que jamais. Par contre, pour pouvoir gagner, j’appelle tous nos confrères membres de la CGEM à venir voter le 22 mai à partir de 11h. Ce jour-là, il faut que nous soyons nombreux et si mes pairs sont au rendez-vous, je ne vois pas comment nous pourrions perdre.

- Avez-vous visionné le meeting Mezouar-Mekouar?

HM: Je n'ai vu que le début ce matin et j'ai lu les comptes rendus. Certains de mes amis présents m’ont rapporté qu’il y avait des jeunes, des gens de tous les partis… de toutes les parties du Maroc -attention, la politique c’est dangereux-. Mezouar, que je connaissais avant qu’il ne soit candidat, a fait de grandes choses et d’autres que j’ai trouvées moins intéressantes. Il s'est montré tel qu'il est, le programme semble avoir été concocté avec de très bons consultants. Il y a une démarche de consultant qui a permis à quelques jours du scrutin de dévoiler ce programme. (…)

Au départ, on disait qu’on était archi-battus, aujourd’hui on dit que ça semble serré. C’est déjà une victoire.

Je prends l’engagement, si nous sommes élus, de débattre avec Mezouar le lendemain sur son programme de façon à ce qu'on puisse intégrer les éléments qu’il y a dedans et que nous n’avons pas.

- Qui a financé votre campagne?

HM. Ce n’est pas une campagne qui a coûté affreusement cher. J’ai payé la quasi-totalité de la campagne de mes propres deniers, sur mes économies. Je n’ai pas fait payer mon entreprise. C’est moi et moi seul qui ai pris en charge la grande majorité des charges. D’autres ont été assumées par Assia. Il y a eu aussi les bénévoles qui ont pris leur temps, Smael Sebti travaille avec nous depuis un mois, je ne sais pas s'il va facturer ou pas, Youssef, Jamal Belahrach...

Assia Benhida. Nous sommes deux chefs d’entreprises. Donc forcément c’est une campagne d’entrepreneurs soutenus par une équipe constituée de chefs d’entreprises et d’experts et de spécialistes. Sachez que c’est un projet humain qui a été mené de manière tactique et très fine avec nos moyens. Ce qui nous caractérise, c’est de faire une campagne sur le fond.

- Combien a-t-elle coûté, peut-on avoir un chiffre?

HM. Ça a coûté moins cher qu’une voiture. J’ai une vieille voiture. Donc j’ai retardé l’achat d’une nouvelle pour faire cette campagne.

- On a l’impression que dans certains meetings régionaux, peu de monde s'est mobilisé. Est-ce un manque de confiance en la CGEM ou en votre candidature?

HM. Je pense qu’il y a une erreur. Dans certaines régions, il y a eu beaucoup de monde, dans d’autres moins, car nous y sommes allés durant le week-end. Il faut aussi savoir que le public auquel on s’adresse n’est pas un public très large.

En tout et pour tout, les membres qui peuvent voter sont au nombre de 2.000 au maximum sur tout le Maroc. Donc il y a 500 ou 600 dans les 12 régions. Ce qui fait une moyenne de 40 à 50 entrepreneurs par région. Si on a 20 ou 30 entrepreneurs présents, ça représente 65% ou 70%. On les avait avec nous.

AB. Nous n’avions pas des salles combles avec des jeunes, des entrepreneurs et des non entrepreneurs. A nos meetings, il y avait des chefs d‘entreprises.

- Vous avez parlé d’une campagne menée sur le fond, pourtant on a l’impression que beaucoup de place a été accordée à l’autre candidature avec son appartenance politique, la collecte de procurations…

HM. Il y a un fait: notre concurrent, jusqu’à aujourd’hui, est membre du comité exécutif d’un parti politique. Bien sûr qu’il y a des partis politiques qui veulent récupérer cette élection. Mon tweet qui a tant dérangé mon concurrent, ne le visait pas. Il visait les autres partis politiques qui voulaient me récupérer pour leur dire «laissez-moi tranquille».

- Des partis politiques voulaient que vous les rejoigniez?

HM. Non. Mais ils voulaient nous apporter leur soutien. On leur a dit non.

AB. On leur a dit non parce que la CGEM en tant qu’institution tient à rester indépendante sur le plan politique et partisan. C’est une valeur de la CGEM qui a toujours existé et que nous tenons à maintenir et à défendre. Nous sommes des entrepreneurs habitués à défendre les intérêts de la CGEM et de ses adhérents auprès de l’administration et du gouvernement. Et nous n’avons pas besoin de faire un parcours de ministres pour savoir de quoi on parle et pour être en mesure de défendre les intérêts des entreprises.

- Des rumeurs vous disent proches de l'Istiqlal et que ce parti vous soutient...

