Dans les années 1970, les professeurs de philosophie avaient une super image. Enviés ou adulés, respectés et admirés. Si on enseignait la philosophie, c’est qu’on était soi-même un peu philosophe. Et un philosophe, c’est quelqu’un qui sait. Un iconoclaste, parfois rêveur, toujours intelligent et parfois romantique. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Voici les réponses de deux enseignants.

Dans l’ère technologique et digitale qui semble abandonner graduellement la profondeur du sens en faisant des réseaux sociaux l'incontournable recours, la philosophie ne serait-elle pas intentionnellement reniée ? 

Aziz Lazrak, professeur de philosophie, écrivain et ex-secrétaire général de l'Association marocaine des enseignants de philosophie dans les années 90, et Mohamed Chirigan, professeur de philosophie, interagissent avec Médias24. Hommes de terrain, leurs réflexions mettent l'accent sur l'impact négatif de plusieurs facteurs sur le statut de l'enseignement de la philosophie.  

Nos interlocuteurs minimisent la différence qu'il y a entre les études philosophiques au Maroc des années 1970 ou 1980 et celles d'aujourd'hui.

Pour Aziz Lazrak, "il n'y a pas de différence majeure dans les grands axes qui sont les mêmes: les thèmes philosophiques, les philosophes, les courants philosophiques... ". En revanche, il attire l'attention sur les changements survenus chez les étudiants, les enseignants et au niveau du rôle attribué à la philosophie.

Aziz Lazrak: "L'enseignant de philosophie devient un simple fonctionnaire soucieux du programme, prisonnier de la répétition et de la reproduction figée des thèses philosophiques décontextualisées"

Quant à Mohamed Chirigan, il pointe du doigt le contenu des manuels scolaires. "On peut considérer que la période entre 1971 et 1978, durant laquelle les enseignants de philosophie se sont reposés sur deux manuels scolaires, « Leçons de la pensée islamique » et « Leçons de la philosophie », des ouvrages de Mohamed Abed Al-Jabri, Ahmed Settati et Mustapha El Omari, est une période bien meilleure que celle qui a suivi et qui s'est étendue jusqu'à 1990“.

“La première étape a contribué de manière significative à la formation de la génération des années soixante-dix. Dans l'étape suivante, la philosophie sera vidée de son essence avec la publication de manuels manquant de clarté intellectuelle et de méthodologique requise. Le facteur idéologique, orienté par les tendances conservatrices au sein de la société marocaine, contribuera à cela", explique-t-il. 

Chirigan s'arrête sur l'année 1991 qui, selon lui, "ouvrira une nouvelle phase, complètement différente des deux précédentes: l'enseignement de la philosophie sera régi par des textes juridiques et des instructions du ministère de l'Education nationale."

 "L'enseignant de philosophie devient prisonnier de la répétition et de la reproduction figée des thèses philosophiques décontextualisées"

Tous les deux sont d'accord sur la dégradation du statut de l'enseignement philosophique au Maroc, une mutation qu'ils ont vécue en passant du statut d'étudiant au statut de professeur. 

"Ce qui a vraiment changé entre les deux époques, c'est le rôle de l'école et la mission de l'enseignant en général et particulièrement l'enseignant de la philosophie. D'une part, l'école était le noyau de la société, prometteuse de changement et incubateur du rêve personnel et sociétal, mais aujourd'hui l'école devient un foyer misérable des gens désespérés, un champ de bataille dont le principe et la fin -l'apprentissage- sont mis à mal par la compétition sauvage et par la survie du plus fort (le meilleur et l'excellent). Et d'autre part, l'enseignant a perdu son prophétisme et sa mission intellectuelle engagée. L'enseignant de philosophie devient un simple fonctionnaire soucieux du programme, prisonnier de la répétition et de la reproduction figée des thèses philosophiques décontextualisées. L'enseignement de la philosophie n'a plus la bonne cause qui lui tient à cœur et que doit défendre l'enseignant (la modernité, la lumière, la critique...)", s'indigne Aziz Lazrak. 

