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Comment fonctionnera l'ensemble Saham-Sanlam: les révélations de Nadia Fettah  

Jeudi 11 octobre 2018 à 16h19
Comment fonctionnera l'ensemble Saham-Sanlam: les révélations de Nadia Fettah
 

EXCLUSIF. Médias24 a rencontré la directrice générale de Saham Finances, Nadia Fettah, pour connaitre la nouvelle vie du groupe marocain devenu sud-africain après le closing du deal Saham-Sanlam qui a eu lieu mercredi 10 octobre 2018.

10h au siège de Saham Assurances. Nadia Fettah accueille Médias24 au lendemain du closing de l'opération de cession de la totalité des actions de Saham finances à son partenaire sud-africain Sanlam pour un montant de 1,05 milliard de dollars.

À quels changements doit-on s'attendre ? Comment se fera la transition ? Que fera Saham de cette manne financière qu'il vient de recevoir ? Notre interlocutrice plante le décor d'emblée. "Je suis la directrice générale de Saham Finances, je suis ravie de prendre les questions sur le business, les questions relatives à la transaction concerne les deux actionnaires, pour Saham group, il faut prendre attache avec eux". 

Le premier changement est bien là. Nadia Fettah, qui a occupé plusieurs postes au sein du groupe Saham, fait partie désormais de la grande famille Sanlam. Sa carte de visite fraîchement imprimée, porte désormais la mention "member of Sanlam group", elle rejoindra à ce titre le comité exécutif de Sanlam Emerging Markets, aux côtés d'Emmanuel Brulé, directeur général adjoint de Saham Finances. 

Elle nous livre à travers cet entretien les premiers détails de la transition et de la stratégie de Saham finance signée Sanlam. 

Médias24. Le closing de l'opération a eu lieu le mardi 9 ou le mercredi 10 ?

Nadia Fettah. Le closing, comme son nom l'indique, c'est quand on a tout fini et bouclé. Cela a eu lieu hier (mercredi 10, ndlr). L'argent a été reçu en totalité par les personnes concernées.

Quels sont les changements qui se sont opérés ou qui s'opéreront juste après la finalisation du deal ?

Ce sont deux groupes qui ont eu la même vision en 2005, qui ont cru que l'Afrique était une opportunité pour le secteur des assurances. Un partant du nord et un partant du sud, ils se sont retrouvés au milieu en 2014 avec l'idée d'être un assureur de référence globalement sur le marché, pour servir toutes les multinationales panafricaines, pour être des compagnies leaders qui comprennent leur marché et qui servent leurs clients locaux.

Maintenant, il y a deux ensembles. La bonne nouvelle, c'est que ces deux ensembles vont créer beaucoup de valeurs, car ils ont très peu de pays en commun. Nous ne nous sommes pas du tout occupés à faire le tri dans notre portefeuille de filiales. Sur 33 pays, Saham Finances et Sanlam sont tous deux présents sur trois pays uniquement : le Kenya, le Nigéria et le Rwanda. C'est déjà une chance. Et pour ces trois, il y a des solutions qui sont en train d'être déployées de façon rapide et facile.

De quelles solutions s'agit-il ?

Je ne peux pas rentrer dans le détail. Mais il y a des pays où on va fusionner, dans d'autres, on va peut-être gérer les deux en même temps. Ce sont des solutions simples, mais à aucun moment, ni pour ces trois pays ni pour tous les autres, il ne s'agit d'aller regarder les coûts et de couper des emplois, car c'est une histoire de croissance.
Globalement, on a besoin de beaucoup plus de ressources humaines que ce que l'on a actuellement.

D'ailleurs, on a anticipé pour le Rwanda où il y a bien évidemment quatre compagnies (deux en non-vie et deux en vie), donc 4 directeurs généraux. Sur les quatre, un directeur a, depuis juin dernier, entamé une nouvelle expérience en partenariat avec le groupe. Les trois qui restent, se connaissent, se respectent, se parlent et donc l'un d'eux aura un job différent.

Au Kenya, la directrice de nos opérations non-vie va rejoindre le groupe Sanlam, c'est quelque chose qui a été acté en juin dernier et elle sait ce qu'elle va faire à l'intégration. Il y a une vraie culture de transparence de part et d'autre.

Dans ces trois pays, typiquement, nous avons des régulateurs qui nous observent et nous soutiennent énormément. Cette confiance est extrêmement importante.

Comment comptez-vous organiser les activités du groupe ?

Il y a quelque chose d'important à noter, c'est que la vraie expertise de Sanlam, en dehors de l'Afrique du Sud, est construite autour de l'assurance-vie. Saham Finances avait fait un choix différent, 85% de notre activité est dans l'assurance non-vie. On arrive donc avec deux groupes complémentaires à la fois sur l'activité et les pays d'implantation.

Après réflexion, nous avons décidé de ne plus réfléchir d'un point de vue régional, mais de raisonner du point de vue de la ligne d'activité.

Sanlam Emerging Market a décidé d'agir avec un patron qui est Junior John Ngulube, CEO de Sanlam Emerging Market et deux directions générales. L'une s'occupe des assurances dommage et l'autre se charge de l'assurance-vie.

