Le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, a présenté le bilan d’étape de la vision stratégique 2015-2030 ainsi que les chantiers prioritaires du ministère pour les années à venir, lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 17 janvier à Rabat. Amzazi a livré à cette occasion des détails intéressants, aussi bien sur les futurs chantiers du ministère que sur les grands défis de l’éducation, à l’instar de la langue d’enseignement ou de sa gratuité.

Lors de sa présentation du bilan d’étape de la vision stratégique 2015-2030 de l’Education, le ministre de tutelle Saaïd Amzazi a passé en revue les différents axes de cette stratégie nationale, tout en dressant les objectifs et perspectives du secteur. Les données exposées par le ministre ont déjà été présentées en début de semaine, lors des travaux de la 15e session du Conseil supérieur de l'éducation.

Lors des échanges avec la presse, Amzazi a révélé d’intéressants détails sur les perspectives de l’Education nationale…

>Langues d’enseignement

«Ce que nous défendons, c’est l’équité en termes de qualité d’enseignement. A ce titre, le renforcement des langues étrangères est l’un des principaux leviers pour atteindre cet objectif», explique Amzazi, qui souligne que le projet de loi-cadre de l’éducation a dédié plusieurs articles au renforcement des langues, et ce, «conformément à la Constitution, aux orientations royales et à la vision stratégique 2015-2030».

Le ministre de l’Education a clairement exprimé la nécessité d’enseigner les matières scientifiques en français dès le primaire, afin de réduire l’écueil entre enseignement public et privé. «Cela se reflète clairement au niveau des études supérieures, où les bacheliers du secteur privé ont un meilleur taux de réussite dans les branches scientifiques. A l’inverse, nous avons constaté que 26% des étudiants en première année de faculté ne passaient même pas l’examen du 1er semestre, à cause de la barrière de la langue qui les laisse totalement désarmés».

En réponse à des voix qui proposent d’arabiser également l’enseignement supérieur dans sa globalité, le ministre de tutelle avertit : «arabiser le supérieur va isoler le Maroc par rapport à la dynamique internationale, car on ne produit pas de savoir scientifique en arabe, mais en anglais, en français…».

Sur le choix du français plutôt que l’anglais, Amzazi affirme que cela repose uniquement sur les effectifs de professeurs capables de dispenser les matières scientifiques en ces langues – les profs de français étant bien évidemment majoritaires. «Nous nous orienterons davantage vers l’anglais d’ici une dizaine d’années, le temps de former les ressources nécessaires», précise le ministre.

>Gratuité de l’enseignement

Saaïd Amzazi a tenu à rappeler «la gratuité totale de l’enseignement jusqu’à l’âge de 16 ans. Au-delà, l’Etat garantit aux plus démunis la possibilité de poursuivre leurs études».

Pour relativiser le débat autour de la gratuité, le ministre s’en sort par une pirouette : «il est prévu d’instaurer des frais d’inscription, et non de scolarité. Seules les familles aisées paieront, et ces montants ne serviront pas à financer la réforme, mais bénéficieront directement aux établissements scolaires pour améliorer les prestations aux élèves». Amzazi n’a pas été en mesure de définir clairement une «famille aisée», mais a tenu à préciser que les frais d’inscription ne dépasseront pas 500 DH par famille…

>Formation professionnelle

Le ministre de tutelle a confirmé la création prochaine du premier institut national de formation destiné exclusivement aux RH de la formation professionnelle. Ainsi que du 1er institut du middle-management et de l’entrepreneuriat, qui sera créé à Casablanca en partenariat avec la CGEM.

Amzazi a aussi annoncé «la réorientation de la formation professionnelle vers des instituts de nouvelle génération, dont la création reposera sur des études sectorielles ainsi que l’analyse des écosystèmes». Quelques nouvelles filières ont été annnoncées, notamment l’industrie navale et les métiers liés au développement durable et la digitalisation. Avec le renforcement des soft skills et des langues.

>Refonte de la licence universitaire

Le contenu, les modalités d’accès basées sur les notes, ainsi que la durée du cursus des licences ont été revus et quasi-finalisés. Le ministre a confié que la nouvelle mouture de la licence proposerait un cursus sur 4 ans. «Ce serait cohérent, compte tenu de la réalité du terrain. Dans le système actuel des licences, les étudiants qui décrochent leur diplôme en 3 ans sont uniquement de 10% en sciences exactes, 15% en sciences humaines, et 18% en économie», souligne Amzazi.

Les filières universitaires connaitront également un nettoyage, notamment celles connaissant les plus faibles taux d’insertion des lauréats. L’appellation «licence» va d’ailleurs elle-même changer pour celle de «bachelor», conformément aux standards internationaux.

Amzazi a par ailleurs annoncé la volonté d’étendre les prérogatives des présidents d’universités, en leur conférant notamment la possibilité de gérer leurs ressources humaines – qui dépendent jusqu’à aujourd’hui directement du ministère.