Mohamed Chirigan, lui, se focalise sur la transformation produite au niveau du contenu scolaire, des sujets : "Les manuels des années 70 incluaient une variété de sujets philosophiques d'une grande importance par rapport aux stades ultérieurs, notamment les schémas de pensée, la définition des grandes doctrines philosophiques, les déterminants du comportement humain: son état et son efficacité, les problèmes intellectuels les plus importants en matière de théologie, de jurisprudence et de philosophie. Toutes ces questions sont toujours nécessaires à notre époque - mais les méthodes d'enseignement reposent souvent sur l'endoctrinement. Si certains enseignants adoptent des textes philosophiques et des méthodes pédagogiques interactives, ces tentatives ne sont que des initiatives individuelles. Même lorsque les textes philosophiques ont commencé à être adoptés au début des années 1990, les professeurs de philosophie ont été incapables de dépasser la méthode d'endoctrinement. C'est peut-être l'un des facteurs fondamentaux qui explique la situation désastreuse des études philosophiques dans nos salles de classe."                                                                           

Décadence du statut même de la philosophie

Aziz Lazrak évoque “une décadence“ du statut de la philosophie au Maroc. Selon lui, le changement du programme ou de la pédagogie ne sont que les effets de ce déclin, et pas la cause. 

Pour lui, “le problème est plutôt stratégique, il s'agit d'une sorte de réductionnisme qui a métamorphosé la philosophie en matière scolaire dépourvue de son élan disciplinaire“. 

Dans le même sens, Chirigan estime "qu’il y a eu la restriction de la pensée rationnelle et élargissement du cercle de la pensée superstitieuse et de la pensée dogmatique au sein de la société. Cette situation est due à plusieurs facteurs, notamment aux politiques de l'éducation, aux médias et aux domaines religieux. Il y a des chaînes de télévision orientales dont le rôle est d'inciter les individus à prôner une seule et unique idée, leur vérité. S'ajoute à cela le sentiment d'impuissance développé chez les individus, lorsqu'ils sont face à une réalité sociale qui se dégrade."

 

Mohamed Chrigan: "L'ère numérique a contribué à banaliser la futilité et le non-sens qui sont devenus presque communs à toute une génération"

Les politiques menées dans les années 70 et visant l'éducation, ne seraient-elles pas également un facteur ? Pour Aziz Lazrak, ce n'est pas vraiment le cas. "Oui, à cette époque la philosophie était assiégée, mais les enseignants ont su résister et défendre leur cause. Aujourd'hui, malgré la marge de liberté, on est paradoxalement assiégé par nos pratiques -en absence de toute praxis au sens philosophique du terme- et par un désengagement qui menace l'existence même de la philosophie. Certes, les graines de cette médiocrité ont été plantées dans cette époque, mais le malheur c'est qu'on a transformé le présent en un centre d'isolement, d'adaptation et de réinsertion à cette médiocrité (responsabilité et complicité). L'esprit critique est une responsabilité du sujet, qui devrait être fidèle à l'appartenance à la philosophie".

Dans la même lignée, Chirigan poursuit : "Il faut plutôt pointer du doigt une classe politique dont la seule finalité est de préserver ses intérêts... En général, la limitation de la pensée critique au sein de notre société ne peut pas seulement résulter des contenus des matières, mais aussi de la méthode d'enseignement, l'endoctrinement et le bourrage de crâne avec des idées prêtes et stéréotypées sans se soucier du développement des facultés mentales et de l'esprit critique".

"La philosophie... de Gutenberg à Zuckerberg"

Les deux enseignants n'ont pas complètement réfuté l'impact négatif d'Internet sur le statut de la philosophie.

Pour Chirigan, "l'ère numérique a contribué à banaliser la futilité et le non-sens qui sont devenus presque communs à toute une génération. Cependant, la dure réalité de ce que nous vivons au sein de nos institutions ne devrait pas revenir à ce facteur, mais on peut dire que les politiques éducatives, médiatiques et culturelles créent des esprits manquant de profondeur, de pensée critique. Notre relation avec l'ère numérique est un résultat et non une raison: plus la formation scolaire est solide, plus le monde numérique sera délibéré, conscient et responsable.“                                  

Selon Lazrak, l'ère digitale est un effet et non pas la cause : "Et la philosophie a toujours son mot à dire... la philosophie est comme l'oiseau de minerve“. "Ce n'est qu'au début du crépuscule que la chouette de minerve prend son envol " (Hegel).