L'équipe Saham Finances et moi-même aurons la responsabilité d'ici quelques semaines des assurances dommage de l'ensemble de Sanlam Emerging Market. En d'autres termes, on aura la charge du périmètre actuel, en plus d'une dizaine de pays. Un collègue de Sanlam s'occupera de l'assurance-vie. 

Y compris au Maroc ?

Non, justement, il y a une petite nuance. Dans la majorité des pays, il y a deux compagnies distinctes pour la vie et la non-vie, au Maroc nous avons une compagnie mixte, donc j'ai la responsabilité de gérer le Maroc et d'autres pays tels que le Liban. l'équipe assurance-vie m'aidera à développer ce segment sur ces marchés.

Comment concrètement se déclinera cette nouvelle répartition des activités ?

En fait, nous ne changeons rien à notre ligne hiérarchique, mon organigramme reste strictement le même avec l'ambition de recruter davantage. On fera les changements nécessaires pour faire vivre cette entreprise comme je l'ai fait depuis des années, mais avec une dizaine de pays de plus et donc plus de voyages et plus de cheveux blancs... (rires).

Ce qui est important à noter, c'est que l'on se connaît très bien, car cela fait quatre ans que nous travaillons ensemble. Nous sommes vraiment dans la continuité, car nous avons anticipé plusieurs chantiers. Par exemple, nous avons déjà commencé à travailler sur l'activité vie. J'ai une équipe que j'ai montée qui ressemble à ce que fait Sanlam dans d'autres pays. On l'a fait au Bénin, Cameroun et au Burkina Faso.

De la même façon, je suis très fière de dire aujourd'hui, que nous gérons depuis juin 2018, les produits santé en Ouganda et en Zambie qui sont des pays de Sanlam Emerging Market. Donc même la transaction n'avait pas encore été finalisée, nous avions commencé à travailler dans ce sens, car ils nous reconnaissent une expertise dans les métiers de l'assistance et de la santé dont ils nous ont déjà confié le portefeuille.

L'organisation est bien comprise et elle est presque logique au regard du savoir-faire des uns et des autres.

Combien de temps prendra la prise en charge de l'activité non-vie de Sanlam pour que tout soit en place ?

À partir de janvier, je devrais rendre des comptes sur ces pays. Maintenant, je ne les connais pas tous. Nous allons prendre le temps sur les six prochains mois de les visiter, de visiter les filiales, de rencontrer les équipes...

Saham assurances est cotée en bourse. Qu'en est-il des impératifs réglementaires ?

Absolument. Nous devons offrir à tous les actionnaires minoritaires la possibilité de se retirer. Il y aura une Offre Publique d'Achat. Le process réglementaire démarrera à partir de demain dans le respect total de la réglementation et de la loi.

Quelle est votre stratégie pour le segment de l'assistance ?

C'est une activité importante pour Sanlam Emerging Market. On couvre 16 pays d'ores et déjà. Et je vais avoir la responsabilité dans les 6 prochains mois de prendre les engagements pour servir tous les autres pays de Sanlam. Nous n'avons pas encore fait les études, mais à terme, nous allons développer l'assistance dans toute l'Afrique de l'Est et l'Afrique australe très prochainement. Il faut aussi savoir qu'on traite l'assistance à partir du plateau de Casablanca. Nous n'avons pas que des Marocains. Nous avons des Rwandais qui servent les clients du Rwanda à partir de Casablanca.

Et tous les pays seront gérés à partir du Maroc ?

Assurément. Si maintenant on a besoin d'une plateforme ailleurs en Afrique, ça sera une bonne nouvelle car ça voudra dire qu'on a beaucoup plus de volume.

Pour le Maroc, est-ce qu'il y a eu un changement significatif ou tout est resté pareil ?

Au Maroc et ailleurs, je vous donnerai toujours la même réponse. L'organisation qui change, c'est que Sanlam veut une équipe pour l'activité non-vie et une équipe pour l'activité vie. Vous avez dû suivre cela, on a un nouveau directeur général qui est venu en septembre. J'espère qu'il ne nous proposera pas de changer de stratégie, car nous sommes satisfaits de la nôtre. Il s'agit de la déployer différemment et pour cela, il faudra une organisation. On change notre organisation, car c'est la vie de l'entreprise, mais je peux vous assurer qu'il n'y a aucun changement dicté ou conséquent à cette transaction.

Au-delà, je peux vous assurer que Saham Assurances Maroc et Saham assistance vont rester des entreprises marocaines. Le capital vient de là où il veut, et tant mieux s'il vient d'ailleurs. Ce que je vous dis, Sanlam y tient. Ils ont une culture de partenariat très forte. Ils veulent être locaux. Donc j'espère qu'ils vont apporter des changements chez nous, que ce qu'ils font de façon exceptionnelle en Afrique du Sud, on va en profiter. Mais on sera toujours une entreprise locale, car on a aussi un important actionnaire local qui est le groupe Sanam qui a fait ce choix de rester et de nous accompagner et accepter de prendre la présidence.  