Ci-après la vidéo complète de la rencontre avec Saaïd Amzazi, ministre de l’Education:

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Le ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, a présenté le bilan d’étape de la vision stratégique 2015-2030 ainsi que les chantiers prioritaires du ministère pour les années à venir, lors d’une conférence de presse organisée ce jeudi 17 janvier à Rabat. Amzazi a livré à cette occasion des détails intéressants, aussi bien sur les futurs chantiers du ministère que sur les grands défis de l’éducation, à l’instar de la langue d’enseignement ou de sa gratuité.

Lors de sa présentation du bilan d’étape de la vision stratégique 2015-2030 de l’Education, le ministre de tutelle Saaïd Amzazi a passé en revue les différents axes de cette stratégie nationale, tout en dressant les objectifs et perspectives du secteur. Les données exposées par le ministre ont déjà été présentées en début de semaine, lors des travaux de la 15e session du Conseil supérieur de l'éducation.

Lors des échanges avec la presse, Amzazi a révélé d’intéressants détails sur les perspectives de l’Education nationale…

>Langues d’enseignement

«Ce que nous défendons, c’est l’équité en termes de qualité d’enseignement. A ce titre, le renforcement des langues étrangères est l’un des principaux leviers pour atteindre cet objectif», explique Amzazi, qui souligne que le projet de loi-cadre de l’éducation a dédié plusieurs articles au renforcement des langues, et ce, «conformément à la Constitution, aux orientations royales et à la vision stratégique 2015-2030».

Le ministre de l’Education a clairement exprimé la nécessité d’enseigner les matières scientifiques en français dès le primaire, afin de réduire l’écueil entre enseignement public et privé. «Cela se reflète clairement au niveau des études supérieures, où les bacheliers du secteur privé ont un meilleur taux de réussite dans les branches scientifiques. A l’inverse, nous avons constaté que 26% des étudiants en première année de faculté ne passaient même pas l’examen du 1er semestre, à cause de la barrière de la langue qui les laisse totalement désarmés».

En réponse à des voix qui proposent d’arabiser également l’enseignement supérieur dans sa globalité, le ministre de tutelle avertit : «arabiser le supérieur va isoler le Maroc par rapport à la dynamique internationale, car on ne produit pas de savoir scientifique en arabe, mais en anglais, en français…».

Sur le choix du français plutôt que l’anglais, Amzazi affirme que cela repose uniquement sur les effectifs de professeurs capables de dispenser les matières scientifiques en ces langues – les profs de français étant bien évidemment majoritaires. «Nous nous orienterons davantage vers l’anglais d’ici une dizaine d’années, le temps de former les ressources nécessaires», précise le ministre.

>Gratuité de l’enseignement

Saaïd Amzazi a tenu à rappeler «la gratuité totale de l’enseignement jusqu’à l’âge de 16 ans. Au-delà, l’Etat garantit aux plus démunis la possibilité de poursuivre leurs études».

Pour relativiser le débat autour de la gratuité, le ministre s’en sort par une pirouette : «il est prévu d’instaurer des frais d’inscription, et non de scolarité. Seules les familles aisées paieront, et ces montants ne serviront pas à financer la réforme, mais bénéficieront directement aux établissements scolaires pour améliorer les prestations aux élèves». Amzazi n’a pas été en mesure de définir clairement une «famille aisée», mais a tenu à préciser que les frais d’inscription ne dépasseront pas 500 DH par famille…

>Formation professionnelle

Le ministre de tutelle a confirmé la création prochaine du premier institut national de formation destiné exclusivement aux RH de la formation professionnelle. Ainsi que du 1er institut du middle-management et de l’entrepreneuriat, qui sera créé à Casablanca en partenariat avec la CGEM.

Amzazi a aussi annoncé «la réorientation de la formation professionnelle vers des instituts de nouvelle génération, dont la création reposera sur des études sectorielles ainsi que l’analyse des écosystèmes». Quelques nouvelles filières ont été annnoncées, notamment l’industrie navale et les métiers liés au développement durable et la digitalisation. Avec le renforcement des soft skills et des langues.

>Refonte de la licence universitaire

Le contenu, les modalités d’accès basées sur les notes, ainsi que la durée du cursus des licences ont été revus et quasi-finalisés. Le ministre a confié que la nouvelle mouture de la licence proposerait un cursus sur 4 ans. «Ce serait cohérent, compte tenu de la réalité du terrain. Dans le système actuel des licences, les étudiants qui décrochent leur diplôme en 3 ans sont uniquement de 10% en sciences exactes, 15% en sciences humaines, et 18% en économie», souligne Amzazi.

Les filières universitaires connaitront également un nettoyage, notamment celles connaissant les plus faibles taux d’insertion des lauréats. L’appellation «licence» va d’ailleurs elle-même changer pour celle de «bachelor», conformément aux standards internationaux.

Amzazi a par ailleurs annoncé la volonté d’étendre les prérogatives des présidents d’universités, en leur conférant notamment la possibilité de gérer leurs ressources humaines – qui dépendent jusqu’à aujourd’hui directement du ministère.

Ci-après la vidéo complète de la rencontre avec Saaïd Amzazi, ministre de l’Education:

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