Raviver la flamme philosophique

Aziz Lazrak et Mohamed Chirigan ne s'arrêtent pas à l'analyse de l'enseignement de la philosophie au Maroc.

Après plus de 25 ans d'expérience sur le terrain auprès des élèves, ils exposent des issues permettant de dépasser la situation qu'ils jugent "critique" et dans laquelle se trouve l’enseignement de la philosophie au Maroc. 

Lazrak cite trois solutions principales: 

-Une volonté politique pour entamer une vraie réforme de l'enseignement, qui sera porteuse d'un projet de société. Pour atteindre cet objectif, il faut libérer l'école de cette pédagogie darwinienne, pour qu'elle puisse récupérer le sens et rendre le plaisir d'apprendre à l'élève.

-Faire une réconciliation entre la culture et la mission de l'école, à travers la réhabilitation de la littérature et de la philosophie, et en élargissant le champ de la présence de la philosophie, non seulement dans l'école, mais aussi dans la société et les mass-médias. 

-Valoriser le rôle de l'enseignant en général, et particulièrement l'enseignant de la philosophie; en outre, l'enseignant de philosophie est appelé à s'auto-valoriser et à mettre un terme à la philosophie discréditée et abandonnée dans les classes (prenant en considération les exceptions).

Mohamed Chirigan place tout son espoir dans la réforme du système éducatif: "La solution réside dans une réforme du système éducatif qui est objective, qui n'octroie pas des réponses définitives aux questions de l'élève, et qui lui permet d'acquérir une indépendance intellectuelle afin qu'il puisse penser de manière logique et critique. Il convient également de noter que les obstacles du développement du système éducatif dans notre pays ne sont pas séparés des déséquilibres enregistrés dans d'autres domaines et que toute réforme de l'éducation doit prendre en compte le volet économique, politique et culturel". 

 

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Dans les années 1970, les professeurs de philosophie avaient une super image. Enviés ou adulés, respectés et admirés. Si on enseignait la philosophie, c’est qu’on était soi-même un peu philosophe. Et un philosophe, c’est quelqu’un qui sait. Un iconoclaste, parfois rêveur, toujours intelligent et parfois romantique. Qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Voici les réponses de deux enseignants.

Dans l’ère technologique et digitale qui semble abandonner graduellement la profondeur du sens en faisant des réseaux sociaux l'incontournable recours, la philosophie ne serait-elle pas intentionnellement reniée ? 

Aziz Lazrak, professeur de philosophie, écrivain et ex-secrétaire général de l'Association marocaine des enseignants de philosophie dans les années 90, et Mohamed Chirigan, professeur de philosophie, interagissent avec Médias24. Hommes de terrain, leurs réflexions mettent l'accent sur l'impact négatif de plusieurs facteurs sur le statut de l'enseignement de la philosophie.  

Nos interlocuteurs minimisent la différence qu'il y a entre les études philosophiques au Maroc des années 1970 ou 1980 et celles d'aujourd'hui.

Pour Aziz Lazrak, "il n'y a pas de différence majeure dans les grands axes qui sont les mêmes: les thèmes philosophiques, les philosophes, les courants philosophiques... ". En revanche, il attire l'attention sur les changements survenus chez les étudiants, les enseignants et au niveau du rôle attribué à la philosophie.

Aziz Lazrak: "L'enseignant de philosophie devient un simple fonctionnaire soucieux du programme, prisonnier de la répétition et de la reproduction figée des thèses philosophiques décontextualisées"

Quant à Mohamed Chirigan, il pointe du doigt le contenu des manuels scolaires. "On peut considérer que la période entre 1971 et 1978, durant laquelle les enseignants de philosophie se sont reposés sur deux manuels scolaires, « Leçons de la pensée islamique » et « Leçons de la philosophie », des ouvrages de Mohamed Abed Al-Jabri, Ahmed Settati et Mustapha El Omari, est une période bien meilleure que celle qui a suivi et qui s'est étendue jusqu'à 1990“.