Pour rester au Maroc, Saham Assurances est troisième sur le marché. Après ce mariage avec Sanlam, quelles sont vos ambitions ? Devenir le numéro 2 ou le numéro 1, par exemple ?

Nous voulons grossir et nous améliorer, c'est certain, mais nous n'avons aucun target de devenir numéro 1 ou numéro 2. D'ailleurs, notre règle, c'est d'être dans le top 3 là où nous sommes actuellement. Nous sommes leaders dans plusieurs marchés où nous existons, et nous sommes troisièmes dans d'autres comme au Maroc.

Ce qui a compté au Maroc jusqu'à présent, c'est que nous avons fait des choix stratégiques plutôt différents : être retail, dans le dommage, beaucoup dans l'auto et la santé. Nous avons atteint nos objectifs, car nous sommes premiers sur le segment non-vie, sur l'auto et sur la santé.

Sur le segment vie, bien sûr, on revient de loin. Nous avons des partenariats en banque-assurances où on a fait un travail colossal et on a des résultats très probants. Nous sommes contents des résultats, donc, nous allons continuer sur cette même lancée. Nous envisageons de développer le segment vie avec de nouveaux produits, de nouveaux outils, on va peut-être même réfléchir à de nouveaux modes de distribution. C'est cela qui va nous animer, mais à aucun moment nous ne travaillerons pour dépasser le numéro 1 ou 2.

Sur le continent, la stratégie sera de développer l'existant ou de faire de nouvelles acquisitions ou cibler de nouveaux pays ?

Nous pensons que nous avons fait énormément de croissance depuis 2010, il est donc temps pour nous de travailler sur le périmètre existant et de faire de la croissance organique et de mieux servir nos clients. Maintenant, dans les plans de Sanlam Emerging Market, il reste deux marchés majeurs qui manquent au portefeuille. Il s'agit de l'Ethiopie et l'Egypte.

Sur l'Ethiopie, il y a une contrainte, disons, réglementaire qui va être levée dans les prochaines années. En attendant, Sanlam Emerging Market est actif pour comprendre ce marché et préparer le terrain pour le moment venu.

Pour l'Egypte, un grand marché qui est un pan entre l'Afrique et le Moyen-Orient. On va l'explorer. On va à peine commencer à travailler dessus. En dehors de ces deux grands marchés, il n'y a pas de plans d'expansion à proprement dit.

En 2017, Saham a eu un conflit avec l'assureur Sunu. Une prise de participation de Saham dans le capital de Sunu, interprétée comme une attaque ou une OPA sur son entreprise par l'actionnaire majoritaire, Pathé Dione. Depuis, que s'est-il passé ?

Nous avons pris une participation dans Sunu parce que l'entreprise a un modèle qui ressemble au nôtre. Nous sommes juste cohérents. On s'est dit, ces gens-là ont une stratégie similaire à la nôtre, ils croient en l'Afrique, ils croient en l'assurance et ils croient en le réseau. Pourquoi réinvestir dans un groupe pareil, me diriez-vous ? Nous ne sommes pas pareils, Sunu fait beaucoup de vie.

Sachant que les actions que nous avons achetées, appartenaient à des actionnaires qui sont venus nous voir pour nous les céder. La majorité a entre 70 et 80 ans. Ils voulaient préparer leur succession, ils ont demandé à l'actionnaire de reprendre leurs actions, il n'a jamais voulu. Ils se sont tournés vers nous. Après, il (Pathé Dione, ndlr) a considéré que c'est une agression, on comprend.

Pour nous, cette opération représente deux possibilités. La première, voire cela comme un investissement purement financier. La seconde, si un jour ce monsieur veut céder, peut-être qu'on aura envie d'être sur l'opération et peut-être pas.

Mais Saham a pris des engagements qui ont été respectés : nous ne siégeons pas dans le board, nous ne touchons pas aux équipes et nous ne regardons pas de l'intérieur ce que Sunu fait, car Sunu est un concurrent et on respecte la concurrence.

Si vous n'entendez plus parler de cela, c'est que Sunu a compris que nous respectons nos concurrents.

Comment cette transaction se fond-elle dans ce nouvel ensemble Saham-Sanlam. Est-ce qu'il n'y a pas de confusion entre Sunu et Sanlam par rapport à certains pays de présence ?

Vous savez, nous avons des actions dans le capital de Wafa Assurances. Nous sommes un investisseur, un asset manager, et donc nous avons des actions dans plein d'autres actifs. L'investissement dans Sunu fait partie des actifs que nous gérons.

Donc vous le voyez comme un simple actif ?

Aujourd'hui, c'est un actif. Demain je ne saurais pas vous dire parce que je ne sais pas ce que Sunu veut faire et je ne sais pas encore ce qu'on veut. À l'époque Saham disait, on ne sait pas faire de la vie... Peut-être que Sanlam va se poser la question autrement : est-ce que Sunu pourra nous faire gagner cinq ans ou pas ? Si ça ne nous fait pas gagner cinq ans mais juste deux, on préfère nous retrousser les manches et ouvrir nos agences, car deux ans, c'est peut-être le temps qu'il faut pour négocier un contrat... 

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