HM. L'Istiqlal ne s'est pas mobilisé pour nous. J'ai rencontré M. Baraka avant le démarrage de la campagne et en tant que président du CESE.

- Vous avez soulevé la question des procurations et sonné l’alarme. Il n’y a rien d’illégal dans la pratique de procuration…

HM. La CGEM connaît la première élection plurielle depuis 15 ans. Il y a des habitudes qui perdurent. Sur les cinq élections précédentes, il y avait un seul candidat et tout le monde lui donnait des procurations. Les procurations, c'est tout à fait légal. J'ai dit «il y a des rumeurs au sujet de sollicitations très intenses». Le vote aura lieu le 22 mai, gardez la maîtrise de votre vote. En aucun cas, nous n'avons dit que la procuration est un acte illégal. (1)

- Lors de votre meeting, vous avez eu le soutien des past présidents Lahjouji–Chami et vous avez déclaré que ces derniers portaient des valeurs qui se sont perdues. L’on comprend que votre candidature veut les rétablir au sein de la CGEM. De quelles valeurs parle-t-on au juste?

AB. Les convictions, les engagements sociaux ou politiques sur le plan personnel de deux past présidents, ne sont pas le propos. Le message que nous voulions passer est celui de gens qui ont à un moment donné porté la CGEM et qui comptent sur nous pour que la CGEM continue à être une confédération apartisane. Une CGEM forte, influente et portée par des valeurs.

- Quelle est votre position sur le boycott?

HM. J'ai déjà pris position. Le boycott révèle un état d’esprit. Il révèle la disparition des corps intermédiaires. S'il y avait le conseil de la concurrence, ce boycott n'aurait pas existé ou alors pas dans la forme actuelle. Il aurait fallu qu'il y ait un conseil de la concurrence qui soit actif, ainsi que des associations de défense du consommateur ou d’associations de défense de marques. L’ampleur du boycott aurait été plus faible. En tous cas, il aurait trouvé d’autres raisons d’être mais certainement pas celle du prix excessif.

- Si demain vous êtes président et si le boycott se poursuit, quel sera votre plan d’action pour réagir et défendre les entreprises ?

HM. Je l’ai dit. Je vais réorganiser les métiers. Je vais demander au conseil de la concurrence de s’activer. J’irais voir le gouvernement. Je remuerai ce qu’il faut comme élément de l’autre côté pour faire valoir le point de vue de l’entreprise. Je l’ai décliné dans mon programme avant même le boycott. Je veux organiser les métiers. Et je veux que la CGEM soit partie prenante avec les fédérations dans la surveillance des marchés. 

On ne peut pas être acteur sans être effectivement coresponsable. Le temps de l’entreprise n’est pas le temps de l’administration. Nous devons détecter les anomalies qu’il y a sur les marchés et les porter aux pouvoirs publics de façon rapide. Ce qui a fait défaut dans le cas d’espèce, c’est un manque d’explication et un manque d’organisation des marchés.

On nous dit que le lait est cher au Maroc. Les vaches au Maroc produisent moins de lait qu’en Europe. Il y a des agriculteurs derrière, portés par des coopératives. Donc je ne suis pas certain que le lait soit cher parce qu’une entreprise fait du surprofit. En tous les cas, il faut regarder cela de plus près.

-Le chef du gouvernement a demandé aux entreprises d’alléger le coût du panier de la ménagère, que répondez-vous à cela?

HM. Si le chef du gouvernement dit cela, c’est qu’il observe des dysfonctionnements. Tout le monde n'est pas dans cette situation. Beaucoup d’entreprises ne sont pas en mesure d’augmenter leurs prix et pourtant elles devraient le faire car elles n’arrivent pas à couvrir leurs charges.

Attention. Ce n’est pas parce qu’on est entrepreneur qu’on gagne beaucoup d’argent. Attention à l’idée de dire que l’entreprise peut faire du profit du simple fait qu’elle existe. C’est ce que je disais au début.

Nous avons un Maroc à deux vitesses totalement différentes. Il y a les entreprises incitées et qui font des profits. Et il y a la majorité des entreprises qui croulent sous les charges et les impôts. (…) Dans notre programme, on dit oui à une hausse du pouvoir d’achat mais avec une baisse des charges. Nos entreprises ne sont pas en mesure d’encaisser un nouveau choc.

- Votre slogan c’est libérer l’entreprise. De quoi exactement?

HM. La perception de l’entreprise est négative. Les Marocains en général et certains fonctionnaires de l’administration ont une image négative de l’entrepreneur. Au lieu que ce dernier passe son temps à améliorer les performances de son entreprise, chercher de nouveaux marchés, baisser ses coûts, il passe son temps à essayer de sortir de la bureaucratie. C’est extrêmement douloureux. Dans ces conditions, on ne peut pas créer de nouvelles richesses.