“La première étape a contribué de manière significative à la formation de la génération des années soixante-dix. Dans l'étape suivante, la philosophie sera vidée de son essence avec la publication de manuels manquant de clarté intellectuelle et de méthodologique requise. Le facteur idéologique, orienté par les tendances conservatrices au sein de la société marocaine, contribuera à cela", explique-t-il. 

Chirigan s'arrête sur l'année 1991 qui, selon lui, "ouvrira une nouvelle phase, complètement différente des deux précédentes: l'enseignement de la philosophie sera régi par des textes juridiques et des instructions du ministère de l'Education nationale."

 "L'enseignant de philosophie devient prisonnier de la répétition et de la reproduction figée des thèses philosophiques décontextualisées"

Tous les deux sont d'accord sur la dégradation du statut de l'enseignement philosophique au Maroc, une mutation qu'ils ont vécue en passant du statut d'étudiant au statut de professeur. 

"Ce qui a vraiment changé entre les deux époques, c'est le rôle de l'école et la mission de l'enseignant en général et particulièrement l'enseignant de la philosophie. D'une part, l'école était le noyau de la société, prometteuse de changement et incubateur du rêve personnel et sociétal, mais aujourd'hui l'école devient un foyer misérable des gens désespérés, un champ de bataille dont le principe et la fin -l'apprentissage- sont mis à mal par la compétition sauvage et par la survie du plus fort (le meilleur et l'excellent). Et d'autre part, l'enseignant a perdu son prophétisme et sa mission intellectuelle engagée. L'enseignant de philosophie devient un simple fonctionnaire soucieux du programme, prisonnier de la répétition et de la reproduction figée des thèses philosophiques décontextualisées. L'enseignement de la philosophie n'a plus la bonne cause qui lui tient à cœur et que doit défendre l'enseignant (la modernité, la lumière, la critique...)", s'indigne Aziz Lazrak. 

Mohamed Chirigan, lui, se focalise sur la transformation produite au niveau du contenu scolaire, des sujets : "Les manuels des années 70 incluaient une variété de sujets philosophiques d'une grande importance par rapport aux stades ultérieurs, notamment les schémas de pensée, la définition des grandes doctrines philosophiques, les déterminants du comportement humain: son état et son efficacité, les problèmes intellectuels les plus importants en matière de théologie, de jurisprudence et de philosophie. Toutes ces questions sont toujours nécessaires à notre époque - mais les méthodes d'enseignement reposent souvent sur l'endoctrinement. Si certains enseignants adoptent des textes philosophiques et des méthodes pédagogiques interactives, ces tentatives ne sont que des initiatives individuelles. Même lorsque les textes philosophiques ont commencé à être adoptés au début des années 1990, les professeurs de philosophie ont été incapables de dépasser la méthode d'endoctrinement. C'est peut-être l'un des facteurs fondamentaux qui explique la situation désastreuse des études philosophiques dans nos salles de classe."                                                                           

Décadence du statut même de la philosophie

Aziz Lazrak évoque “une décadence“ du statut de la philosophie au Maroc. Selon lui, le changement du programme ou de la pédagogie ne sont que les effets de ce déclin, et pas la cause. 

Pour lui, “le problème est plutôt stratégique, il s'agit d'une sorte de réductionnisme qui a métamorphosé la philosophie en matière scolaire dépourvue de son élan disciplinaire“. 

Dans le même sens, Chirigan estime "qu’il y a eu la restriction de la pensée rationnelle et élargissement du cercle de la pensée superstitieuse et de la pensée dogmatique au sein de la société. Cette situation est due à plusieurs facteurs, notamment aux politiques de l'éducation, aux médias et aux domaines religieux. Il y a des chaînes de télévision orientales dont le rôle est d'inciter les individus à prôner une seule et unique idée, leur vérité. S'ajoute à cela le sentiment d'impuissance développé chez les individus, lorsqu'ils sont face à une réalité sociale qui se dégrade."