N’oublions pas que le rôle de l’entreprise, c’est de créer les richesses et le rôle de l’Etat est de les distribuer. Si les entreprises ne créent pas de richesses, elles ne créent pas de l’emploi. Le Maroc ne crée annuellement que 40.000 emplois; alors qu’on devrait en créer jusqu’à 300.000 par an. (3)

C’est une obligation pour maintenir la cohésion sociale. Nous ne pouvons pas le faire s’il n’y a pas d’entrepreneurs. Il n’y aura pas d’entrepreneurs s’il n’y a pas d’opportunités et si les risques sont trop importants. L’idée est de libérer l’entreprise des obstacles et des obstructions bureaucratiques inutiles, la libérer d’un cadre réglementaire dépassé. Libérer l’entreprise et la remettre en jeu par rapport à la croissance.

- Vous parlez d’une fiscalité adaptée à l’économie réelle, vous voulez davantage de baisses ou d’exonérations d’impôts?

HM. Pour être concret, ce que nous proposons est un allègement des taxes et charges sociales sur les bas salaires de façon à ce qu’on puisse augmenter les rémunérations sans charger le coût du travail. Il y a 3 millions de personnes inscrites à la CNSS dont 1,2 million qui cotisent mensuellement et 1,8 million qui paient occasionnellement. Ajoutez à cela les 500.000 fonctionnaires pris en charge dans le système social. Seules ces personnes sont concernées par le code du travail. Donc, c'est un système qui n'est pas efficient. Ces chiffres le démontrent. (2)

Il faut changer ce système car il alimente l'informel et grève la compétitivité de nos entreprises. Les entreprises exposées à la concurrence internationale doivent avoir rapidement un allègement des charges.

- Quels sont les garde-fous que l’on peut mettre en place pour être certain que la baisse du coût du travail engendrera bien une création d’emplois?

HM. On doit avoir des discussions aves nos partenaires sociaux et l’Etat pour construire un nouveau modèle.

- Quel est le SMIG acceptable pour vous?

HM. A Casablanca, vivre avec 3.000 DH est très difficile. Je ne peux pas vous dire quel est le SMIG acceptable. Il faut par contre baisser le coût de la vie.

- Vous défendez un programme ambitieux. Pensez-vous avoir le pouvoir de négociation et les réseaux nécessaires au sein de l’administration pour le concrétiser?

HM. Je ne me suis pas levé le matin et en me rasant je me suis dis que je vais devenir président de la CGEM. Evidemment que des gens sont venus me chercher pour me dire "présente-toi". Les relais, je les ai. Cela fait 11 ans que je suis au plus haut niveau du patronat. Évidemment que j’ai tous les réseaux.

AB. Jusqu’à preuve du contraire et l’histoire le confirme, la CGEM n’a jamais été portée par un ministre pour qu’elle puisse défendre ses intérêts. Si en 2018, il faut avoir un passé dans l’administration pour représenter la CGEM, je me demande où est-ce qu’on va?!

- La CGEM a toujours été accusée par plusieurs entrepreneurs de défendre principalement les intérêts des grands. Confirmez-vous et est-ce que cela changera si vous êtes élus?

HM. Nous allons travailler avec les grandes entreprises mais nous allons aussi ouvrir la CGEM aux PME et TPE. Nous allons professionnaliser le travail de la CGEM.

- Quelle sera votre première décision si vous êtes élus?

HM. Nous allons nommer un défenseur des droits des entreprises. Il sera au service de toutes les PME et les TPE au même titre que les GE.

- Médias24 a proposé et vous propose de nouveau un face-à-face avec Salaheddine Mezouar. Seriez-vous prêt au face-à-face pour débattre des programmes?

HM. L’accord de principe vous l’avez dès que j’aurai pris connaissance de son programme.

AB. N’oublions pas une chose. Cette campagne est destinée à être proche et à l’écoute de ceux qui vont voter pour nous et de ceux qui nous soutiennent.

 

NOTES:

(1). Pour lire des extraits du mail de Hakim Marrakchi, cliquer ici. En fait, la phrase exacte de Marrakchi dans ce mail est la suivante: "Plusieurs adhérents nous ont alertés sur de possibles pratiques qui ont cours ailleurs mais jamais au sein de notre Confédération". Cette affirmation s'est avérée erronée puisque les procurations ne sont pas illégales et ont de tous temps été pratiquées au sein de la CGEM.

(2). Les chiffres de la CNSS sont de 2,2 millions de cotisations mensuelles. Cf tweet ci-dessous, en réaction à notre live.

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