 

Mohamed Chrigan: "L'ère numérique a contribué à banaliser la futilité et le non-sens qui sont devenus presque communs à toute une génération"

Les politiques menées dans les années 70 et visant l'éducation, ne seraient-elles pas également un facteur ? Pour Aziz Lazrak, ce n'est pas vraiment le cas. "Oui, à cette époque la philosophie était assiégée, mais les enseignants ont su résister et défendre leur cause. Aujourd'hui, malgré la marge de liberté, on est paradoxalement assiégé par nos pratiques -en absence de toute praxis au sens philosophique du terme- et par un désengagement qui menace l'existence même de la philosophie. Certes, les graines de cette médiocrité ont été plantées dans cette époque, mais le malheur c'est qu'on a transformé le présent en un centre d'isolement, d'adaptation et de réinsertion à cette médiocrité (responsabilité et complicité). L'esprit critique est une responsabilité du sujet, qui devrait être fidèle à l'appartenance à la philosophie".

Dans la même lignée, Chirigan poursuit : "Il faut plutôt pointer du doigt une classe politique dont la seule finalité est de préserver ses intérêts... En général, la limitation de la pensée critique au sein de notre société ne peut pas seulement résulter des contenus des matières, mais aussi de la méthode d'enseignement, l'endoctrinement et le bourrage de crâne avec des idées prêtes et stéréotypées sans se soucier du développement des facultés mentales et de l'esprit critique".

"La philosophie... de Gutenberg à Zuckerberg"

Les deux enseignants n'ont pas complètement réfuté l'impact négatif d'Internet sur le statut de la philosophie.

Pour Chirigan, "l'ère numérique a contribué à banaliser la futilité et le non-sens qui sont devenus presque communs à toute une génération. Cependant, la dure réalité de ce que nous vivons au sein de nos institutions ne devrait pas revenir à ce facteur, mais on peut dire que les politiques éducatives, médiatiques et culturelles créent des esprits manquant de profondeur, de pensée critique. Notre relation avec l'ère numérique est un résultat et non une raison: plus la formation scolaire est solide, plus le monde numérique sera délibéré, conscient et responsable.“                                  

Selon Lazrak, l'ère digitale est un effet et non pas la cause : "Et la philosophie a toujours son mot à dire... la philosophie est comme l'oiseau de minerve“. "Ce n'est qu'au début du crépuscule que la chouette de minerve prend son envol " (Hegel).

Raviver la flamme philosophique

Aziz Lazrak et Mohamed Chirigan ne s'arrêtent pas à l'analyse de l'enseignement de la philosophie au Maroc.

Après plus de 25 ans d'expérience sur le terrain auprès des élèves, ils exposent des issues permettant de dépasser la situation qu'ils jugent "critique" et dans laquelle se trouve l’enseignement de la philosophie au Maroc. 

Lazrak cite trois solutions principales: 

-Une volonté politique pour entamer une vraie réforme de l'enseignement, qui sera porteuse d'un projet de société. Pour atteindre cet objectif, il faut libérer l'école de cette pédagogie darwinienne, pour qu'elle puisse récupérer le sens et rendre le plaisir d'apprendre à l'élève.

-Faire une réconciliation entre la culture et la mission de l'école, à travers la réhabilitation de la littérature et de la philosophie, et en élargissant le champ de la présence de la philosophie, non seulement dans l'école, mais aussi dans la société et les mass-médias. 

-Valoriser le rôle de l'enseignant en général, et particulièrement l'enseignant de la philosophie; en outre, l'enseignant de philosophie est appelé à s'auto-valoriser et à mettre un terme à la philosophie discréditée et abandonnée dans les classes (prenant en considération les exceptions).

Mohamed Chirigan place tout son espoir dans la réforme du système éducatif: "La solution réside dans une réforme du système éducatif qui est objective, qui n'octroie pas des réponses définitives aux questions de l'élève, et qui lui permet d'acquérir une indépendance intellectuelle afin qu'il puisse penser de manière logique et critique. Il convient également de noter que les obstacles du développement du système éducatif dans notre pays ne sont pas séparés des déséquilibres enregistrés dans d'autres domaines et que toute réforme de l'éducation doit prendre en compte le volet économique, politique et culturel". 

 

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